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Baies, linteaux et voussures... (4e partie)

, par Jacques Auguste COLIN

Bonjour à tous, chers correspondants ;

Après lecture de vos messages j’éprouve le besoin d’apporter le commentaire suivant :
Je crois sincèrement que c’est une profonde erreur que de vouloir mesurer l’art de concevoir et construire des temps médiévaux à l’aune des réalisations de notre société moderne, calculatrice, mercantile et capitalisante…Ce sont deux mondes totalement différents… !

Aucun des Maîtres d’œuvre, concepteurs et bâtisseurs des milliers de petites ou grandes églises romanes qui parsèment encore ce qui fut l’Empire romain, n’a laissé son nom autrement que sous la forme de quelque signe ésotérique gravé au bas d’un pilier ou sur une pièce de charpente maîtresse.

Ce M.O. souvent moine benedictin, est les seul porteur de son projet, non écrit, qu’il aménage constamment, en fonction des difficultés rencontrées…Il travaille manuellement à la construction avec ses compagnons, maîtres maçons, charpentiers, tailleurs de pierres, qui souvent l’ont élu. Ces compagnons, maîtres en leur métier, sont souvent analphabètes, comptent encore sur leurs doigts et s’expriment dans un latin dénaturé parsemé d’expressions de dialectes locaux….

Le problème des coûts et des approvisionnement (géré par le M.O.) est toujours secondaire.
Le donneur d’ordre, Maître d’ouvrage, est presque toujours un petit seigneur ou propriétaire local
désireux de s’attirer les grâces de son saint patron ou du comte-évèque régional.. ! Le bois, la pierre, le sable sont abondants et gratuits , et ce sont manants et serfs locaux, corvéables à merci, qui sont chargé de l’approvisionnement en matériaux…et de la subsistance…

Il n’est pas rare qu’un compagnon , maçon ou charpentier ayant approché une accorte paysanne se sépare de son Maître, avec sa bénédiction, pour se fixer définitivement sur les lieux…Il sera le constructeur des humbles habitations qui bientôt entoureront l’église par cercles concentriques, pour devenir une nouvelle agglomération…

Il est exact que la méthode empirique d’évaluation des poussées à été la cause d’effondrement dramatique de voûtes en construction, et on peut voir encore aujourd’hui quelques chapelles dont la voûte en berceau porte une fente longitudinale trahissant une sous estimation des forces en présence…Mais ces incidents n’étaient pas plus fréquents qu’à notre époque réputée scientifique : il suffit de se rappeler l’effondrement du terminal de ROISSY, entre autres pour en être convaincu.

Cela dit, il faut vivre avec son temps ! Ordinateurs, niveaux laser, et autres instruments de mesure, d’élévation et de contrôle, électroniques ou non, sont des outils merveilleux pour les Architectes et bâtisseurs de l’an 2000 ; Il faut simplement souhaiter qu’ils sachent conserver dans leurs gigantesques projets, le même module que leurs ancêtres de l’an 1000 : la dimension humaine…

Je vous remercie de continuer à me suivre dans cette recherche poétique de l’intelligence de nos ancêtres…

Jacques Auguste Colin

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