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Chronique de Renaison (Loire)


mardi 1er juillet 2003, par Gisèle Lameth

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1733

" Ce jourd’hui 10 juillet 1733, nous, Jean François THOME, prêtre curé de la ville de St Haon, archiprêtre de Roanne, fâisant visitte dans la paroisse de Renaison, ayant convoqué le peuple au son de la cloche à la porte de l’église, avons demandé au dit peuple ceux qu’ils souhaitoit de nommer pour fabrissiens et voyant qu’ils ne répondait pas à notre demande, avons nommé d’office la personne de Me Jean ROBIN, pretre vicaire du dit lieu pour 1er fabrissien et Me Jean COMBARET habitant du bourg du dit Renaison pour second, les chargeant tous 2 d’avoir soin des revenus de la fabrique en bons pères de famille, et d’employer utilement les revenus a quoy les habitants ont consentys et avons signé avec Me Jacques BOUQUET, curé du dit lieu en présence de Jean CHANTERET et Charles PRONCHERYE, habitants du dit lieu, de Pierre BARNICHON, chirurgien, juré de la ville de St Haon et de plusieurs autres habitants qui ont déclarés ne scavoir signer anquis, en même temps avons procédé a la redition de compte des nommés deffunts François BONNEFON et Jean PELLETIER, anciens fabrissiens depuis l’année « 

1740

 » L’an 1740 l’hiver a été fort long et il a fait froid presque tous les mois de l’année. Les vignes et les blés ont été un peu endommagés particulièrement celles qui se sont trouvé exposée à la bize et situées dans des terroirs humides ; les vignes n’ont commencé à pousser que les 3 derniers jours de may, en ayant été empeché par les gelées du printemps et la neige qui tombait ; tout a été tardif cette année car l’on a coupé les blés quand l’ont finissait les autres années ; ils étoient fort clairs, mais pas assez murs pour les vendanges, l’on a été obligé de les faire tard à cause de mauvais temps, mais il est survenu des gelées très fortes qui ont flétri les raisins qui n’étoient qu’à moitié murs et défeuillé entièrement les vignes. Le peu de vin que l’on a fait est sans couleur, vert, d’une façon que les parisiens jusqu’à ce jourd’huy quatrième de janvier 1741 n’ont point voulu en acheter de crainte qu’il ne aigrisse. Il y a des vins vieux qui se sont vendus jusqu’à 70 livres la pièce. « 

1741

 » La présente année 1741 a été fort belle par le beau temps quil a fait jusqu’après la toussaint, l’on a cueilli fort peu de vin et lon la vendu jusgua 54 et 56 livres la pièce, il ne s’est point trouvé si bon que lon aurait cru, cependant les parisiens lon tout enlevé le grain a été assez beau mais il y a eu si peu de paille que nonobstant quelle etoit bien grenée, il en a manqué beaucoup de ce que lon avait coutume d’en cueillir."

1742

" La présente année 1742 a été fort froide par une bize qui a règné près de 2 mois, mais l’été a été chaud et sec. Nonobstant tout cela, la récolte du blé a été abondante parsque les semailles qui avaient été faites a bon heure ont résistées à la bise. Pour le vin, il s’en ai pas trop cueilly dans cette côte, la trop grande checeresse a gaté le raisin, qui na pas pu bien munir après les pluyes par rapport aux gelées qui sont survenues ; les parisiens en ont pris fort peu dans ce pays, il est vray qu’il navoit pas du feu, mais aussy l’on na tenu le prix trop haut ce qui a obligé les marchands de s’écarter dans le maconnois où ils en ont enlevées une quantité prodigieuse, et peu dans ce ca(n)ton, encore à 16 ou 17 ou 18 livre la pièce. Le prix du blé a été de 20 ou 22 sols la mesure pour le plus. « 

1754

 » L’année 1754 a été assez bonne, la récolde de bled et celle de vin auroient été plus copieux sans la gelée d’ hyver et une grele et pluye surabondante qui tombèrent au mois de may, ce qui a fait qu’il n’y a eu qu’à moitié de vin. Les parisiens ne l’ont pas enlevé promptement et il n’a valu que 25 et 26 livres. Communément il y a eu dans la présente année des contrebandiers dans le forest et roannais qui ont fait des (concussience) etonantes et la contrebande à force ouverte. Le chef de ces brigands se nomme MANDRIN. « 

