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Des assassins dans la Famille


jeudi 26 avril 2018, par Marlie Toussaint

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Comme tout à chacun, il y a deux ans, j’ai dressé mon arbre dont le tronc remonte au XVIIe siècle.

Puis, j’ai fait des recherches dans le but d’offrir à mes proches la petite l’histoire de notre famille TOUSSAINT.

J’avais bien constaté qu’une de mes branches ployait sous le poids d’un lourd passé mais je suis restée droite sur ma ligne qui consistait à accrocher les noms et dates de mes aïeux sur les ramifications de mon arbre comme un collectionneur épinglerait des coléoptères sur son présentoir.

Restait à creuser l’affaire ! et surtout à vérifier qu’elle concernait bien mes ancêtres.

Bingo ! Il s’agissait bien de ma famille et en particulier de la fille de Jean-Baptiste TOUSSAINT, mon AAAAAGP, je me suis donc attelée à en retrouver les détails.

Voici donc Nicolas-Florent TOUSSAINT, frère de Jean-Baptiste qui, fort du succès qu’il avait remporté sur la Gazette, vous narre l’événement dramatique qui a entaché l’honneur de ses proches.

Soyez rassurés mes gènes meurtriers se sont dilués depuis les six générations passées et je n’assassine plus que les textes.

Bonjour, Amis du XXIe siècle,

Me reconnaissez-vous ? Je suis Nicolas-Florent TOUSSAINT, celui qui vous a raconté le mariage du curé de sa paroisse de DAMVILLERS (Meuse) en 1794.
Fort du succès que je vous dois, mes chers lecteurs, je m’improvise à nouveau, chroniqueur de ma commune car il s’en passe des vertes et des pas mûres dans mon village.

Comme je vous l’ai déjà dit, je suis le frère de Jean-Baptiste TOUSSAINT qui a intégré les rangs des volontaires nationaux pour défendre la nouvelle Patrie, en 1791, lors de la 1re coalition.

Je vous fais grâce des détails sur les dix années révolutionnaires qui ont mis le pays à feu et à sang.

La belle devise « liberté, égalité, fraternité » qui faisait vibrer le peuple en 1789, s’est trouvée modifiée plusieurs fois selon les circonstances et l’usage qu’on voulait en faire, notamment sous le Directoire le « serment de haine envers les monarchistes et les anarchistes » remplaçait le « serment de fraternité ».

Depuis, cette magnifique devise a été abandonnée et nous en sommes, maintenant, à méditer sur la prochaine à rédiger pour « la gloire de l’empire ».

A ce qu’on m’a raconté, ce serait « un drôle de citoyen, ce Napoléon 1er » qui, au moment de son sacre le 2 décembre 1804, se couronna tout seul empereur, pour montrer qu’il ne tenait son pouvoir que de lui-même. Le pape n’était là que pour faire joli sur le tableau ! Pas rancunier, celui-ci lui donna, après le couronnement, sa bénédiction et se retira. Ensuite, en bon citoyen, Napoléon prêta serment de respecter et de maintenir les droits et les principes hérités de 1789, comme le lui avaient demandé les chambres législatives.

Pour clore l’aspect politique du moment et les nombreux changements dans notre vie de citoyen, je tiens à vous dire avant de vous narrer mon histoire que nous avons, depuis 1803, une nouvelle monnaie le « Franc » que nous appelons « franc germinal ». La pièce de 1 franc porte sur la face l’effigie du Premier Consul et sur le revers l’inscription République française, le millésime et la valeur dans une couronne formée de lauriers (Wikipédia).

Il va nous falloir un certain temps avant de nous y habituer…

Le retour des soldats :

C’est au mois de décembre 1805, que nous avons vu réapparaitre quelques-uns de nos soldats, pour la plupart dans un sale état, mon jeune frère était de ceux-là.

Gravement blessé à la jambe, il avait refusé de voir le chirurgien qui, à son goût, taillait trop facilement dans l’os. Il avait préféré avoir recours au remède spécial qui consistait à mettre une pièce de cinq francs à l’entrée de la balle, une autre à la sortie, un peu de charpie, et le tout bien enveloppé lui avait permis de rentrer, tant bien que mal, chez nous. Voilà, une utilité à laquelle, je n’avais pas pensé, moi qui ai tant de difficultés à maitriser l’art de cette nouvelle monnaie.

