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Baies, linteaux, voussures... (1e épisode)

Comment construisaient nos Ancêtres


vendredi 1er février 2008, par Jacques Auguste Colin

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Ecu de Maître d’oeuvre Tournusien

Le tourisme moderne, de groupe, rapide, superficiel, qui caractérise notre époque n’est pas propice à la découverte profonde de l’âme des êtres et des choses. S’il est légitime et enrichissant de s’extasier devant les innombrables et gigantesques produits architecturaux des deux derniers siècles, il est non moins bénéfique de se pencher et méditer sur les temps où de simples compagnons, promus Maîtres d’oeuvre, ont construit les belles églises romanes et les simples maisons de nos villages... sans niveaux à laser, béton précontraint ou logiciel de CAO ! avec pour seuls outils, le compas, l’équerre, le niveau... et la corde à treize noeuds !…

Le visiteur occasionnel, qui « regarde » mais ne « voit » guère est surtout sensible à la grandeur et à l’harmonie des formes et couleurs, (ce qui n’est déjà pas si mal !) quand ce n’est pas, hélas, au nombre de magasins de souvenirs qui attesteront de son passage en ces lieux.

Peu nombreux sont ceux qui voient dans les « ouvertures » autre chose que des taches plus ou moins rectangulaires, distribuées par commodité dans les belles façades séculaires. Seules quelques voussures remarquables retiennent parfois l’attention…

Et pourtant, quel beau voyage dans le temps et dans l’histoire du « construire » peut être fait par la contemplation et la réflexion devant ces « fenêtres » qui nous regardent et qui ont tant de choses à dire…

Alors, si vous voulez bien me suivre, je vous emmène, oh ! bien modestement, à la découverte et à l’étude des baies… linteaux et voussures de l’origine des temps à nos modestes maisons anciennes

BAIES, LINTEAUX et VOUSSURES...

Voir lexique des termes techniques en bas de page [1]

1) Méditation devant une « ouverture » de cadole. [2]

Qu’y a-t-il de plus simpliste que de déclarer que baies ou ouvertures de passage, peuvent toujours s’inscrire à l’intérieur d’un quadrilatère rectangle ?
Y a-t-il figure géométrique plus banale qu’un rectangle ?
Et comment peut-on prétendre voyager dans l’espace et le temps par la seule contemplation d’une figure aussi peu évocatrice ?…

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Baie d’une capitelle du Minervois
Selon le regard du lecteur, ce peut être une baie de 30x30cm ou un dolmen de3mx3m..!

C’est que, voyez-vous, par une sorte de retour aux sources de l’art du « construire », cette figure simple et régulière nous apparaît comme étant sans doute la première qui se soit présentée à la compréhension et à l’analyse de notre ancêtre de l’âge de pierre [3] quand il se mit à quitter ses grottes abris pour un habitat construit par lui-même en des lieux propices à une agriculture et un élevage qu’il commençait à pratiquer... ( certes, en même temps que le cercle, soleil, lune, œil, œuf… etc., mais sans que celui-ci lui posât, pour l’instant, les mêmes interrogations…techniques ou mathématiques.
Quoi de plus naturel en effet que de se construire un abri avec les pierres affleurant les grands plateaux calcaires, couches pétrifiées d’anciens fonds marins aux strates plus ou moins épaisses, mais facilement détachables ( lauzes et laives…).

