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Les secrets d’écriture de « Laboureurs d’espoirs » Acte 9 Scène 2

Acte 9 Qui serions-nous sans indulgences ? Scène 2 Les filles à marier


jeudi 19 février 2009, par Alain Morinais

- Voir les épisodes précédents.

Avec « Laboureurs d’espoirs », les Morinays mettent en scène l’histoire des laboureurs bretons vivant leur Révolution, au jour le jour, telle qu’elle put être perçue et vécue dans la campagne rennaise, quand l’espoir s’y invite en 1789.

Jan, Simon et Joseph nous font vivre les labours, les fenaisons, les métiers d’antan, la vie des simples gens, perturbés par les événements, mais, attendant tout des changements annoncés. Nous partageons avec eux les coutumes, les véritables croyances et les superstitions, les pratiques amoureuses, les jeux et les fêtes du peuple des campagnes


Acte 9 Qui serions-nous sans indulgences ?

Scène 2 Les filles à marier

Demeurer célibataire semble avoir été la hantise des jeunes Bretonnes de l’époque. Un grand nombre de pierres druidiques étaient censées pouvoir prédire leur avenir matrimonial.

C’est bien pourquoi, dès l’aube, les « grands garçons » se rendront au Grés de Saint-Méen voir les filles à marier « s’écrier ». « Et, si elles osent se rendre sur la pierre écriante le lundi de Pâques, c’est qu’elles n’auront qu’à se présenter tantôt à Pierre Ruault, en l’église de Vezin, pour se faire pardonner. »

Il y a aussi le jeu du mouchoir, à l’occasion des rencontres par groupes de jeunes gens, les filles peu loquaces et les garçons joyeux et rigolards : « Les plus hardis s’approchent, parlant à celles qu’ils souhaitent faire sortir du cercle ; serrant de plus près l’élue qui le permet ; chuchotant à l’oreille de la belle se laissant coincer, pour se faire tirer le mouchoir, avec l’air détaché de l’ingénue qui ne sent pas le drôle, fouillant à l’improviste dans sa poche, s’attardant, si elle ne réagit, à tâter plus profond pour enfin trouver la pochette. »

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Dessin d’Olivier Perrin

Et puis pour la saint Jean : « Ce soir, les filles à marier, parées de leurs habits de fête, tentent leur seconde chance après la pierre écriante ; il leur faudra danser, faisant neuf fois le tour du foyer avec le même cavalier. »

Nous connaîtrons aussi les premiers mariages amoureux :

— « Dès que je t’ai aperçue, j’ai su qu’il me fallait te mériter. Je suis transporté à l’idée du bonheur d’avoir à te protéger. Tu es celle que jamais je n’avais osé rêver. Tu es le présage des jours heureux qui nous attendent. À nous deux Marie, nous trouverons tous les courages.

— Tu es fou ! mais j’ai envie d’être folle avec toi. »

Simon Morinays épousera Marie Chauvel, le 23 novembre 1790, à Le Rheu. Cette année-là, à Paris, un pauvre maître de pension, Claude Dansard, dans une salle, à la lueur d’une chandelle qu’il apportera dans sa poche, réunira les marchands et les artisans de son quartier, pour leur lire et leur expliquer les décrets de l’Assemblée nationale. Les citoyens participants viendront, accompagnés de leurs femmes. Dansard fondera ainsi la « Société fraternelle des patriotes de l’un et l’autre sexe », avec pour mission : l’éducation civique du peuple. La Société fraternelle essaimera dans Paris et créera ainsi des lieux d’initiation politique pour les femmes.

Le Jeu des questions du grand Jacques


Question de l’acte 9 scène2 : Quelle était donc la langue parlée dans la campagne rennaise en 1789 ?
Vous trouverez la réponse la semaine prochaine dans l’acte 10.
Réponse à la question de l’acte 9 scène 1 : Mais, qu’est-ce donc que cette « écriante » des filles à marier ?
Revoir l’acte 9 scène 1
Demeurer célibataire semble avoir été la hantise des jeunes Bretonnes. Un grand nombre de pierres druidiques étaient censées pouvoir prédire leur avenir matrimonial. Les « pierres écriantes », parmi les plus célèbres, pour savoir si l’on va se marier : la « Pierre de Lesmont » en Plouër-sur-Rance près de Dinan, la « Pierre Longue » de Saint-Samson en Pleumeur dans les Côtes d’Armor, la « Pierre de Saint-Eustache » à Saint-Étienne-de-Coglès en Ille-et-Vilaine. Chacune était l’objet d’un rite particulier. Il se rapporte également, qu’aujourd’hui encore, les demoiselles qui veulent vraiment se marier doivent s’asseoir sur la pierre et crier vivement : « La pierre me brûle ! » Croyances et superstitions en Bretagne de James Éveillard et Patrick Huchet Éditions Ouest-France, collection Mémoires.

- Voir la fiche de présentation de l’ouvrage

À suivre… Acte 10 - À chacun sa Bastille

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