Si la gangrène se déclare, me disait-il « un bain de guimauve y remédiera. La gangrène gagne du terrain ? on applique de l’eau-de-vie camphrée, presque bouillante, sur tout le membre, à l’exception de la plaie, recouverte d’un tampon de charpie imbibé de « digestif animé ». Cet onguent se compose de térébenthine, de jaune d’œuf, d’huile d’olive et d’une résine d’origine exotique du nom de styrax » (histoire-en-questions.fr/grande armée- higonet).

Il essayait de faire bonne figure mais ce n’était plus le même quand il nous est revenu, traumatisé par tant d’horreurs et affaibli par les épreuves inhumaines, il est décédé, chez lui, à l’âge de 38 ans, laissant Elisabeth CAILMO, ma belle-sœur, avec cinq enfants à charge, entre 2 et 8 ans et un sixième en cours de gestation.

Je me souviens encore de ce sombre jour de mars 1807, où nous l’avons porté en terre, toute la famille était réunie autour de sa femme et de ses petits pour lui rendre un dernier hommage. J’étais submergé par la tristesse d’avoir perdu trop tôt mon cher frère mais, comme on le dit souvent dans ces circonstances : « la vie continue »...

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La noce : (COSTUMES LORRAINS -image Wikipédia – domaine public)

Trois années ont passé, nous sommes en juillet 1810, je suis ravi d’être témoin du mariage, en secondes noces, d’Élisabeth qui, après son veuvage, s’unit à Louis François COLIN, brave garçon de 35 ans, habitant notre village, veuf également, je leur souhaite beaucoup de bonheur.

L’ambiance est à la fête sauf pour Jeanne, ma nièce de 9 ans, qui ne semble pas apprécier qu’un beau-père vienne remplacer son cher héros de papa. J’essaye de la rassurer en lui vantant les avantages d’avoir un homme à la maison et en lui montrant sa mère « enfin radieuse » après tant de peines.

« Profitons de ces rares moments de joie » lui dis-je, aller viens danser !

Vingt ans d’Histoire :

L’eau a coulé sous les ponts depuis le remariage d’Élisabeth, je dirai même les tumultueux torrents de la « grande histoire » dont les ambitions trop voraces en vies humaines, nous ont emportés au-delà des frontières, combattre tous nos ennemis et Dieu sait qu’ils étaient nombreux !

Après la chute de l’empire, pendant la 1er Restauration, nous avons connu 2 rois Louis XVIII et Charles X.

C’était sans compter sur l’Aigle qui, exilé sur l’île d’Elbe, a eu le temps de méditer sur sa gloire passée puis est revenu prendre le pouvoir pendant 100 jours pour finalement se retrouver, après la défaite de Waterloo, piégé par les Anglais : vous connaissez la suite…

A ce moment, la France est exsangue. Nous avons perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Son économie est ruinée, ses ports et ses arsenaux le sont également. Elle a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime et doit payer un lourd tribu pour l’entretien des troupes étrangères installées sur son territoire.

Pour ce qui est des troupes occupantes, nous sommes aux premières loges, étant donné notre province frontalière.

Damvillers, la vie dans mon village :

Malgré tous les aléas subis, nous avons connu des joies comme celle d’assister, le 22 juillet 1827, à l’union de ma nièce Jeanne TOUSSAINT, toujours aussi bougonne, avec Jacques PERIGNON, cordonnier chafouin : un couple assorti en quelque sorte !

Que le temps passe vite, nous voici déjà en 1840, depuis dix ans, sous le règne de Louis Philippe 1er

La vie ici est très difficile, écrasés d’impôts et proches de la misère, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes car une bonne partie des jeunes de notre paroisse a migré vers les grandes villes pour trouver du travail dans les usines.

Restent des vieux, comme moi, et des couples trop enracinés pour s’exiler, heureusement que notre famille est toujours unie, enfin c’est ce que je croyais ! jusqu’à ce mois de mai !

Hélas, le coup est trop rude pour mon grand âge, le souffle me manque !
Je laisse le soin aux journaux de vous exposer le drame qui touche mes proches et je donne la plume aux générations futures de vous raconter la suite.

Bonjour, je reprends donc derrière mon cher AAAAA Grand-Oncle qui m’a légué ses notes auxquelles j’ai rajouté quelques recherches de mon cru.

Je suis désolée de n’avoir pas son talent dans l’art de vous captiver et vous prie de bien vouloir m’en excuser, d’autant plus que le moment est grave !

