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Comment interpréter une fiche du site Mémoire des Hommes (1re partie)


samedi 1er novembre 2003, par Thierry Sabot

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Interprétation d’une fiche

Sur chaque fiche nominative, nous pouvons lire le nom, le(s) prénom(s), les dates de naissances et de décès, les lieux de naissance et de décès, le grade, le corps d’armée et la classe, le recrutement, les numéros de matricule au corps et au recrutement, la date et le lieu de transcription de l’acte de décès, les circonstances du décès.

Reprenons dans le détail chaque information :

  • L’état civil : C’est le prénom officiel, le premier prénom de l’état civil, qui est retenu... et non, pour certains personnages, le prénom « usuel », communément utilisé dans la vie quotidienne (exemple, André Bouchut, plus connu sous le prénom de Joseph, est à rechercher à André, Joseph, Antonin. Ou encore, Camille Ramel est à rechercher à Louis Marie Camille... Il est donc important de tenir compte de tous les prénoms d’un soldat pour faire une recherche nominative... et distinguer les homonymes.
  • Le grade nous informe sur la place de l’individu « Mort pour la France » dans la hiérarchie militaire et sur les prérogatives attachées à sa fonction.

Quelques exemples :

  • Officiers subalternes :
  • capitaine : chef d’une compagnie d’infanterie, d’un escadron de cavalerie ou d’une batterie d’artillerie.
  • lieutenant : seconde et remplace le capitaine.
    sous-lieutenant.
  • Sous officiers :
  • aspirant : élève-officier des écoles militaires.
  • adjudant-chef
  • adjudant
  • sergent-major dans l’infanterie ou maréchal des logis-chef dans la cavalerie ou l’artillerie : s’occupe de la comptabilité d’une compagnie ou d’un escadron. Il est secondé par un sergent fourrier.
  • sergent dans l’infanterie ou maréchal des logis dans la cavalerie ou l’artillerie.
  • Soldats :
  • caporal-chef dans l’infanterie ou brigadier-chef dans la cavalerie, l’artillerie : dirige une escouade ou une brigade.
  • caporal dans l’infanterie ou brigadier dans la cavalerie, l’artillerie.
  • soldat 1re classe (soldat, canonnier, cavalier, dragon, cuirassier etc.)
  • soldat 2e classe.

Les mentions les plus fréquentes concernent sans surprises les soldats (1re et 2e classes) avec parfois quelques précisions importantes : sergent-fourrier, canonnier, 2e canonnier servant, sapeur, maître pointeur, soldat-prêtre... qui nous permettent de mieux appréhender le rôle et les fonctions de l’individu.

  • Le Corps d’armée : Il s’agit de l’indication du régiment dans lequel est affecté l’individu « Mort pour la France ». " Ce régiment constitue la véritable famille de votre aïeul pendant la guerre «  (Yves Buffetaut p.169.).

Prenons l’exemple de l’infanterie au début du conflit :

  • Chaque régiment d’infanterie (environ 3400 hommes dont 70 officiers) se compose de trois bataillons, d’un état-major, d’un petit état-major, d’une section hors rang, de deux sections de mitrailleuses et d’une douzaine d’éclaireurs montés.
  • Chaque bataillon (environ 1100 hommes sous les ordres d’un chef de bataillon) se compose de quatre compagnies.
  • Chaque compagnie (250 hommes en 1914, puis 175 hommes en 1918 sous les ordres d’un capitaine) se compose de quatre sections de combat interchangeables.
  • Chaque section (environ 65 hommes sous les ordres d’un lieutenant) se décompose en deux demi sections ou quatre escouades.
  • Chaque escouade est constituée d’environ 15 hommes sous les ordres d’un caporal.

Le numéro du régiment indiqué sur les fiches est important pour distinguer :

  • Les régiments d’active, du numéro 1 au 176 (mobilisés dès le début du conflit).
  • Les régiments de réserve, du numéro 201 au 421 (également mobilisés dès le début du conflit).
  • Les régiments de la territoriale (mobilisés tout au long du conflit dont 2 classes dès le début).

En effet, selon son âge, chaque homme, afin de s’acquitter de ses obligations militaires, passe par trois armées différentes : l’armée d’active, l’armée de réserve et l’armée territoriale.

