www.histoire-genealogie.com


----------

Accueil - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Entraide - Testez vos connaissances - Serez-vous pendu ? - Éditions Thisa


Accueil » Articles » Chroniques de nos ancêtres » Comment une virgule manquante peut changer l’interprétation d’un (...)

Comment une virgule manquante peut changer l’interprétation d’un texte


jeudi 1er février 2018, par Françoise Mathieu

Répondre à cet article

Si vous avez la possibilité de vous rendre sur l’île de Mainau sur le lac de Constance en Allemagne, vous constaterez que cet endroit magnifique profite d’un climat particulier favorable à l’implantation de magnifiques jardins. Son propriétaire, le comte Lennart Bernadotte aimait l’appeler « le bateau de fleurs ».
Vous découvrirez au cours de votre promenade dans les jardins une stèle érigée par la famille Bernadotte en souvenir de 33 Français morts sur cette île en 1945.

JPEG - 65 ko
Photo de la stèle érigée dans les jardins de l’île de Mainau (photo personnelle)

En fait il s’agit de rescapés du camp de Dachau atteints de thyphus. En 1945 le général Jean de Lattre de Tassigny avait fait du château de Mainau un hôpital militaire quarantaine pour soigner ces rescapés qui ne pouvaient voyager.

JPEG - 79.1 ko
Château de l’île de Mainau qui servit d’hôpital quarantaine en 1945 (photo personnelle)

La stèle présente un texte en trois langues Français, Allemand et Anglais et la liste des 33 personnes ayant été enterrées provisoirement sur cette île. La version française peut-être mal interprétée par les visiteurs. En voici le détail :

Bien entendu, ils ne sont pas décédés de mauvais traitements subis dans cet Hôpital mais dans le camp où ils étaient enfermés. Dans cette phrase il devrait y avoir une virgule après le mot « subis » pour ne pas semer le doute, mais la version Anglaise n’en laisse aucun doute.

« En mémoire de 25 prisonniers Français du camp de concentration de Dachau qui après la libération des forces alliées au printemps 1945 ont été placés à l’hôpital militaire Français sur l’île de Mainau ou ils sont morts des suites des atrocités qu’ils ont subi pendant leur emprisonnement. »

Vous trouverez donc ci-dessous la liste des 25 victimes qui ont été identifiées. Sur les 33 enterrées. Leurs corps ont ensuite été exhumés et transférés au cimetière militaire de Constance. Certains ont pu être rendus à leur familles.

Ayant lu sur le site « laviedenosancetres.com » dans l’article « les 33 morts sur l’île de Mainau » une interprétation erronée mais sûrement involontaire de cette stèle :

« Sur l’île de Mainau, 33 français ont subit de mauvais traitements et sont morts en martyrs dans cet Hôpital, lui aussi français. »

Je tenais à apporter cette rectification :

Aucun malade n’a été maltraité dans l’hôpital militaire de l’île de Mainau. Jean de Lattre de Tassigny leur a offert un cadre doux et agréable tout en protégeant la population de leur contagion. Je rends hommage à cet homme ainsi qu’à tout le personnel soignant qui s’est occupé de ces malades jusqu’à leur rémission ou leur décès.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

35 Messages

  • Je préfèrerais ,Françoise ,pour que ce soit tout à fait clair modifier l’ordre des mots :

    « décédèrent dans l’hôpital militaire français des suites des mauvais traitements subis lors de leur détention. »
    Bien cordialement,
    Martine

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Je pense que c’est la traduction Française qui est mauvaise, la version anglaise semble correcte. Il aurait fallu voir la version Allemande pour confirmer cette théorie.
    Au sujet de la virgule, j’ai eu dans ma jeunesse un test d’embauche avec cette phrase.
    « Le maître d’école dit l’élève est bête » et il fallait donner la signification. Pas facile cette phrase sans ponctuation ne veut rein dire.
    On peut comprendre : Le maitre d’école, dit l’élève est bête ou Le maître d’école dit, l’élève est bête. Pas pareil !
    Cordialement.
    Jean-Luc

    Répondre à ce message

  • Comment une virgule manquante peut changer l’interprétation d’un texte 2 février 2018 09:05, par josie Marie-Stennevin

    tous pour la plupart tellement jeunes ! Respect.

    Répondre à ce message

  • Bonjour Françoise,
    Je suis friand de ces anomalies, mais toi, c’est encore plus fort puisque tu tires parti d’une simple virgule dont le défaut perturbe le lecteur.
    Merci de nous avoir sensibilisé et d’avoir remis les faits dans le bon ordre.
    Et je rejoins Josie-Marie : RESPECT à ces jeunes gens.
    Roland -

    Répondre à ce message

  • Pour ce qui me concerne, ce n’est pas un problème de virgule mais c’est le texte en lui même qui est bancal et qui serait à reconstruire du genre : « ...emmenés à l’hôpital militaire français sur l’ile de Manau où ils décédèrent des suites des atrocités subies durant leur déportation. »
    c’est ce que dit très exactement le texte anglais.

