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Georges Pageix Médecin-major de la Grande guerre (1880-1921)

3e épisode : Médecin au 46e Bataillon de Chasseurs Alpins (avril 1915 à août 1916)


jeudi 10 octobre 2019, par Jacques Pageix

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Georges Pageix est affecté au 46e Bataillon de Chasseurs à pied en avril 1915 pour remplacer le Médecin major Fenel, blessé et évacué.
Le 46e est alors au cœur des Vosges, dans une guerre de positions. Les tranchées françaises et allemandes se font face, séparées par une centaine de mètres seulement. Chaque attaque se solde par de lourdes pertes...
Les médecins, les infirmiers et les brancardiers partagent largement les risques encourus par les combattants. Suivons-les pas à pas...

Le 46e Bataillon de Chasseurs Alpins et les opérations en premières lignes sur le front des Vosges (avril à juillet 1915).

Arrivée le 10 avril 1915 dans les Vosges, situation du Bataillon :

Par décision en date du 7 avril 1915 du général commandant la 7e Armée, Georges Pageix fut affecté au 46e Bataillon de Chasseurs à pied à compter du 9 avril. Il y prit ses nouvelles fonctions le 10 avril, en remplacement du Médecin major Fenel, blessé et évacué.

Le 46e Bataillon, formé à Nice, son lieu de casernement, était alors commandé par le Capitaine Petetin. L’État-Major comptait 5 officiers et deux médecins, les Médecins Aide-Major Naudet et Funel. Il était composé de 4 compagnies, totalisant 1153 hommes, et 86 chevaux et mulets.

Parti de Nice le dimanche 23 août 1914, il prit la route de Lyon où il arriva le 24 août à minuit et demi. Il se dirigea le lendemain 25 vers les Vosges : Raon, puis Réhaucourt et enfin Saint-Dié sur Moriville où il cantonna. Le 26, il partit à 5 heures pour Hortencourt où le bataillon fut présenté au général de division de Maud’Huy, qui leur donna l’ordre de se porter immédiatement sur Clézentaine afin de défendre ce village [1].
Le déluge d’obus de l’artillerie lourde allemande qui s’abattit ce jour-là sur ce village est confirmé par le journal de marche du 6e BCA, qui précise que le village eut « une cinquantaine de maisons démolies y compris l’église et le clocher » (l’un de ces obus tua le jeune Madeuf à son poste de chef d’une pièce de 75).
C’est à Clézentaine que le 46e Bataillon commença à prendre part aux combats : le 26 août, une compagnie chargea à la baïonnette, mais prise d’enfilade par les mitrailleuses ennemies, elle se replia et déplora ses premières pertes. Renforcée par deux autres compagnies, elle reprit le village occupé par les Allemands.

Il se déplaça ensuite au cœur des Vosges où commença pour lui une guerre de positions, dans les tranchées. Dans les Vosges, les tranchées françaises et allemandes se faisaient face, séparées par une centaine de mètres seulement. Au prix de durs combats, chaque attaque se soldant par de lourdes pertes, nos troupes ne réussissaient qu’à gagner quelques dizaines de mètres, souvent presque aussitôt perdues.

La mitraille, l’artillerie lourde ou de tranchée (les crapouillots côté français) faisaient des ravages dans les rangs des attaquants. On verra que les zones d’opérations, somme toute exiguës entre les lignes de tranchées, ne permettaient guère de replis pour s’abriter.

Dans ces conditions, les médecins, les infirmiers et les brancardiers, qui suivaient au plus près les troupes sur le champ de bataille, au cœur même de l’action, pour secourir le plus tôt possible les blessés, partageaient largement les risques encourus par les combattants.

C’est pourquoi je n’ai pas hésité un instant à reproduire fidèlement, tels qu’ils sont décrits dans les journaux de marche, les mouvements des unités auxquelles appartenait Georges Pageix. Suivons-le pas à pas...

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Journal de Marche du 46e Bataillon de Chasseurs
Le 10 avril 1915 "Arrivée du Médecin-Major Pageix, en remplacement du Médecin aide-major Funel, évacué".

À son arrivée, le 10 avril 1915, comme l’indique le journal de marche de son bataillon, le temps est exécrable, avec, alternativement, pluie, neige et grêle...et parfois soleil.

