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La fausse double vie d’Alexandre Sornais : enquête en Touraine 3/3


vendredi 16 octobre 2020, par Sonia Landgrebe

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Alexandre SORNAIS avait un jumeau, Denis, qui s’est attribué l’identité de son frère depuis son mariage jusqu’à la fin de sa vie. Alexandre le savait-il ? Quels étaient les liens au sein de la famille SORNAIS ? Un dernier rebondissement nous amènera à clôturer cette enquête réalisée au sein de la Touraine du XIXe siècle ...

Et le vrai Alexandre, pendant ce temps-là ?

Une personne aurait pu s’insurger contre ce qui n’est finalement ni plus ni moins qu’une usurpation d’identité : le véritable Alexandre SORNAIS !
Avant de nous demander pourquoi il ne l’a pas fait, regardons d’abord son parcours.
L’existence d’Alexandre a été beaucoup plus stable que celle de son frère jumeau ; s’il me reste quelques lacunes quant à sa jeunesse (recensement de 1861, comme pour Denis, mais aussi celui de 1872), je sais qu’il a vécu ensuite à Neuillé-le-Lierre à compter de la fin de l’année 1872 et jusqu’à son décès quarante ans plus tard [1]. Il a été présent à chaque naissance et mariage de ses trois enfants dans cette même commune.

Ce qui est frappant, c’est que dans les actes concernant Alexandre et sa famille, il n’existe aucune trace de Denis ou de ses enfants ; de même, le relevé détaillé des témoins sur les différents actes relatifs à Denis et à sa famille ne montre aucune trace de présence d’Alexandre ou des siens.
Bien que ce constat ne suffise pas à établir une certitude, il semblerait que les deux frères n’aient vraisemblablement plus été en contact, et que leurs vies se soient déroulées de manière indépendante. La chose semble assez étonnante pour des jumeaux ; d’ailleurs si l’on compare avec leurs frères aînés, les jumeaux Jean et Pierre, ces derniers ont été plusieurs fois témoins ou déclarants dans la famille de l’autre, ou même témoins ensemble. Bien que n’habitant pas la même commune, ils se fréquentaient régulièrement, de toute évidence. Ce n’était pas le cas de Denis et Alexandre ...
Même s’ils n’étaient plus en relation directe l’un avec l’autre, Alexandre et Denis étaient-ils en contact avec leurs frères et sœurs et les familles de ceux-ci ?

Liens au sein de la fratrie SORNAIS

Après avoir reparcouru tous les actes d’état-civil relatifs aux familles d’Alexandre et Denis ainsi qu’à celles de leurs sœurs, demi-frères et demi-sœur, j’ai pu établir le tableau suivant :

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Liens fratrie Sornais
Présence avérée de membres de la famille lors des événements de la fratrie. Exemple de lecture : en 1875, Jean a été témoin à un événement dans la famille de Jeanne ; en 1897, c’est son fils qui a été témoin à un événement dans cette famille.

Cette approche permet de constater la présence d’Alexandre ou de ses fils auprès de Jean et de Joséphine :

  • Alexandre déclare le décès de son demi-frère Jean en 1880, et est témoin aux mariages des deux fils de ce dernier ; son fils Léonard (dit aussi Léon) est témoin aux mariages de deux petites-filles de Jean Louis ; et son autre fils Louis déclare le décès d’un des deux fils de Jean, à Tours en 1932.
  • Alexandre est également témoin aux mariages des deux enfants de sa sœur Joséphine, respectivement en 1890 et 1892 à St Ouen-les-Vignes et Château-Renault ; son fils Léonard (ou Léon) est présent au remariage du second en 1899.

Ainsi, même si à l’inverse aucun membre de la fratrie n’a été témoin du côté d’Alexandre, on peut néanmoins établir que les familles d’Alexandre et de Jean étaient proches, et le sont restées même après leurs décès respectifs – pour rappel, elles habitaient le même village (Neuillé-le-Lierre). De plus, Alexandre était également en lien avec Joséphine et ses enfants, en tout cas dans les années 1890.

Quant à Denis, ni lui ni d’autres membres de sa famille n’apparaissent sur les actes relatifs aux autres membres de la fratrie. On relève néanmoins la présence du fils et du gendre de Joséphine au mariage de Denis fils aîné de Denis, à Château-Renault en 1890. Il est par ailleurs probable que Denis et Joséphine se soient fréquentés aussi dans les années 1870, ayant tous deux habité St Ouen-les-Vignes à la même époque [2].