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      je suis tout à fait d’accord avec cette rédaction :des suites des atrocités subies durant leur déportation .C’est le mot déportation qu’il faut employer au lieu de détention.
      Bien cordialement

      Répondre à ce message

    • Comment une virgule manquante peut changer l’interprétation d’un texte 11 février 2018 19:28, par Françoise Mathieu

      bien sûr Claude que le texte est bancal mais lorsque j’ai lu la plaque j’aurai souhaité avoir un feutre indélébile sur moi pour rajouter au moins une virgule et limiter les risques de mauvaise interprétation.
      C’est souvent le cas lorsque des textes sont traduits dans plusieurs langues il y a une version qui laisse à désirer.
      J’avais photographié cette plaque en 2014 et avait oublié cette erreur, mais lorsque j’ai lu sur« laviedenosancetres.com » dans l’article « les 33 morts sur l’île de Mainau » l’interprétation qui pouvait en être faite cela m’a fait réagir. Françoise Mathieu

      Répondre à ce message

      • A moins d’une fausse interprétation de ma part, j’ai l’impression que vous prenez ma remarque comme une sorte d’agression ce qui est pas du tout le cas. Le fond de ma pensée est que le traducteur allemand français ou anglais français n’était surement pas français, donc selon ma proposition ci-dessus, respectivement allemand ou anglais. Une idée : pourquoi pas éventuellement lancer une souscription et proposer au maître des lieus une nouvelle plaque avec un texte cohérent.

        Répondre à ce message

  • Bonjour Françoise,
    Merci pour votre perspicacité et surtout pour avoir partagé votre analyse.
    Ne faudrait-il pas demander officiellement aux autorités en charge de ce point commémoratif de modifier la plaquette ?
    L’expression laissée telle quelle resterait sinon accablante pour cet hôpital qui oeuvrait pourtant dans le sens totalement opposé à la phrase telle qu’elle nous est présentée.
    Bien cordialement.
    Jean-Louis.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    La demande de rectification de cette traduction me parait nécessaire : en effet, à l’heure actuelle nous pouvons rectifier « de mémoire » (ces épouvantables évènements n’étant pas si lointains..) qu’en sera-t-il dans quelques décennies ?
    Très cordialement
    Eveline

    Répondre à ce message

  • Il n’y a pas seulement le problème de la virgule !

    Ces malheureux prisonniers n’étaient « détenus » dans l’hôpital mais soignés...

    Répondre à ce message

  • Je confirme, Le général Jean de Lattre de Tassigny était un homme bon.
    Mon papa, qui vient d’avoir 90 ans, a effectué son service militaire en 1947-1948 en Autriche, alors zone occupée par les alliés, dans un régiment commandé par le Général de Lattre de Tassigny ; il était tout, sauf un tortionnaire.
    Mon papa garde un très bon souvenir de ce grand homme.

    Répondre à ce message

  • Vous écrivez : « la version française peut-être mal interprétée par les visiteurs ». Cette phrase n’a de sens que si on lui retire le trait d’union.
    Une virgule, un trait d’union ...pas grand chose pour nous dérouter.

    Bien cordialement
    Bertrand Cor

    Répondre à ce message

  • Effectivement, cela demande rectification, si possible !
    Bravo d’avoir relevé cette mauvaise formule en français alors que la version anglaise ne prête pas à confusion.
    Grand respect à tous ces prisonniers qui ont vécu l’enfer.

    Quant au message de Bernadotte, il me semble qu’il y a une faute d’orthographe : Mainau les remercie au lieu de remercient.
    Belle journée à tous.
    Cordialement
    acoulon

    Répondre à ce message

  • On pourrait demander à l’administration consulaire d’au moins graver la virgule manquante... ça ne devrait pas coûter trop cher... à défaut de composer une autre plaque.

    Répondre à ce message

  • Bonjour

    Je pense qu’il serait plus juste de mettre une virgule après le mot « décédèrent » et une autre après le mot « détention »

    Cordialement
    Robert

    Répondre à ce message

  • Je note que dans cette liste, tous les patronymes sont bien français (dont picards, landais, franc-comtois, bretons...).
    Pas de juifs, par conséquent (leur destination était certes Auschwitz), mais pas non plus d’Alsacien. Deux Lorrains quand même, dont un (Nicolas), certainement un réfractaire « malgré-nous », Dachau était sa destination dévolue...!
    Cette virgule doit certainement être corrigée, mais si elle ne l’est pas, ça nous donnera que plus souvent l’occasion de revenir sur le destin tragique de ces jeunes gars.

    Répondre à ce message

  • Comment une virgule peut changer l’interprétation d’un texte
    Tout à fait d’accord avec Robert. Il suffit d’ajouter deux virgules. L’une après « décédèrent » et l’autre après « détention ». Un bon graveur devrait pouvoir effectuer facilement ces petites modifications à moindre coup.
    Daniel

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    A mon avis ce n’est pas après « subis » que devrait se trouver la virgule mais après « détention » si on se fie à la traduction anglaise.
    Evidemment la phrase la plus adaptée aurait été celle que propose Martine Hautot

    Répondre à ce message

  • Un tel exemple mériterais d’être étudié dans les écoles de nos chères têtes blondes (ou brunes). Mais j’aurais plutôt mis une seule virgule derrière le mot « détention » ce qui réduit encore les frais.

