Merci pour votre message et bien que je ne sois pas en mesure de répondre à toutes vos questions, voici les réflexions qu’il a suscitées.
Les allocations familiales datent début du XXe siècle.
Au moyen âge, le secours des pauvres était assuré par le Clergé.
Des bureaux de charité ont été créés pour venir en aide aux plus nécessiteux.
L’état de mendiant n’était pas honteux.
Sous l’ancien régime, la pauvreté générant l’afflux de nombreux ruraux à la recherche d’un travail, dans les villes, on a créé des hôpitaux généraux où les pauvres étaient pris en charge. On y prodiguait soins médicaux, nourriture, éducation, et des ateliers leur permettaient d’occuper leur temps et de les inciter au travail.
Mais cette disposition était surtout destinée à isoler ces gens que l’on accusait de propager les maladies, de voler et par surcroît, de n’être pas disposés à travailler, on l’a appelée le « grand renfermement ».
De « mendiant » le pauvre bougre était devenu « brigand ».
Ainsi, en 1686, à Nîmes : Mesures prises par Nicolas DELAMOIGNON, Chevalier, Comte de Launay Courson, Seigneur et …. Conseiller d’État, Intendant en Languedoc, à l’encontre des mendiants.
« Estant nécessaire d’empecher les mandiants dans la ville de Nismes et à cet effet d’establir des archers pour les empecher de mandier et mener dans l’hospital général établi en ladite ville et de pourvoir à ce que soit fourny les sommes nécessaires pour la subsistance desdits archers, nous ordonnons qu’il sera étably quatre archers auxquels il sera pazé (payé) par les consuls de ladite ville de Nîmes, la somme de cent livres par an, à chacun pour leurs gages. Ensemble, celle de dix livres pour leur casaque. Lesquelles sommes seront comprises à l’avenir dans l’estat des dépences ordinaires de ladite ville. Fait à Nismes, le vingtième octobre 1686. Signé DELAMOIGNON et plus bas par Monseigneur Le SELLIER »
Un édit de 1700 fixe une très forte amende pour ceux qui demandent l’aumône et des dépôts de mendicité sont mis en place, accessibles uniquement en cas d’invalidité.
Les Consuls et les communautés religieuses gèrent les rentes pour les pauvres.
(Voir les comptes-rendus des assemblées d’habitants dans les registres paroissiaux et les minutes de Notaire)
Par exemple :
Extraits de plusieurs billets (quittances) joints au livre de compte attestant les sommes inscrites au titre des dépenses.
AD30 - cote G49 - Documents, livres de compte des drogues et médicaments fournis aux pauvres par Antoine VALETTE de TRAVESSAC, Prieur de Bernis.
1 - le paiement à Jacques le tisserand du prêt de sa « bourrique » pour transporter une pauvre malade étrangère (probablement à l’hôpital).
2 - le paiement en nature (14 émines de bled) de la redevance de l’hôpital pour deux années 1734 et 1735 au titre de la censive
3 - le paiement de 7 émines de bled destiné aux pauvres de Bernis, par Messire RAMUZAT Recteur de l’hôpital des pauvres selon tarif ci-dessous, ce qui réprésente 12 livres 16 sols et 8 deniers
En ce qui concerne l’adoption, je n’ai pas rencontré le cas.
Par contre il n’était pas rare que des enfants soient privés dans leur jeune âge de leurs deux parents. Leur sort qu’il ne faut pas associer à celui des enfants abandonnés pouvait alors prendre trois voies différentes.
La famille, l’hôpital ou l’hospice, ou encore l’errance.
Il arrivait que le juge procède d’autorité au placement de l’enfant et oblige la famille à contribuer à part égale à la pension de l’enfant. On organisait alors, devant le juge seigneurial ou le notaire, une mise aux enchères des enfants mineurs pour l’adjudication au rabais et moins disant de leur pension alimentaire. Cette "vente aux enchères" était annoncée préalablement au prône de l’église paroissiale et se déroulait à la porte de ladite église en présence de la famille ou des proches concernés.
L’adjudicataire était celui qui faisait l’offre la plus basse. La pension annuelle pouvait être minime lorsque le preneur était autorisé à faire travailler le mineur.
Je ne crois pas à la thèse de la substitution ou de l’enlèvement d’enfant.
François SACRÉ était issu d’une modeste famille de paysans et à l’époque, les naissances s’enchaînaient à un tel rythme qu’à un décès d’enfant succédait très vite une nouvelle naissance.
Étaient-ils tous déclarés ?
Ce n’est pas sûr et on pourrait imaginer que Françoise étant décédée, François né peu de temps après n’a pas été déclaré et faute de pouvoir produire son acte de naissance, on se serait servi de celui de sa soeur en prétextant une erreur !
Dans ce cas pourquoi ne pas avoir eu recours à l’acte de notoriété, comme on le rencontre parfois lorsqu’un individu ne peut produire la preuve de son identité. C’eût été plus simple et moins "humiliant" que cette examen anatomique !