Denis était donc en relation avec Joséphine ; en revanche, nous n’avons aucune trace de liens éventuels avec les autres membres de sa fratrie.

Ainsi, aussi bien Denis qu’Alexandre ont eu des contacts avec leur sœur Joséphine et sa famille au-delà de l’enfance. Cela n’implique pas pour autant qu’ils se soient vus ... Mais sans doute ont-ils au moins eu des nouvelles l’un de l’autre.
Pour autant, Alexandre n’était pas nécessairement au courant du fait que Denis utilisait son identité ...

Dernier rebondissement

En essayant de trouver des éléments complémentaires sur la fratrie SORNAIS, j’ai fait une trouvaille à laquelle je ne m’attendais pas : le moteur de recherche de Geneanet m’a en effet orientée vers les registres d’écrous des prisons de Tours et de Chinon.
Le nom SORNAIS, avec plusieurs de ses variantes (SORNET, SORNAY, SOURNAY), est en effet très présent dans ces registres entre 1865 et 1912. Et il s’avère que cela concerne pas moins de 10 membres de cette famille ... A savoir :
• Pour la génération de Denis : lui-même, sa sœur Martine, sa sœur Joséphine, et Jean CHÂTEAU époux de cette dernière
• Pour la génération suivante : 3 enfants de Denis (à savoir Denis, Alexandre et Maria), Aimée CORBEAU épouse de Denis le jeune, et Joseph fils naturel de Martine (élevé à l’hospice de Tours)
• Pour la génération suivante : René Alexandre dit Emilien, petit-fils de Denis.
Certains d’entre eux ont été condamnés plusieurs fois, notamment Joseph. Je ne m’attarderai pas ici sur les motifs d’inculpation de chacun, qui s’étendent du bénin au sordide – contentons-nous d’en dresser une liste rapide : dettes, outrage à agent, mendicité en feignant une maladie, vol, escroquerie, coups et blessures volontaires, tentative de meurtre, homicide par imprudence et délaissement d’enfant, infanticide ...
C’est un volet bien triste de l’histoire familiale qui se dévoilait ainsi sous mes yeux, amenant un éclairage nouveau sur la misère profonde dans laquelle devait se trouver toute une partie de cette famille. Ce dénuement était déjà présent chez les parents de Denis et Alexandre, comme nous l’avons vu au recensement de 1856 ; et c’est peu après la disparition des parents que l’on trouve les premières inculpations (sauf pour Jean CHÂTEAU, époux de Joséphine, qui avait déjà été écroué bien des années avant son mariage).
Ainsi, trois des quatre enfants de Jean SORNAIS et Madeleine NARDEUX ont fait de la prison. La seule exception est Alexandre, dont l’existence semble avoir été beaucoup plus stable comme nous l’avons vu. Quant aux enfants du premier lit de Jean, aucun d’entre eux ne paraît avoir eu de démêlés avec la justice.

Qu’en est-il plus précisément de Denis ? Ses absences pouvaient-elles s’expliquer par un ou plusieurs séjours en prison ? C’est évidemment l’hypothèse qui m’est venue en tête. Cependant, il semble que ce ne soit pas le cas. En effet, je n’ai relevé qu’une seule inculpation le concernant : en novembre 1865, il a été condamné à six semaines de prison pour vol, alors qu’il était domestique à Limeray, avant son mariage.
Cette condamnation aurait-elle mis fin aux relations entre les deux frères ? Alexandre en a-t-il voulu à son jumeau d’être parti sur la mauvaise pente ? C’est une possibilité, mais nous ne pourrons évidemment jamais le savoir.
Quant aux absences de Denis, il paraît difficile de les expliquer. Peut-être était-il d’une nature indépendante, peut-être avait-il envie de voir du pays ... ou peut-être a-t-il été arrêté et incarcéré ailleurs qu’en Indre-et-Loire, qui sait ? J’aurais aimé pouvoir vérifier ce qu’il en était dans le Loir-et-Cher, où il a également vécu, mais les registres d’écrous ne sont pas en ligne, et les ressources accessibles à distance sont globalement beaucoup plus limitées sur ce département.