Selon le site de l’Association14-18.org, en août 1914, la répartition des classes d’âge se présentait ainsi :

Armée active (durée 3 ans)
soldats âgés de 21 à 23 ans
nés en 1891, 1892 et 1893
Réserve de l’armée active (durée 11 ans)
soldats âgés de 24 à 33 ans
nés entre 1881 et 1890
Armée territoriale (durée 7 ans)
soldats âgés de 34 à 39 ans
nés entre 1875 et 1880
Réserve de l’armée territoriale (durée 7 ans)
soldats âgés de 40 à 45 ans
nés entre 1868 et 1874

Les historiens Jean-Jacques Becker et Serge Berstein (page 32) précisent que  » la mobilisation avait affecté l’ensemble de la population masculine. Les hommes de 20 à 23 ans qui étaient déjà sous les drapeaux à qui s’étaient ajoutés les réservistes de la 24e à la 48e année «  (Jean-Paul Bertaud in L’Histoire numéro 207 de Février 1997 précise  » Pendant le conflit, 8 millions d’hommes entre dix-huit et quarante-cinq ans sont mobilisés au total, soit 20 % de la population « ).

Pour sa part, Yves Buffetaut (page 62) indique :  » En principe les territoriaux, âgés d’au moins 37 ans, plus encore après le prolongement de la période par la loi de 1913, ne doivent pas être engagés en première ligne. Il en sera autrement, en raison des pertes immenses subies dès les premiers mois de la guerre « .
Ainsi, Charles Péguy, pourtant né 1873 (classe 93) fut mobilisé dès le début du conflit en qualité de lieutenant de réserve au 276e régiment d’infanterie (voir sa fiche sur Mémoire des hommes).
Et que penser de ces nombreux » Poilus « trouvés sur » Mémoire des hommes «  : le lieutenant-colonel Jean-Eugène Martin décédé en 1916 à l’âge de 67 ans (il était né en 1849 !), ou encore le commandant en retraite François Ligrisse, du 108e R.I., mort de maladie à l’hôpital de Nancy en 1917 à l’âge de 77 ans (il était né en 1840 !)... et plus étonnant : le sous-lieutenant Yves-Charles-Marie-Olivier de La Poëze tué à l’ennemi en 1918 à l’âge de 88 ans (il était né en 1830 sous Louis-Philippe !!!). Il semble s’agir d’engagés volontaires dont le sens du patriotisme était exacerbé.

A partir de l’indication du numéro du régiment, il vous sera possible de rechercher deux documents qui vous permettront de vous confronter directement à l’Histoire et de retrouver le déroulement de la journée de combats et les circonstances de la mort du personnage qui vous intéresse, bref de le situer dans son contexte historique :

  • L’Historique régimentaire : il s’agit d’un petit fascicule imprimée, de 20 à 200 pages selon les cas, qui vous donnera une description des opérations et faits d’armes du régiment. Il mentionne généralement les citations obtenues par le régiment, les bataillons, les compagnies et les sections. Il se termine par une liste des décorés de la Légion d’Honneur et de la médaille militaire, puis le rappel de tous les hommes décédés ou portés disparus. Selon l’instruction ministérielle n° 4026 3/11 du 16 mai 1919 les historiques régimentaires doivent  » rappeler les actes individuels de bravoure, de ténacité et de patriotisme les plus exemplaires ; honorer la mémoire des officiers et hommes de troupes tombés glorieusement « .
    Vous pouvez consulter ce type de document à la bibliothèque du Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT), à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) à Nanterre, éventuellement dans les bibliothèques des grandes villes de province, et enfin aux Archives départementales du lieu de garnison du régiment (pour connaître la ville de garnison).
  • Le Journal des marches et des opérations du régiment (JMO) : rédigé au jour le jour, ce précieux document se présente sous la forme de plusieurs cahiers manuscrits qui décrivent, parfois dans le détail, les marches et les opérations du régiment. Selon Yves Buffetaut (page 93), » même si votre ancêtre n’est pas nommé, le JMO demeure le document le plus important pour comprendre la vie qui a été la sienne au front « .
    Les JMO sont consultables au Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT) : répertoire numérique sous série 26 N, tome 2.
    A noter : Sur son site, Andrée Parbelle présente les modalités d’une recherche au Shat précédé d’un Guide sommaire des recherches concernant les militaires.

