Bonjour M. Clavel (et tout le monde) Chercher, c’est d’abord douter, confronter les points de vues. Développer une approche pluridisciplinaire du sujet serait effectivement une démarche beaucoup plus utile que de retenir a priori l’hypothèse du loup quasi systématiquement coupable, chère à JM Moriceau et à d’autres historiens ☺ .
Je ne pense pas que dans un tel débat des zoologistes pourrait accréditer l’idée qu’un animal sauvage « apprivoisé » peut, sur commande, « attaquer » une cible désignée. Idem pour un métis de loup et de chien, les amateurs de tels hybrides savent bien que ces animaux sont incontrôlables et très instables dans leurs comportements. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont interdits en France aujourd’hui. C’est différent pour les chiens, comme les actuels chiens d’attaque (ou de défense) qui peuvent être des armes dangereuses s’ils sont dans de mauvaises mains ou abandonnés (parce que non « dressés ») à leurs instincts de prédation.
Or les chiens étaient extrêmement nombreux, autrefois, dans les campagnes, notamment les chiens de garde (les « mastins ») voire les chiens de chasse (comme les lévriers) et leurs multiples combinaisons. Au passage, rappelons que l’on sait peu de choses sur ces « races » anciennes de chiens, puisque ce n’est qu’au XIXe siècle que fut inventée la notion de « race » , tels qu’on la connaît aujourd’hui.
Il est remarquable que beaucoup de témoignages sur ces « bêtes » féroces font allusion à leur ressemblance avec des dogues ou des lévriers. C’est le dénominateur commun de beaucoup de ces descritions d’époque hautes en couleur.. On peut en trouver des centaines. Donc si l’on retient l’idée que la bête du Gévaudan a comme explication des réglements de comptes religieux, politiques ou autres, parlons alors de chiens dressés pour tuer et pas de loups ou de métis loup/chien.
Il y a effectivement eu beaucoup d’autres cas de « bêtes féroces », moins connues que celle du Gévaudan. Cela semble donc exclure l’hypothèse du complot politique qui aurait été spécifique à cette région, mais est-ce que cela doit l’exclure totalement ?
Ce que la plupart des scientifiques savent c’est que les épidémies de rage étaient le fléau le plus répandu et le plus craint, jusqu’à Pasteur. Sans nier totalement que le loup ait pu s’intéresser d’un peu trop près à de petites proies humaines, simplement parce que c’est un carnivore et qu’un carnivore ça mange de la viande, il paraît évident que les exactions d’animaux porteurs du virus rabique (principalement les chiens et les loups) ont été pour beaucoup dans toutes ces affaires de morts humaines violentes.
Un autre élément à prendre en compte est le fait qu’un cadavre abandonné dans la nature est « nettoyé » en quelques heures par toutes sortes d’animaux détritivores ou nécrophages, loups, chiens, cochons, sangliers, renards, mustélidés, voire blaireaux etc.. Donc le fait qu’un curé indique dans un acte d’inhumation qu’il a enterré les restes du petit Tartempion tué par le loup (ou par la beste) n’implique pas forcément le loup. Il a pu être assassiné, mourir de maladie, de froid, d’épuisement … etc. L’époque était violente. On en revient là au débat sur les mots et leurs interprétations, et sur la fiabilité des sources, sujet de départ de ce thème..
Pour ce qui est des « bêtes historiques » je vous renvoie à mon essai « Drôles de loups et autres bêtes féroces » dans lequel je les passe toutes en revue.. et le moins que l’on puisse dire c’est que , descriptions à l’appui, la qualification de « loups » ne va pas de soi pour beaucoup d’entre elles !!
Bonjour M. Clavel (et tout le monde) Chercher, c’est d’abord douter, confronter les points de vues. Développer une approche pluridisciplinaire du sujet serait effectivement une démarche beaucoup plus utile que de retenir a priori l’hypothèse du loup quasi systématiquement coupable, chère à JM Moriceau et à d’autres historiens ☺ .
Je ne pense pas que dans un tel débat des zoologistes pourrait accréditer l’idée qu’un animal sauvage « apprivoisé » peut, sur commande, « attaquer » une cible désignée. Idem pour un métis de loup et de chien, les amateurs de tels hybrides savent bien que ces animaux sont incontrôlables et très instables dans leurs comportements. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont interdits en France aujourd’hui. C’est différent pour les chiens, comme les actuels chiens d’attaque (ou de défense) qui peuvent être des armes dangereuses s’ils sont dans de mauvaises mains ou abandonnés (parce que non « dressés ») à leurs instincts de prédation.
Or les chiens étaient extrêmement nombreux, autrefois, dans les campagnes, notamment les chiens de garde (les « mastins ») voire les chiens de chasse (comme les lévriers) et leurs multiples combinaisons. Au passage, rappelons que l’on sait peu de choses sur ces « races » anciennes de chiens, puisque ce n’est qu’au XIXe siècle que fut inventée la notion de « race » , tels qu’on la connaît aujourd’hui.
Il est remarquable que beaucoup de témoignages sur ces « bêtes » féroces font allusion à leur ressemblance avec des dogues ou des lévriers. C’est le dénominateur commun de beaucoup de ces descritions d’époque hautes en couleur.. On peut en trouver des centaines. Donc si l’on retient l’idée que la bête du Gévaudan a comme explication des réglements de comptes religieux, politiques ou autres, parlons alors de chiens dressés pour tuer et pas de loups ou de métis loup/chien.
Il y a effectivement eu beaucoup d’autres cas de « bêtes féroces », moins connues que celle du Gévaudan. Cela semble donc exclure l’hypothèse du complot politique qui aurait été spécifique à cette région, mais est-ce que cela doit l’exclure totalement ?
Ce que la plupart des scientifiques savent c’est que les épidémies de rage étaient le fléau le plus répandu et le plus craint, jusqu’à Pasteur. Sans nier totalement que le loup ait pu s’intéresser d’un peu trop près à de petites proies humaines, simplement parce que c’est un carnivore et qu’un carnivore ça mange de la viande, il paraît évident que les exactions d’animaux porteurs du virus rabique (principalement les chiens et les loups) ont été pour beaucoup dans toutes ces affaires de morts humaines violentes.
Un autre élément à prendre en compte est le fait qu’un cadavre abandonné dans la nature est « nettoyé » en quelques heures par toutes sortes d’animaux détritivores ou nécrophages, loups, chiens, cochons, sangliers, renards, mustélidés, voire blaireaux etc.. Donc le fait qu’un curé indique dans un acte d’inhumation qu’il a enterré les restes du petit Tartempion tué par le loup (ou par la beste) n’implique pas forcément le loup. Il a pu être assassiné, mourir de maladie, de froid, d’épuisement … etc. L’époque était violente. On en revient là au débat sur les mots et leurs interprétations, et sur la fiabilité des sources, sujet de départ de ce thème..
Pour ce qui est des « bêtes historiques » je vous renvoie à mon essai « Drôles de loups et autres bêtes féroces » dans lequel je les passe toutes en revue.. et le moins que l’on puisse dire c’est que , descriptions à l’appui, la qualification de « loups » ne va pas de soi pour beaucoup d’entre elles !!