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Laves, ou laives, ou lauzes des affleurements anticlinaux
Village de « bories » près de Gordes

Comme un enfant qui, trouvant un jeu de carte qu’il ne peut comprendre, les assemble pour en faire un château… : Deux cartes verticales, une carte horizontale et voici notre abri, notre dolmen conçu, notre rectangle révélé, et les problèmes qui commencent !… :

- Stabilité et écartement des cartes verticales, (que nous appelons « pieds-droits »),
- Poids, dimension, résistance de la carte horizontale, (que nous appelons « linteau » ),
- Extension de cette figure à la dimension humaine…

Si je vous présente ci-dessus cette image à double échelle (baie de 30 x 30 cm ou dolmen de 3 m x 3 m, photo-montage) d’une capitelle [4] des Cévennes minervoises, c’est qu’y apparaît clairement, selon le regard

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Bories du Lubéron
Remarquer le long Linteau composite (2 rangs de pierres longues) qui supporte le poids de la construction.

qu’on lui porte, l’ensemble des problèmes élémentaires ou complexes, (le linteau fendu en est un…) qu’aura à résoudre notre apprenti constructeur pour en arriver en 15000 ans à la notion d’esthétique du rectangle à Louksor ou au Parthénon, en passant par la civilisation mégalithique, les minuscules habitations Ligures, les tombes Minoennes de pierres sèches, et nos merveilleuses églises romanes… j’en passe…

Même si les minuscules abris en pierres sèches (cadoles) qui nous restent n’ont guère plus de cinq cents ans, on peut parier que notre homo sapiens ne mit pas longtemps à se familiariser avec cette technique élémentaire d’élévation de murs avec des matériaux de ramassage, à imaginer rapidement la couverture des enceintes par de longues pierres posées, à inventer après quelques milliers d’années la voussure clavée et la voûte en encorbellement…

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Voussure archaïque d’une borie du Lubéron (Gordes)

N’y a-t-il pas de quoi rêver longtemps devant cette émouvante voussure clavée dont on se demande par quel miracle elle a pu supporter pendant plusieus siècles les dizaines de tonnes qui la compressent ? Le résultat ne provient d’étude mathématique, mais d’expérience longuement et péniblement acquise !

2) Essai sur les contraintes

C’est probablement au paléolithique ( 30000 à20000 ans avant notre ère) que les « Cro-Magnon » chassent ou absorbent les derniers « néanderthal ».
La température moyenne de notre continent est inférieure de 6° à la température actuelle. La végétation des petits sommets est celle de notre moyenne montagne. Les grottes et abris naturels ne suffisent plus comme refuges pour une surpopulation relative (et oui !), et notre grand-père se fait pasteur et de nomade se sédentarise de plus en plus.

C’est probablement à cette époque que notre ancêtre se mit à construire de manière empirique ses premiers abris de pierres de ramassage ou de délitage, feuilles de lave (Cévennes, Auvergne..) ou strates calcaires de fonds marins pétrifiés comme on en trouve partout où la mer avait précèdé le soulèvement alpin, notamment au sommet des grands anticlinaux des préalpes ou des rides bourguignonnes bordant le fossé bressan, entre autres...

Dès la pose des premières pierres, hors de toute préoccupation esthétique, notre ancêtre, aussi intelligent que nous mais sans expérience acquise, dut résoudre une série de problèmes qui nous paraissent aujourd’hui élémentaires :

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Problèmes de construction..!

Problèmes de construction...

- a) comment assurer la stabilité et la cohérence des murs de mon abri ?
- b) comment réaliser avec ces mêmes pierres une couverture solide, étanche et isolante ?
Ceux d’entre-nous qui, par jeu, par goût ou par nécessité, ont fait l’expérience d’assembler à sec, ces pierres généralement plates, de dimension et formes variables connaissent bien ces passionnantes difficultés.
C’est sans doute après bien des tâtonnements et de probables éboulements, que la solution la plus naturelle et la plus simple apparut aux yeux de notre apprenti bâtisseur :
- a) augmenter l’épaisseur des murs pour pouvoir assurer leur équilibre par un croisement horizontal judicieux des lits de pierres.
- b) Couvrir, aussi bien l’ensemble que les ouvertures de passage ou d’aération, par un léger débord intérieur de chaque lit ajouté, tout en liant les lits successifs, légèrement inclinés, par le même croisement.( Ce que nous appelons de nos jours la « technique de l’encorbellement », ce qui bien sûr, ne voulait rien dire pour notre estimable ancêtre…).

