Bonjour Monsieur Poirey,
Je reçois votre message concernant le cœur d’Alphée de Sinéty (1791-1868) sous la croix du cimetière de Lurcy-Lévis.
Votre Alphée, frère d’Aude de Sinéty, est un lointain descendant à la cinquième génération d’Alphée, fils d’André Marie de Sinéty (1758-1832), et qui naquit au château de Neureux à Lurcy-lévis le 11 juillet 1791, non loin du château de Lévy. C’était son grand-père André Louis de Sinéty (1712-1773) qui avait acheté la terre de Lévy, transformée en marquisat en sa faveur par LP d’août 1770. Il y apporta de grandes transformations, favorisa la fabrication de porcelaine grâce à la découverte de kaolin sur ses terres par le chimiste Hassenfratz, ainsi que de bouteilles à Champroux, marquées Lévy, et tout cela grâce à l’abondance des bois de la forêt de Champroux voisine. La famille de Sinéty ne conservera cette terre qu’une soixantaine d’années, puisque son petit-fils Alphée la revendit en 1823 à Louise Cordélia Greffulhe, comtesse de Castellane, qui la revendit presque aussitôt en 1833 à mon trisaïeul Isaac Thuret (1771-1852), dont la nombreuse descendance y est encore très présente de nos jours.
Quant à Alphée et Aude de Sinéty, enfants de Marie Thérèse de Monteynard qui décéda en 2018, ils résidaient effectivement avec leurs parents au château de Misy-sur-Yonne, où votre grand-père était régisseur. Alphée avait épousé Christine Grué, mais dont il divorça sans enfants à ma connaissance. Quant à sa sœur Aude, elle épousa le comte Elzéar de Sade, dont elle eut trois enfants. Leurs sœurs cadettes Anne-Claire et Alix épousèrent respectivement Christian le Monnier de Gouville et Laurent Berthet.
Enfin, la comtesse Greffulhe à laquelle vous faites référence, est sans doute Elaine Greffulhe (1882-1958) qui épousa le duc Armand de Gramont. Elle était à ma connaissance la dernière représentante du nom.
Les Greffulhe étaient des protestants originaires de Sauve dans le Gard, qui quittèrent la France à la Révocation pour se réfugier à Genève, puis à Amsterdam où ils étaient d’importants négociants. Le banquier Louis Greffulhe (1741-1810), père de Louise Cordélia, fit fortune à Amsterdam, puis émigra à Paris, avant de partir précipitamment pour Londres lors de la Terreur. A Londres, il fit la connaissance de nombreux émigrés français de la Révolution qu’il aidera financièrement, comme le duc de Doudeauville, le marquis de l’Aigle ou encore le maréchal de Lévis, qui ne seront pas pour rien dans la future ascension aristocratique de la famille Greffulhe, Jean Greffulhe ayant été anobli par LP du 18 janvier 1818, créé comte héréditaire.
L’orage passé, il revint à Paris pour devenir le banquier des Orléans, et hissa sa banque au premier rang du monde de la finance européenne. Les archives de sa banque côtoient curieusement celle de la banque Thuret de mon trisaïeul qui connut très bien Louis Greffulhe tant à Amsterdam qu’à Londres lorsqu’il s’y réfugia également lors de l’avènement du roi de Hollande Louis Bonaparte. Leurs archives bancaires se côtoient d’ailleurs aux Archives Nationales sous les cotes 68 AQ.
Bonjour Monsieur Poirey,
Je reçois votre message concernant le cœur d’Alphée de Sinéty (1791-1868) sous la croix du cimetière de Lurcy-Lévis.
Votre Alphée, frère d’Aude de Sinéty, est un lointain descendant à la cinquième génération d’Alphée, fils d’André Marie de Sinéty (1758-1832), et qui naquit au château de Neureux à Lurcy-lévis le 11 juillet 1791, non loin du château de Lévy. C’était son grand-père André Louis de Sinéty (1712-1773) qui avait acheté la terre de Lévy, transformée en marquisat en sa faveur par LP d’août 1770. Il y apporta de grandes transformations, favorisa la fabrication de porcelaine grâce à la découverte de kaolin sur ses terres par le chimiste Hassenfratz, ainsi que de bouteilles à Champroux, marquées Lévy, et tout cela grâce à l’abondance des bois de la forêt de Champroux voisine. La famille de Sinéty ne conservera cette terre qu’une soixantaine d’années, puisque son petit-fils Alphée la revendit en 1823 à Louise Cordélia Greffulhe, comtesse de Castellane, qui la revendit presque aussitôt en 1833 à mon trisaïeul Isaac Thuret (1771-1852), dont la nombreuse descendance y est encore très présente de nos jours.
Quant à Alphée et Aude de Sinéty, enfants de Marie Thérèse de Monteynard qui décéda en 2018, ils résidaient effectivement avec leurs parents au château de Misy-sur-Yonne, où votre grand-père était régisseur. Alphée avait épousé Christine Grué, mais dont il divorça sans enfants à ma connaissance. Quant à sa sœur Aude, elle épousa le comte Elzéar de Sade, dont elle eut trois enfants. Leurs sœurs cadettes Anne-Claire et Alix épousèrent respectivement Christian le Monnier de Gouville et Laurent Berthet.
Enfin, la comtesse Greffulhe à laquelle vous faites référence, est sans doute Elaine Greffulhe (1882-1958) qui épousa le duc Armand de Gramont. Elle était à ma connaissance la dernière représentante du nom.
Les Greffulhe étaient des protestants originaires de Sauve dans le Gard, qui quittèrent la France à la Révocation pour se réfugier à Genève, puis à Amsterdam où ils étaient d’importants négociants. Le banquier Louis Greffulhe (1741-1810), père de Louise Cordélia, fit fortune à Amsterdam, puis émigra à Paris, avant de partir précipitamment pour Londres lors de la Terreur. A Londres, il fit la connaissance de nombreux émigrés français de la Révolution qu’il aidera financièrement, comme le duc de Doudeauville, le marquis de l’Aigle ou encore le maréchal de Lévis, qui ne seront pas pour rien dans la future ascension aristocratique de la famille Greffulhe, Jean Greffulhe ayant été anobli par LP du 18 janvier 1818, créé comte héréditaire.
L’orage passé, il revint à Paris pour devenir le banquier des Orléans, et hissa sa banque au premier rang du monde de la finance européenne. Les archives de sa banque côtoient curieusement celle de la banque Thuret de mon trisaïeul qui connut très bien Louis Greffulhe tant à Amsterdam qu’à Londres lorsqu’il s’y réfugia également lors de l’avènement du roi de Hollande Louis Bonaparte. Leurs archives bancaires se côtoient d’ailleurs aux Archives Nationales sous les cotes 68 AQ.
Bien cordialement.
Daniel Thuret