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À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges

Un monument funéraire original

Le jeudi 16 septembre 2010, par Michel Guironnet, Raphaël Bouchot

« En passant par Champlecy, village tout près de Saint Aubin en Charollais, j’ai vu ce monument funéraire assez original... Je te le livre ! »

C’est ce que m’écrit récemment mon ami Raphaël, atteint du même virus que moi : la recherche sur les Poilus de son village, Saint-Léger-les-Paray, en Saône-et-Loire...

Et nous voilà partis tous deux à la recherche de ce Poilu...

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Le monument aux morts de Champlecy

« Ici repose Jean BARLERIN mort pour la Patrie au 60e Régiment Territorial d’Infanterie le 27 septembre 1914 dans sa 37e année, regretté de sa famille. Priez pour lui. »

Bizarrement, sur ce Jean Barlerin, rien sur Mémoire des Hommes et rien non plus sur MémorialGenWeb...

Parmi les quatre fiches Barlerin de Mémoire des Hommes, une au nom de Jean Barlerin pourrait être celle de « notre » Jean Barlerin mais au moins deux points ne concordent pas :

  • 1) la date de décès est le 7 décembre 1916. Sur le monument du cimetière de Champlecy, c’est le 27 septembre 1914.
  • 2) le régiment est le 63e RIT. Sur la stèle du monument, c’est le 60e RIT.

Pourtant, cette fiche porte comme lieu de naissance : Saint-Yan en Saône-et-Loire... et c’est à 8 km de Paray !

Elle porte comme lieu de décès : Chagny en Saône-et-Loire aussi !
Le village où est transmis l’acte de décès est Palinges... commune voisine de Champlecy, du même canton...

Pour le reste, ce n’est certainement pas le « bon » Jean Barlerin !

Ce Jean Barlerin là est celui trouvé sur Mémorial GenWeb :
 [1]

« 63e R.I.T., 2e Cie de mitrailleuses - MPF à l’Hôpital Complémentaire n° 30 suite maladie - Né le 28/01/1878 à Saint-Yan (71) fils d’Antoine et de Claudine LATHUILIÈRE, époux de Jeanne COURTOIS - Dernier domicile Palinges (71) où le décès à été transcrit le 10/01/1917 acte n° 2. »

La transcription de son acte de décès à la mairie de Palinges, acte reprenant celui dressé par la mairie de Chagny, ne donne pas d’autres indications si ce n’est l’heure du décès « à trois heures du matin... Le sept décembre mil neuf cent seize. »

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le pensionnat de Chagny est devenu l’hôpital temporaire N° 30

C’est ce Jean qui est inscrit sur le monument aux morts de Palinges et sur la plaque à l’église.

Rien à voir avec l’autre Jean Barlerin enterré à Champlecy... l’énigme reste entière !

Si « notre » Jean Barlerin est mort le 27 septembre 1914 à 37 ans, c’est qu’il est né en 1877... peut être à Champlecy ?

Dans les registres en ligne des archives de Saône-et-Loire, j’ai bien trouvé un Jean Barlerin né à Champlecy le 27 octobre 1877... C’est peut être lui.

Le moyen d’en être sûr est de chercher dans les registres de décès de Champlécy s’il y a une transcription d’un acte de décès ou la copie d’un jugement, entre 1914 et 1920, relative à ce Jean Barlerin.

Je sais par le JMO qu’en septembre 1914, le 60e RIT, son régiment, est stationné dans des villages autour de Besançon.

Il serait mort par là-bas sans pour autant qu’il y ait une fiche de faite à son décès (d’où l’absence de sa fiche sur Mémoire des Hommes ?).

Indice facile à vérifier... à condition de dénicher la transcription de l’acte de décès à Champlecy.

