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La capture de prisonniers allemands : À Fromeréville IV - 15e épisode


jeudi 7 juin 2012, par Dominique Schutz, Michel Guironnet

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"10 mai : Dès le matin, préparation par notre artillerie de l’attaque projetée sur la tranchée au Nord du Trapèze…A 12 h, déclenchement de l’attaque. Elle réussit. Nous occupons la tranchée attaquée et faisons plus de 60 prisonniers dont le Capitaine de Compagnie (5e Cie du 202e) et plusieurs sous officiers".

La 69e Division d’Infanterie est, nous l’avons vu, engagée dans la Bataille de Verdun à partir du 12 avril (certains éléments de la DI sont même sur le terrain dès le 10), vers la Hayette et Cumières.

Prisonniers

Dans le JMO de la 69e DI [1] entre le 12 avril et le 24 mai 1916, on relève de nombreux passages concernant la capture de prisonniers allemands :

« 13 avril :…La Brigade Gaucher a fait dans la nuit deux prisonniers de la 43e DR ».

« 14 avril : la nuit précédente, nous avons fait prisonniers un homme du 202e et une patrouille d’un sous-officier et trois hommes qui s’étaient perdus. »

« 15 avril : …on a fait quatre prisonniers ; deux déserteurs, un du 204e au Trapèze, et un Vizefeldwebel [2] du 11e J.B (Jager Bataillon) vers Cumières ; deux porteurs de soupe perdus, provenant du 71e pris près du Bois des Caurettes ».

« 18 avril :…un prisonnier du 201e Rgt, à l’est de la tranchée Garçon ».

« 20 avril : 17 heures, la progression dans la tranchée Guibonat est d’une trentaine de mètres.

* 17 heures 20, on annonce 30 prisonniers ».

« 18 heures 35, le Chef d’Escadron adjoint au Colonel du régiment qui attaque par la droite, étant en observation au bout du Boyau 2, dit avoir vu à 17 h 30 des troupes françaises se profilant sur la crête à droite du Boyau des Zouaves.

* 19 heures 30, la communication téléphonique, rétablie avec la Brigade Dillemann, confirme les renseignements précédents et annonce une dizaine de prisonniers ».

* 21 heures 50, coup de téléphone du Colonel Baille transmis par le Colonel Dillemann confirmant l’arrivée du 306e (régiment d’infanterie) à hauteur des anciens postes d’écoute où il s’établit, tout en recherchant la liaison vers la droite avec le 154e (régiment d’infanterie) – Il y aurait 20 prisonniers ».

« 10 mai : après une bonne préparation d’artillerie de tous calibres, la vague d’attaque du 162e Régiment [3] sort des tranchées à midi et se rend maitresse des éléments de tranchée qu’elle avait pour objectif, se porte jusqu’à la tranchée de soutien bouleversée par nos obus et en achève la destruction.

Nous faisons 61 prisonniers dont un officier et ramenons deux mitrailleuses. »

« 10 mai : Dès le matin, préparation par notre artillerie de l’attaque projetée sur la tranchée au Nord du Trapèze…A 12 h, déclenchement de l’attaque. Elle réussit. Nous occupons la tranchée attaquée et faisons plus de 60 prisonniers dont le Capitaine de Compagnie (5e Cie du 202e) et plusieurs sous officiers. » [4]
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« 15 mai 1916 Fromeréville, arrivée de prisonniers boches »
On compte entre 20 et 25 prisonniers.Ce ne doit être qu’une partie de la colonne traversant le village. Il semble bien y avoir d’autres prisonniers devant eux. Dans la rue, des Poilus les regardent passer...Peut être pensent ils : « Pour eux, la guerre est finie » !
Les 20, 21, 22 23 et 24 mai, violentes attaques allemandes sur le Mort-Homme et sur Cumières.

« 20 mai :…Un coup de téléphone de la Brigade B annonce que les allemands seraient dans l’ouvrage Gers. Le bataillon du 306e envoyé à la Brigade B est orienté sur ce point pour le reprendre. On apprend à 20 h 45 que les allemands qui se sont infiltrés jusqu’à l’ouvrage Gers sont prisonniers, que le Colonel Vary nettoie le terrain autour de lui avec les secrétaires et cuisiniers qu’il a sous la main… »

« 23 mai : …A 21 h 32, la Brigade B fait connaître que tout se calme et envoie deux prisonniers… »

D’autres passages, tirés du JMO de la 40e DI [5], nous précisent à quels régiments allemands appartiennent ces combattants :

6 avril : « Le cadavre d’un soldat allemand tué cette nuit par nos patrouilleurs a été ramené dans nos lignes. Il appartient au 94e de Res(erve) ? 43e Bde (brigade) 27e DI.

