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Claude Blanc, forçat en Nouvelle Calédonie

, par julifa

Bonjour Patrick,

Je lis votre article qui m’a tout de suite attiré car j’ai moi aussi découvert il y a peu de temps un AAG oncle bagnard né dans l’Oise en 1836 parti en 1865 pour la Nouvelle Calédonie où il est décédé en 1898.
Contrairement à quelques personnes je trouve très bien cet article écrit qui donne chair et présence à une personne qui a certes commis des délits, probablement dus à sa difficile situation, et dont la punition n’est pas en rapport avec le délit et, si on compare avec notre époque ou des délinquants bien plus importants n’ont que des rappels à la loi ou des amendes il est tout à fait juste de leur redonner une place à nos anciens dans cette société où ils ont tout perdu.

J’étais aux ANOM le 30 août et en plus des dossiers des 2 matricules attribués à Isidore j’ai consulté de nombreux livres sur les bagnes, livres bien plus nombreux sur la Guyane que sur la Nouvelle-Calédonie. Né en 1836, marié 3 enfants vivants condamné en 1865 à Beauvais, pour vols, à 5 ans de travaux forcés mais sur documents suivants noté 8 au lieu de 5 ; 2 tentatives d’évasion l’ont conduit à 15 ans et après sa libération en 1880 à la résidence perpétuelle. Pas question dans les documents d’attribution de terre ni d’autre chose.
Pour son décès en 1898 la déclaration a été faite par 2 gardiens pénitenciers.
Arrivé en Nouvelle Calédonie à 29 ans et mort là-bas à 63 ans ; 34a durant lesquels il a perdu sa femme et ses enfants pour une vie de bête traquée à construire les routes et bâtiments du pénitencier, peut-être aussi les champs, les mines de nickel.

Isidore a bien été "transporté" et ce bien avant la Commune et il n’a pas été tenu de rester le double de son temps de peine, je pense que cela ne valait que pour la Guyane, mais à perpétuité.
Un des déclarants de son décès se nomme Blanc , comme le second il était surveillant pénitentiaire.
Assez normalement ce sont des hommes ayant une vie difficile qui commettent des vols et agressions pour essayer de vivre mieux et aussi ceux qui n’ont pu étudier, mais les punitions sont extrêmes . Isidore était dit "illetré" et dans les fiches matricules il n’est pas rare de voir 0 ou 1 (sait signer) même au-delà de 1900 ; les enfants devaient travailler très tôt et ensuite sans instruction comment trouver un travail régulier et décent ?

Je ne pense pas qu’il y avait de lieux plus faciles que d’autres, Isidore a vécu dans 3 camps différents et il a essayé de s’évader 2 fois, ce qui lui a valu des prolongations de peine, mais plutôt des statuts différents selon la situation sociale des condamnés et selon qu’ils l’étaient pour des raisons politiques ou de droit commun.

Je vous remercie d’avoir écrit cet article qui m’a permis de continuer à lire de nouveaux articles je pense qu’il y a encore à chercher, sur le bateau du voyage et les divers camps. Où avez-vous trouvé ce registre que vous montrez au début et toutes les infos du voyage .

Cordialement
Monique

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