Promesse faite par Jean Pin et Marie Mandineau au Sieur Curé de Bazoges en l’an 1728
, par GRAILLOT Nicole
Bonjour,
Effectivement, nous sommes en pleine époque du désert où les protestants dits aussi "Huguenots" ou "religionnaires" subissaient une d’effroyable répression.
L’édit de Nantes signé en 1598 par Henri IV, devait mettre fin aux guerres de religion en instituant l’égalité civile entre protestants et catholiques. Cependant une réglementation très stricte limitait la pratique du culte réformé. La paix n’était pas tout à fait acquise !
De 1627 à 1628, pour exterminer les "hérétiques", Le Cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII, sous les ordres de ce dernier, tint le siège de la Rochelle (1627/1628), qui se solda par des milliers de morts parmi les protestants assiégés.
D’après certains historiens, ce serait par la Rochelle que le protestantisme se serait implanté dans le Bas Poitou (Vendée et une partie des Deux-Sèvres". (Jean PIN et Marie MANDINEAU étaient vendéens).
A la période d’intransigeance de Richelieu, succéda l’époque d’indulgence de Mazarin. Mais à la mort de ce dernier, les hostilités reprirent de plus belle.
Déjà avant 1685, date de la révocation de l’édit de Nantes, les dragonnades sévissaient dans le royaume, mais à partir de cette époque, elles redoublèrent de "férocité".
Nous pouvons comprendre que nos deux protagonistes, terrifiés par les percussions impitoyables, aient choisi d’abjurer.
En effet, deux autres "promesses faites au Curé", que je viens de découvrir, enregistrées par le notaire TUDEAU, semblent remplacer les actes d’abjuration généralement inscrits dans les registres paroissiaux.
Voici pour moi, un premier point éclairci.
Ce qui m’interpelle cependant, au stade actuel de mes recherches,
c’est que Jean PIN (autre) et Catherine MORTAUD, parents de Jean PIN 1 , se sont mariés le 28 janvier 1698 à l’église catholique,
(AD85 – St Maurice le Girard - AC252 - BMS févr.1691-1700 - vue 61/89)
et qu’ils ont fait baptiser leur autre fils François le 11 mars 1699 par le Curé J. BARON de GRANGES.
(AD85 - Saint-Maurice-le-Girard - févr. 1691-1700 - AC252 - Baptêmes, Mariages, Sépultures – vues 70 et 71/89).
Étaient-ils catholiques ou convertis ?
Des lacunes dans les registres (il y a de nombreux actes de naissance introuvables qui ont généré parfois des actes de notoriété au moment du mariage)
ou dans les archives (certains registres ont disparu ou nous sont parvenus très délabrés),
nous privent d’informations capitales, d’autant plus qu’avant la fin du XVIIè, il n’existe que très peu de registres paroissiaux.
Par contre, on a la preuve de la conversion de Pierre GOBIN, oncle de Jean PIN 1, dans son acte de décès.
"Ce vingt huitiesme jour du mois de May mil sept cent a esté par moy, Prêtre Prieur, Curé de St Maurice le Girard soussigné, enterré dans le cimetière de ce lieu, le corps de Pierre GOBIN, bordier aux Portes et nouveaux convertis, décédédé (sic) du jour précédant aagé d’environ quarantes ans, après avoir receu par moy les sacrements de pénitence et d’extrèmonction. Les tesmoins sont Jeane PIN, sa femme, Michel PAIN, son beau-frère, François PAIN aussi son beau-frère et plusieurs autres parans et amis qui m’ont déclarés ne scavoir signer. Ainsy signé J. BARON, Prêtre, Prieur,Curé sus-dit."
Cependant, trois mois après, l’acte de décès de Marie GOBIN, fille du défunt Pïerre GOBIN, ne mentionne rien de particulier.
