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> La corvée de patates

, par Sophie-Gwen

J’ai beaucoup aimé votre texte. Il ne faut pas oublier que s’il y a eu des victimes directes de la Grande Guerre, il y a aussi tous ceux qui ont souffert de la guerre à cause de la perte d’un ou plusieurs proches.
Mon arrière grand-mère a elle-même perdu en quelques mois son unique frère et son mari. Son village a été entièrement détruit au début de la guerre et est classé aujourd’hui "village disparu" dans la Marne. Son mari a disparu le jour de la naissance de sa fille, ma grand-mère. Sa mère l’a toujours tenue "responsable" de la mort de son mari, allant jusqu’à déclarer qu’elle "aurait préféré perdre son enfant plutôt que son époux". Ma grand-mère a toujours gardé le poids de ce père qu’elle n’a pas connu. Elle a grandi dans le passé, dans le culte d’un homme disparu sans laisser de trace, avec des messes de commémoration le dimanche. Elle n’a connu une mère qu’habillée de vêtements de deuil qui lui rappelait sans cesse qu’elle était la cause de la disparition de son père et qu’il était interdit de jouer et de rire. Heureusement, ce sont ces grands-parents maternels qui l’adoraient qui l’ont élevée. J’ai, malgré tout, le souvenir de ma grand-mère que j’adorais, comme l’image d’une femme triste qui, même durant les moments de joie et de fête avait une ombre dans le regard.

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