L’affaire a fait les gros titres des journaux locaux, on peut lire en première page :

Jacques Pérignon, 36 ans, cordonnier, étrangle par jalousie et intérêt, le 22 mai 1840 à Damvillers, Louis Collins 64 ans son beau-père… (second époux d’Élisabeth CAILMO)

Les prévenus Jacques PERIGNON et Jeanne TOUSSAINT sont écroués à la maison d’arrêt de Saint-Mihiel dans la Meuse.

« Quoi ! Une Jeanne TOUSSAINT ! mais j’en ai une ! »

Si, jusque-là, j’imaginais mes ancêtres comme des êtres aimants et proches de leur famille, je suis tombée de haut quand j’ai lu ce fait divers.

Mon bel arbre généalogique en a perdu ses feuilles après que j’ai découvert, la mort dans l’âme, les preuves qu’il s’agissait bien de « ma Jeanne ».

Bon, assez pleurniché, revenons-en à notre triste rôle

La prison et le jugement :

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La Maison d’arrêt, de justice et de correction de St-Mihiel est installée dans l’ancienne abbaye bénédictine.

Les faits sont jugés, le 31 Janvier 1841, au tribunal de Saint-Mihiel (Meuse).

Gazette des Tribunaux n° 4811 édition de Paris du 06 février 1841 – page 3

SAINT-MIHIEL, février. Le 22 mai dernier (1840), vers quatre heures du matin, le cadavre de François Collin de Damvillers fut trouvé sur les anciens remparts de cette ville, portant les symptômes de la strangulation ; l’état des vêtements indiquait que le cadavre avait séjourné quelque temps dans l’eau ; on connaissait la haine profonde que le sacristain Pérignon et et sa femme portaient au malheureux Collin, les mauvais traitements et les menaces de mort auxquels ils s’étaient livrés depuis Noël dernier envers leur beau-père : les menaces de strangulation prononcées le matin et l’après-midi de la veille du meurtre par ce couple méchant et vindicatif. Ils furent arrêtés par ordre de M. le maire de Damvillers ; les lieux furent examinés avec attention par les magistrats ; la confrontation des pas et des brodequins de l’accusé vint déposer contre lui ; des savates pareilles à celles que portait la femme la veille du crime furent trouvées dans un sentier aux divers lieux où l’agression avait eu lieu, et où le cadavre avait séjourné quelque temps.

Après l’audition de plus de soixante-dix témoins, M. Liouville, procureur du Roi, a résumé avec précision les principales charges résultant des débats. Malgré les efforts et le zèle de Messieurs Gollignon et Louis, Pérignon est condamné à la peine de mort, et Jeanne Toussaint, sa femme, aux travaux forcés à perpétuité. En entendant prononcer l’arrêt de mort, Pérignon qui, pendant les débats, avait montré plus que de l’assurance, a fléchi les genoux, la femme poussait des cris. En rentrant dans la prison, Pérignon, qui n’est âgé que de trente-six ans, semblait en avoir plus de soixante-dix : en quelques minutes, sa figure avait pris les rides de la vieillesse et toutes les apparences de la décrépitude.

Gazette des Tribunaux n° 4835 édition de Paris du 06 mars 1841 – page 3

La Cour de cassation a rejeté aujourd’hui les pourvois de Jacques Pérignon et de Jeanne Toussaint sa femme, contre - un arrêt de la Cour d’assises du département de la Meuse, qui condamne le premier à la peine de mort, et la seconde, vu les circonstances atténuantes déclarées en sa faveur, aux travaux forcés à perpétuité, comme coupables du crime d’assassinat sur la personne de leur beau-père.

Extrait du Journal des débats politiques et littéraires du 10 avril 1841 (Gallica-BNF) :

On écrit de Saint-Mihiel, 5 avril « On se rappelle l’assassinat commis par les époux Pérignon, de Damvillers, sur leur beau-père. Par suite de la déclaration du jury, Jacques Pérignon fut condamné à la peine de mort, et sa femme aux travaux forcés à perpétuité.. »

Si Pérignon s’était pourvu tout à la fois en cassation et en grâce, et, depuis sa condamnation, il n’avait cessé de témoigner l’espérance qu’il avait dans les résultats de ces pourvois. L’abattement extraordinaire avec lequel il avait entendu son arrêt de mort avait complètement disparu et il poussait l’illusion jusqu’à croire qu’il serait entièrement rendu à la liberté. « En définitive, disait-il encore la veille de son exécution, adviendra que pourra, je m’en toquerais la tête au mur que je n’en aurais que des bosses… ». Ainsi confiant dans l’avenir, il était resté sourd aux pressantes exhortations de M. l’abbé Simonin et avait toujours refusé de se confesser, néanmoins il avait consenti à lire tous les livres de piété que M. l’aumônier lui apportait, et cette lecture avait tellement changé ses idées au bout de deux mois, qu’il s’était enfin décidé à se confesser.