22 avril : « Prisonniers : cinq, appartenant à trois régiments différents (201-202-203) De plus, en avant du Trapèze, un tué du 204.

26 avril : « Divers : un prisonnier du 203 dans le Ravin de la Hayette ».

26 avril : « Divers : un sous-officier du 203e RI a été fait prisonnier dans la matinée du 26 au Ravin de la Hayette (sud de Béthincourt).

30 avril : « Divers :

  • le 29 à 10 h 30, trois déserteurs du 207e se sont rendus devant la tranchée Bierler.
  • le 30 matin, 48 prisonniers du 207e R et du 201e R dont 1 officier (207e) et 3 s/off. sont arrivés au P.C de la Div(ision) ».

1er mai : « Prisonniers faits par :

  • Brigade B : 2 dont 1 s/off. du 201e R.
  • Brigade A : 33 dont 8 blessés appartenant au 11e Btn (Bataillon) de Chass(eurs) ».

De valeureux combattants allemands

La 12e Division de Réserve d’Infanterie allemande compte, en 1916, deux Brigades : la 22e, avec les 23,38, 51 Régiments de Réserve ; et la 6e avec un Jager Bataillon.

« A la fin de février, quand l’offensive de Verdun commença, la 12e Division de Réserve tenait toujours le front de la région du Bois des Forges.
Le 6 mars, la division entra en action ; elle prit le village de Forges, et le 10, le Bois des Corbeaux. Elle attaqua en vain le Mort-Homme.

Elle est retirée de Verdun vers la mi-mai, après avoir souffert de lourdes pertes (71% de son infanterie). Elle fut d’abord en réserve dans la région de Thionville, et puis en réserve dans la région de Cambrai, au début de juin » (page 216).

La 22e Division de Réserve d’Infanterie allemande est composée, en 1916, de la 43e Brigade de Réserve avec les 71,82, 94 Régiments d’Infanterie de Réserve ; et le 11e Réserve Jager Bataillon.

« La 22e Division de Réserve quitte la Champagne à la fin de janvier 1916 ; elle vient cantonner à Attigny qu’elle quitte le 29 février.

Du 1er au 5 mars, au point culminant de l’offensive de Verdun, la division est rassemblée entre Dun et Vilosnes, derrière le front. Le 6 mars, elle attaqua par la rive gauche de la Meuse. Elle prit part aux opérations de ce secteur (vallée des Forges et Bois des Corbeaux) jusqu’à mi-avril.

Dans les premières attaques de mars, la 6e Compagnie du 82e Régiment d’infanterie de Réserve requiert le remplacement de 90 hommes, dont certains ont été recrutés dans la classe 1916.

Après quelques jours de repos, la 22e Division de Réserve attaqua de nouveau à Verdun, au sud du Bois des Corbeaux et près du Mort-Homme (du 23 mai jusqu’au début de juin) Elle subit de lourdes pertes. Cette attaque à Verdun lui coûta 90% de son infanterie.

Du 21 avril au 26 juin, les 1re et 4e Compagnies du 11e Bataillon de Réserve des Chasseurs ont chacune reçu au moins 204 hommes en remplacement ; la 6e Compagnie du 94e Régiment d’Infanterie de Réserve ; entre le 9 mars et le 13 juin ; 217 hommes ; la 5e Compagnie 207 hommes.

La division cantonna et fut réorganisée aux alentours de Fourmies Hirson. Elle fut ensuite envoyée entre Saint Quentin et Tergnier » (pages 328 et 329).

La 38e Division compte la 83e Brigade avec les 94e, 95e et 96e Régiments.

« Le 11 mai 1916, la division s’entrainait à Tergnier et fut transférée sur le front de Verdun. Le 13 mai, elle prit la Cote 304 qu’elle ne quitta plus jusqu’au 10 octobre ; sérieusement affaiblie par les batailles qu’elle avait repoussé pendant cinq mois, perdant 52% de son infanterie » (page 430).

La 43e Division de Réserve d’Infanterie allemande compte, en 1916, deux Brigades : la 85e, avec les 201e et 202e Régiments de Réserve ; et la 86e avec les 203e et 204e Régiments de Réserve et le 15e Bataillon de Réserve de Jager.

« La division quitta la Serbie pour revenir en France à la fin de janvier et au début de février 1916.

Après une période de repos aux alentours de Valenciennes (février mars) elle a été envoyée sur le front de Verdun à la fin de mars et entra en action à l’ouest de la Meuse le 10 avril (attaques de Bethincourt et du Mort-Homme) où elle subit de lourdes pertes entre le 10 avril et le 25 mai.

