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La Compagnie Perpétuelle des Indes

La fin d’un monopole


lundi 1er septembre 2003, par Jean-Yves Le Lan

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La suppression du monopole

La Compagnie des Indes fut créée en 1664 sur l’initiative de Colbert par une déclaration du Roi Louis XIV. Elle porta le nom de Compagnie des Indes Orientales de 1664 à 1719. De 1719 à 1725, la Compagnie fut englobée dans une vaste opération financière montée par le banquier, John Law. Une nouvelle Compagnie vit le jour par la réunion à la Compagnie d’Occident (Edit de réunion de mai 1719) de la Compagnie des Indes Orientales, du Sénégal, de Chine, de Barbarie et de la Mer du Sud et porta le nom de Compagnie Perpétuelle des Indes [1].

La première attaque contre le monopole de la Compagnie Perpétuelle des Indes, vint en 1755 de monsieur de Gournay [2], le célèbre intendant général du commerce. Elle se concrétisa par un mémoire [3] adressé au contrôleur général Moreau de Séchelles sur l’état de la Compagnie. Il indiqua que la situation de la Compagnie était très mauvaise et en précisait les causes en ces termes « sa régie est peu conforme à l’esprit du commerce, elle fait des dépenses très étrangères à son objet (dépenses de la guerre de Dupleix) ; depuis 25 ans elle ne travaille pas sur son propre fonds et empreinte sans cesse à un taux très onéreux ; enfin les directeurs, au lieu de s’occuper uniquement du bien des affaires générales, se livrent au négoce pour leur compte et remplissent leur charge avec négligence... ».

Cette opinion peu flatteuse envers la Compagnie l’amena à la conclusion qu’il convenait d’adopter une mesure radicale « liquider le commerce et les dettes de la Compagnie et déclarer le trafic de l’Inde ouvert à tous ». La guerre qui se déclara l’année suivante détourna les esprits de ce sujet et les idées de de Gournay n’eurent pas d’écho à ce moment.

Quelques années plus tard, l’arrivée au contrôle général de monsieur Maynon d’Invau familier du Duc de Choiseul et ami de de Gournay relança le débat. Maynon d’Invau appuyé par le Duc de Choiseul refusa tout remboursement de la dette de la Compagnie et s’opposa au lancement d’un nouvel emprunt. Il mis alors la Compagnie dans une situation insoluble et les idées de de Gournay revinrent à l’ordre du jour.

Lors de la réunion des députés des actionnaires du 29 mars 1769, le banquier Panchaud se fit le porte-parole de cette opinion et lut un mémoire signé avec lui par le Comte de Lavragais, messieurs Dupan et La Rochette. Dans l’assemblée, il y eut un seul adversaire, monsieur Duval d’Espréménil qui réussi à retourner la situation et à faire repousser la proposition.

Maynon d’Invau convia alors à l’abbé Morellet la tache de rédiger un mémoire attestant du mauvais état des affaires de la Compagnie et de démontrer que l’on avait intérêt à établir la liberté du commerce aux Indes. Ce mémoire [4] fut un document d’une très grande importance qui détermina la chute de la Compagnie. Le mémoire terminé, il fut imprimé et communiqué aux ministres.

Une seule personnalité tenta de s’opposer aux idées développées par l’abbé Morellet, ce fut Necker. Mais le dimanche 13 août 1769, à Compiègne, la destinée de La Compagnie des Indes basculait. D’une compagnie ayant le monopole du commerce avec les îles de France et de Bourbon, avec les Indes et la Chine, elle devenait une compagnie maritime ouverte à la concurrence. Cette décision fut prise par le Roi et ses ministres en Conseil du Roi, après un exposé du contrôleur Maynon d’Invau s’appuyant sur le contenu du mémoire de l’abbé Morellet, rejetant les projets d’emprunt pour relancer la Compagnie et concluant que faute de fonds, elle ne pouvait plus assurer, seule, pleinement sa mission de fournir les subsistances aux colonies. Cette décision fut suivie d’un arrêt du Roi dont l’article premier suspendait le monopole de la Compagnie :

« L’exercice du privilège exclusif de la Compagnie des Indes aux îles de France et de Bourbon, aux Indes, à la Chine et dans les mers au-delà du cap de Bonne-Espérance, sera et demeurera suspendu jusqu’à ce qu’il en soit par S.M. autrement décidé [5] ».