Rien de particulier ne se produisit, comme le répète presque tous les jours le rédacteur du journal de marche, jusqu’au 14 mai, où de sévères bombardements tuèrent un chasseur et en blessèrent onze autres.
Le 19, on releva les cadavres au secteur de la Chapelotte, ce qui n’alla pas sans pertes supplémentaires : "un tué par balle pendant l’enlèvement des cadavres", note le journal de marche ce jour-là. Il faut aussi se prémunir contre les mines que creusent les allemands, comme le signale le JMO le 30 mai.

Le 6 juin, le Bataillon se transporte à Raon l’Étape puis à Gérardmer par train militaire. À Gérardmer, le 7 juin, le Bataillon est passé en revue par le
Général de Maud’huy [2], commandant la 7e Armée. Les 8 et 9 juin sont consacrés à des travaux de propreté et les médecins procèdent à la vaccination antityphoïdique des soldats.

Le 11, il se rend à Rothried par le Collet (en train) et la Schlucht (à pied), et poursuit le 12 juin jusqu’à Gaschney et se porte en première ligne, devant l’Altmatt-Kopf ; on occupe les tranchées pour y "améliorer les travaux préparatoires à une prochaine offensive sur le Bois Noir".

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Un rare moment de repos
Photo prise par Joseph Pageix.
Assis contre un arbre, Georges Pageix prend son repas au milieu des hommes de son bataillon. Il porte son brassard de médecin au bras gauche.

Combats du Braün-kopf et du Metzeral (Alsace) 15 et 16 juin 1915

Le 15 juin, à 14h30, le 46e se porte avec ses sections de mitrailleuses par les boyaux d’Altenhof et d’Altmatt-Kopf en arrière des 6e et 24e Bataillons qu’il est appelé à soutenir. Le commandant du 46e arrive à 19h15 au Braün-Kopf et fait dérouler le téléphone derrière lui.

Les opérations couvrent la région de l’Altmatt jusqu’à la tranchée « T » au sud, sous le feu allemand venant de l’Eichwalde, d’où l’artillerie, les mitrailleuses et les fusils allemands battent systématiquement l’étranglement entre « T » et le Braün-Kopf.

Le journal de marche du 46e Bataillon et le plan qui y figure décrivent de manière précise des combats menés par nos Bataillons de chasseurs pour la conquête des positions ennemies ; ils doivent subir les bombardements de l’artillerie lourde allemande [3] et leurs attaques à la grenade et aux gaz. Naturellement, les chefs, tout aussi exposés que leurs soldats ne sont pas épargnés ; ainsi, le commandant de la 8e compagnie est enterré par un obus, et sera dégagé fortement contusionné.

Les coupures de liaison téléphoniques provoquent parfois quelques confusions dans nos lignes ; ainsi, le 16 juin, "le commandant de la 9e compagnie apprend par rumeur que le commandant du 46e est prisonnier ou tué (le renseignement était d’ailleurs faux)".

Dans ce fracas des bombes et sous le feu allemand, les chasseur doivent travailler à la pelle et à la pioche pour reconstituer les tranchées effondrées : "la section Blavy ramenée vers C est utilisée, moitié à creuser le boyau de la Maison Brûlée et moitié à améliorer la tranchée au N.O. du Poste de Commandement C, contre les coups venant de l’Eichwald. Les blessé sont autant que possible ramenés dans cet élément de tranchée".

Le 16 juin, des fractions de la 8e compagnie poursuivent des Allemands qui se retirent vers Metzeral par les boyaux et les pentes, en cernent une partie, et font environ 70 prisonniers dont un officier et un aspirant.

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Un poste de secours
Aquarelle de François Flameng, 1915.

Les pertes du 46e bataillon pendant les journées des 15 et 16 juin s’élèvent à un officier tué, 2 officiers blessés, 131 gradés et chasseurs blessés, 14 tués, et 10 disparus. L’évacuation des blessés du 15 au soir et du 16 n’a pu avoir lieu en grande partie (en particulier pour ceux du Braün-Koft) qu’à la nuit du 16 au 17, ces blessés ayant été au préalable ramenés autant que possible dans le boyau N.O de C (voir le croquis). L’évacuation s’est faite sur les postes de secours du 6e Chasseur.