Ce matin, à midi, était dressé l’échafaud sur la place du collège, le confesseur fut alors introduit près du condamné ; il lui apprit d’abord que son pourvoi en cassation était rejeté, et que dans la crainte que son pourvoi en grâce vint à avoir le même sort, il fallait, comme il l’avait promis, se confesser pour se réconcilier avec Dieu. Pérignon accéda à l’offre du pasteur, et celui-ci, pour être seul avec lui, poussa la porte de la chambre qui se referma tout-a-coup avec assez de violence. Les gendarmes que l’on avait placés dans la chambre voisine pour prêter main forte en cas que Pérignon, qui était d’un caractère irascible et emporté, ne se livrât dans son désespoir à quelque acte de violence, s’avancèrent au bruit que fit la porte en se fermant. A cette vue Pérignon pâlit, une sueur froide se répandit sur tout son corps, ses yeux se renversèrent et il tomba dans les bras du pasteur en criant d’une voix déchirante : « Mon Dieu ! c’est donc fini !... » Dans ce moment le vénérable abbé rassembla toutes ses forces et son courage et parvint, par ses paroles consolantes, à remettre un peu le condamné qui roula alors à ses pieds en réclamant pour ses fautes l’absolution du prêtre et le pardon des hommes.

Ce fut le tour ensuite des exécuteurs, qui procédèrent aux derniers préparatifs. Pérignon appela d’une voix étouffée son défenseur et son gardien, et leur demanda la permission de les embrasser. Il voulut aussi dire un dernier adieu à sa femme qui, en attendant son départ pour Clairvaux, était dans la même prison. Cette dernière entrevue eût été trop cruelle, et il fut répondu au condamné que sa femme était partie.

Alors, détachant de son cou une petite médaille qu’il baisa pieusement « Quand je serai mort, dit-il, donnez cela à ma pauvre femme, et qu’elle la porte pour l’amour de moi, c’est tout ce que je peux lui laisser… »

et il sortit de son cachot.

Au moment où il traversait un des corridors de la prison, des chants joyeux se firent entendre, c’étaient ceux de deux prisonniers dont l’insouciante gaîté venait jeter ses bruyants éclats à travers les sanglots du patient. Au même moment aussi, une femme de la prison, étonnée du mouvement extraordinaire qui se faisait remarquer et entendant les clameurs de la foule qui se pressait au dehors, demandait « quelle fête c’était aujourd’hui ».

C’était la femme de Pérignon, qui ignorait, elle aussi, que son mari allait périr.

J’ai, volontairement, écourté le récit du journal qui, avec force détails, nous décrit les derniers instants du condamné.

Jeanne fut, finalement, transférée à Haguenau

La prison de Haguenau :

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Façade de la prison de Haguenau au XIXe siècle (Wikipédia)

Le fonctionnement de la maison centrale de Haguenau de 1822 à 1939

Au XIXe siècle, les femmes condamnées aux travaux forcés ou à de longues peines étaient regroupées dans des maisons centrales. Si en général celles-ci étaient mixtes et séparées en deux quartiers, la France est sans doute l’un des seuls pays à avoir construit des prisons uniquement destinées aux femmes : les centrales de Clermont, Cadillac, Montpellier et Haguenau ainsi que la prison départementale de Saint-Lazare à Paris, leur étaient spécifiquement destinées.

La maison centrale de Haguenau, à l’époque appelée « maison centrale de détention », était affectée à l’accueil de l’ensemble des femmes condamnées de la région Alsace Lorraine, elle était en mesure d’accueillir 800 prisonnières. De manière générale, en France, la situation de la population carcérale féminine a longtemps peu préoccupé les services : surveillants et geôliers étaient des hommes – ce fut le cas à Haguenau jusqu’en 1840. Cette situation favorisait l’abus sexuel des détenues : la correspondance entre le directeur de la maison centrale et le préfet fait ainsi mention de plusieurs cas de viols. Il fallut attendre la décision ministérielle du 6 avril 1839 pour que soit imposée la surveillance des prisonniers par des personnes du même sexe dans les maisons centrales (ce qui était déjà le cas dans les prisons départementales depuis l’arrêté du 25 décembre 1819). Cependant, dans les faits, la décision ne fut effective qu’à partir de 1856.