Sur le Web, vous trouverez quelques historiques régimentaires et JMO aux adresses suivantes :
http://www.1914-18.org/historiques/
http://perso.club-internet.fr/vinny03/gg/historeg.htm
http://perso.wanadoo.fr/jean-luc.dron/th/historiques.htm
http://xtofska.free.fr/historiques_regimentaires.htm

A noter : Si le soldat a obtenu la Croix de Guerre ou une citation, vous obtiendrez des renseignements en écrivant au Bureau Central d’Archives administratives militaires Caserne Bernadotte 64023 Pau Cedex.
Sur les décorations et les médailles, voir aussi les sites suivants :
http://medaille.decoration.free.fr/
http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/pres.htm (pour la Légion d’Honneur)

  • Le numéro matricule : Depuis 1867, tous les hommes sont inscrits sur des tableaux de recensement tenus par les bureaux de recrutement militaire. Ces tableaux (Série R des Archives départementales) sont classés par année (en fait par classe militaire) puis par ordre alphabétique des patronymes. Leur consultation vous permettra de connaître le numéro matricule au recrutement de la personne qui vous intéresse... numéro que vous pouvez également lire sur les fiches des personnes » mortes pour la France « . Ce numéro matricule attribué au soldat correspond à son numéro d’ordre sur la liste de recrutement régional effectué dans l’une des villes de sélection (à ne pas confondre avec la ville de garnison : par exemple, l’un des lieux de recrutement du 2e Régiment d’Infanterie était Montbrison dans la Loire et le lieu de garnison du même régiment était Granville dans la Manche). A partir de l’indication de ce numéro matricule, vous pouvez demander à consulter le registre matricule, c’est-à-dire le dossier individuel de la personne concernée. Par exemple, Jean Cyprien Sabot, né en 1886, fait partie de la classe 1906. Le tableau de recensement du bureau de recrutement de Montbrison lui attribue le numéro matricule 1781 (information confirmée par sa fiche » Mort pour la France « ). Aux Archives départementales de la Loire, il suffit de demander le registre numéro 1781 de la classe 1906 pour lire les renseignements sur le soldat en question : à savoir, son état-civil (noms, prénoms, surnoms, date et lieu de naissance, domicile, profession, mariage, divorce éventuel, enfants, noms des parents, domicile des parents), son signalement (taille, forme du visage, couleur des yeux et des cheveux, signes particuliers...), son degré d’instruction (évalué de 0 à 5), ses goûts et capacités (conduite, natation, musique), des observations diverses (obtention d’un sursis, maladies et infirmités...), ses adresses successives, et enfin sa carrière militaire (services et mutations diverses, corps d’affectation, campagnes, blessures, citations, décorations...). Bref, des informations du plus grand intérêt qui vous permettront de connaître plus intimement la personne évoquée (Ces éléments figurent également sur le livret militaire du soldat).
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Un livret militaire
Coll. part.

A noter : Les réformés et exemptés des classes 1887 à 1914 reçurent l’obligation de se faire recenser en mairie en septembre-octobre 1914 afin de passer à nouveau devant le conseil de révision. Cette liste est disponible aux archives départementales du lieu de domicile (Série R des Archives départementales).

A savoir : Les dossiers personnels des officiers sont à consulter au Service historique de l’Armée de Terre au château de Vincennes (SHAT).

Sur les fiches » Mort pour la France « , nous pouvons également lire un numéro matricule au Corps : Il s’agit du numéro d’ordre donné au soldat lors de son affection à un régiment.

Plus d’informations avec un article d’Yves Buffetaut.

  • La Classe : L’année de la classe correspond à la vingtième année du jeune conscrit. A partir de la date de naissance nous pouvons donc deviner l’année de la classe : ce renseignement nous sera utile pour trouver aux Archives départementales (série R) le dossier individuel de la personne qui nous intéresse (voir ci-dessus). La connaissance de l’année de la classe peut être également utile pour distinguer des homonymes ou calculer l’année de naissance si celle-ci n’est pas connue.

A noter : Sur la ligne consacrée au n° matricule au corps et à la classe, on trouve parfois les initiales majuscules E.V. correspondant à Engagé volontaire (voir la fiche de Emile Henri Joseph Masson, par exemple). Cette précieuse indication est probablement fournie chaque fois qu’il y a lieu. Dans ce cas, ce n’est pas la date de la classe qui semble indiquée mais plutôt celle de la date de l’engagement du volontaire (Ainsi, pour Emile Masson, né en 1885 et donc de la classe 1905, nous pouvons lire classe 1914... ce qui correspond à la date de son engagement volontaire dans l’armée - Merci à Pierre Escalier des Orres pour ces renseignements).