1756

 » L’année 1756 a été fort pluvieuse, l’hyver n’a pas été rude mais fort long. Il s’est cueilli fort peu de bled, il a valu 40 sols la mesure de Roanne ; il est tombé pendant l’été beaucoup de grêle en différens pays ce qui n’a pas peu contribué a encherir ses denrées en en diminuant la quantité, les rivières ont été fort grandes dans le mois de janvier, et depuis 1733 on ne les avoit pas vu si débordées, le Loire fit beaucoup de mal à Roanne, elle entraina plusieurs bâteaux, et plus de 600 pièces de vin qui etoient sur le port. Il s’est cueilli assez de vin dans la côte et surtout en cette paroisse et il a été moins mauvais Les parisiens en ont enlevé la plus grande partie dans le courant de décembre, ils ont accepté jusqu’à 36 livres le tonneau et communément 33 livres. Nous avons fait la guerre avec les anglais pendant tout l’été on leur a pris la fameuse isle de Minorque et le fort a Mahon quils avoient regardé jusque là comme imprenable. M de la Palissaniere commandant sur mer contre l’amiral Bingre qu’il a battu plusieurs fois et M Le maréchal duc de Richelieu sur terre c’est luy qui enleva la place d’assaut « .

1757

 » La présente année 1747 a eu un hyver fort long et fort rude ce qui a fait que la récolte en bled et en vin ont été très modiques. Le bled a valu jusqu’à 44 sols la mesure de Roanne ; les gelées violentes qui se sont fait sentir avant les vendanges ont diminués la quantité et la qualité du vin, ils ont pourtant été assez bon dans cette côte, et comme il y en avoit très peu, il s’est vendu jusqu’à 42 livres la pièce d’abord après les vendange, mais il a diminué de prix les parisiens ne l’ayant pas enlevé tout de suite : le fait mémorable arrivé le 6 janvier contre la sacré personne du Roy Louis XV ne sera jamais oublié, le scélérat Pierre Damiens lay donner un coup de couteau dans les reins comme sa majesté alloit monter en carrosse pour aller à Trianon ; elle est heureusement guérrie de sa blessure et l’assassin fût puni selon ses mérites. « 

1760

 » La présente année 1760 a été peu abondante, son grain léger a fait quil a valu jusqua 50 sols la mesure de Roanne. Le vin a médiocrement bon et a été sujet à la tranche, il n’a valu que 14 francs la pièce ce qui a fait souffrir beaucoup les pauvres vignerons. Le 22 juin de la présente année, jour de dimanche à 6 heures du soir le tonnerre tomba sur le clocher de cette paroisse. Il y avoit plus de 30 personnes dedans, dont 5 ou 6 eurent leurs habits brulés. Ils le furent eux mêmes, les uns aux visages, les autres à la poitrine, aux jambes et aux cuisses et rentrèrent pour morts. Pendant une heure le feu penetra jusque dans l’eglise où il y avoit plus de 200 personnes, une femme en eut les mains brulées, et son chapelet qu’elle tenoit fut deperlé de façon qu’il devint invisible, la seule croix lui demeura à la main. On l’a cru morte, mais par un effet de la miséricorde de Dieu, ny elle ni ceux qui etoient au clocher ne sont peris, ils ont tous été parfaitement guerris au bout de 2 mois. « 

1761

 » La présente année 1761 a été assez belle dans chaque saison, les bleds cependant qoyque ramassés en beau temps, n’ont pas été abondans, les vents chauds qui ont courus lorsqu ils etoient en fleur les ont beaucoup endomagés, ils ont fait qu’ils n’ont pas été grenés, il a été cher toute l’année, et les pauvres ont beaucoup souffert. Il y a eu après du vin dans cette côte, et ils ont eu de la qualité ce qui a fait que les parisiens les ont enlevés, mais lentement et à bon prix ; le tonau n’a valu que 20 livres au plus cher. « 