Il est très intéressant de remarquer que dans des conditions de terrain favorables (plateaux aux nombreuses couches superficielles délitées…) , il n’est besoin d’aucun outillage particulier pour réaliser de tels abris.
Il suffit d’un peu de réflexion et d’esprit d’observation et beaucoup « d’huile de coude »…pour se construire un minuscule abri contre les intempéries et les prédateurs.
Je continue de croire que ces minuscules habitations furent les prototypes lointains de nos cadoles, bories, et autres capitelles que l’on construit ou reconstruit encore de nos jours. (Notre photo : Borie dans le Lubéron –XVII° s.)

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Grande borie à étage à GORDES

Borie avec escalier d’accès à une « pièce » à l’étage

Il est probable que quelques individus plus doués, plus perspicaces, devinrent peu à peu les spécialistes écoutés, les premiers « maîtres d’œuvre » pour aboutir en quelques dix mille ans à des réalisations comme celle de Newgrange (4000 av.JC - Irlande), souvent présentée comme un chef d’œuvre du génie humain, avec sa coupole en encorbellement, et ses linteaux monolithes avec vides de décharge.

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Vous pouvez, cher lecteur, justement vous demander ce que vient faire cette démonstration dans un article destiné à faire rêver sur les baies et ouvertures des maisons de nos villages !

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Linteaux et pieds droits à Louksor

C’est que voyez-vous, je trouve fascinant qu’il se soit écoulé au moins une dizaine de millénaires de réflexion, d’acquisition manuelle et de technique d’extraction, de taille et de polissage de la pierre, pour que l’être humain résolve les problèmes posés par le poids de ses constructions s’exerçant sur les espaces libres des baies et des volumes...
Et pour voir apparaître le linteau droit de résistance calculée, (architecture égyptienne-dessin ci-contre) avec comme conséquence l’apparition de la notion d’esthétique du rectangle dont je vous parlé précédemment...
Et encore quelques autres milliers d’années pour qu’apparaisse, dans la Rome antique, la voussure en arc de plein cintre (annonciatrice de notre art roman) qui succédait au triangle théoriquement indéformable des temples grecs.

En visitant Tournus, ou toute autre ville aux vestiges médiévaux, il est agréable et enrichissant de méditer et découvrir comment nos compagnons maçons, bâtisseurs des XI° au XVIII° siècles. souvent sans autre école que la tradition orale, ont parfois résolu avec inventivité les mêmes problèmes que leurs lointains prédécesseurs :
Il suffit de poser sur baies et voussures un regard « différent  ».

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Cadole Tournusienne

Voir en notes un lexique des termes utilisés [5]

3) Essai sur la « forme » :

Méditation sur les proportions du rectangle

Il est difficile de croire que la contemplation du rectangle (dans lequel s’inscrit une baie ou une ouverture) puisse procurer un plaisir d’ordre esthétique. Pourtant de grands auteurs l’affirment et de nombreux artistes ont, de l’antiquité à nos jours, appuyé leurs travaux sur cette constatation.

Je ne puis évidemment développer ici cette théorie, qui fait appel à des notions mathématiques et physiques parmi lesquelles j’aurais vite fait de me perdre… ! Il me suffira je crois de poser la question suivante, pour susciter chez ceux que mon propos excite, l’envie de poursuivre plus avant :

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— Qu’est-ce qui différencie essentiellement un rectangle, d’un autre rectangle ? ou, pour rester dans le cadre de mon sujet : qu’est-ce qui différencie une fenêtre rectangulaire d’une autre fenêtre rectangulaire ?… (hormis leurs surfaces bien entendu).