  • La date du décès : Dans la très grande majorité des cas, la date du décès est toujours donnée avec une grande précision (une seule incertitude notée : le 13 ou le 14 septembre 1914). Cette date est importante car elle vous permettra de retrouver le déroulement de la journée de combat et les circonstances de la mort du personnage qui vous intéresse lors de votre consultation de l’Historique régimentaire ou du JMO.
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Une tombe en 1919
Coll. part.

A noter que ce fichier contient même une fiche d’avant la guerre » officielle «  : on y trouve en effet la fiche du caporal Peugeot qui a eu le triste honneur d’être le premier tué, le 2 août 1914. Ce fut lors d’une reconnaissance allemande en territoire français qui a donc été effectuée après que l’Allemagne eut déclaré la guerre à la Russie le 1e août 1914 mais avant qu’elle ne déclare la guerre à la France le 3 août. Le caporal Peugeot a tiré en même temps que son agresseur le lieutenant Mayer qui fut ainsi le premier tué allemand du front occidental. On peut trouver un site très complet racontant cette affaire qui s’est déroulée à Joncherey, Territoire de Belfort à l’adresse :
http://perso.club-internet.fr/jacki_s/Pages/pageprincipale.htm

  • Le lieu de décès : Mis en correspondance avec la date du décès, le lieu est un élément primordial qui va nous permettre de situer la mort du personnage dans son contexte historique, dans l’histoire de la Grande Guerre. Dans le cas de Jean-Cyprien Sabot, il est décédé à Sézanne dans la Marne le 17 juillet 1918, c’est-à-dire le dernier jour de la grande offensive allemande et à la veille de la contre-offensive de Mangin qui force les Allemands à reculer jusqu’à la Vesle lors de la » seconde bataille de la Marne « . Comme indiqué ci-dessus, la lecture de l’Historique régimentaire ou du JMO nous permettra de mieux appréhender le déroulement des opérations dans la région. La consultation de quelques pages sur le web peut également être utile (Mais attention, rares sont les sites Internet qui précisent l’origine des sources utilisées. La plus grande prudence s’impose donc !).

Au sujet du lieu de décès, plusieurs cas :

  • Généralement, la fiche précise le nom de la commune et le département : exemple, Sézanne dans la Marne. Pas de problème pour localiser le lieu indiqué.
  • Mais parfois, l’indication est encore plus précise : » A l’est de Curlu, bois de Hery, dans la Somme « , ou » Au sud-est de Vouziers, près de la ferme de Pardaux, dans les Ardennes « , ou » Au combats du Labyrinthe à l’attaque de Thélus, dans le Pas-de-Calais « ou encore » Dans les tranchées du Grand Charmont, dans le Doubs « , ou » Aux avant-postes de la vallée de la Lauch « , ou » Aux bombardements de Fustacker en Alsace « ou encore » à 500 mètres au sud-ouest de Bellay-en-Santerre dans la Somme « ...
    Pour ces exemples, la consultation d’une carte topographique de l’IGN au 1:25 000 vous permettra de localiser aisément les lieux.
    A noter que l’ouvrage d’Yves Buffetaut possède un précieux index des noms de lieux en France et en Belgique réalisé d’après le travail de Jean Nicot, L’Inventaire sommaire des archives de la guerre 1914-1918, paru en 1969 et aujourd’hui introuvable. Il vous aidera pour situer les noms de lieux dont vous n’avez jamais entendu parlé.
  • Dans quelques rares cas le décès survient en mer : » A bord du Duguay Trouin... des suites de blessures de guerre « ou encore » En Méditerranée « avec une précision sur le genre de la mort » Torpillage du Médie le 23 septembre 1917 « . Pour ce dernier exemple, il sera sans doute utile de rechercher l’historique du navire auprès des archives de la Marine pour connaître les circonstances exactes de ce naufrage.
  • Très souvent le décès à lieu dans une » ambulance « (poste de secours) ou à l’hôpital : » A l’hôpital auxiliaire « , » A l’Hôpital de Gérardmer « , » A l’hôpital temporaire « , » Dans l’ambulance 16/4 s.p 38, 5e armée (16/4 étant le numéro du poste de secours et s.p 38 celui du secteur postal)", « A l’hôpital mobile » ou encore « A l’hôpital du Corps stationnée à Bergnicourt »...
    Pierre Miquel écrit que " les ambulances s’approchent le plus près possible des lignes..." mais " elles ne peuvent faire de miracles « . Les soldats  » qui n’ont pas été tués sur le coup échappent difficilement aux opérations de sauvetage. Les médecins n’opèrent que les soldats ayant réussi à ramper jusqu’à eux, ceux qui ont été arrachés au champ de bataille par des brancardiers courageux. Enfin, ceux qui ont été jugés opérables « .
    Plus loin, Pierre Miquel cite un caporal du 120e de Peronne :  » Beaucoup d’opérés périssent de gangrène (21 % pour les blessés des jambes ou des cuisses). Ils doivent attendre souvent deux jours ou plus leur évacuation vers un hôpital de l’arrière. Les postes de secours sont des mouroirs ". Ce que confirme Albert Martin dans ses Souvenirs d’un chirurgien de la Grande Guerre (cité par Pierre Miquel) : "Onnepeutpasimaginercequ’estlasalled’opérationd’uneambulancedufront.(...) Un quart environ des blessés graves passent de vie à trépas après quelques minutes, sans que leur état leur permette de subir une opération. (...) Les hommes atteints d’hémorragie périssent le plus souvent sur le champ de bataille ou dans les transports... « .

