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Être à la mode au début du XXe siècle… avec un chapeau, bien sûr !


jeudi 11 mai 2017, par Jacqueline Besson le Huede

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Si aujourd’hui une femme ne porte généralement un chapeau que dans les grandes occasions, autrefois, sortir « en cheveux » était plutôt mal vu. Toute dame « comme il faut » devait porter un chapeau.

Ma grand-mère, Marianne Tornatore, épouse Mange, est sur la photo ci-dessous,

prise vraisemblablement dans les années précédant la 1re guerre mondiale. Elle était née en Italie, à Cirie, près de Turin, en 1892. Les parents Tornatore et leurs trois enfants, Marianne, Giovanni et Françoise, vinrent s’établir à Lyon à la fin du XIXe siècle. Ils y avaient de la famille dont un chanteur d’opéra et des cousins possédant une petite fabrique de maillons (pièces utilisées sur les métiers à tisser la soie). Le père, ébéniste, ouvrit un atelier et demanda la nationalité française.

L’institutrice des enfants Tornatore convoqua mes arrière-grands-parents pour leur demander de ne plus parler italien à la maison, mais uniquement le français, condition indispensable, selon elle, à leur intégration. Petite fille, j’aurais aimé entendre grand-maman parler italien, mais elle avait complètement oublié sa langue maternelle, revendiquant haut et fort sa nationalité française et admirant inconditionnellement Charles de Gaulle. Ce n’est qu’à la fin de sa vie, alors que son esprit était un peu perturbé, qu’elle se mit à fredonner des comptines italiennes, sans doute apprises dans sa lointaine enfance.

Jusqu’à ses quatre-vingt dix ans, ma grand-mère fut une femme élégante aimant porter la toilette et de beaux et grands chapeaux, comme en témoigne le magnifique couvre-chef qu’elle portait lors d’une promenade dans un jardin lyonnais. Elle fut certainement photographiée par mon grand-père qu’elle photographia à son tour puisque je possède une photo de lui prise au même endroit. Son cou était invisible, caché par un col très montant. Elle me raconta, qu’un été, alors que la température était caniculaire, sa sœur Françoise et elle, voulurent adopter une tenue plus confortable : un chemisier fermé mais sans col, avec des manches trois-quart. Cette tenue provoqua la colère du grand-père Tornatore qui la jugeait indécente. Mais les deux jeunes filles obtinrent néanmoins gain de cause.

Sur la photo ci-dessous, quelques années plus tard, ma grand-mère est photographiée avec mon grand-père, Félix Mange, et leur fille Lily (ma mère, née en 1914).

Cette photo dut être tirée peu après la guerre. Mon aïeule est en « grand deuil » de sa propre mère et porte une capeline couverte d’un voile relevé à cet instant mais sans doute rabattu en d’autres occasions. Si aujourd’hui on ne porte plus que très rarement le deuil et, dans ce cas, pour une courte période, il en allait tout autrement il y a encore quelques décennies : le grand deuil pendant plusieurs mois, le demi-deuil pendant encore plusieurs mois, puis l’abandon du noir et du gris foncé pour un passage à d’autres couleurs comme le violet, par exemple. Ce qui explique que les femmes étaient le plus souvent vêtues de noir. Notez que mon grand-père a négligemment posé son chapeau melon sur un rocher. Quant à la petite Lily, elle porte un charmant bonnet garni de petits pompons.

Sur la photo suivante, l’élégante jeune femme est Elise Mange, la sœur de Félix.

Avec sa belle robe de soie et de dentelle, son ombrelle entre les mains, elle porte un superbe chapeau couvert de plumes. A noter sa taille très fine sans doute moulée, en dessous, dans un corset bien serré, véritable instrument de torture pour les femmes de jadis. La façon dont elle tient son ombrelle lui permet de creuser encore davantage sa taille et peut-être de prendre son souffle. Voyez aussi son fier port de tête.

C’est Françoise Tornatore, épouse Petit, qui figure sur cette dernière photo, plus récente.

Ma grand-tante était en villégiature dans le midi et portait, elle aussi, un chapeau et une ombrelle pour se protéger du soleil. Contrairement à aujourd’hui où il est de bon ton d’être bronzée toute l’année, il convenait à l’époque de conserver une peau bien blanche, signe d’une classe privilégiée non tenue de travailler dehors. La beauté des mains, bien blanches et sans callosités, était aussi un signe qui ne trompait pas. Ma grand-mère m’expliquait que sa sœur et elle, jeunes filles, enfilaient des gants avant d’aller se coucher, après avoir enduit leurs mains de crème et de talc.

Déjà à l’époque, que ne faisait-on pas pour obéir aux dictats de la mode !

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5 Messages

  • çà n’était pas seulement une question de mode : dans les campagnes, jusque dans les années 70, les femmes (et les hommes aussi !!) portaient toujours un « couvre chef », selon les saisons, un chapeau de paille en été et un foulard chaud en hiver ; et en plus, on n’allait pas en ville et encore moins à la messe « en cheveux ».
    Les hommes portaient souvent une casquette ; à l’intérieur, quand ils posaient leur casquette, on voyait une barre au milieu du front : en dessus, bien rose chair, en dessous, teinte vieux cuir tanné par le soleil, le vent.

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  • Une de mes grandes-tantes qui travaillait chez POTIN - grand magasin réputé d’alimentation - devait venir travailler avec un chapeau. Quelqu’un était chargé à l’entrée (de service ?) de surveiller l’application de cette consigne...
    Dans les livres navette que je possède et que Histoire-Généalogie a eu la gentillesse de publier dans ses colonnes, bien des dames sont photographiées avec un chapeau et c’était dans les années 1932-1936.
    H. Faudot

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    • Bonjour.
      Pour confirmer ce que vous avancez, je sais que la direction des usines KODAK à Vincennes obligeait les femmes à venir travailler avec chapeau et sans poudre de riz.
      Pour la poudre de riz on peut comprendre un souci de ne pas polluer la gélatine qui recouvrait le film support.
      Je ne peux vous situer l’époque. Probablement avant la guerre.
      Cordialement.

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  • Au début du 20e siècle, des photographes ambulants opéraient dans les parcs et jardins publics. La première photo présentée ici (et celle du grand-père que nous ne voyons pas) est probablement le fait d’un de ces photographes.
    Le métier de photographe sur les lieux publics fut même un emploi de reconversion proposé aux mutilés de la guerre de 14. Le grand-père de mon mari, privé de l’usage du bras droit, apprit ainsi le métier de photographe et photographiait au Parc, dans l’entre-deux guerres, les curistes du Mont-Dore, en Auvergne.
    J’ajoute une anecdote familiale : en 1909, ma grand-mère, alors jeune mariée, et sa belle-soeur ne résistèrent pas à l’envie d’avoir leur photo en pied (avec chapeau et ombrelle évidemment) alors qu’elles se promenaient dans le parc de l’établissement thermal de Pougues-les-Eaux (58). De retour à la maison, mon grand-père qui était agriculteur, n’apprécia pas du tout la dépense et réprimanda fortement sa jeune épouse pour avoir gaspillé de l’argent ! Ce fut, parait-il, leur première dispute.
    Nous, leurs descendants, apprécions d’avoir maintenant de belles photos pour faire revivre la jeunesse de nos grands-parents ou arrière-grands-parents.

    Christiane

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  • Ma grand mère est décédée en 1948, et jamais je ne l’ai vue sortir sans chapeau !

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