Quoi qu’il en soit, la fin de la vie de Denis semble avoir été bien triste ; veuf en 1912, continuant ensuite à changer souvent de résidence, il perd ses deux fils, Denis et Alexandre, qui décèdent respectivement en 1915 et 1918 à Château-Renault. Lui-même trépasse l’année suivante, le 25/09/1919 à Château-Renault, sous l’identité de son frère Alexandre qui l’aura suivi depuis son mariage. Agé de 74 ans, il ne semble pas avoir été entouré des siens : son décès est en effet survenu à l’hospice, et les déclarants sont deux employés de mairie. Il avait pourtant toujours trois filles en vie (mais n’avait pas assisté au 3e mariage de Joséphine en 1917). Tous ses frères et sœurs étaient déjà décédés, y compris le véritable Alexandre qui avait rendu son dernier souffle sept ans plus tôt auprès de ses fils (déclarants) à Neuillé, le 11/12/1912, à l’âge de 68 ans.

A quoi ressemblaient Denis et Alexandre ?

Evidemment, pour compléter mon enquête au sujet des jumeaux Alexandre et Denis SORNAIS, il m’aurait été bien utile de pouvoir consulter leur fiche matricule, avec le détail de leurs lieux d’habitation à partir de l’âge de vingt ans, leurs états de service (s’ils en avaient fait) ... Malheureusement, cette ressource n’existe pas avant 1867, et les jumeaux étaient de la classe 1864.
Ces fiches auraient également pu nous apporter des éléments quant à leur physique ; il aurait été intéressant de savoir s’ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, ce qui aurait pu favoriser la confusion entre eux ... En effet, nous ne savons pas s’il s’agissait de vrais ou de faux jumeaux !

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Description physique de Denis à 21 ans.

Néanmoins, nous avons une description physique de Denis, grâce à sa fiche dans le registre des écrous de Tours en 1865 ; ce document nous apprend qu’à l’âge de 21 ans, il mesurait 1,64 m, avait les cheveux et les sourcils châtain, les yeux bleus, le teint coloré, le visage ovale avec un front « ordinaire », le nez et la bouche « moyens », un menton à fossette.
Pour Alexandre, nous n’en avons pas la moindre idée ...

En conclusion

Alexandre SORNAIS n’a en aucun cas mené une double vie ; il y a eu bel et bien deux individus qui se sont mariés et sont décédés sous son identité, le second n’étant autre que son frère jumeau.
En réalité, je me suis plus intéressée à Denis qu’à Alexandre, sa vie ayant eu bien plus d’aspérités que celle de son jumeau noviliacien [3]. Je n’ai pas retrouvé toutes ses traces, loin s’en faut ; j’ignore notamment où il pouvait être lors de ses deux disparitions, dont l’une très longue [4].
Quant à savoir pourquoi il a adopté pour l’état-civil l’identité de son frère jumeau, je n’ai pas de certitude. Comme il continuait à donner son vrai prénom lors des recensements, j’ai tendance à pencher pour une erreur initiale de l’employé de mairie lors du mariage, erreur que Denis n’aurait rien fait pour détromper par la suite. Mais peut-être ma lecture est-elle trop ‘moderne’, peut-être suis-je passée à côté d’une interprétation complètement différente ? ...

Au-delà de cette histoire de prénom usurpé ou erroné, j’ai découvert un cas de gémellité assez peu conforme aux clichés habituels, mais aussi tout un pan d’histoire familiale assez sombre.
Par ailleurs, en suivant les traces de leurs descendants, j’ai fait d’autres trouvailles complémentaires, telles que :

  • La célébrité nationale d’un des petits-fils de Denis, René SORNAIS (1901-1973), qui fut champion de France de marathon en 1925, et qui en son temps a été l’objet d’un certain nombre d’articles de journaux [5] ;
  • A une échelle plus modeste, la présence respective d’une petite-fille de Denis et d’une petite-fille d’Alexandre auprès de mon grand-père Armel GAUTHIER (1916-2003), qui ne leur était pas apparenté mais allait épouser plus tard une de leurs cousines éloignées :
    o Suzanne SORNAIS (1908-1985), petite-fille de Denis et sœur du futur champion, a été domestique de ferme dans la famille d’Armel à Auzouer en 1921 [6] ;
    o Lucette SORNAIS (1915-2004), petite-fille d’Alexandre, pose au côté d’Armel sur une photo de mariage au tout début des années 1930 ; ils habitaient tous deux à Neuillé le Lierre. Ma grand-mère, dont la mère était née SORNET, ignorait de quelle façon Lucette lui était apparentée [7].