"Le deuxiesme du mois de Septembre 1700, a esté par moy, Prêtre, Prieur, Curé de Saint Maurice le Girard, enterré dans le cimetière de ce lieu, le corps de Marie GOBIN, fille de deffunt Pierre GOBIN, bordier, et de Jeanne PIN des Portes, décédée du jour précédent aagée de quatre années ou environ. Les tesmoins sont Michel PIN, son grand-père, François PIN, son oncle, Marie PIN, sa tante, et plusieurs autres parans et amis qui m’ont déclaré ne savoir signer de ce requis. Signé J. BARON, Prêtre, Prieur,Curé sus-dit".
La remarque d’Annie, me semble très pertinente.
En effet, les membres de la famille PIN ne portent pas les prénoms bibliques, puisés dans l’ancien testament et souvent utilisés par les protestants.
La profession du père de Jean PIN1 était "texier en draps", certes cette profession était très représentée chez les protestants puisque lorsque la répression les a poussés hors du royaume de France, l’activité économique dans ce secteur a baissé considérablement.
A contrario : Michel PIN son grand père était "feuillardeur" et lui même était maçon.
Pour répondre à cette question, je vais devoir poursuivre mes recherches dans la famille de Jean 1 PIN et Marie MANDINEAU,
mais les actes de naissance de ceux-ci, restent introuvables et l’acte de mariage aussi.
Jean PIN1 était originaire de Saint Maurice le Girard.
avec Marie MANDINEAU, ils se sont installés à Bazoges en Pareds où naîtront leurs enfants.
Est-ce l’intransigeance du Curé de Bazoges, plus hargneux que le Curé de Saint Maurice le Girard et soupçonneux de leur sincérité , qui a motivé cette "promesse" validée devant notaire ?
Il reste encore quelques zones d’ombre sur la situation de Jean PIN1 et Marie MANDINEAU, dont les enfants ont été baptisés, mariés et enterrés selon le rite de la religion catholique. Je vais poursuivre mes investigations.
Merci à tous pour vos messages qui m’ont permis de faire progresser cette histoire au sujet de laquelle vos prochaines remarques seront les bienvenues.
Bonjour,
Effectivement, nous sommes en pleine époque du désert où les protestants dits aussi "Huguenots" ou "religionnaires" subissaient une d’effroyable répression.
L’édit de Nantes signé en 1598 par Henri IV, devait mettre fin aux guerres de religion en instituant l’égalité civile entre protestants et catholiques. Cependant une réglementation très stricte limitait la pratique du culte réformé. La paix n’était pas tout à fait acquise !
De 1627 à 1628, pour exterminer les "hérétiques", Le Cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII, sous les ordres de ce dernier, tint le siège de la Rochelle (1627/1628), qui se solda par des milliers de morts parmi les protestants assiégés.
D’après certains historiens, ce serait par la Rochelle que le protestantisme se serait implanté dans le Bas Poitou (Vendée et une partie des Deux-Sèvres". (Jean PIN et Marie MANDINEAU étaient vendéens).
A la période d’intransigeance de Richelieu, succéda l’époque d’indulgence de Mazarin. Mais à la mort de ce dernier, les hostilités reprirent de plus belle.
Déjà avant 1685, date de la révocation de l’édit de Nantes, les dragonnades sévissaient dans le royaume, mais à partir de cette époque, elles redoublèrent de "férocité".
Nous pouvons comprendre que nos deux protagonistes, terrifiés par les percussions impitoyables, aient choisi d’abjurer.
En effet, deux autres "promesses faites au Curé", que je viens de découvrir, enregistrées par le notaire TUDEAU, semblent remplacer les actes d’abjuration généralement inscrits dans les registres paroissiaux.
Voici pour moi, un premier point éclairci.
Ce qui m’interpelle cependant, au stade actuel de mes recherches,
c’est que Jean PIN (autre) et Catherine MORTAUD, parents de Jean PIN 1 , se sont mariés le 28 janvier 1698 à l’église catholique,
(AD85 – St Maurice le Girard - AC252 - BMS févr.1691-1700 - vue 61/89)
et qu’ils ont fait baptiser leur autre fils François le 11 mars 1699 par le Curé J. BARON de GRANGES.