— Je crois qu’il sera évident pour tout le monde que c’est le rapport des dimensions Longueur / largeur, et lui seul, qui nous fera décider que deux rectangles (ou deux baies rectangulaires) sont semblables ou différents. Ce rapport Grand côté/Petit côté peut toujours s’exprimer par un nombre entier ou fractionnaire égal ou supérieur à 1 (cas du carré), rarement supérieur à 2.

Ce nombre, représenté le plus souvent par une fraction (par exemple 3/2 pour 1,5) est appelé par les géomètres et constructeurs coefficient de forme, affecté de la lettre K.

J’emploierai donc cette formule pour les quelques exemples particuliers qui illustreront la suite de cet essai.

Les questions qu’il est très intéressant de se poser maintenant sont les suivantes :
- a) : Existe-t-il vraiment parmi l’infinité des rectangles possibles, des modèles dont la « forme » K procure à l’observateur un plaisir esthétique et un sentiment d’accord et d’harmonie ?
- b) : Y a-t-il eu dans l’histoire de la construction, des formes temporairement privilégiées qui nous permettraient, en les reconnaissant, de comprendre les préoccupations et les contraintes de nos lointains ancêtres.

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Exemple composition rectangulaire
Lumière du soir sur le tuilerie-

— Pour un artiste peintre, la réponse à la première question est forcément oui. Il n’est que de constater avec quelle régularité certains artistes choisissent tel ou tel format pour leurs compositions établies sur des schémas simples dans lesquels le rectangle a souvent une place prépondrante.

— Pour l’ensemble des humains, la réponse est plus nuancée car il faudrait qu’elle s’appuie sur des études statistiques à grand échantillon. Celles-ci restent à faire, même si on signale ici et là des recherches tendant à la résoudre.

Pour ne pas sortir du cadre de ma réflexion (locale et subjective) et laisser à ceux que mon bavardage intéresse le soin de s’en faire une opinion, j’ai imaginé pour mes lecteurs la petite expérience suivante :

Sur cette photo d’une suite de façades tournusiennes(2), que beaucoup reconnaîtront, on peut discerner un grand nombre de rectangles (baies ou façades) de K différents.

— Question simple : y a-t-il certains rectangles que vous trouvez plus élégants que d’autres ?

Si vous trouvez cette expérience un peu débile et sans intérêt, vous pouvez quand même vous réjouir de la vision d’ensemble et des rythmes de la composition...

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Composition rectangle

les fenêtres sourient, les fenêtres murmurent, les fenêtres jacassent, les fenêtres chantonnent, les fenêtres gentilles., les fenêtres musardent... Jacques BREL, « Les fenêtres »

Certains auteurs, savants ou physiciens, ont osé faire le parallèle des rapports K des rectangles avec ceux des rapports de fréquence qui caractérisent certains accords musicaux. Par exemple, en terme d’acoustique, le rapport 3/2 (1,5) caractérise l’accord musical de quinte juste particulièrement agréable à l’oreille. De même le rapport 4/3 (1,333…) caractérise l’accord musical de quarte juste… etc…
On peut donc à juste titre se demander si ce qui est valable pour l’oreille ne le serait pas pour les yeux ?

Je ne m’aventurerai pas à répondre à cette question qui cependant, justifie l’invitation que j’adresse à mes lecteurs de porter un regard différent sur les « baies , linteaux et voussures » de leur village ou d’ailleurs…

ce que nous continuerons à faire dans un prochain article...!

- Lire la suite

P.-S.

Cet article, ainsi que les illustrations qui l’accompagnent, ne fait aucun emprunt à d’autres écrits antérieurs. C’est une réflexion inspirée par mon expérience artistique personnelle et mes voyages de recherches.
Je me dois cependant de citer quelques ouvrages, où j’ai pu retrouver des préoccupations semblables aux miennes :
— -le site : www.pierreseche.com/
— -Le tome « BORIES » de la collection « Lubéron images et signes » (Edisud)
— - D. RIBA et J.MOULIN : « A la recherche des premiers Bâtisseurs » Edt. France Empire" 1977
— -« Préhistoire de la Bretagne » ouvrage collectif, Ouest-France édit. 1979

entre’autres...!