Raphaël repart donc en chasse... et trouve l’acte en question :

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Acte de décès de Jean Barlerin à Champlecy

« Nous soussigné Ehrhart, officier d’administration de 3e classe gestionnaire, certifions qu’il résulte du registre des décès dudit hôpital que le sieur Jean Barlerin, soldat de 2e classe au 60e Régiment Territorial d’Infanterie, 3e Bataillon, 11e Compagnie, immatriculé sous le numéro 5032, né le vingt sept octobre mil huit cent soixante dix sept à Champlecy, canton de Charolles, département de Saône et Loire.

Entré à l’hôpital temporaire N° 3 le treize septembre mil neuf cent quatorze et y est décédé ce jour à sept heures du matin.

Fait à Besançon le 22 septembre 1914. L’officier d’administration de 3e classe gestionnaire. Signé Ehrhart. Nous, médecin chef dudit établissement certifions que la signature ci-dessus est celle de M Ehrhart sus qualifié, et que foi doit y être ajoutée.

Fait à Besançon le 22 septembre 1914. Signé illisible.

L’acte de décès ci-dessus a été transcrit le vingt-huit septembre mil neuf cent quatorze, à dix heures du matin, par nous, Jean Claude Devillard, maire de Champlecy. Devillard ».

Tout s’explique maintenant !

À noter qu’il y a une erreur de date sur le monument... 5 jours de plus de vie sont accordés à Jean Barlerin !

Son régiment était bien à Besançon.... Jean Barlerin fait partie de la 11e Compagnie du 3e Bataillon du 60e Régiment d’Infanterie Territoriale.

C’est le même régiment que celui du Lieutenant Perrussot auquel j’ai consacré d’importantes recherches (Eugène est au 1er Bataillon).

Un site lui est dédié : http://www.stleger.info/eugene/

Sur le début de la guerre au 60e Régiment d’Infanterie Territoriale, voir les pages : http://www.stleger.info/eugene/71d.perrussot/71d.perrussotpoilu/71d.1914besancon/71d.1914besancon.htm

En parcourant à nouveau les allées du cimetière de Champlecy, Raphaël remarque la tombe des parents de Jean Barlerin

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La tombe des parents de Jean Barlerin
Louise est la soeur aînée de Jean, née au hameau de Savigny à Champlecy le 8 août 1865. Elle est décédée à Cronat.

Sur le monument aux morts de Champlecy, [2] érigé au dos du chœur de l’église, le nom de Barlerin est bien marqué... mais c’est Louis et pas Jean !

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le monument aux morts de Chamlecy
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Hommage aux enfants de Champlecy morts pour la Patrie sous l’autel dans l’église de Champlecy
Sur la plaque, au dessus de l’autel, figure le nom de Louis Barlerin mais pas celui de Jean !

Qui est ce Louis Barlerin ? C’est une autre histoire !

A suivre... Peut être.


[1Fiche tirée du relevé n° 18082 du Monument aux Morts de Palinges

[2La statue en bronze de ce monument ressemble beaucoup à celle du monument aux morts de St-Clair-du-Rhône (Isère), village au sud de Vienne, où j’ai passé mon enfance... et où, deux fois par an, je « défilais » de mon école à la place du village, où il trône toujours !

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12 Messages

  • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 16 septembre 2010 10:57, par André Vessot

    Bonjour Michel et Raphaël,

    Merci pour cette passionnante recherche, c’est vrai que de temps à autre on retrouve sur les plaques ou stèles funéraires ces erreurs de dates. Cela met un peu de piment dans nos recherches généalogiques et historiques.

    Bien amicalement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Ces « erreurs » le plus souvent ont comme origine la précarité des « bureaux » de cette période de guerre : tranchées, ambulances, abris temporaires, avancées et reculs des troupes. Puis transmissions fragilisées par les écrits au crayon de papier ou les urgences à enregistrer qui ne peuvent alors vérifier l’orthographe exacte et ne respectent que la prononciation... Cela s’est vérifié dans un village voisin, Changy, où François BACQUELOT (MPF, né dans l’Allier) est inscrit BACLOT chez nous...
    Bonne fin de recherches. Fernand LAURENT
    cf : CD « Nous étions enfants, vers 1920 » Changy en déc. 2008.