    Répondre à ce message

    • eh oui ! mais nos « professeurs des écoles » pédagogistes ont sans doute mieux à faire. Mon instituteur, pour nous former à l’emploi de la virgule, donnait cet exercice : un président de la république envoie un télégramme à un directeur de prison, en attente d’une grâce ou pas pour un condamné : « exécutez pas gracié ». Qu’est-ce que vous faîtes ?
      Réponse ?

      Répondre à ce message

  • Bonjour à tous. Bel article. J’ aimerais bien savoir ce que pense un étranger francophone de tous ces messages concernant une simple virgule. Il doit être sidéré et se dire que ce genre de débat est tout à fait franco-français. Pour ma part je trouve que ces échanges sont très sains. Tant qu’ils auront lieu notre langue sera sauve. En tout (s) cas le français ou l’allemand peut être bien plus précis que l’anglais. Je fais référence à une résolution de l’ONU qui jadis parlait de "...territories occupied ..."qui pouvait se traduire par « libération DE territoires occupés » ou « libération DES territoires occupés ». Ce n’est pas tout à fait la même chose...

    Je pense aussi à une lettre qui circulait dans les années 60 parmi les appelés libérables avec des noms comme le Père Nod ou la Mère Veilleuse. J’étais tout gosse et ne me souviens que de la phrase : le sergent abruti, par la chaleur de l’été s’était endormi ; au lieu de : le sergent, abruti par la chaleur, etc... Vive la ponctuation...

    Répondre à ce message

  • Comment une virgule manquante peut changer l’interprétation d’un texte 28 février 2018 16:53, par STOUFFLET Frédéric

    Ce n’est pas une histoire de virgule manquante mais plutôt d’une très mauvaise traduction en français. Le texte anglais ne dit absolument pas la même chose que la traduction française.

    Répondre à ce message

  • Rendons à César....
    Le bon général est maréchal !!

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Ci-après 2 phrases qui contiennent les mêmes mots ; seule la ponctuation modifie l’interprétation :

    • L’inspecteur dit : « le maître est un âne »
    • L’inspecteur, dit le maître, est un âne

    Ce sont les 2 phrases que me répétaient régulièrement mon père pour m’apprendre à respecter et à utiliser la ponctuation.

    Pour une bonne compréhension d’un texte, il faut toujours faire attention à la ponctuation. Les bandeaux qui passent en télévision disent parfois le contraire de ce qu’ils énoncent.
    Michelle

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    La lecture de ce texte m’interpelle et je pense que la virgule manquante est à mettre après « détention » à la place de « subis ».... Car ils n’ont pas été détenus dans l’hôpital Français, mais « soignés »...
    Je ne suis pas académicien, mais cela me semble plus logique.....Avec mes meilleures salutations.
    Pierre-Alain Tardy

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Je suis heureux de constater que je ne suis pas le seul à avoir été choqué par ce qui est débattu ici. Je souhaitais réagir suite à ma dernière visite à Mainau. Je ne l’ai pas fait. Je le fais à présent. Tout d’abord, je crois utile de relever que, quelle que soit la version étudiée (allemande, française, anglaise), l’exergue de ce texte est choquante. Je n’épiloguerai pas exagérément, mais en résumé, commencer un texte rédigé en hommage à des déportés rescapés des camps par une phrase insistant sur le fait qu’ils ont été empêchés de rentrer chez eux par leurs libérateurs révèle au mieux une ambiguïté, au pire une intention contestable. Ensuite, concernant le texte lui-même et la version française qui fait polémique, je ne peux que rejoindre le propos de Françoise Mathieu. Le tout crée une impression de malaise. Sur place, j’étais même estomaqué et révolté car je n’imaginais même pas qu’un « simple » positionnement malencontreux de virgule pouvait être en cause. De plus, effectivement, la stèle évoque une détention par les français. Dans la version française, les rescapés de Dachau seraient décédés « des suites des mauvais traitements subis lors de leur détention dans l’hôpital français alors installé sur l’île ». Cette phrase est terrible. Je tiens encore à faire deux remarques : 1) il n’y a aucune ambiguïté dans le texte allemand. Si on le traduit correctement en français, cela donne ce qui suit : « En mémoire des 25 anciens déportés français du camp nazi de Dachau, qui après leur libération par les troupes alliées au printemps 1945, décédèrent dans l’ancien hôpital militaire d’urgence de l’armée française sur l’île de Mainau des suites de leur détention préalable dans un camp. » 2)J’ajoute qu’au moment où l’inauguration de la stèle se préparait, un journal suisse local évoquait les liens pour le moins ambigus du compte Lennart Bernadotte avec les autorités nazies durant le second conflit mondial. Cela aurait pu et même dû conduire ses descendants à davantage de vigilance dans la concrétisation d’un projet dont la vocation affichée était normalement... la réparation... Jean-Michel AUGE

    Répondre à ce message

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2019 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Mentions légales | Conditions Générales d'utilisation | Logo | Espace privé | édité avec SPIP