(AD85 - Saint-Maurice-le-Girard - févr. 1691-1700 - AC252 - Baptêmes, Mariages, Sépultures – vues 70 et 71/89).
Étaient-ils catholiques ou convertis ?
Des lacunes dans les registres (il y a de nombreux actes de naissance introuvables qui ont généré parfois des actes de notoriété au moment du mariage)
ou dans les archives (certains registres ont disparu ou nous sont parvenus très délabrés),
nous privent d’informations capitales, d’autant plus qu’avant la fin du XVIIè, il n’existe que très peu de registres paroissiaux.
Par contre, on a la preuve de la conversion de Pierre GOBIN, oncle de Jean PIN 1, dans son acte de décès.
"Ce vingt huitiesme jour du mois de May mil sept cent a esté par moy, Prêtre Prieur, Curé de St Maurice le Girard soussigné, enterré dans le cimetière de ce lieu, le corps de Pierre GOBIN, bordier aux Portes et nouveaux convertis, décédédé (sic) du jour précédant aagé d’environ quarantes ans, après avoir receu par moy les sacrements de pénitence et d’extrèmonction. Les tesmoins sont Jeane PIN, sa femme, Michel PAIN, son beau-frère, François PAIN aussi son beau-frère et plusieurs autres parans et amis qui m’ont déclarés ne scavoir signer. Ainsy signé J. BARON, Prêtre, Prieur,Curé sus-dit."
Cependant, trois mois après, l’acte de décès de Marie GOBIN, fille du défunt Pïerre GOBIN, ne mentionne rien de particulier.
"Le deuxiesme du mois de Septembre 1700, a esté par moy, Prêtre, Prieur, Curé de Saint Maurice le Girard, enterré dans le cimetière de ce lieu, le corps de Marie GOBIN, fille de deffunt Pierre GOBIN, bordier, et de Jeanne PIN des Portes, décédée du jour précédent aagée de quatre années ou environ. Les tesmoins sont Michel PIN, son grand-père, François PIN, son oncle, Marie PIN, sa tante, et plusieurs autres parans et amis qui m’ont déclaré ne savoir signer de ce requis. Signé J. BARON, Prêtre, Prieur,Curé sus-dit".
La remarque d’Annie, me semble très pertinente.
En effet, les membres de la famille PIN ne portent pas les prénoms bibliques, puisés dans l’ancien testament et souvent utilisés par les protestants.
La profession du père de Jean PIN1 était "texier en draps", certes cette profession était très représentée chez les protestants puisque lorsque la répression les a poussés hors du royaume de France, l’activité économique dans ce secteur a baissé considérablement.
A contrario : Michel PIN son grand père était "feuillardeur" et lui même était maçon.
Pour répondre à cette question, je vais devoir poursuivre mes recherches dans la famille de Jean 1 PIN et Marie MANDINEAU,
mais les actes de naissance de ceux-ci, restent introuvables et l’acte de mariage aussi.
Jean PIN1 était originaire de Saint Maurice le Girard.
avec Marie MANDINEAU, ils se sont installés à Bazoges en Pareds où naîtront leurs enfants.
Est-ce l’intransigeance du Curé de Bazoges, plus hargneux que le Curé de Saint Maurice le Girard et soupçonneux de leur sincérité , qui a motivé cette "promesse" validée devant notaire ?
Il reste encore quelques zones d’ombre sur la situation de Jean PIN1 et Marie MANDINEAU, dont les enfants ont été baptisés, mariés et enterrés selon le rite de la religion catholique. Je vais poursuivre mes investigations.
Merci à tous pour vos messages qui m’ont permis de faire progresser cette histoire au sujet de laquelle vos prochaines remarques seront les bienvenues.