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Enquête autour d’une photographie de militaires en formation à l’Ecole de Maréchalerie de Saumur en 1886

Le jeudi 15 janvier 2015, par Jack Toussaint

Comment, suite à la découverte d’une photographie de militaires ancienne, j’ai retrouvé de façon quasi certaine, le visage d’un aïeul âgé de 24 ans en 1886.

J’ai retrouvé parmi mes photos de famille, ce cliché d’un groupe de militaires :

JPEG - 714 kio
Un clic sur la photo pour l’aggrandir

Dans un premier temps, je me suis tourné vers l’arrière-grand-père de mon épouse, car il a fait carrière dans l’armée puis dans la gendarmerie entre 1859 et 1884.
L’observation des visages ne m’a pas permis de trouver une ressemblance avec l’aïeul présumé.
Un examen plus détaillé s’est donc avéré nécessaire.

Le numéro inscrit sur le col d’un bon nombre des uniformes est différent. Ce numéro correspond au régiment auquel les militaires appartiennent. Nous sommes visiblement en présence d’une photo de militaires appartenant à différents régiments.

En regardant plus en détail, on constate que ces militaires portent presque tous un insigne en forme de fer à cheval sur la manche gauche.

Nous sommes donc en présence de maréchaux-ferrants.

Je me suis alors tourné vers le second arrière-grand-père de mon épouse.
Il a exercé le métier de maréchal-ferrant toute sa vie dans une petite commune de Meurthe-et-Moselle.

Sa fiche matricule, déposée aux Archives Départementales des Vosges, nous indique :

Eusèbe BASTIEN (1862 - 1923) a été incorporé dans le 12e Régiment de Dragons le 1er décembre 1883. Il a suivi les cours de maréchalerie à l’École de Cavalerie de Saumur entre le 1er octobre 1885 et le 31 août 1886.
Il en est sorti Dragon 2e classe, classé 43e sur 67 élèves.

Il est donc fort probable que le cliché a été pris en fin de formation en août 1886 à Saumur.

Il ne me reste plus qu’à l’identifier, sachant que je ne possède de lui qu’une photo d’identité datant de 1916 (il était alors âgé de 54 ans) :

Sur la photo de groupe, j’ai isolé 75 individus.
J’y ai trouvé 8 gradés.
Il reste donc 67 hommes du rang. Ce qui correspond aux indications du Registre Matricule d’Eusèbe BASTIEN.

En 1879, les dragons portaient une veste boutonnée avec un collet blanc, des épaulettes rouges, et des parements de manche blancs.

Entre 1883 et 1892, l’uniforme des dragons comprend un dolman à tresse en drap noir avec un collet blanc, orné de 9 brandebourgs en poil de chèvre noir. (cf. le site suivant)

Si l’on recherche sur la photo de groupe des uniformes avec un collet blanc, on trouve des vestes boutonnées, mais aucun dolman noir orné de brandebourgs.

Eusèbe BASTIEN est passé à l’école de maréchalerie entre le 1er octobre 1885 et le 31 août 1886. Cela situe sa formation peu de temps après le changement d’uniforme (Date exacte à définir).

Si l’on émet l’hypothèse que les nouveaux uniformes n’étaient pas encore distribués, on trouve 12 uniformes de dragon.

Il ne reste plus que 3 soldats possibles parmi les 12 : ceux dont le numéro de régiment n’est pas visible.

JPEG - 275 kio

D’après le Registre Matricule, donc vers 20 ans, Eusèbe avait les cheveux et les sourcils châtains, les yeux châtains (sic), le front ordinaire, le nez moyen, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale.
Il mesurait 1,61 m.

De toute évidence, de par la forme du visage, des yeux, et surtout des oreilles, Eusèbe BASTIEN est le 3e soldat ci-dessus.

Je ne suis pas spécialiste des uniformes militaires du XIXe siècle, néanmoins, je pense avoir distingué les régiments suivants (à confirmer) :

Il reste à déterminer les grades et régiments des autres militaires dont la subtilité des uniformes m’échappe.

N.B. : La photo de groupe a été tirée sur un papier mince, collé sur carton.
Elle a une hauteur de 206 mm et une largeur de 277 mm.

P.S. : Je remercie les différents auteurs des messages pour leurs informations éclairées sur les uniformes militaires.

L’École de Maréchalerie de Saumur
(Extraits de Saumur Jadis )

Depuis 1769, chaque compagnie montée disposait d’un cavalier spécialisé exerçant les fonctions de maréchal-ferrant. Une ordonnance royale du 23 juillet 1826 crée l’école de maréchalerie, annexée à l’École de Saumur.

Les élèves-maréchaux passent habituellement six mois à l’école. Ils sont nombreux à se succéder, environ 170 par an à la fin du XIXe siècle, de 80 à 85 dans les années 1920.