Avant cet arrêté, les armements privés ( Marion Dufresne, Arnous Frères, Foucault) au départ de Lorient faisaient du commerce principalement en Europe (Cette [6], Marseille, la Rochelle, Cadix, Barcelone, Maderre [7] et la Martinique) A partir d’août 1769, ces autres armateurs purent s’intéresser au commerce avec l’Inde et la Chine ; la Compagnie fut soumise à la concurrence.


L’année charnière

En 1768, la Compagnie des Indes avait une bonne activité car elle armait 11 navires pour transporter les subsistances pour les colonies de l’Océan Indien et d’Asie. Les armateurs privés se limitaient au commerce avec les ports européens : Cette, Barcelone, Maderre, Marseille, etc [8].

L’année 1769 fut une année charnière pour la Compagnie des Indes. Les armements, tous armements confondus, au départ de Lorient au nombre de 25 se firent pendant la première partie de l’année comme les années précédentes, par la Compagnie des Indes pour les îles de France et de Bourbon, pour l’Inde et la Chine et par les autres armateurs (Arnous Frères [9], Foucault) pour les autres destinations (Cadix, la Martinique, Cette et Maderre). Mais dès la sortie de l’arrêté du Roi, les autres armements lancèrent des opérations commerciales avec l’île de France. Il y eut même un navire Le Jazon appartenant et armé par les sieurs Arnous qui partit pour l’île de France le 9 juillet 1769 anticipant d’un mois la décision de Compiègne.

Les armements Bernier, Roth, Arnous Frères et Masson & Compagnie s’attaquèrent dès la sortie de l’arrêté au commerce précédemment réservé à la Compagnie ; deux d’entre eux, les armements Bernier et Roth armèrent des navires appartenant au Roi.

Pour les armateurs privés, cette suppression de monopole fut une ouverture considérable de marché car lorsque l’on examine les tonnages transportés pour l’année 1768, on remarque que la part du marché réservée à la Compagnie est la plus importante : 9710 tonneaux sur un marché global de 10540 tonneaux. Pour assurer le commerce qui leur était ouvert les armateurs privés utilisaient des navires d’un port en lourd faible, inférieur à 260 tonneaux alors que la Compagnie avait des navires de 900 tonneaux. Ces armateurs étaient donc peu préparer à prendre le relais de la Compagnie car ils ne disposaient pas de navire d’un tonnage important. Ils armèrent quelques navires appartenant au Roi pour suppléer à ce manque de moyen. De plus, la situation à laquelle ils étaient soumis, n’était pas sans difficultés car il leur fallait pour pouvoir faire partir des navires avoir le passeport établi par les bureaux de la Compagnie à Paris. D’autre part, ils ne pouvaient pas armer pour l’Asie dans n’importe quel port mais uniquement avec ceux ouverts au commerce avec les colonies.

La pénétration du marché, jusqu’alors réservé à la Compagnie des Indes, par les armateurs privés fut assez rapide car dès l’année 1769, la Compagnie des Indes perdit 2610 tonneaux de transport de marchandises sur un total de 7930 tonneaux et n’assura le transport sur aucune autre destination.

La Compagnie avait perdu son monopole mais elle conservait le rôle de délivrance des passeports - autorisation pour commercer avec les colonies - aux commerçants. Ses comptoirs maintinrent leur personnel qui passèrent de son service à celui du Roi. A Paris, l’administration centrale fut aussi maintenue pour assurer la délivrance des passeports et aussi pour conduire sa liquidation.

Le 17 février 1770, un arrêté fut établi et complété le 8 avril pour définir la situation respective du Roi et de la Compagnie. La Compagnie céda au roi ses immeubles, meubles - en particulier ses navires - et ses droits ; le Roi de son côté se reconnut débiteur d’une rente perpétuelle.