1762

 » La présente année 1762 a été pour la Côte une des plus malheureuse qu’on aye jamais vu, la secheresse qui a regnée depuis le mois de mars jusqu’au mois d’aout a fait qu’on y a presque point cueilli de vin, et encore il n a valu que 20 à 22 francs, les parisiens l’ont pas enlevé parce qu’ il y en a eu beaucoup ailleurs et qu’il y a été bon, on a commencé ici les vendanges le 13 de septembre, ce qui ne s’etoit jamais vu. Il y a eu assez de bled malgré la secheresse ; il fut vendu toute l’année 25 sols, mais il ny a eu ny pois, ny le ume ny même grain d’aucune espece : on a été à la veille deprouver une famine, par la difficulté de moudre les grains. La rivière de Renaison, qui fournit de l’eau lorque les autres manquent, a été pour ainsi dire à sec. Et on a été obligé de moudre à la corde pendant près d’un mois, le foin a été très rare et les bestiaux a grand marché. « 

1765

 » La présente année 1765 a été peu abondante en grain, les pluyes continuelles de l’été ont fait que difficilement on a pu lever la récolte, et que les bleds ne se sont pas trouvés grenés. Aussi a t il valu depuis la moisson plus de 40 sols la mesure, il y a eu beaucoup de poix dans cette Côte ce qui a beaucoup soulagé le peuple. La récolte du vin a été assez abondante, mais le vin n’a pas eu sa qualité, quoyqu’il eut de la couleur, et les vins des païx bas setant trouvés bons, les parisiens ont méprisés ceux-ci ; il n’y a point eu de débits, et ceux qu’on a vendus jusqu’ au mois de février se sont donnés à 20 tt la pièce. Ce qui a mis, joint à la cherté du bled, la misere dans le païs. « 

1768

 » La présente année a eu pour le chaud et pour le froid des révolutions etonnantes. L’hyver a été des plus rudes, les rivières ont été toutes glacées, celle de Renaison l’a été au point que pendant une semaine on n’a pas pu moudre dans aucun moulin. Le froid a duré jusqu’au mois de février ; et après une semaine de beau temps et de chaleur, il a fait froid comme auparavant, si bien que le samedi saint et le jour de paques, il y avoit ici deux poules de neige, ce qui a occasionné une gelée sur les vignes qui avoient poucées qui les a beaucoup endomagé. Il sen ai fait une autre le 6 de may qui n’a pas fait mal dans la Côte mais qui a emporté à toutes les vignes des apïs bas les bleds ont aussi beaucoup souffert et quoyqu ils n’y paru pas beaucoup de mal : on a connu en battant les pailles qu’il manquoit la moitié du grain. La sécheresse a succédé a la gelée, ce qui a fait qu’il y a eu fort peu de foin, et point de regain ; il y a eu des grêles à plusieurs fois et quoy qu’elles n’ayent pas été bien violentes, ces accidens, joins à ceux de la gelée et de la grande sécheresse des mois de juin juillet et aoust ont fait qu’il y a eu fort peu de vin, mais plus encore à la Côte que dans les autres vignobles. Il a été bon, dans cette paroisse il s est vendu communément 63 livres la pièce. Le bled a valu toute l’année 3 francs la mesure. Il a pourtant diminué dans les mois de novembre et décembre et na valu que 55 v « .

1769

 » L’année 1769 a été remarquable par la bonne vente des vins en cette Côte, étant arrivée une violente gelée le 3 et le 5 d’octobre, toutes les vignes des pais bas en ont été extrèmement endomagées, et le raisin ne s’étant pas trouvé mur, le parisien a donné dans la Côte où la gelée s’etoit legerement fait sentir ; ils ont achepté les vins étant encore dans sa cuve à 66 et 67 tt la pièce ; Et comme il s’en étoit passablement cueilli et surtout dans celle paroisse, il s’est trouvé que la recette en vin a été si fourni... qu’on aye ramasser il y a plus d’un siecle. La récolte du bled a été fort modique comme partout ailleurs ; le printemps et l’été ........... cependant assez bienfait, mais le temps de la semaille s’étant trouvé pluvieux, et les terres mal préparées, la récolte a manquée au trois quarts. Les rivières ont été fort grandes notamment aux fêtes de noel que le ru de Renaison a été a un point ou on ne l’avoit jamais vu. Il y a eu peu de malades cette année, l’hiver n’a pas été rigoureux, on a cueilli beaucoup de foin et du regain, mais la paille a valu jusqua 6 sols la liace. Il a parut une étoile barbue pendant l’espace d’un mois, elle se levait entre l’orient et le mydi vers les 11 heures du soir et paraissoint jusque vers les 3 et 4 heures du matin. L’islande Corse a été prise par les français au mois de juin. M. Le marquis de Veau commandoit l’armée. Le souverain pontif Clément treize est mort en cette année, il etoit de la famille de Rezonnicco, le cardinal Ganganelli l’a remplacé sous le nom de clément quatorze ; vivat el gubernet in pala et credendo. "