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21 Messages

  • Enquête autour d’une photographie de militaires 25 septembre 2018 20:25, par Renaud

    Bonjour !
    Mon arrière grand Oncle était capitaine de Spahis (Marocains).
    Il a combattu au Chemin des Dames en 1917 puis dans la guerre du Rif en 1926.
    Sur une photographie non datée, mais que j’estime aux années 1920, il porte un uniforme arborant le numéro 107 sur le col.
    Cela signifie-t-il qu’il appartenait alors au 107e Régiment d’Infanterie ?
    Merci d’avance pour votre aide.
    Cordiales salutations.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Juste une précision sur le cavalier identifié par Monsieur Toussaint comme étant du 5e spahis : il s’agit en réalité du 5e chasseur d’Afrique (chéchia garance à 3 bandes noires sur la partie basse, dolman bleu ciel à brandebourg noir, comme celui des chasseurs à cheval, mais col jonquille au lieu de garance - le jonquille apparait noir sur les photos de cette époque). Les cavaliers de spahis ne portent pas le dolman ni le pantalon à basanes, mais la tenue orientale avec veste arabe garance, gilet arabe bleu ciel et sarouel ample bleu ciel. Vous pouvez sans aucun doute modifier la légende en ce sens.

    Pour réponde à Monsieur Christophe P., les 5 cavaliers du 3e rang en partant du bas, avec grenades jonquille sur col bleu ciel, sont bien des élèves de Saint Cyr. Le collet des tuniques actuelles portent toujours cette disposition de couleurs et d’attributs.

    Bien cordialement. Jean-Marc

    Répondre à ce message

    • Je vous remercie pour l’intérêt que vous avez porté à mon article.
      Vos renseignements m’ont été d’une grande utilité. Je viens d’envoyer à M. Thierry SABOT une nouvelle version à paraître, tenant compte de vos indications.
      Néanmoins, un point me semble discutable :
      En 1885, les photographies étaient très couramment réalisées en tirage argentique. Cela me semble être le cas de la photographie présentée.
      J’ai pratiqué, à une certaine époque, la photographie N&B. Le jaune "sortait" en gris clair, et non pas en noir. Le doré en fonction de l’éclairage pouvait comporter de grandes plages noires (?). Mais ça ne semble pas être le cas ici.
      Le col foncé ne pourrait-il pas être rouge ou bleu soutenu ? Dans ce cas, l’uniforme porté ne serait pas tout à fait conforme au modèle en vigueur en 1885 (?).

      Cordiales salutations

      Répondre à ce message

      • Bonjour Monsieur TOUSSAINT.

        Le jonquille qui apparait noir est un détail bien connu des collectionneurs d’uniformes qui donnent aussi dans la photo militaire ancienne d’avant 1914.

        Les procédés sur papier albuminé, les émulsions argentiques au gélatino-chlorure ou au collodio-chlorure, donnent cette nuance sombre de la couleur jaune.
        Il faut attendre les années 20 pour que les nouvelles techniques au bromure d’argent corrigent ce défaut.

        Je pourrais vous envoyer de nombreux exemples de photos militaires prises entre 1850 et 1914 montrant cette particularité si j’avais votre adresse mail (voir avec le modérateur pour cet échange d’adresse).

        Le jaune est assez peu courant en uniforme de la troisième République.
        On en trouve, entre autre, sur les collets des tuniques et des capotes d’infanterie au modèle 1872, sur les tenues orientales de tirailleurs algériens (bleu-ciel à tresses, soutaches et passepoils jonquille), sur les cols et parements de manches des dolmans et tuniques de chas’ d’Af, ou encore sur les "tombôs" (fausses poches) des vestes-boléros de zouaves, tirailleurs algériens et spahis algériens (la couleur jonquille de ce "tombô" distingue les 2e régiments (division de Constantine), tandis que les 1er régiments (Alger) portent le garance, les 3e (Oran) le blanc et les 4e (Tunisie) le bleu).

        Il n’y a aucun doute possible sur l’appartenance du cavalier dont il est question : c’est bel et bien un chasseur d’Afrique en dolman bleu ciel à brandebourgs noirs et col jonquille, totalement conforme au règlement de 1872.
        Du reste, cette photo n’étant pas prise en Algérie, la seule présence de la chéchia, garance à trois bandes noires, écarte l’idée qu’il puisse s’agir de la fantaisie d’un chasseur à cheval détaché en Algérie.
        En métropole, il arborerait obligatoirement le képi ou le shako.