Sur le service de santé voir la page suivante (très bonne documentation bien que les sources ne soient pas citées) :
http://memorial-genweb.org/html/documents/SERVICE_SANTE_MILITAIRE_1914-1918.pdf

Sur les infirmières et les ambulancières, voir le site des archives de la Croix rouge à Genève.

Pour obtenir des informations médicales sur un soldat blessé ou malade et éventuellement décédé dans un hôpital militaire, il faut écrire à la Section des Archives Médicales et Hospitalières des Armées qui dispose de dossiers personnels (Attention : les dossiers individuels sont soumis au délai de communication de 150 ans à compter de la date de naissance de la personne concernée. il vous sera très certainement demandé de préciser les coordonnées d’un médecin auquel le dossier médical pourra éventuellement être transmis) :
Section des archives médicales et hospitalières des armées. Gérard Thomas. B.P. 15, 87998 Limoges Armées. Tél. : 05.55.12.12.40 (standard) ; 05.55.12.12.46 (service exploitation) ; télécopie : 05.55.12.12.57. Lu.-Ve. : 8 h 45 à 16 h.

  • On trouve aussi quelques exemples de décès loin de la zone des combats, à l’arrière : » A Paris à son domicile « ... pour un » Poilu" engagé volontaire âgé de 67 ans en 1916 ! (cf. aussi la fiche d’Apollinaire mort à Paris des suites de ses blessures de guerre)... En général, un décès loin du front indique que le soldat, souvent blessé gravement, n’était plus apte pour le service.
  • Parfois la mort survient aussi en captivité : « A l’hôpital du camp de Marchingen en Allemagne », ou « Au lazaret de Mannheim en Allemagne », ou encore « Décédé en captivité à Cologne en Allemagne »...
    Pierre Miquel (pages 244-245) précise que " les prisonniers sont mal vus au commandement, où l’on enquête constamment sur les conditions de leur reddition. (...) On ignore leur traitement en Allemagne, mais les cartes qu’ils envoient à leur famille, les comptes rendus de la Croix-Rouge suisse permettent de mieux connaître leurs conditions de détention.. (...) On apprit en France que les Allemands soumettaient parfois leurs prisonniers à des mesures vexatoires, (...) qu’ils les nourrissaient mal, sans les chauffer... Les autorités françaises décidèrent alors des mesures de rétorsion. « 
  • Quelques soldats meurent aussi lors de combats à l’étranger, sur d’autres terrains d’opérations : » A Sakuléjo en Macédoine « , ou encore » A Poelkapelle en Belgique « , » A Kravitza en Serbie « ou encore » A l’hôpital chirurgical de M...... en Grèce « ...
     » N’oublions pas que des millions d’hommes se sont battus sur des fronts très variés, sur des distances de plusieurs milliers de kilomètres, pendant plus de quatre ans. «  (Audoin-Rousseau in L’Histoire).
  • Enfin, il y aussi quelques fiches où l’indication du lieu de décès reste très imprécise voire même incertaine : » En Allemagne ? ".
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Une ville bombardée
Coll. part.
Lire la suite : Les circonstances du décès