Notes

[1Note de rédaction : Cette dissertation n’a d’autre ambition que de poser un regard différent sur des choses banales que l’accélération des temps modernes nous empêche de percevoir. Elle n’est qu’un simple exercice de réflexion personnelle sans prétention à “diffuser de la culture”.

[2Une remarquable étude de Monsieur G. Bellicot sur ces cadoles du Tournugeois peut être lue dans le bulletin XCVI année 1997 et suivants de la S.A.A.S.Tournus.

[3Au paléolithique supérieur diraient nos érudits…(+ ou – 25000 ans)Notons-le en passant, l’homme de Cro-Magnon était doté d’un cerveau et d’une intelligence équivalents aux nôtres.) ;

[4Capitelle en Languedoc, Bories en Provence, cadoles en Bourgogne… Bien que celles qui subsistent ne soient guère antérieures au XVI° siècle, elles restent le témoignage de la manière de construire, intuitive, empirique, en pierres sèches, de l’homme préhistorique.

[5Lexique des termes techniques utilisés.
- Arcade : n. fém... Ensemble architectural constitué par des supports et un arc enjambant le vide situé entre ceux-ci. Elle est dite aveugle lorsqu’elle est appliquée contre un mur.
- Baie : n. fém. (de béer). 1. Arch.. : Large ouverture murale faisant office de porte ou de fenêtre. /
- Claveau : n. masc. (lat. clavis « clé »). ARCH. Pierre taillée en forme de coin, utilisée dans la construction d’un arc, d’une voûte, etc. Le claveau qui est situé au sommet est la clé ; ceux qui s’appuient sur les supports (de l’arc, de la voûte) sont les sommiers. Syn. de voussoir
- Fenêtre : n. fém. 1.:Ouverture aménagée dans le mur d’un bâtiment, pour laisser passer la lumière et/ou l’air. Percer une fenêtre. Regarder par la fenêtre. Une fenêtre qui donne sur la rue. 2. : Élément de menuiserie équipant cette ouverture et comportant un châssis fixe (ou dormant) dans lequel vient s’encastrer un second châssis fixe ou mobile, pourvu d’un vitrage. Ouvrir, fermer la fenêtre.
- Croisillon : n. masc. :1. Traverse d’une croix. 3. Traverse partageant une baie, une croisée. / n. plur. Baguettes de bois croisées qui maintiennent les carreaux des fenêtres anciennes.
- Linteau : n. masc. (lat. pop. limitans « qui limite »). Traverse horizontale de bois, de métal ou de pierre qui soutient la maçonnerie placée au-dessus d’une baie.
- Meneau : n. masc. 1. : Anc. Montant ou traverse de pierre qui compartimente une baie. 2. : Montant d’une croisée. / Moulure décorative d’un fronton.
- Nombre d’or : (souvent évoqué dans ces Cahiers) C’est l’expression numérique (1,618...) d’une proportion remarquable, connue depuis l’antiquité, liée à de nombreux phénomènes naturels et aux propriétés du pentagone, du décagone réguliers. Redécouverte au XV° siècle par Paccioli qui parle de « Divine proportion » et L. de Vinci de « Section dorée ». Il semblerait que l’expression « nombre d’or » ne soit pas antérieure au XIX°siècle. (« Que sais-je » P.U.F.)
- Piédroit ou pied-droit : n. masc. Montant ou mur vertical portant les retombées du couvrement de la baie ou celles des arcs, des voussures, etc. Syn. jambage.
- Rectangle : n. masc. GÉOM. Parallélogramme ayant un, et donc quatre angles droits.
Note : Tout rectangle est suffisamment défini par sa longueur et sa largeur. Le rapport Longueur/largeur est conventionnellement appelé coéfficient de forme (K) . Le Carré est un rectangle à quatre côtés égaux.
- Sommier : n.masc. Claveau qui porte directement sur le support
- Tableau (de baie) : épaisseur d’un mur faisant saillie en dehors d’un encadrement de porte ou de fenêtre.
- Trumeau : Par ext. ARCH. Pilier vertical séparant en deux la baie d’un portail et soutenant le linteau ; il est souvent orné de sculptures (églises médiévales).
- Voûte : n. fém. (lat. pop. volvita, de volvere « enrouler »). Ouvrage de maçonnerie de profil courbe, destiné à couvrir l’espace vide situé entre ses supports (murs, colonnes, etc.).
- Voussure : n. fém. Chacun des arcs situés au-dessus d’un portail roman ou gothique. (En retrait les unes par rapport aux autres, les voussures sont généralement ornées de sculptures.) / Arc élémentaire dans une archivolte. / Portion de voûte ou petite voûte.
- Voussoir : voir claveau