Les jours suivants, les alternatives d’attaques et de défenses, la plupart du temps sans gain de terrain, et sous les mitraillages et les bombardements violents de l’artillerie lourde allemande qui les prend en enfilade depuis l’Eischwalde, sont le quotidien des chasseurs. Grâce en grande partie à l’ouverture dans la nuit du 15 au 16 juin du boyau « Maison Brûlée » (en T1 sur le plan), les pertes ont pu être (relativement) limitées.

Les chasseurs du 46e creusent des boyaux reliant les tranchées de départ (T1 sur le plan) aux tranchées ennemies conquises. Ces travaux ne passent évidemment pas inaperçus des allemands dont les artilleurs battent inexorablement nos tranchées avec du gros calibre, contraignant nos troupes à poursuivre les travaux de nuit. Il faut tenir coûte que coûte les positions durement conquises et les compagnies sont relevées par roulement entre-elles.

Après ces terribles épreuves, le 46e Bataillon n’est relevé que le 9 juillet à 5 heures du matin par le 64e Bataillon de Chasseurs et se rend au repos à Schissroth et au Sillacker, repos consacré à des travaux de propreté, à des échanges d’effets, et à l’inspection des vivres. Le 13, le bataillon organise une deuxième ligne de défense dans la région Altenhof, Eichwald, côte 830 et Steinbrück ; dans la matinée, la 10e compagnie, exécutant des travaux sur la route de Pfeiferberg à Steinbrück est violemment bombardée par l’artillerie lourde ennemie et subit des pertes (un tué et onze blessés).

La consultation des journaux de marche de la Grande Guerre m’a toujours émerveillé : comment nos soldats, plongés dans le cahot des tranchées des
premières lignes, pouvaient-ils produire avec autant de clairvoyance et de précision sur le théâtre des combats, des comptes rendus et des croquis qui exigeraient en temps normal un minimum de silence et de sérénité ?

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Opérations des 15 et 16 juin 1915 au Braunkopf (Alsace)
JMO du 46e bataillon de chasseurs à pied.
Source SHA Vincennes.
En noir sont représentées les tranchées de départ, en rouge (double trait) les tranchées prises le soir du 15 juin, et en rouge (simple trait), les tranchées allemandes prises le 16. En C, au centre du croquis, se trouve le PC du commandant abrité dans un blaukhaus. On notera les noms donnés aux différents points stratégiques : « Maison Brûlée », « Maison O », « Corne sud du rideau d’arbres 25 », « la Sapinière », « le Collet », « le Rocher », « Bois Carré », etc.
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Situation du Braun-Kopf et du Reichacker-Kopf en 1915.

Au total, ces combats qui aboutirent à la prise du Braün-Kopf et du Metzeral valurent au Bataillon une belle citation :
" Le 46e Bataillon de Chasseurs a fait preuve d’une vaillance et d’une énergie au-dessus de toute éloge en enlevant une position très fortement organisée dans laquelle l’ennemi se considérait comme inexpugnable d’après les déclarations même des officiers prisonniers, lui a fait subir des pertes considérables et, malgré un bombardement des plus violents, n’a cessé de progresser pendant plusieurs journées consécutives pour élargir la conquête".

Une première citation vint récompenser le zèle et le courage de Georges Pageix : "Citation à l’ordre du Bataillon de Chasseurs à pied du 24 juin 1915 (N°44) : « S’est distingué par son zèle au cours des journées des 15, 16, et 17 juin ».

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Combats au Braunkopf
En Alsace, le 15 juin 1915 : bombardement des tranchées allemandes du BraünKopf. À 16 h 30, le même jour, nos chasseurs se lançaient à l’assaut de la position.
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"L’album de la guerre 1914-1918", l’Illustration, Paris, 1926, 2 tomes.
Le soir, le Braünkopf est à nous : les alpins ont retourné contre l’ennemi une mitrailleuse qu’ils lui ont prise. Dans le fond, les fumées de Metzeral, que nous occuperons le 20 juin.

Combats du Reichakerkopf (Alsace) 20 juillet 1915 - Première blessure

L’objectif assigné est le Petit et le Grand Reichaker dans la direction générale sud-ouest/nord-est. La journée du 19 est employée à la préparation de l’attaque sur le Reichacker-Sattel par les commandants d’unités qui reconnaissent le terrain.