Alexandre et Denis SORNAIS ont probablement tous deux à ce jour une descendance bien vivante voire nombreuse, qui ignore sans doute tout de cette histoire de jumeaux peu banale ...

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La fratrie Sornais
Mes remerciements aux Archives d’Indre-et-Loire, pour la richesse des informations accessibles en ligne sur leur site, sans laquelle je n’aurais pas pu suivre aussi bien le parcours des jumeaux ni faire toutes ces découvertes. Geneanet m’a également été d’une aide précieuse.

Notes

[1Alexandre a cependant déménagé plusieurs fois au sein du village de Neuillé : le Mée (1872), Forges (1876), la Fosse (1879, 1880, 1881), la Ménarderie (1886, 1891), les Billanges (1896, 1901, 1906, 1911).

[2En août 1870, Joséphine vivait au lieu-dit Sauleux dans cette commune avec sa famille ; Denis résidait dans ce même lieu-dit deux mois plus tard (selon les déclarations de naissance de leurs enfants respectifs). En 1872, les deux familles étaient toujours établies à St Ouen : Joséphine à Sauleux, et Denis à la Hargandière (ou plutôt sa famille, car il n’y était plus).

[3Ainsi nomme-t-on les habitants de Neuillé-le-Lierre.

[4J’avoue ne pas avoir épluché la totalité des registres de recensements de Château-Renault, vu l’ampleur de la tâche et la fatigue oculaire que cela représente. Mais je peux par exemple affirmer que Denis n’y était pas en 1886.

[6Source : recensement Auzouer en Touraine, 1921.

[7Armel GAUTHIER (1916-2003) épousera en 1945 Yvette GIBERT (1919-2011), dont la mère était Germaine SORNET (1895-1994). Suzanne SORNAIS, Lucette SORNAIS et Germaine SORNET étaient toutes trois des cousines issues de germains, ayant le même arrière-grand-père (Jean SORNAIS ou SORNET, père des jumeaux).

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29 Messages

  • Merci pour cette belle histoire... Quel boulot pour avoir su démêler ce qui au départ était peut-être une erreur d’état-civil comme nous en rencontrons tous, mais qui ne mènent pas toutes à un tel roman !
    Bravo pour ce travail et merci de nous en avoir fait profiter.
    Cordialement

    Répondre à ce message

  • Merci pour cette histoire passionnante et triste.

    Répondre à ce message

  • Bonjour Sonia,
    un grand merci pour cette histoire très intéressante que vous avez su raconter en ménageant le suspense ! Il vous reste peut-être quelques pistes à explorer pour en savoir davantage : je vous livre quelques suggestions qui me viennent à l’esprit.
    Avez-vous consulté les registres annuels de recensement des classes (conscrits l’année de leurs 20 ans) servant pour le tirage au sort ? Pourrait-il avoir été « remplaçant » moyennant une rémunération et avoir eu un ou plusieurs engagements ? Dans ce cas, cela apparaîtrait dans les registres et dans les archives d’un notaire.
    Avez-vous recherché dans les archives judiciaires des départements voisins ? Je peux essayer de regarder en Maine-et-Loire si cela n’a pas été fait.
    Il y a peut-être aussi à vérifier s’il a fait une demande de passeport - il existe les passeports pour l’intérieur et pour l’extérieur. Les traces des demandes existent peut être pour la période de son absence ?
    Je ne sais pas si la gendarmerie rédige des « mains courantes » à l’époque de son absence inexpliquée.
    Enfin, avez-vous exploré les journaux locaux pour cette période ?
    Que pensez-vous de ces pistes ?
    Encore bravo pour cette passionnante recherche si bien racontée. Bien cordialement, Maryvonne