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8 Messages

  • Baies, Linteaux, Voussures... 16 avril 2008 05:58, par Patrick FERRAT

    Bonjour,

    extremment interessant et instructif vos informations concernant les baies,linteaux et voussures ...

    Mais voila cela fait des annees que j’essaye de savoir la raison reelle et le nom d’une piece metallique en forme de S que l’on voit souvent a l’exterieure d’un mur, d’anciens batiments en pierre, il est situe un peu plus bas que le toit.Il y a une longue tige metallique qui traveres le mur et relie le S a la base de la structure du toit en bois a l’interieur du batiment......La construction que je connais et qui existe encore n’a pas d’etage ,elle date du 18e siecle .
    Questions : a quoi sert ce S et comment le nomme-t-on et de quand date cette pratique ?

    2e interrogation : a quoi ressemble une Tour d’Ordre et quelle est son origine .Un gouverneur Francais de l’Ile de France (!710- !810), en a fait construire une au Port-Louis ( ocean indien ) dans les annees 1740.. Elle a completement disparue aujourd’hui....On connait quand meme l’emplacement qui a une epoque se situe a un point connu comme etant l’entree du port,. avant d’etre une Tour d’Ordre, il y avait a cette endroit une poudriere qui pour des raisons de securite, il avait fallu eloigne autant que possible du centre de la ville naissante ...
    Merci d’avance pour vos reponses,
    Patrick FERRAT
    Ancien secretaire benevol de la SHIM (Societe de l’Histoire de l’Ile Maurice)
    Ile Maurice
    Ocean Indien

    Répondre à ce message

    • Baies, Linteaux, Voussures... 18 avril 2008 19:15, par Jacques Auguste COLIN

      Bonjour

      Je ne puis hélas, répondre qu’à votre première question car je ne connais pas cette expression « Tour d’Ordre »...(je vais chercher..!.)

      Pour ce qui est de ce S que l’on rencontre fréquemment, appliqué sur des murs de bâtiments généralement anciens et souvent élevés en « opus incertum » de moellons divers, il a une fonction précise :

      - Il arrive que le poids ou l’action des superstructures ou des voûtes des bâtiments construits souvent de manière empirique exerce une poussée sur de tels murs, tendant à les effondrer extérieurement.

      Une des solutions à ce danger fut à l’époque romane d’opposer à cette tendance le poids de lourds contreforts (églises romanes).

      Puis, avec le développement de la métallurgie, de remplacer les contreforts par la resistance d’un tirant en fer ou acier, ancré dans des faces opposées ; c’est la pièce d’ancrage,solidaire du tirant traversant le mur, qui supporte la totalité des forces inopportunes de renversement.

      On rencontre de nombreuses formes de cette pièce d’ancrage : plaque de fonte percée serrée par un ecrou central (Bâtiments industriels), Barre épaisse glissée dans un « lasso » avec une clavette de tension, et finalement ce S qui par sa forme et sa résistance à la torsion possède les mêmes qualités que la plaque de même surface...tout en ayant d’autres qualités esthétiques...qui vous ont intrigué.