Les conditions de détention :

Les conditions de détention étaient strictes et contraignaient les femmes à travailler. Les centrales étaient perçues comme des usines et, à l’époque, l’industrie textile en pleine expansion nécessitait une main d’œuvre nombreuse.
A Haguenau, les détenues effectuaient leurs tâches à la main ou à la machine : tissage, broderie, couture, filage de la laine et du chanvre, fabrication de gants. Du linge blanc et des habits leurs étaient octroyés par les entrepreneurs en échange du travail effectué. Elles recevaient en outre une paie qui était divisée en 3 parts : un tiers était mis en réserve par l’Administration et retourné à la prisonnière à sa libération, un tiers lui était laissé pendant son incarcération, le dernier tiers revenait à l’entrepreneur.

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Détenue en cellule travaillant au cannage, vers 1930.

Les prisonnières devaient respecter la règle du silence absolu. En plus des surveillantes dans chaque dortoir, une détenue dite « prévôte » était chargée de faire appliquer la discipline et pouvait faire appel à une sœur lorsque la situation l’exigeait. La discipline était maintenue grâce à un système de récompenses et de punitions. Une commission constituée du directeur, du sous-directeur et de la Mère Supérieure se réunissait deux fois par semaine pour prononcer les punitions.

Les punitions :

Elles consistaient le plus souvent à la mise en isolement, d’une durée de 15 jours à 3 mois : la détenue demeurait dans l’obscurité et n’avait droit qu’à une demi-heure hors de sa cellule, elle était en outre soumise à un régime alimentaire strict composé d’une miche de pain par jour et d’une ration alimentaire tous les 4 jours. Une paillasse lui était octroyée toutes les 4 nuits.

Les récompenses :

En récompense d’un comportement et d’un travail jugés satisfaisants, certaines détenues pouvaient être nommées sous-maîtresses puis maîtresses.

Des visites d’une heure maximum étaient autorisées le dimanche, en présence d’une sœur.

En terme de distraction, étaient organisés chaque mois dans les ateliers des conférences ou des concerts par les dames patronnesses.

Jeanne Toussaint a dû subir des conditions plus difficiles en 1840 que celles décrites ci-dessus, en 1930. Elle est décédée en 1859 à l’âge de 58 ans.

Voilà, j’espère avoir mérité la confiance que ce cher Nicolas-Florent TOUSSAINT m’a accordée et je reprends à mon compte, pour garder le moral, ce vieil adage qui dit : « nous descendons tous d’un roi ou d’un pendu ».

La chance m’a souri , j’ai les deux ! Pour le roi, peut-être vous le raconterai-je, un jour...

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20 Messages

  • Des assassins dans la Famille 27 avril 12:08, par Baby Jeannine

    Bonjour,
    Je viens de lire cette tragique histoire de famille qui a suscité mon intérêt car j’ai moi-même eu un bagnard dans mes Ancêtres Pierre Baudot ° le 12/11/1797 à Brasseitte (Meuse) + le 24/10/1849 à Toulon. J’étais loin de me douter que je descendais d’un GP bagnard. J’ai réussi a avoir le procès qui a eu lieu à Nancy ... Ce GP était instituteur (qui a mal tourné) pour finir écrivain public ... a fait des faux écrits ... (mois de prison) a ensuite provoqué un duel et malheureusement a tué son adversaire et s’en suit d’un procès = 9 ans de bagne (est + au bout d’un an). Voilà ce récit raccourci mais je tenais à vous le faire connaître. Je suppose que cet événement a dû aussi paraître dans la presse locale, mais habitant loin de la Meuse je ne peux avoir à l’accès des archives. Pour votre info aussi ce GP s’est marié avec Anne Toussaint le 13/03/1821 à Liouville (il y avait beaucoup de Toussaint dans la région).
    Je reste a votre disposition pour tous renseignements.
    Bien Cordialement
    Jeannine Baby

    Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 27 avril 23:36, par Marlie Toussaint