Le déclin de l’activité

Le déclin d’activité de la Compagnie se fit sentir dès l’année 1770. Sur les 5135 tonneaux d’armement au départ de Lorient seul 2650 tonneaux revinrent à la Compagnie et 1725 tonneaux sur l’Asie furent transportés par des armateurs privés ( Breton de Blessin & Compagnie, Foucault et Bourdé & Maurice) [10].

En 1771, elle n’assurait plus que 650 tonneaux de transport avec un seul navire Le Gange et en 1772 elle n’avait plus aucune activité de transport.

Pour ces trois années, le transport fut assuré par de nombreux armateurs qui armaient un nombre faible de navires (fréquemment 1 navire dans l’année). Deux armements furent présents sur la toute la période, les armements Arnous Frères et Foucault. Dans le tableau ci-dessous, il est résumé les armements au départ de Lorient pour la période de 1768 à 1772 (cf. annexe pour le détail de l’ensemble des armements au départ de Lorient ; classés par ordre alphabétique des armateurs).

Note : Port en lourd total en tonneau au départ de Lorient sur le port en lourd en tonneau sur les destinations pour lesquelles la Compagnie des Indes avait le monopole.




Un dernier sursaut

Un arrêt du Conseil du Roi Louis XVI en date du 14 avril 1785 établit à l’instigation du ministre Calonne créa une nouvelle Compagnie des Indes car on reprochait aux armements privés de mal approvisionner les colonies. A partir de cette date, il existait alors 2 Compagnies des Indes ; une la Compagnie Perpétuelle des Indes qui poursuivait sa liquidation - sa suppression intervint en 1794 - et l’autre la Compagnie de Calonne qui reprenait en partie les privilèges de la précédente. En effet, cette nouvelle Compagnie ne reçut point de droits de souveraineté sur les pays dont le commerce lui était concédé, de plus elle n’avait pas le caractère d’une société financière et enfin la durée de son privilège était limitée à 7 années de paix. Comme la précédente, elle avait le monopole du commerce avec les Indes mais aucun privilège de commerce dans l’Atlantique et avec les îles Mascareignes.

Cette nouvelle Compagnie eut une existence brève car l’Assemblée Constituante lui enleva son privilège le 3 avril 1790, la Convention prononça sa dissolution le 14 avril 1794 et elle fut liquidée définitivement en 1875.

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Type de document exploité pour la réalisation de cette étude
Rôle d’équipage du navire Le Gerion avec l’indication du port en lourd,
du propriétaire et de l’armateur (Arnous Frères) et de la destination - SHM de Lorient - 2 P 44 I 6 pièce 2.





Annexe

Armements au départ de Lorient de 1768 à 1772
classés par ordre alphabétique des armateurs
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Notes

[1Garrigues (André) - Musée de la Compagnie des Indes - Guide du visiteur - Edité par la Société du Musée de Lorient - 1993.

[2Jean-Claude Vincent, seigneur de Gournay (1712 - 1759), intendant du commerce en 1751.

[3Titre du mémoire : « Observations sur le rapport fait à M. le Contrôleur Général par M. de Silhouette. le 26 juin 1755 sur l’état de la Compagnie des Indes ».

[4L’abbé Morellet - Mémoire sur la situation actuelle de la Compagnie des Indes - Paris - 1769.

[5Weber (Henry) - La Compagnie française des Indes (1604 - 1875) - Arthur Rousseau, Editeur - 1904.

[6Sète.

[7Madère.

[8Armement pour les années 1768 et 1769 - SHM de Lorient - 2 P 12 I et II.

[9René et Nicolas Arnous étaient les propriétaires du chantier naval dit « Chantier du Blanc » près des chantiers de la Compagnie à Lorient. Ils construisirent de nombreux navires et devinrent ensuite armateurs. (cf. Recueil de l’exposition de la commémoration du tricentenaire de la mort de Colbert - L’Orient Arsenal XVII - XVIII siècles - Edité par le Service Historique de la Marine et la Société d’Editions « Les Trois Rivières » - 1983.

[10Armements pour les années 1770, 1771 et 1772 - SHM de Lorient - 2 P 13 I à III.