La 12e Compagnie du 201e Régiment d’Infanterie de Réserve reçut pas moins de 185 hommes en remplacement durant le mois de mai.
Vers la fin de mai, la 43e Division de Réserve fut retirée du front et envoyée au repos dans la région de Thionville. A Verdun, elle avait perdu 50% de son infanterie »
(page 455).

La 44e Division de Réserve d’Infanterie allemande compte, en 1916, deux Brigades : la 87e, avec les 205e et 206e Régiments de Réserve ; et la 88e avec les 207e et 208e Régiments de Réserve et le 16e Bataillon de Réserve de Jager.

« A la fin de janvier 1916, la 44e Division de Réserve embarque pour la France…Concentrée aux alentours de Buzancy à la fin mars, la division se déplace sur la rive gauche de la Meuse.

Le 11 avril, la 86e Brigade de Réserve monte au front dans le secteur du Mort-Homme.
La 44e Division de Réserve entre en action le 25 avril et subit de lourdes pertes (avril mai). Le 5 juin, la 44e Division de Réserve est retirée du front, réorganisée et envoyée au repos dans la région de Sedan »
(page 459).

« La 56e Division occupe le même secteur calme au sud de Rouvroy durant l’hiver 1915-1916. Relevée le 25 avril 1916, elle est envoyée au repos dans la région de Sedan.

Les 26 et 27 mai, elle est envoyée au front sur la rive gauche de la Meuse, au Mort-Homme. Elle y subit une vigoureuse attaque le 31 mai, a de lourdes pertes et continue de tenir ce secteur jusqu’au milieu de juillet » (page 518).

Ces extraits sont traduits de l’ouvrage publié en anglais en 1920 : « Historique des 251 divisions de l’armée allemande qui ont participé à la Guerre (1914-1918) » [6].

Conduits à l’Armée

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Prévôté de la 42e Division d’Infanterie
Extrait du JMO de la Prévôté de la 42e DI

« 9 avril (1916) : arrivée des gendarmes à cheval à Fromeréville…

12 avril : le Capitaine, les gendarmes à cheval et les prisonniers quittent le cantonnement de Fromeréville et cantonnent à Fleury sur Aire.

13 avril : les gendarmes à pied, enlevés de Fromeréville en camions automobiles, rejoignent le Capitaine, les gendarmes à cheval et les prisonniers à Fains (4 km ouest de Bar le Duc) cantonnement du Q.G »

« 10 mai : à 22 h, conduite de trois prisonniers allemands à Rampont ».

« 14 mai : à 10 h 30, conduite d’un prisonnier de guerre allemand à Rampont.

20 mai : à 7 h 30, conduite à Rampont d’un lieutenant aviateur allemand fait prisonnier.

21 mai : conduite à Rampont de 16 prisonniers de guerre, à 8 h ; de 12 prisonniers de guerre à 18h » [7].

Extrait du JMO de la Prévôté du 32e Corps d’Armée [8].

« 10 avril (1916) : 2 officiers, 4 sous officiers et 74 soldats prisonniers allemands, provenant du Bois de Cumières, ont été conduits à l’Armée.

21 avril : cent trente et un prisonniers des 201e,202e,et 208e d’infanterie (allemande) dont 4 officiers et 16 sous officiers sont conduits à l’Armée.
25 avril : un officier, deux sous officiers et trente prisonniers des 201e,202e,et 208e d’infanterie sont conduits à l’Armée.

2 mai 1916 : soixante dix huit prisonniers des 201e, 202e, 203e, et 207e d’infanterie allemande et du 11e Bataillon de Chasseurs à pied, dont 1 officier et 8 sous officiers, ont été conduits à l’Armée.

6 mai : quarante cinq prisonniers du 202e d’infanterie allemande dont 3 sous officiers ont été conduits à l’Armée.
10 mai : un officier, 8 sous officiers, 53 soldats du 202e d’infanterie allemande prisonniers sont conduits à l’Armée. »

Pour lire la suite : La section de projecteur : Aux Clairs Chênes - À Fromeréville V - 16e épisode.

Notes

[1JMO de la 69e DI 26 N 392 / 1 (2 août 1914 au 31 décembre 1916)

[2Vize-Feldwebel : vice-adjudant.

Ce grade est un compromis entre celui de sergent-chef et celui d’adjudant d’infanterie. Au cours de la guerre, la plupart des Vize-Feldwebel deviennent chefs de section, commandement normalement attribué à un Leutenant. D’après http://www.grande-guerre.org/document.php?num=180

[3Régiment de la 42e Division d’Infanterie

[4JMO de la 137e Brigade 26 N 532 / 4

[526 N 337 / 3

[6Merci à mon garçon Alexandre pour cette traduction

[7JMO de la Prévôté de la 42e DI 26 N 343 / 15

[826 N 213 / 12

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