Bonjour,
Merci pour votre message et bien que je ne sois pas en mesure de répondre à toutes vos questions, voici les réflexions qu’il a suscitées.
Les allocations familiales datent début du XXe siècle.
Au moyen âge, le secours des pauvres était assuré par le Clergé.
Des bureaux de charité ont été créés pour venir en aide aux plus nécessiteux.
L’état de mendiant n’était pas honteux.
Sous l’ancien régime, la pauvreté générant l’afflux de nombreux ruraux à la recherche d’un travail, dans les villes, on a créé des hôpitaux généraux où les pauvres étaient pris en charge. On y prodiguait soins médicaux, nourriture, éducation, et des ateliers leur permettaient d’occuper leur temps et de les inciter au travail.
Mais cette disposition était surtout destinée à isoler ces gens que l’on accusait de propager les maladies, de voler et par surcroît, de n’être pas disposés à travailler, on l’a appelée le « grand renfermement ».
De « mendiant » le pauvre bougre était devenu « brigand ».
Ainsi, en 1686, à Nîmes : Mesures prises par Nicolas DELAMOIGNON, Chevalier, Comte de Launay Courson, Seigneur et …. Conseiller d’État, Intendant en Languedoc, à l’encontre des mendiants.
« Estant nécessaire d’empecher les mandiants dans la ville de Nismes et à cet effet d’establir des archers pour les empecher de mandier et mener dans l’hospital général établi en ladite ville et de pourvoir à ce que soit fourny les sommes nécessaires pour la subsistance desdits archers, nous ordonnons qu’il sera étably quatre archers auxquels il sera pazé (payé) par les consuls de ladite ville de Nîmes, la somme de cent livres par an, à chacun pour leurs gages. Ensemble, celle de dix livres pour leur casaque. Lesquelles sommes seront comprises à l’avenir dans l’estat des dépences ordinaires de ladite ville. Fait à Nismes, le vingtième octobre 1686. Signé DELAMOIGNON et plus bas par Monseigneur Le SELLIER »
Un édit de 1700 fixe une très forte amende pour ceux qui demandent l’aumône et des dépôts de mendicité sont mis en place, accessibles uniquement en cas d’invalidité.
Les Consuls et les communautés religieuses gèrent les rentes pour les pauvres.
(Voir les comptes-rendus des assemblées d’habitants dans les registres paroissiaux et les minutes de Notaire)
Par exemple :
Extraits de plusieurs billets (quittances) joints au livre de compte attestant les sommes inscrites au titre des dépenses.
AD30 - cote G49 - Documents, livres de compte des drogues et médicaments fournis aux pauvres par Antoine VALETTE de TRAVESSAC, Prieur de Bernis.
1 - le paiement à Jacques le tisserand du prêt de sa « bourrique » pour transporter une pauvre malade étrangère (probablement à l’hôpital).
2 - le paiement en nature (14 émines de bled) de la redevance de l’hôpital pour deux années 1734 et 1735 au titre de la censive
3 - le paiement de 7 émines de bled destiné aux pauvres de Bernis, par Messire RAMUZAT Recteur de l’hôpital des pauvres selon tarif ci-dessous, ce qui réprésente 12 livres 16 sols et 8 deniers
En ce qui concerne l’adoption, je n’ai pas rencontré le cas.
Par contre il n’était pas rare que des enfants soient privés dans leur jeune âge de leurs deux parents. Leur sort qu’il ne faut pas associer à celui des enfants abandonnés pouvait alors prendre trois voies différentes.
La famille, l’hôpital ou l’hospice, ou encore l’errance.
Il arrivait que le juge procède d’autorité au placement de l’enfant et oblige la famille à contribuer à part égale à la pension de l’enfant. On organisait alors, devant le juge seigneurial ou le notaire, une mise aux enchères des enfants mineurs pour l’adjudication au rabais et moins disant de leur pension alimentaire. Cette "vente aux enchères" était annoncée préalablement au prône de l’église paroissiale et se déroulait à la porte de ladite église en présence de la famille ou des proches concernés.
L’adjudicataire était celui qui faisait l’offre la plus basse. La pension annuelle pouvait être minime lorsque le preneur était autorisé à faire travailler le mineur.
Je ne crois pas à la thèse de la substitution ou de l’enlèvement d’enfant.
François SACRÉ était issu d’une modeste famille de paysans et à l’époque, les naissances s’enchaînaient à un tel rythme qu’à un décès d’enfant succédait très vite une nouvelle naissance.
Étaient-ils tous déclarés ?
Ce n’est pas sûr et on pourrait imaginer que Françoise étant décédée, François né peu de temps après n’a pas été déclaré et faute de pouvoir produire son acte de naissance, on se serait servi de celui de sa soeur en prétextant une erreur !
Dans ce cas pourquoi ne pas avoir eu recours à l’acte de notoriété, comme on le rencontre parfois lorsqu’un individu ne peut produire la preuve de son identité. C’eût été plus simple et moins "humiliant" que cette examen anatomique !
Bien cordialement,
Bobinette