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10 Messages

  • > La Compagnie Perpétuelle des Indes 11 janvier 2007 17:56, par Philippe P. Laffon de Ladebat

    Bonjour et merci pour cet article très intéressant.
    Je prépare pour ma part un article pour histoire-généalogie sur le voyage d’un vaisseau marchand de Bordeaux vers les Indes et la Chine en 1778. Dans des documents d’archive inédits sur lesquels je travaille il est observé qu’à la suite de la suppression du privilège de la Compagnie des Indes « l’obligation d’armer et de désarmer à l’Orient détruisoit cette liberté et tendoit à réunir tout le commerce de l’Inde entre les mains de quelques Négociants-Commissionnaires qui par le peu d’étendue et le peu de ressources de nos établissements en Asie devoient n’être bientôt que les Facteurs des Anglais etc. » (Sic)
    Ce texte est évidemment rédigé par un armateur bordelais (Laffon de Ladebat) qui n’y trouvait pas son compte en 1775... mais qu’en était-il en réalité ? Quand la liberté d’armer et de désarmer pour les Indes fut-elle accordée aux autres ports français ?
    Merci d’avance pour votre réponse ou une indication de ressource à consulter.
    Philippe Laffon de Ladebat

    Répondre à ce message

    • > La Compagnie Perpétuelle des Indes 12 janvier 2007 16:10, par Jean-Yves Le Lan

      Bonjour,

      Je n’ai pas la réponse précise à votre question. Dans l’ouvrage d’Henry Weber que j’ai mis en référence [5], voici les éléments que j’ai trouvés :

      • Page 618 – Arrêt du 13 août 1769, article 5 (fin du monopole de la Compagnie perpétuelle des Indes) – A partir de cette date, il fallait un passeport pour le voyage aller pour les armements privés délivrés par la Compagnie des Indes à titre gratuit à Paris. Les entraves étaient plus nombreuses encore pour les retours ; « on ne pouvait en effet les effectuer qu’au seul port de Lorient », et la faculté d’entreposer les cargaisons pendant six mois dans ses magasins n’était pas un avantage suffisant pour contrebalancer les inconvénients de cette restriction fort gênante pour les armateurs des autres ports de France, obligés de faire suivre leurs bâtiments sur lest de Lorient à leur port d’attache.
      • Page 632 – Arrêt du 14 avril 1785 (Création de la Compagnie de Calonne) – […] les particuliers conservèrent le droit de négocier avec ces îles sous la condition de demander passeport à la Compagnie (Elle ne pouvait d’ailleurs refuser), et d’effectuer leur retour au seul port de Lorient, comme il en avait été pendant les années précédentes.
      • Page 641- 1786 : Ils dénoncèrent aussi un grave péril dont cette reconstitution du monopole était la cause directe : c’était la fâcheuse obligation où s’étaient vus contraints déjà un certain nombre de négociants de mettre leurs navires sous pavillon étranger pour continuer ce commerce.
      • Page 656 – 15 et 19 juillet 1790 : Les retours ne pourront avoir lieu provisoirement que des ports de Lorient et de Toulon.
      • Page 660 – le décret du 8 octobre 1793 prononça purement et simplement la suppression de la Compagnie et défendit à toute société de prendre à l’avenir le titre de Compagnie des Indes.

      A la suppression de la Compagnie de Calonne, je suppose que l’obligation d’effectuer les retours à Lorient et Toulon est aussi tombée mais je n’ai pas trouvé de précision sur ce point dans le livre d’Henry Weber.

      Bien cordialement

      Jean-Yves Le Lan

      Répondre à ce message

    • > La Compagnie Perpétuelle des Indes 12 janvier 2007 18:27, par Philippe de Ladebat

      Merci pour votre réponse rapide avec des extraits très pertinents de l’ouvrage de J. Weber qui, à défaut de précisions sur les dates, confirment bien que la suppression du privilège ne s’est pas tout de suite accompagnée de la liberté d’armer et de désarmer dans d’autres ports que Lorient. Je vais poursuivre mes recherches et je vous informerai de mes éventuelles découvertes sur ce sujet.
      Très cordialement/ Philippe de Ladebat.