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      ces témoignages et parcours me passionnent et viennent enrichir l’histoire de mes aïeux nombreux, Morts pour la France, dont la liste ne cesse de s’allonger au fil de mes recherches.
      par S G A je constate également des écarts, notamment date de naissance. Convenons que les lieux et circonstances
      pouvaient prétendre à des erreurs,

      En ce qui concerne la parution de ce document, j’espère que vous continurez, ...pas "peut-être !
      Soyez-en remerciés
      Alain

      Répondre à ce message

  • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 18 septembre 2010 09:33, par Paulette Pelsmaekers

    Ce genre de « parcours recherche » est assez courant, même pour la seconde guerre mondiale, et notamment pour la campagne de 1940, les erreurs d’écriture, de date, l’utilisation d’un des autres prénoms au lieu du premier, je rencontre même des confusions de régiment : les hommes « bougent », les secteurs s’entrecroisent, les infos trouvées sur les victimes sont parfois très sommaires...autant de complications qui rendent notre passion plus passionnante encore !
    Bravo et bonne continuation !
    Paulette Pelsmaekers (Belgique)

    Répondre à ce message

  • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 18 septembre 2010 15:51, par PAINT Odette

    J’ai lu votre article avec intérêt. Je suis moi-même confrontée à une énigme. Depuis plusieurs années je recherche sur quel monument aux morts de la guerre 1914-18 pourrait être inscrit le nom de mon oncle « mort pour la France » PAINT Louis Emile soldat de 2e classe du 128e Régiment d’Infanterie le 15/9/1914 disparu à SERVON MELZICOURT (Marne). Il était né à Paris (4e) le 10/10/1892 et avait 21 ans. Sur sa fiche « Mémoire des Hommes » il est mentionné : jugement rendu le 30 avril 1920 par le Tribunal de la Seine, acte transcrit le 18 mai 1920 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris.
    La mairie que j’ai interogée m’a indiqué un monument aux morts situé dans un square sans autre précision. Sur un relevé n°3843 de FGW à Servon Melzicourt il y a une photo prise par Bernard Butet d’un monument, mais les noms ne sont pas lisibles. Merci de votre aide. Odette Paint.

    Répondre à ce message

    • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 18 septembre 2010 17:43, par Michel Guironnet

      Bonsoir Madame,

      Je crois bien que, malheureusement, je ne peux rien de plus pour vous. La base Mémorial GenWeb reste le plus grand recensement des monuments aux morts...mais tous n’ont pas été encore relevés.

      C’est peut être le cas de celui du square parisien dont vous parlez. La mairie, à nouveau consulté, pourrait vous en dire certainement plus...à moins qu’un lecteur parisien de l’article ne se dévoue.

      En tous cas, votre oncle ne semble pas inscrit sur le monument de Servon dont le relevé existe.

      Souvent, c’est au lieu de naissance ou de résidence que les Poilus morts pour la France sont inscrits. Et si certains sont inscrits sur deux monuments, d’autres sont « oubliés » et inscrits nulle part !

      Bon courage. Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • bonsoir à tous

    je me permet de faire de la publicité pour le livre de Claude
    DUNETON « le Monument » paru chez BALLAND dans lequel il retrace la vie des hommes du monument aux morts de son village.
    Passionnant !

    MA

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  • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 19 septembre 2010 07:50, par Maurice CHARPENTIER-FEUILLEBOIS

    Bonjour à tous

    Jean ou Louis Barlerin ?

    Permettez moi de vous suggérer une solution concernant les prénoms de Jean Barlerin.
    Nous sommes en Bourgogne . Pour ma part dans un autre départememnt bourguignon, l’Yonne, j’ai été confronté aux « prénoms d’usage. ».