        Très cordialement. Jean-Marc Rouzet

        Répondre à ce message

        • Bonsoir Monsieur ROUZET,
          Je vous remercie pour ces dernières précisions.
          J’étais loin de me douter de cette particularité des tirages photos du XIXe.
          Je note vos connaissances remarquables dans l’histoire des uniformes. Je ne manquerai pas de faire appel à vos compétences si l’occasion se présente à l’avenir.
          Si vous le souhaitez, je pourrais vous envoyer le fichier de la photographie au format original (4375x3230 pixels).
          Je vous présente mes plus sincères salutations
          Jack TOUSSAINT

          Répondre à ce message

  • Bonjour. Quelques précisions sur les tenues représentées sur cette photo.
    L’homme en dolman sombre à brandebourgs blancs (2° rang en partant du haut, au milieu) est un cavaler de la remonte.
    Les hommes en dolman clair à brandebourgs noirs avec chéchia sont des chasseurs d’Afrique et non des spahis.
    Les deux hommes en tenue orientale couchés au sol sont cette fois des spahis algériens.
    Les cavaliers avec dolman gris à brandebourgs noirs (comme par exemple au 3° rang en partant du haut à chaque extrémité au dessus des cuirassiers) sont des cavaliers du train des équipages militaires.
    Ceux avec tunique et pattes de col claires à grenade et aiguillettes portées à gauche sont sans doute des élèves cavaliers de l’école spéciale militaire.
    Si vous souhaitez avoir des précisions sur ces tenues, entre autre en avoir une vue en couleur, vous pouvez me contacter par mail. Je vous donnerai toutes les infos que vous souhaitez (dans la limite de mes modestes lumières) et que vous pourrez utiliser dans cet article ou ailleurs. Bien cordialement. Jean-Marc

    Répondre à ce message

    • Bonjour Mr Rouzet,
      Dans votre message vous faites allusion à l’école spéciale militaire, s’agit-il de St Cyr, car j’ai un parent qui était maréchal ferrant, il a effectué sa conscription au 22 Régiment de Dragons de 1884 à 1887 puis il a été envoyé à l’école de St Cyr il en est sorti en 1889 avec le grade de maréchal ferrant de 2e classe. je suis à la recherche de photos ou documents.
      Merci par avance et surtout merci à Mr Toussaint qui a fait un travail formidable et m’a permis de prendre contact avec vous.
      Cordialement.

      Christophe

      Répondre à ce message

      • Bonjour monsieur PROT,

        Je m’aperçois que j’ai totalement omis de répondre à votre question.
        Désolé !

        Vous écrivez à propos de votre parent : "il a été envoyé à l’école de St Cyr il en est sorti en 1889 avec le grade de maréchal ferrant"

        Il y a apparemment plusieurs incohérences dans le récit familial que l’on vous a transmis.

        Pour commencer, maréchal-ferrant dans l’armée n’est pas un grade, mais une fonction, au même titre que maître-tailleur, maître-bottier, maître-sellier, estafette, tambour, trompette ou encore sapeur.
        Ces fonctions sont remplies par des hommes du rang ou des sous-officiers.

        Par ailleurs, l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr ne forme que des officiers, les élèves qui en sortent ayant le grade de sous-lieutenant.
        L’école n’était donc pas vouée à former des maréchaux-ferrants.

        Ce qui est possible toutefois, c’est que votre parent, qui pouvait avoir grade de sous-officier, ait été formé à la maréchalerie chez les dragons et qu’il ait été détaché en qualité de maréchal-ferrant au saint de l’ESM.
        Il y avait en effet besoin de spécialistes de cette nature pour l’entretien des nombreux chevaux destinés à l’entrainement des futurs officiers de cavalerie ou d’infanterie, qui tous apprenaient à monter.

        Ceci mériterait une étude plus poussée, sur la base de documents officiels (livret militaire, états de service...) et de photos d’époque...

        Bien cordialement.
        Jean-Marc ROUZET

        Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Passionné par les uniformes de l’Armée Française, je ne saurais que vous recommander l’excellent livre intitulé "Reconnaître les uniformes 1860-1914" d’Eric Labayle.(Archives & Culture - guides de Généalogie).

    Bravo pour vos déductions concernant la recherche du visage du second arrière grand-père de votre épouse.

    J’ai le même problème avec mon grand-père paternel.

    Cordialement

    Répondre à ce message

  • Je suis admirative. Votre logique et Votre déduction m’ont fascinée. Je n’en suis qu’au BAba et piétine. Bravo pour cette leçon
    Chantal Huquebart

    Répondre à ce message

  • bonjour bravo souvent la forme des oreilles demeure et indique un lien c’est ainsi que certains ancêtres ont retrouvé leurs noms dans l’album photo !! Courage et merci de cet aimable partage

    Répondre à ce message

  • Bravo ! 21 janvier 2015 20:06, par Jocelyne Cathelineau

    Félicitations pour vos patientes recherches. J’ai bien comparé, comme vous avez du le faire, la photo du présumé aïeul jeune et la photo de la personne âgée : la ressemblance est frappante.

    Répondre à ce message

  • L’officier qui se trouve au centre, au troisième rang, avec décoration pendante, semble être un vétérinaire militaire (lieutenant ?), au vu de la couleur foncée (en fait rouge grenat) du bandeau du képi, et peut-être de la présence de feuilles de sauge entrecroisées aux pattes de col de l’uniforme.

    Répondre à ce message

  • Votre soldat du 5e spahis est plus probablement du 5e Chasseurs d’Afrique, les chass.d’Af avaient une tenue bleu pâle comme les hussards et chasseurs à cheval. Les pahis avaient plutôt une tenue rouge.

    Répondre à ce message

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