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Trophyme Martinenco... une histoire liée à l’Histoire !


jeudi 19 avril 2018, par René Mettey

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Lecteur de la Gazette depuis toujours, je vous propose de faire paraître la photo de mon grand-père adoptif, Trophyme Martinenco, car son histoire est liée « à l’Histoire. »

Trophyme Martinenco est un de ces soldats envoyés par le Tsar en France en 14-18 pour combattre à nos côtés. Lorsque l’empire russe chuta, le gouvernement russe mis fin à la guerre et demanda à ses soldats de revenir en Russie. Certains, méfiants pour la suite, ou ayant succombé aux charmes de la France ou de Françaises... restèrent dans notre pays, et y firent souche.

J’avais fait part de ceci sur un site de généalogie, et fut contacté par Madame Claudine Cimati. Elle me déclara : "Je suis descendante d’un soldat russe qui a choisi de rester en France. Nous étions jusqu’en Juillet 2017 un petit groupe informel de descendants échangeant par mail, mais nous avons décidé de monter une association de descendants de soldats du Corps expéditionnaire russe afin de répertorier ces russes qui ont choisi de rester en France. Nous avons comme statut l’aide à la recherche de nos familles en Russie, l’échange de documents, photos etc... L’Ambassadeur de Russie nous a fait un courrier pour nous remercier et nous encourager à consolider l’amitié franco-russe."

J’écrivais à cette dame : "Trophime Martinenko était un de ces soldats « russes » qui refusèrent de repartir en Russie après l’armistice entre cette dernière et les Allemands. Il était en fait Ukrainien. Je me souviens l’avoir entendu chanter des chansons ukrainiennes lors des fêtes de famille... Il nous les traduisait et beaucoup n’étaient pas tendres pour les Russes ! D’où l’on comprend son refus de repartir..."

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« Trophyme Martinenco, Ukrainien ayant refusé de repartir en Russie en 1917, devant son échoppe de cordonnier, à Mailly-le-Camp (51), sa femme Yvonne Mayeux et sa fille adoptive Christiane Verrier ».

Et par ailleurs à propos de la photo où le nom est ortographié « Martinenco » : "dans mon esprit, Martinenko, dont je sais avec certitude qu’il était Ukrainien, s’écrivait avec un K. Peut-être que l’officier d’état civil, quand il fut naturalisé, l’a transcrit en C !"

Association SOLDATS RUSSES 1916-1917
Mairie de Courcy
Place de la Mairie
51220 COURCY

soldatsrusses1916-1917@laposte.net

Madame, Monsieur,

Le Centenaire de la 1re Guerre Mondiale a permis de faire connaître le Corps Expéditionnaire Russe en France et de rendre hommage à ces soldats russes venus combattre auprès des alliés sur le sol français.

Arrivés par Marseille ou Brest, les 1re et 3e Brigades ont rejoint le camp de Mailly dans l’Aube pour y être instruits. Ils ont combattu autour de Reims et se sont distingués plus particulièrement lors des combats de l’offensive Nivelle en avril 1917, notamment sur le village de Courcy et le site du Mont Espin.

Les différentes commémorations en lien avec la Mission Centenaire 14-18 ont permis la rencontre de descendants de Soldats Russes ayant choisi de rester en France après le conflit.
Nous étions un petit groupe informel échangeant par mail... puis nous avons décidé de monter une association d’entraide à la recherche d’informations concernant l’histoire familiale et militaire du parcours de ces soldats.
Cette Association s’appelle « Soldats Russes 1916-1917 », le siège est situé à la Mairie de Courcy dans la Marne.

Nous vous proposons de vous accompagner dans vos recherches si vous le souhaitez, en adhérant à l’Association.

Claudine CIMATTI
(vice présidente)

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5 Messages

  • Bonjour ,René

    Merci de nous faire connaître ce rôle des soldats russes venus combattre en France en 1914/1918 et restés dans notre pays .On aimerait en connaître plus sur sa vie en France .