    Répondre à ce message

    • Bonjour Maryvonne,
      Je suis très intéressée par les pistes de recherches complémentaires que vous me proposez ! Malheureusement, je ne suis pas sur place et je pense que la plupart de ces ressources ne sont pas accessible en ligne ... A l’exception peut-être des journaux anciens, mais j’avoue ne pas être très familiarisée avec ce type de recherche. J’essaierai de jeter un coup d’œil.
      Si vous êtes active sur le Maine-et-Loire, pourquoi pas vérifier en effet s’il n’y a pas la trace d’un Alexandre/Denis SORNAIS dans les archives judiciaires ? J’avais pensé en priorité au Loir-et-Cher comme expliqué à la fin de l’article, mais ces archives ne sont pas disponibles en ligne.
      Je suis ravie que vous ayez eu plaisir à suivre ce récit, et vous remercie pour votre appréciation et vos suggestions !
      Bien cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

      • Bonjour Sonia,
        je viens de faire quelques explorations dans les registres d’Auzouer et de Château-Renault et j’ai l’impression que Denis s’est fait passer pour Alexandre (et que ce n’est pas un hasard !) - en effet, ces deux actes lui ont été lus à haute voix et le prénom Alexandre a été prononcé à chaque fois- donc, je n’ai pas l’impression que ce soit une erreur ... Sa condamnation en novembre 1865 devait être restée secrète et son épouse devait probablement l’ignorer à cette époque (avez-vous le jugement ou des informations sur le lieu et la date précise du jugement ? Quel était l’objet et les circonstances du vol ? )

        • aucun témoin de la famille de Denis dans ces deux actes d’état civil : mariage et naissance le 16 décembre suivant ! Donc personne pour rectifier ! Désirée Ragueneau a-t-elle accouché chez son père, il est indiqué dans l’acte qu’ils résident au Moulinet ?
          Je vais faire une recherche en série U en Maine et Loire, si quelqu’un d’autre pouvait rechercher dans le Loir et Cher, ce serait formidable. Tous ces mystères sont épatants et m’intriguent.
          Il y a aussi les tables de successions et absences qui pourraient nous renseigner mais je suppose qu’ils ont été déclarés indigents au moment de leur décès respectifs en 1912 et 1919.
          N’hésitez pas à me contacter en perso.
          Bien cordialement, Maryvonne

        Répondre à ce message

  • Bravo !!
    La généalogie nous entraîne parfois très loin dans la vie de nos aïeux et nous fait faire des découvertes surprenantes !
    Merci pour cette belle et tragique histoire.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    quelle histoire passionnante !!
    petite suggestion concernant sa première absence (1870-1876). Denis avait 26 ans et c’était la guerre franco-prussienne en 1870 (+ les soulèvement de la Commune à Paris). Peut-être était-il soldat à cette époque ?
    cordialement
    Sandra

    Répondre à ce message

    • Bonjour Sandra,
      Effectivement un autre lecteur m’a suggéré la même hypothèse. Denis était encore présent à son foyer en octobre 1870 et la guerre a commencé en juillet, mais il aurait pu s’engager tardivement ; pour autant, il n’était pas encore rentré courant 1872, bien après la fin de la guerre.
      Cela mériterait vérification, pour cela il faut que je me plonge dans les archives militaires de l’époque avec lesquelles je ne suis pas du tout familiarisée ... Mais je vais chercher.
      Merci !
      Cordialement
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Passionnant,
    j’ai suivi vos épisodes comme un roman policier
    (je remercie là GENEANET qui m’en a communiqué l’existence)
    encore bravo et merci de nous en avoir fait part
    cordialement,
    Eliane

    Répondre à ce message

    • Bonjour Eliane,
      Un roman policier, c’est presque cela ! J’ai pris beaucoup de plaisir à mener cette enquête et tout autant à l’écrire ; je suis ravie que ce récit vous ait plu.
      Au passage, c’est grâce à vous que je découvre que Geneanet a choisi de donner de la visibilité à cet article, ce dont je me réjouis évidemment.
      Merci à vous pour votre gentil commentaire !
      Cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Merci pour cette histoire si bien racontée, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lire. Grâce à votre ténacité dans vos recherches vous avez réussi à mettre en lumière une grande partie de la vérité, bravo !

    Cordialement
    Catherine

    Répondre à ce message

  • Une suggestion pour les absences multiples de Denis.

    Je ne vois pas de mention de métier pour lui, aurait-il été journalier, oeuvrant çà et là comme le travail venait, parfois à distance de sa famille ?