      Bonsoir,
      Merci pour votre intérêt lié à cette triste affaire. Quel choc quand on imagine nos aïeux honnêtes, bons et aimants avec leur famille et que l’on découvre le pot aux roses. Votre ancêtre, même pas très clean, a heureusement survécu au bagne et à cette époque tuer en duel n’est pas un meurtre d’où cette petite condamnation. Les relations familiales sont très complexes, je ne connais pas les motifs du ressentiment de mes assassins vis-à-vis de ce beau-père, toujours est-il qu’ils ont franchi le pas. Vous pouvez trouver les journaux ou la gazette des tribunaux relatant votre affaire sur Gallica Bnf. Ravie de savoir que vous avez une Anne Toussaint (nom très répandu en Meuse) et j’espère pour nous sans lien de parenté. Car avoir un pendu, un condamné aux travaux forcés et un bagnard sur la même branche cela commencerait sérieusement à nuire à notre réputation. Bien à vous Marlie

      Répondre à ce message

      • Des assassins dans la Famille 28 avril 14:05, par Baby Jeannine

        Je vous remercie pour votre réponse et le site où je peux trouver des informations sur « mon bagnard ».
        Bonne suite dans vos recherches généalogiques...
        Jeannine Baby

        Répondre à ce message

  • Des assassins dans la Famille 27 avril 16:34, par Vandamme

    Très passionnante cette histoire, très bien débutée par votre grand oncle qui savait raconter et terminée par vous qui avait pris la relève malgré les faits qui par le début de la recherche laissaient beaucoup de questions en suspens et intriguaient comme toujours dans ce cas. Vous m’avez tenue en haleine, cependant savez-vous pourquoi ils en voulaient autant a ce beau-père, mis a part d’abord qu’il avait pris la place de son père (dans l’esprit de votre lointaine cousine), peut être celui-ci était il connu comme violent ou je ne sais quoi ! peut être rien. Combien de familles se sont recomposées lors de décès côtés féminin ou masculin et parfois plusieurs fois a la suite, les temps n’étaient pas si roses, heureusement cela ne s’est pas terminé ainsi pour le plus grand nombre.

    Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 28 avril 00:01, par Marlie Toussaint

      Bonsoir,
      Je suis ravie que vous ayez apprécié ce récit qui a réclamé beaucoup de recherches, je suis récompensée de mes efforts. Comme souvent dans les cas d’assassinat les motivations ne sont pas clairement établies. L’avenir nous apportera peut-être un jour la réponse « à pourquoi ? » et à « ce cordonnier méritait-il ce triste sort ? » Il faudra alors que Nicolas Florent Toussaint reprenne la plume pour vous le dire...
      Cordialement
      Marlie

      Répondre à ce message

  • Des assassins dans la Famille 11 mai 00:11, par Sandrine Faichaud

    Bonjour Marlie,

    J’avais lu votre récit sans faire attention qu’il était de vous ! Quelle histoire, ça ne pardonnait pas à l’époque. Ceci a eu lieu du vivant de Anne Dartige, nos aïeux étaient contemporains. La Jeanne est donc décédée en prison ?

    Un arbre généalogique qui perd ses feuilles à l’automne les voit repousser au printemps suivant !

    Bravo pour ce récit tragique raconté avec une pointe d’humour !

    Sandrine

    Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 16 mai 09:28, par Marlie Toussaint

      Bonjour Sandrine,
      Merci à vous pour la repousse des feuilles au Printemps cela donne l’espoir de retrouver l’histoire de nos chers ancêtres.
      Effectivement, Jeanne a purgé sa peine jusqu’à son décès en prison. Cette époque, où on pouvait mourir au bagne pour le vol d’un pain ou tout simplement être né orphelin (colonies pénitentiaires des enfants), ne pardonnait pas. Estimons-nous heureux dans notre siècle.
      A bientôt j’espère
      Marlie

      Répondre à ce message

  • Des assassins dans la Famille 11 mai 13:30, par Jean-Pierre Bernard

    Très bel article. Merci. Nous avons dans la famille deux bagnards dont une femme, et deux sorcières. Je pense que c’est le lot de beaucoup de gens.

    Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 16 mai 09:35, par Marlie Toussaint

      Bonjour Jean-Pierre

      Merci d’avoir apprécié mon article. Voici pour vous l’occasion de nous raconter l’histoire de vos aïeux, à moins que cela ne soit déjà fait ? cela me passionnerait de vous lire.
      Cordialement
      Marlie

      Répondre à ce message

  • Des assassins dans la Famille 15 mai 22:05, par CHANTAL DAVID

    Bonsoir,
    Quelle histoire !!!!!! Et là, j’ai repensé que moi aussi j’avais quelqu’un de peu recommandable dans ma famille. En effet, un fils de mon AAAA grand père du côté paternel a du faire quelques bêtises. Lesquelles exactement ????
    François BRUNEAU fils de Jean et de Magdeleine ROCHE né le 14/08/1783 à CIVRAY (86)est condamné, le 26/07/1812 par la Cour d’assises de la Vienne à Poitiers pour « tentative de vol sur un chemin public ». Condamnation à vie et à être flétri des lettres T.P.
    Entré au bagne de Rochefort (17) sous le n° matricule 5983 le 18/03/1813 il décède à l’hôpital de la Marine le 27/01/1820 (cause de la mort : fièvre). Je ne sais pas où trouver le compte rendu du procès.
    Si quelqu’un peut m’aider, j’en serais ravie et je vous en remercie par avance.
    Chantal DAVID

    Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 16 mai 11:14, par Marlie Toussaint

      Bonjour Françoise,
      Merci de votre intérêt pour mon récit. Pour ce qui concerne votre bagnard : les AD de la Vienne conservent les archives judiciaires en série « U ». Il y a un BRUNEAU Michel (pas de François) en page 110 du répertoire méthodique de la cours d’assises de la Vienne. Mais pour un vol, vous trouverez les archives judiciaires de Civray. Vous avez également les archives de la Marine qui conservent les dossiers des bagnards de Rochefort.
      Bonnes recherches à vous
      Tenez moi au courant, cela me ferait plaisir
      Cordialement
      Marlie

      Répondre à ce message

    • Des assassins dans la Famille 16 mai 12:11, par sandrine Faichaud

      Bonjour Chantal,

      En ce qui concerne le procès de François Bruneau, il est certainement aux AD du 86 ou du 17, lisible uniquement en salle de lecture, au thème Justice.
      En ce qui me concerne j’ai trouvé tout le procès de Anne Dartige (en 1847) aux AD du Rhône car elle a été condamnée à Lyon. Avez vous lu son récit paru dans Histoire Généalogie ?
      Tenez moi informée de vos recherches,
      Cordialement,

      Sandrine

      Répondre à ce message

      • Des assassins dans la Famille 16 mai 14:27, par sandrine faichaud

        Chantal
        sur Google taper : Assassinat de Saturnin Isos garde champêtre par André Herbert. Dans son article il y a des liens qui peuvent vous intéresser sur le bagne de Rochefort !
        Cordialement
        Sandrine

        Répondre à ce message

      • Des assassins dans la Famille 6 juin 12:07, par CHANTAL DAVID

        Sandrine et Marlie

        tout d’abord je vous remercie pour vos conseils et voici ce que j’ai fait :
        j’ai envoyé un message aux archives de la Vienne le 19/05 avec le formulaire « demande de recherche » et le 29/05 j’avais une réponse concernant le jugement du tribunal du 26/07/1812.je les ai ensuite appelé pour savoir si je pouvais avoir copie de ce jugement (il faut souligner que je suis tombée sur quelqu’un d’aimable). dans l’heure qui a suivi, j’ai reçu par mail la copie du jugement moyennant 2.50 euros pour 5 pages. à la lecture de ce jugement, je trouve que la peine des travaux forcés à perpétuité est bien lourde pour la faute commise. (vol de blé et avoine à son patron et « soupçon » d’attaque sur des charretiers). la justice n’était pas la même que celle d’aujourd’hui !!!!!!!!!

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        • Des assassins dans la Famille 6 juin 17:38, par Sandrine

          Bonjour Chantal
          je suis très heureuse pour vous que vous ayez pu obtenir ce jugement. La persévérance paie toujours !
          oui peine trop lourde, Une vie brisée, une de plus, c’est Victor Hugo et son Jean Valjean....
          Bravo pour ce travail qui sort ce pauvre forçat de l’oubli !
          Bien cordialement
          Sandrine

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  • Des assassins dans la Famille 18 mai 23:18, par Lécrivain

    Bravo pur cette histoire passionnante.
    J’ai, moi aussi, dans mon arbre une bande d’assassins : « Les chauffeurs du Santerre » dans la Somme.
    Ils ont été arrêtés en 1820 par Vidocq et leur chef, La Louve de Rainecourt, a été guillotinée en 1820.
    Son frère est mort au bagne après avoir été condamné à 30 ans de travaux forcés.
    Un de ses descendants était un beau frère à mon grand oncle. Un vieux monsieur que j’ai connu et qui était très gentil. Peut-être n’était il même pas au courant de ce qui c’était passé dans sa famille quelques générations plus tôt. Il n’a pas eu la chance d’avoir d’enfants, mais c’était peut-être mieux comme ça. Au cas où l’histoire se serait reproduite........
    J’ai trouvé leur histoire très exitante. Ca changeait un peu. Ils n’ont pas été connus pour leur grandeur d’âme mais pour leur côté « grand méchant loup », si l’on peut dire. Dommage qu’ils aient tués tant de gens, malheureusement.
    Mais on ne choisit pas sa famille.
    Encore bravo à vous et cordialement,
    Cathy