      Rendez vous sur le prochain article Baies..Linteaux et Voussures... où j’ajouterai quelques photos de tels dispositifs...
      Cordialement
      J.A.Colin

      Répondre à ce message

    • A propos des tours d’ordre 19 avril 2008 10:36

      Bonjour (re)

      je viens de tout apprendre sur les Tours d’Ordre en consultant le site de l’encyclopédie Wikipedia...

      Je m’en voudrais de recopier, et je vous laisse découvrir vous même les réponses à votre question...:www.fr.wikipedia.org/wiki/Tour_d_Ordre

      Cordialement
      J.A.COLIN

      Voir en ligne : Encyclopédie WIKIPEDIA

      Répondre à ce message

    • Baies, Linteaux, Voussures... 30 mai 2008 08:41, par Marcel Marie Monnier

      Bonjour,
      Cela, comme beaucoup d’autres sans doute, JE SAIS, comme dit la chanson.
      Pour en voir PLEIN PLEIN vous pouvez aller sur le site : http://linteaux-de-france.com et vous mettez les BONS critères de recherche, à savoir :

      * la tige qui va à l’intérieur du toit ou de la maison à partir de la pièce métallique que vous voyez à l’extérieur s’appelle TIRANT.

      * la pièce métallique que vous voyez à l’extérieur s’appelle un ANCRAGE.

      Effectivement ce sont des S ou des X ou des H, mais c’est beaucoup plus intéressant qu’il n’y parait car dans certaines régions ces ancrages en fer forgé ont la forme des initiales des propriétaires constructeurs de l’ouvrage. Et c’est très instructif en généalogie comme vous pourrez le constater sur mon site, commune de Saint-Pierre-de-Plesguen entre autres.

      Vous pouvez me contacter au 02 23 15 03 89.

      Cordialement.
      Marcel Marie Monnier

      Répondre à ce message

  • Baies, linteaux, voussures... 29 mai 2008 15:03, par M. A. Gagnol

    Bonjour,
    Magnifique cours sur notre patrimoine commun. J’ai tout appris et vais m’impregner de votre enseignement. A Berzé-la-Ville, tout proche de Tournus, je fais partie d’une association qui a pour but de sauver le patrimoine rural et industriel : Les Amis du Vieux Berzé. Je ferai part à mes amis de votre savoir et nous regarderons plus attentivement notre environnement. Merci.
    M. A. Gagnol

    Répondre à ce message

    • Baies, linteaux, voussures... 30 mai 2008 16:52, par marcel marie monnier

      Bonjour,
      Puisque vous vous intéressez aux linteaux, entre autres, je vous signale le site internet : http://linteaux-de-france.com.
      Bien sûr ce faisant je prêche pour ma paroisse mais aussi, je crois, j’apporte quelques informations aux autres.
      Dans votre coin vous trouverez les inscriptions et linteaux déjà mis sur le site dans diverses communes du 71 comme Clessé, Lacrost etc...
      Et juste en face, de l’autre côté du Rhône, si vous ne la connaissez déjà, mais ça m’étonnerait, vous verrez les jolis objets de Feillens dont de beaux linteaux en bois éponymiques.
      Ce site ne demande qu’à évoluer et s’enrichir. Si vous voulez contribuer vous serez le bienvenu et bien entendu vous serez mentionné en crédit de vos apports.
      Merci.Joyeuses et intéressantes découvertes à Vous.
      Marcel Marie Monnier

      Répondre à ce message

      • Baies, linteaux, voussures... 31 mai 2008 08:41, par marcel marie monnier

        Message au Modérateur :
        Ouh la la. Dans mon message précédent il faut lire SAÔNE bien entendu et non pas RHÔNE.
        Veuillez m’en excuser.
        Marcel Marie Monnier

        Répondre à ce message

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