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  • Bonjour,

    Mailly-le-Camp n’est pas dans le 51 (Marne), mais tout proche dans le 10 (Aube).
    Martinenco s’écrit probablement Martinenko à l’origine, mais dans les deux cas, il s’agit d’une écriture latine d’un patronyme qui s’écrit en caractères cyrilliques. Normalement, les autorités russes ont dû opter pour Martinenko et dans ce cas Martinenco serait dû à l’état-civil français, même si dans la plupart des cas le « k » est respecté. Quoiqu’il en soit, il s’agit bien d’un patronyme ukrainien et en même temps chrétien (sur la base du prénom « Martin »), alors que son métier de cordonnier était souvent le fait de juifs ashkénazes dans cette région où ils étaient nombreux. Donc, il était très probablement orthodoxe, voire uniate.
    Il est exact qu’il y a un antagonisme multi-séculaire entre « petits-russiens » (=Ulrainiens) et « grands-russiens » (=Russes), un antagonisme qui trouve sa source dans la soumission imposée au patriarcat de Kiev par celui de Moscou, alors que longtemps, il était plus fort et plus légitime.
    Dans la seconde guerre mondiale, les nazis ont joué de cet antagonisme en s’agglomérant le nationalisme ukrainien (comme le breton d’ailleurs), c’est pour ça qu’on trouve de nombreux noms ukrainiens parmi les morts allemands sur le front de l’ouest en 44 (notamment au cimetière de Huisnes près du Mont-St-Michel), un autre jugé récemment aux USA où il avait été exfiltré a été un des pires tortionnaires des camps de concentration. A l’inverse, de nombreux Ukrainiens ont été aussi prisonniers des nazis et en sont morts, notamment au camp du Ban-St-Jean (à Boulay en Moselle) où les autorités militaires ukrainiennes viennent les honorer régulièrement (peut-être même tous les ans, mais je ne suis pas sûr). Dans la même période, des jeunes filles adolescentes ukrainiennes ont été convoquées, voire raflées pour remplacer dans les commerces et les fermes les hommes allemands et alsaciens-lorrains (="Malgré-Nous") partis sous les drapeaux !

    Tout cela est relatif à la seconde guerre mondiale, mais laisse entendre que votre grand-père n’est pas tout seul comme Ukrainien à s’être retrouvé en France pour une nouvelle vie !
    Je n’avais pas connaissance de ce corps expéditionnaire qui relevait donc des armées tsaristes et je suis heureux d’apprendre son existence....

    Mais de deux l’une : votre grand-père a pu choisir de rester en France parce qu’il s’estimait Ukrainien et pas Russe ou parce qu’il était « blanc » et pas « rouge », cela dans l’hypothèse où sa motivation aurait été politique. Mais ce n’est pas le plus probable, car à cette époque, pour les gens du commun, qui n’étaient donc pas des intellectuels, les motivations étaient autres.... Par exemple, la douceur de la vie en France (incomparable avec la misère de l’Ukraine ou de la Russie à l’époque), l’amour rencontré sur place (eh oui !) car il était probablement célibataire et sans charges de famille dans son pays, la guerre civile qui a duré plusieurs années en Russie devenue URSS, etc....
    Peut-être aussi qu’il s’est perdu ou a été abandonné par son régiment, sans moyen(s) de rejoindre les siens....

    La photo (son existence même) comme l’enseigne (qui a une vocation publicitaire) laissent penser quand-même qu’il assume son exil et prend toute sa part dans son pays d’adoption.
    A part ça, la moue de la gamine (en dépit de son jouet et de ses ornements vestimentaires) montre qu’à cette époque, les enfants, s’ils étaient respectés, n’étaient pas des « petits rois »....

    Bonne continuation.

    Répondre à ce message

  • fort intéressant. Je me pose la question suivante ; avait-il appris le métier de cordonnier en Ukraine ? Certainement.

    Répondre à ce message

  • Pour l’anecdote, je signale que le même phénomène s’est produit après la victoire des révolutionnaires et leurs prisonniers de l’armée Prussienne, éloignés un temps de la frontière de l’Est pour éviter les évasions et aussi pour soulager les départements des frais de bouche. Ces prisonniers déplacés dans l’Indre ont refusé de repartir dans leur pays et se sont installés sur notre sol.

    Répondre à ce message

  • bonjour,
    une de mes connaissances m’a raconté que son grand-père faisait partie d’un contingent de 10000 (?) ukrainiens réquisitionnés en 1916 par l’armée russe pour servir de « chair à canon » sur le front français. Chaque famille devait donner un soldat à l’armée. Il y a eu une grande tristesse de voir partir tous ces conscrits. Son grand-père ne voulait même pas parler de ses origines. Je lui transmets votre adresse ! (si elle ne la connaît déjà).

    Répondre à ce message

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