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    • Des assassins dans la Famille 19 mai 22:52, par Marlie Toussaint

      Bonsoir Cathy,
      Merci de votre intérêt pour cette histoire qui émane d’un drame familial dont j’ignore les raisons profondes. Prudence Pezé était un criminel d’un autre genre mais que cela vous rassure : le crime n’est pas héréditaire.
      La nature humaine est faite ainsi et la cruauté en fait partie, c’est pourquoi nous rencontrons parfois des assassins dans nos arbres.
      Cordialement
      Marlie

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  • Des assassins dans la Famille 7 juin 09:47, par Anne PIERROT-MICHEL

    Bonjour,
    Votre article est fort intéressant même si j’ y ai noté une petite incohérence... Si JB TOUSSAINT et mort en 1807 avec des enfants âgés de 2 à 8 ans... il n’ a pas pu rentrer dans ses foyers seulement en 1805 !
    Mais ce n’ est qu’ un détail !
    Comme vous, j’ ai eu un sérieux choc quand j’ ai appris que mes enfants avaient dan leurs lignées collatérales la dernière femme guillotinée en Lorraine : Marie-Caherine MOITRIER.
    J’ ai noté ’lignées" au pluriel car le grand-père maternel de Marie-Catherine était mon ancêtre direct (et de sa troisième épouse qui n’ est pas ma sosa) Nicolas BIET, tandis que son grand-père paternel, Nicolas MOITRIEUX était le frère d’ une ancêtre directe de mon époux, Catherine MOITRIER épse LALLEMANT...
    Impossible donc, dans ses conditions de « renier » Marie-Catherine : elle fait bien partie de la famille !
    Son crime - je devrais plutôt écrire ses crimes puisque ses victimes étaient au nombre de 04 - avoir empoisonné, pour de vulgaires raisons financières, son second mari, Jean-Baptiste SEGARD, les deux enfants issus de ce mariage, Jean-Baptiste et Joseph-Arsène, et la fille issue de son premier mariage, Florine MARCHAL ; on l’ a également soupçonnée d’ avoir fait passer de vie à trépas son premier époux, Jean-Baptiste MARCHAL... sans pouvoir le prouver indubitablement ! Cerise sur le gâteau - si j’ ose l’ écrire pour une aussi sordide histoire - elle a tenté de faire accuser son beau-frère Charles VILLAUME, frère utérin de son second mari, de ses crimes !!!
    Une personne charmante à qui, selon le maire de son village, un des témoins de son procès <<...on aurait donné le Bon Dieu sans confession ! ... >>
    Elle est guillotinée à Nancy en mai 1850.
    Contrairement à vous, nous savons quel était le mobile des crimes, l’ argent, mais cela n’ est pas rassurant pour autant ! Ce qui l’ est un peu plus, c’ est que depuis son exécution, personne, des deux côtés de la famille, n’ a plus jamais défrayé la chronique criminelle !
    Généamicalement,
    Anne PIERROT-MICHEL

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    • Des assassins dans la Famille 23 septembre 15:14, par Marlie Toussaint

      Bonjour Anne PIERROT-MICHEL
      Je viens de découvrir votre message et vous remercie de l’intérêt que vous avez porté à mon histoire familiale qui rejoint la vôtre celle d’avoir des assassins dans notre lignée. Alors bienvenue au club de ceux qui n’ont pas récupéré ces gênes meurtriers ! Cordialement Marlie

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  • Des assassins dans la Famille 9 juin 14:01, par catherine marquet

    Bonjour,

    A l’occasion d’échanges de mails avec une cousine, je viens d’apprendre qu’un des nos grands-oncles, célèbre architecte, est décédé en 1953 d’une intoxication à l’arsenic contenu dans du vin. Effectivement, ce fait est notifié sur sa page WIKIPEDIA et sur GOOGLE, mais je n’en sais pas plus.
    Cà fait droit dans le dos, on n’en avait jamais entendu parler dans la famille.

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