1773

Le 5 avril décède à Lyon « dame Nicole Pierre de Cy épouse de Goyet de Lyvron écuyer seigneur de Taron, coseigneur du bourg de Renaison ». Présents à l’enterrement : R.P. Flavien Copieux de la communauté de Roanne, sr Hugues Toussaint Menestrier vicaire, noble homme Rimoz de la Rochette avocat en parlement, subdélégué de l’intendance de son beau frère demeurant à Villemontais, messire Claude Marie de Barthelas chevalier seigneur d’Arpheuillette Chancé et La Guillermie, Sr Étienne Auclerc, commis à la recette des tailles demeurant à Roanne, noble Antoine Emmanuel Ramey avocat à la sénéchaussée de Forets demeurant ainsi que le sr Barthelas au bourg de Renaison.
« Jean Beauchamp curé de la paroisse de Renaison, vu la commission à nous adressée par Monseigneur l’Archevêque de Lyon et signé de sa grandeur le 6 du présent mois et contresigné par son secrétaire Arthaud, par laquelle sa grandeur déclare qu elle detrave l’église du dit Renaison de l’ interdit prononcé le trente may 1770 et nous commet pour faire la bénédiction de la dite église avec les pierres et cérémonies de votre diocèse. Après avoir accepté la dite commission avec repenti nous l’avons remplie dans toute son etendue ce jourd’hui 11.12.1773, à 9 heures du matin en présence de nos paroisiens assemblés et de Messires Jean Claude Élisabeth Goullard curé de la ville de Roanne, Claude Allier curé de Changi, Gabriel Chaperon cué de St Leger, Jacques Bouquet curé de St Haon Le Vieux, Pierre François Louchon, Eustache François Rabot concilaire de l’eglise de St Haon Le Chatel, André Joseph Travard vicaire de St Andre, Etienne Chaire et Hugues Toussaint Menetrier vicaires de Renaison, Jean Beauchamp curé d’Arcon qui ont signé avec nous le présent procès verbal... plus dans les signatures Barthelats d’Arpheuillette, le chevalier de Barthelats, Fabien Ramey, Deplace vicaire »

1776

" L’église est consacrée le 24.09.1776. Sont présents : Jean Denis de Vienne évêque de Sarept (?) suffragant de Lyon, Sr Jérome Goyer de Lyvron, écuyer seigneur de Taron, et coseigneur du bourg et franchise de Renaison, noble Olivier Rimoz de La Rochette subdélégué de l’intendance, Claude Marie de Barthelats seigneur d’Arpheuilette, La Guillermie et autres lieux, noble Jean Guy de La Grange conseiller au baillage de Roanne, noble Antoine Emmanuel Ramey et Antoine Cartier avocat ".

Source :

Registre paroissial de Renaison, A.D. de la Loire

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3 Messages

  • > Chronique de Renaison (Loire) 29 mars 2007 18:49, par Jean-Louis MARSSET, généalogiste amateur, cherchant à illustrer la vie de ses (...)

    Très intéressant journal ! Est-ce qu’il est entièrement rapporté ou d’autres années existent-elles ?
    Est-ce que l’on connait les motifs de « l’interdiction » de l’église en 1770 ?
    S’agit-il d’un nombre excessif d’enterrement, ou de faits purement religieux ?

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  • Chronique de Renaison (Loire) 27 décembre 2009 17:03, par BABE5

    Bravo et merci pour ces écrits très intéressents pour comprendre cette époque et une même question me taraude également pourquoi des interdictions d’églises pour enterrements ou autres ?quelqu’un pourrait-il me dire ?

    Répondre à ce message

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