Une remise est faite aux commandants de compagnies du matériel contre les gaz asphyxiants sachets individuels et vaseline... On notera au passage que les moyens de lutte contre les gaz sont encore rudimentaires.

L’ordre rédigé par le commandement est très minutieusement détaillé : chaque homme est pourvu d’une cagoule ou d’un sachet imprégné d’hyposulfite avec, pour les compagnies de tête, une paire de lunettes, ce matériel étant rassemblé dans une musette.

Tenue : sac allégé, avec manteau roulé et toile de tente, 300 cartouches par homme ; deux jours de repas du soir [4] ; un bidon plein d’eau. Il est même précisé : « Ménager l’eau des bidon ; réapprovisionnement à la source du Petit- Reichaker » !

Les pionniers sont dotés "de haches et de scies passe-partout et de quatre grenades, un rouleau de fil de fer, deux sacs vides, couteau au ceinturon avec une ficelle".

Il est enjoint aux troupes de "faire le plus possible de prisonniers, de ne les tuer qu’en cas de défense, et de les évacuer vers les 2es lignes, en les encadrant fortement compte-tenu de la nature boisée du terrain".

Notons que cette attaque doit s’effectuer conjointement avec le 24e et le 6e chasseur au sein duquel Georges Pageix sera affecté plus tard. Elle doit être précédée par un bombardement, puis chaque compagnie s’élance, suivie d’une section de mitrailleuses.

Le 20 juillet, dès le début de l’attaque, le premier touché est le commandant du Bataillon, le Capitaine Lallemand : grièvement blessé au bras droit, il est aussitôt remplacé à titre provisoire par le Capitaine Ramos de Péon, qui sera lui-même tué plus tard, en avril 1917. Le Capitaine Lallemand sera remplacé le 30 juillet à titre définitif par le Capitaine Vichier-Guerre.

Le 21 juillet, à deux heures du matin, le bataillon reçoit l’ordre de se porter à Sattel-Haut ; deux compagnies étant engagées, seules les compagnies de réserve exécutent l’ordre aussitôt. À quatre heures du matin, les 2 compagnies de première ligne sont relevées et se portent au bivouac à Sattel-Haut.

À huit heures 30, le Bataillon reçoit l’ordre de se porter sur le Reichacker ; l’ordre est exécuté aussitôt et à onze heures, tout le monde est en place. Depuis cette date, le bataillon coopère à la garde de la position et organise toute la partie conquise sur les pentes du Reichacker.

Première blessure

Au cours de ces durs combats du Reichackerkopf en premières lignes, et probablement au cours de ses interventions pour soigner et évacuer les blessés, le 21 juillet 1915, Georges Pageix est grièvement touché au pied par un éclat d’obus (parmi 4 officiers) ; il est évacué le même jour.

Son mariage à Paris le 13 octobre 1915

Après deux mois d’hôpital et de convalescence, Georges Pageix se marie le 13 octobre 1915 à la Mairie du 5e arrondissement de Paris, avec Marie Robillon.

Marie vit le jour le 15 septembre 1880, à Châteldon où son père, François Robillon, originaire du bourg voisin de Luzillat, s’était installé comme aubergiste. Sa mère était Bigay Marie Arthémise. Les témoins à l’acte de naissance de Marie étaient François Battut, marchand fruitier à Paris et Jean Mouchonnière, facteur de Chateldon.

Je pense que notre aubergiste devait avoir quelques intérêts du côté de Paris, peut-être une résidence, qui lui permettait de faire des affaires avec la capitale ? En effet, lors de son mariage avec Georges, Marie habitait à Paris, dans le quartier Latin, au N°20 de la rue Lacépède. Le couple s’y installa aussitôt après leur union ; ils garderont longtemps cet appartement et Marie le conservera après le décès de son mari. Les parents de Marie, François Robillon et Marie Arthémise Bigay, étaient alors négociants en comestibles à Clermont-Ferrand (Puy de Dôme), 9 rue Chartière.