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6 Messages

  • bonjour

    tout d’abord un grand merci pour ces explications, que je consulte régulièrement lorsque le besoin s’en fait sentir. Je travaille beaucoup sur le site MdH, essentiellement pour un bataillon de chasseurs (le 21e BCP).

    sur certaine fiches le N° de matricule au corps comporte une lettre (B) devant le chiffre ; que signifie cette lettre ?

    un exemple : DELORD Antoine né le 19/05/1889 matricule B01793

    je vous remercie d’avance.

    bien cordialement
    jean luc Staub

    Répondre à ce message

  • Monsieur,
    Je rencontre de grandes difficultés à restaurer la mémoire des hommes de ma famille qui ont donné leur vie pour la France.
    Un exemple
    J’ai en vain essayer de rétablir auprès de Mémoire des Hommes la reconnaissance de « Mort pour la France » de
    Antonio, José Estevan né le 21/12/1890 à Lourmel Algérie
    tué le 22/081914 à Auloy Belgique au sein du 14 ème RI.
    On retrouve sur MémorialGenWeb ce fait de guerre mais sur Mémoire des Hommes il parait sous le nom de Esteva Antonin José.
    Je n’ai pu obtenir le moindre acte (naissance, décès, livret militaire) auprès de l’ANOM, ou AIX anciens combattants.
    Que faire, auriez vous l’obligeance de bien vouloir m’aider ?
    Je vous en remercie infiniment.
    Sincères salutations.
    G Estevan.

    Répondre à ce message

  • Comment interpréter une fiche du site Mémoire des Hommes (1re partie) 15 mars 2014 20:33, par Madame Pastor Colette

    Bonjour Monsieur,
    Trois de mes oncles, frères de ma Maman, son parti à la guerre 1914-1918, seul mon oncle Edouard et revenu, invalide.
    Le second est revenu par bateau, il n’a pu survivre au gaz.
    Je n’ai que de mon Oncle, son nom Oesterlé Louis Jules Eugéne
    son premier nom était eugene née à Aboukir departement d’Oran
    Algérie née le 03 12 1892. Je n’ai qu’un numéro de pension aux ascendants militaires armée de terre et armée colonial N° 537963, comment savoir son grade, l’unitè,date de décés et lieu, son lieu de sépulture, ect..
    Pouvez vous m’aider, comment faire pour savoir si il à une sépulture ou je peut me receuillir.
    Recevez Monsieur, mes respectueuses salutations merci.
    Madame Pastor Colette

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      Vous avez la fiche d’Eugène Oesterlé sur le site « Mémoire des Hommes »
      Oesterlé Louis Jules Eugène, né le 3/12/1892 à Aboukir département d’Oran en Algérie
      Son grade : sergent
      son unité : 2e régiment de Tirailleurs algériens
      Date de décès et lieu : 20 février 1918 à Bouira (Alger) suite de maladie

      Grâce à sa fiche matricule, vous pourriez en apprendre plus.
      Cordialement.
      Michel Guironnet

      Répondre à ce message

  • bonjour

    sur le site « mémoire des hommes » j’ai retrouvé une fiche concernant mon grand-oncle ROCHER Ferdinand né le 21/01/1899 mort le 21/08/1916 à Salonique Recrutement :Roanne classe:1916
    Matricule : ??17 (difficile à interpréter)
    Sur les AD de la LOIRE subdivision de Roanne classe:1919 j’ai retrouvé mon GR-Oncle mais je n’arrive pas à interpréter son n° de matricule qui me permettrait de consulter sa fiche matricule .

    si vous pouviez m’aider j’en serais ravi et je vous en remercie par avance

    didier Rocher

    Répondre à ce message

  • Comment interpréter une fiche du site Mémoire des Hommes (1re partie) 31 décembre 2018 21:56, par Laurent MARCHAL

    Mon arrière-grand père Emile Christophe MARCHAL de la classe 1902 a été exempté motif « frère au service ». Il a néanmoins été mobilisé et a combattu au sein du 21e BCP en 1914-1918. Il figure bien au registre matricule de sa classe mais celle-ci n’a pas été complétée. Etait-il engagé volontaire ? où trouvait trace de son passage au 21e BCP (registre matricule du régiment ?) je suis preneur de tout conseil. Il a été décoré de la croix de guerre et de la médaille inter-alliés. Merci d’avance pour votre aide. Cordialement Laurent MARCHAL

    Répondre à ce message

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