      Répondre à ce message

  • La Compagnie Perpétuelle des Indes 1er février 2015 06:35, par JM Leclezio

    Comment se fait-il que vous ne mentioniez pas l’Edit de St.Germain en Laye de decembre 1674 portant révocation de la Compagnie des Indes Occidentales : et Union au Domaine de la Couronne des Terres, Isles, Pays et droits de ladite Compagnie ; avec permission à tous les sujets de sa Majesté d’y traffiquer, rendu par Louis XIV ?

    Ou alors la Compagnie des Indes Occidentales n’a-t-elle jamais rien eu de commun avec la Compagnie des Indes Orientales cum Compagnie Perpetuelle des Indes ?

    Répondre à ce message

    • La Compagnie Perpétuelle des Indes 1er février 2015 08:50, par Jean-Yves Le Lan

      Bonjour monsieur Leclezio,

      Dans cet article, je ne traite que de la Compagnie perpétuelle des Indes (1719 à 1769).

      En fait, il y a eu de nombreuses compagnies. J’essaye de résumer. Les deux principales étaient en 1664 :

      • la Compagnie des Indes Occidentales (1664 à 1674) : commerce vers l’ouest remplacée en 1674 par la Compagnie du Sénégal intégrée en 1719 à la Compagnie perpétuelle des Indes.
      • la Compagnie des Indes Orientales ou plutôt les compagnies (1664 à 1794)  : commerce vers l’est. Mais, elle a eu trois noms et une zone d’influence qui a évolué. On parle en général de la 1re compagnie pour la Compagnie des Indes Orientales (1664 - 1719), puis de la deuxième compagnie pour la Compagnie perpétuelle des Indes (1719 à 1769) puis de la troisième compagnie pour la Compagnie de Calonne (1785 à 1794). J’ai un peu simplifié pour les dates. Pendant une période de 1770 à 1785, le commerce fut réalisé par des armements privés.

      La Compagnie des Indes Occidentales et la Compagnie perpétuelle des Indes ont donc eu des existences à des dates différentes. Par contre la Compagnie perpétuelle des Indes a englobé l’activité de plusieurs compagnies et sa zone d’activité allait des Amériques à l’Asie (ouest et est).

      J’espère que cette réponse vous convient. N’hésitez pas à revenir vers moi si vous souhaitez d’autres renseignements.

      Bien cordialement

      Jean-Yves Le Lan

      Répondre à ce message

      • La Compagnie Perpétuelle des Indes 1er février 2015 15:44, par JM Leclezio

        Merci pour votre reponse rapide et claire : l’histoire des Compagnies des Indes est complexe !

        Je crois comprendre que la dissolution de la Compagnie des Indes Orientales (je ne sais plus ; la 2e, je crois) resulte de l’edit de decembre 1674 mais n’a ete mis a execution qu’en 1793, c’est bien cela ?

        L’Edit de 1674 decide aussi nomement de l’assimilation de la Guadeloupe et de la Martinique au royaume de France ; mais qu’en est-il des Mascareignes (l’ile de France en particulier), puis que par ce meme Edit decide de « l’Union au Domaine de la Couronne des Terres, Isles, Pays et droits de ladite Compagnie », donc de Maurice.... ou alors connaitriez-vous quelque autre Edit qui decide de son sort (avant qu’il ne soit scelle par les anglais par l’acte de capitulation du 03 decembre 1810 et le traite de Paris de 1814)

        Vous connaissez probablement l’ « Histoire Universelle du commencement du monde jusqu’a present » traduit de l’anglois et publie en 1764 ? Tome 22. Trouve sur gallica.fr
        Connaissez-vous d’aures sources du domaine public sur l’histoire de la Compagnie des Indes (avec accent sur les Mascareignes) ; auriez-vous publie plus extensivement sur les Compagnies des Indes ?