    Souvent j’ai pu constater des cas tels ceux ci :

    1) la personne possède plusieurs prénoms à l’état civil et le prénom d’usage est la plupart du temps le dernier de la liste. Ainsi mon beau père prénommé Jules Auguste Pierre a toujours été appelé Pierre alors que tous ses documents administratifs officiels (Livret Militaire) portent le prénom de Jules, à l’exception de certains établissements Publics qui portent Jules aussi ou Jules dit Pierre (EDF, GDF, PTT, etc..).

    2) La Bourgogne , anticléricale violente dans certaines région se « venge » parfois sur les bébés. Le père déclare l’enfant en Mairie et lui donne de un à trois prénoms. Mais survient une marraine très chrétienne qui obtient des parents que l’enfant soit baptisé et qui donne au bébé, à l’Eglise, un prénom parfois totalement différent qui pourra (pas toujours) devenir le prénom d’usage.

    Il est fort possible que dans son village, et au sein de la communauté villageoise, ce prénom de Louis ait été un prénom donné au baptême. Il faudrait pouvoir consulter l’éventuel acte de Baptême de ce Jean/Louis, à l’église ou à l’évêché.
    Nota : J’ai également été confronté à ces prénoms d’usage, en Basse Normandie (Calvados) et en Creuse. Un gand père Creusois de mon épouse déclaré Jean Baptiste à L’état Civil a toujours été appelé Hippolyte, prénom donné par le curé au moment de son baptême, fait en en pleine saison des foins, alors qu’il n’y a pus que des femmes au village. Les hommes absents sont partis limousiner ) Paris ou Lyon.

    Cordialement

    Maurice Charpentier-Feuillebois

    Répondre à ce message

    • À la recherche du Poilu Jean Barlerin, entre Champlecy et Palinges 20 septembre 2010 18:09, par Jean-François Foncin

      Ce problème des « prénoms d’usage » est très général. Mon père (1894-1985) était pour l’état civil « Jacques René », mais a toujours été appelé René : je me rappelle ma surprise, enfant en 1939, en voyant son bracelet d’identité militaire marqué « FONCIN JACQUES ». Au Québec, pendant longtemps, le garçons avaient presque tous comme premier prénom « Joseph » et les filles « Marie », et seule le second ou troisième prénom était d’usage, car seul discriminant (et encore bien peu vu l’immense homonymie du Québec). Situation analogue pour les filles dans le Sud de l’Italie, où les innombrables « Maria » étaient distinguées par une qualification de la Vierge « Concetta » (conçue [sans péché]), « Assunta », etc. Situation analogue en Espagne (« Pilar » pour Maria del Pilar, statue vénérée de la Vierge au pilier).

      Répondre à ce message

  • Bonjour à tous,
    Pour compléter le message de Maurice, concernant les prénoms « Jean » ou « Louis », je pense comme lui qu’il s’agit du même. J’ai été confronté aux mêmes « erreurs » sur le monument de Moissac et à plusieurs reprises. (Ce monument comporte pas moins de 280 soldats pour la guerre 14-18). J’ai trouvé la plupart du temps la solution dans le recensement de 1911. Les recensements ont la particularité de comporter de nombreuses erreurs, et la plus courante est pour le déclarant de se nommer non pas par son prénom officiel (l’état civil) mais par son prénom usuel.
    Bravo pour votre travail. Continuez à nous en faire profiter.
    Cordialement.

    Chantal

    Voir en ligne : Memorial Moissac

    Répondre à ce message

  • A propos des prénoms : un enfant devait être prénommé Eugène, au moment de la déclaration, le père ému ou qui avait trop arrosé la naissance ne se rappelle pas quel prénom a été choisi ; on lui suggère le saint du jour, soit Thomas. A l’âge adulte, victime lui aussi de la guerre, il figure sur le monument aux morts sous ce prénom, au cimetière sous le prénom d’Eugène connu de tout son entourage.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    bravo pour la recherche. Un constat, la sculpture (en ciment ?) qui surplombe la stèle représente un soldat de 1870, un mobile peut-être. Qu’en pensez-vous
    Cordialement

    Alain Girod
    www.memorial-genweb.org
    le site des Morts pour la France

    Répondre à ce message

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