Les témoins furent Louis Bec, 35 ans, Docteur en médecine, 6 rue Carpeaux, Armand Demelin, 40 ans, Inspecteur de la Banque de France, 41 rue de la Rochefoucault, Clémence Lhomme, 30 ans, sans profession, 40 rue Polonceau, et Paul Bouchet, 35 ans, avocat, 55 avenue du Maine.

Curieusement - et c’est là un mystère que je n’ai pu éclaircir - le père de Georges (sa mère était alors décédée) n’assista pas au mariage, pas plus que sa sœur Philomène.

Le 30 novembre 1915, Georges Pageix fut mis à la disposition de la 13e Région militaire et affecté au dépôt du 3e régiment de Chasseurs à Clermont- Ferrand le 1er décembre 1915.

Le Lieutenant-Colonel Prisse, commandant le dépôt du 3e Chasseur lui marque ainsi sa satisfaction :
"A été affecté au 46e Bataillon de Chasseurs le 8 avril 1915. Blessé et évacué le 21 juillet 1915. Arrivé au Dépôt du 3e Chasseur à cheval le 1er décembre 1915, où il est resté six semaines.

A su, pendant ce court laps de temps rendre d’excellents services, se faire apprécier de tous comme médecin, comme subordonné ou comme camarade et se faire regretter au moment de son départ. Officier discipliné et consciencieux. Caractère franc et ouvert.

Dirigé sur Bizerte par décision ministérielle du 12 janvier 1916. Rayé des contrôles du 3e Chasseur le 20 janvier. Le Lieutenant Colonel Prisse, commandant le dépôt du 3e Chasseur".

On ne me fera pas renoncer à l’idée que le Colonel Prisse, qui notait ainsi l’esprit de discipline et la conscience professionnelle de Georges Pageix, voulait atténuer l’effet de sa précédente notation portée par Chabrol, médecin-chef de l’ambulance N°5. On peut donc se demander pourquoi ce dernier aurait nourri une telle animosité à l’égard de Georges Pageix qu’il semblait apprécier pleinement au début puisqu’il le désigna comme son adjoint pour la médecine.

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La résidence du couple au 20 rue Lacépède.
L’appartement était à Marie.
(Photo Jacques Pageix, 2012)

Le séjour à Bizerte (janvier 1916-août 1916)

Dirigé sur Marseille à destination de Bizerte (Décision Ministérielle du 12 janvier 1916, N° 768), Georges Pageix partit donc pour la Tunisie (Bizerte) pour rejoindre sa nouvelle affectation ; l’Hôpital Aïn Benda (camps des Serbes) où il servit du 24 janvier au 15 juin 1916.

Je n’ai pu savoir s’il fut, comme cela est vraisemblable, accompagné de son épouse Marie Pageix. Son travail pendant ces six mois fut également apprécié : "Médecin-Chef du Camp des Serbes à Aïn Benda, 1er semestre 1916 ; très bon officier, consciencieux et discipliné. Bon médecin à l’esprit militaire".

Il y a bien un fonds d’archives au Val-de-Grâce concernant les services médicaux militaires en Afrique du Nord pendant la Grande Guerre, mais cet
hôpital de Bizerte, hélas, n’y figure pas.

A suivre.

Notes

[1Voir l’article « Lettre de Joseph Crouzeix aux parents d’un soldat mort pour la France : Marcel Madeuf » : c’est à Clézentaine que tomba le 2 septembre 1914 ce jeune soldat, canonnier au 1er Régiment d’Artillerie de Campagne : l’un de ces obus le tua à son poste de chef de pièce de 75.

[2Voir dans « Lettre aux parents d’un soldat mort pour la France » la conduite courageuse de ce général lors de l’évacuation de Sarrebourg repris par les Allemands les 20 et 21 août 1914, qui fut suivie du repli vers Clézentaine.

[3Les obus de notre propre artillerie, parfois, tombent dans nos lignes : « le 16 juin, dans la dernière phase de préparation de l’attaque par l’artillerie des obus de 220 et d’artillerie légère tombent dans les lignes françaises du Braün-Kopf, causant quelques pertes et occasionnant un certain désordre, en particulier au rocher D et vers le poste de commandement en C ».

[4On notera que le seul repas distribué était celui du soir : ainsi, lorsqu’un soldat blessé au ventre devait être opéré, il était naturellement préférable qu’il fut à jeun...

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