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        • La Compagnie Perpétuelle des Indes 1er février 2015 18:56, par Jean-Yves Le Lan

          Bonsoir monsieur Lecleziot,

          D’après ce que je comprends vous vous intéressez exclusivement à la Compagnie des Indes Occidentales. Celle-ci a été dissoute en décembre 1674 par l’édit de Saint-Germain en Laye comme vous l’avez noté. Comme je vous l’ai dit, elle est remplacée par la Compagnie du Sénégal et mais aussi par la Compagnie d’Occident (coquille vide) puis par la Ferme d’Occident. Ces deux compagnies sont intégrées en 1719 à la Compagnie perpétuelle des Indes.
          L’île de France n’était pas gérée par la Compagnie des Indes Occidentales. Elle était gérée par la Compagnie des Indes Orientales puis par la Compagnie perpétuelle des Indes. Elle n’a donc pas fait partie de l’édit de 1674. La Compagnie des Indes Orientales est créée par la déclaration du Roi portant établissement d’une Compagnie pour le commerce des Indes orientales signée par Louis XIV le 27 août 1664 et des lettres patentes enregistrées par le Parlement de Paris puis la Compagnie perpétuelle des Indes par l’Edit de réunion de mai 1719.
          Pour les ouvrages sur les Compagnies des Indes, vous avez : Philippe Haudrère, Gérard Le Bouëdec, Les Compagnies des Indes, éd. Ouest-France, Rennes, 1999 et un autre ouvrage plus récente Les Compagnies des Indes sous la direction de René Estienne collection Gallimard.
          Pour ma part, je n’ai pas publié de livre sur les Compagnies des Indes mais que des articles.

          Bien cordialement

          Jean-Yves Le Lan

          Répondre à ce message

          • La Compagnie Perpétuelle des Indes 2 février 2015 07:46

            Bonjour Monsieur Le Lan,

            et merci encore pour vos lumieres : je commence a y voir plus clair !

            Une derniere faveur : sauriez-vous m’indiquer ou trouver le texte de la Convention qui prononça, le 14 avril 1794, la dissolution de la Compagnie Perpetuelle des Indes et connaissez-vous le sort qu’elle reserva a l’ile de France (a la fois en termes d’appartenance au domaine public de la nation, et eventuellement en termes de droit qui lui est applicable).

            Je vous suis aussi reconnaissant pour les references bibliographiques que vous me donnez au sujet des Compagnies des Indes, et, il va sans dire, pour le partage de vos connaissances et de votre culture.

            Bien cordialement,

            JM LECLEZIO

            Répondre à ce message

            • La Compagnie Perpétuelle des Indes 2 février 2015 14:01

              Bonjour monsieur Leclezio,

              Il y a un livre qui vient d’être rééditer et qui traite de l’histoire de l’île de France : c’est Port-Louis - Deux siècles d’histoire de 1735 – 1935 d’Auguste Toussaint – Editions VIZAVI de 2013.

              Pour la Convention qui prononça la dissolution de la Compagnie des Indes (1794), je suppose que vous pouvez l’obtenir aux Archives nationales d’Outre-mer à Aix en Provence : http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/

              En île de France (Maurice), il n’y eut pas de changement en 1794. Toutefois le 4 février 1794 (16 pluviôse An II), le décret abolissant l’esclave fut appliqué. Il y a eu une tentative des Anglais de prendre possession de l’île mais sans succès. En 1802, le général Decaen arriva dans l’océan Indien.

              Bien cordialement et bonnes recherches

              Jean-Yves Le Lan

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  • La Compagnie Perpétuelle des Indes 7 octobre 2017 12:42, par Frédéric de Foucaud

    Bonjour,
    Je suis descendant de Jacques de Rabec, ancien directeur de la Compagnie, par sa fille Madeleine ayant épousé François René Foucault, fils de René-Yves du même nom, anobli pour services en mer en 1774. Les hasards de la vie autant que des bousculades orthographiques ont ainsi amené les Foucault de Launay dont il initia la branche, en de Foucaud.
    J’ai tendance à penser que les « services » de ce René-Yves Foucault durent revêtir suffisamment d’importance pour qu’il se fasse ainsi anoblir mais je trouve les ouvrages sur la Compagnie autant que les références sur le Net bien maigres à son sujet, et je cherche à savoir si l’un d’entre vous serait détenteur d’informations concernant ces Foucault / Rabec.
    Vous remerciant par avance,
    Cordialement,
    Frédéric de Foucaud.

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