    Quand à son usage du prénom de son frère, il y a aussi la possibilité de dispute entre eux quand à savoir lequel est lequel, ce genre de truc peut être assez bizarre vu de l’extérieur, mais les questions de primogéniture sont assez fréquentes, et avec des jumeaux très difficiles à résoudre. Ce qui expliquerait possiblement le manque de présence mutuelle dans les actes de famille. Où bien Denis était trop loin pour être présent lors de ces actes.

    Danielle

    Répondre à ce message

    • Bonjour Danielle,

      J’ai mentionné deux des métiers de Denis dans l’article : journalier au moment de son mariage, berger au moment de son décès. Le détail de ses occupations est indiqué dans le tableau retraçant son parcours de vie.
      Donc, oui, il a été principalement journalier. C’était le cas d’un grand nombre de mes ancêtres en Touraine, mais jamais je n’ai observé ce type d’absences ; le seul cas de ce type que j’aie rencontré était celui d’un ancêtre « fendeur en bois », qui s’absentait longuement dans les forêts voisines. Rien de tel, je pense, pour Denis SORNAIS.
      Je pense davantage à une ou plusieurs incarcérations ailleurs qu’en Indre-et-Loire, mais faute d’archives disponibles en ligne dans les départements voisins, cette hypothèse est difficile à vérifier pour le moment.

      Une dispute entre jumeaux, cela me paraît effectivement probable ; quant au motif, il y a de fortes chances pour que nous ne le connaissions jamais ...

      Merci en tout cas pour votre lecture et votre passage !

      Répondre à ce message

      • le terme auquel je pensais à priori est travailleur itinérant.

        J’ai eu l’occasion de faire de recherches sur un homme qui était en fin de compte un homme à tout faire, il prenait évidemment ce qui venait.

        2 mariages, introuvables tous les deux, on suit sa trace par les baptêmes des enfants. Son décès est aussi introuvable, et ses fils de son second mariage semblent pris en charge par le sieur Morel de La Durantaye, et se feront appeler La Durantaye à leurs propres mariages. Plus tôt que votre Denis, en Nouvelle-France.

        Les casse-têtes de la généalogie sont fascinants.

        Danielle

        Répondre à ce message

  • Bonjour
    Une lecture intéressante et captivante. Merci pour ce partage qui donne encore envie de creuser l histoire de nos ancêtres.
    Cordialement

    Répondre à ce message

  • Excellent !!

    Une idée saugrenue plaidant pour l’usurpation volontaire : faire croire à l’épouse qu’elle se mariait effectivement avec Alexandre, qui avait peut-être alors meilleure réputation ...?

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      J’aime beaucoup votre « idée saugrenue » ! Effectivement le vrai Alexandre n’avait a priori pas de casier judiciaire, et il n’était pas encore marié ... Cette hypothèse intéressante m’a également été soufflée par une autre lectrice. Peut-être en effet Denis souhaitait-il cacher cette partie de sa vie à sa future épouse ... Ce qui voudrait dire qu’il ne la connaissait pas depuis longtemps, car il ne s’est passé que 7 mois à peine entre sa sortie de prison et le mariage.
      Et si c’est le cas, elle a dû connaître quand même assez rapidement la vérité, puisque Denis a réutilisé son vrai prénom par la suite ...
      Merci de votre passage !

      Répondre à ce message

  • Histoire et enquête passionnante. J’ai cependant une question : avez-vous envisagé une simple erreur au moment du mariage et non un acte volontaire.

    Je pose la question car j’ai le cas dans ma famille. Suite à un même problème, deux mariages pour une seule femme, ayant pour chaque mariage des enfants à la même période mais à 200 km d’écart (donc impossible que cela soit une seule et même personne), j’ai fait des recherches.

    Il semblerait que dans certains cas c’était la mairie qui faisait la demande d’acte en fonction des déclarations du demandeur. Il se peut que la mairie d’origine se soit trompée et est envoyée l’acte de naissance d’Alexandre. Cela expliquerait que sur les recensements (qui ne sont que déclaratifs), ce soit sont vrai prénom qui soit indiqué.

    Je pense que l’on voit rapidement dans ce cas là l’intérêt des mentions marginales.

    Cordialement

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Oui j’ai bien sûr pensé à une erreur de l’état-civil, comme je l’ai évoqué dans l’article ; cela dit je n’avais pas pensé que cela pouvait venir de la commune de Villedômer, qui aurait envoyé le mauvais acte de naissance. S’il y a erreur, cela paraît effectivement logique qu’elle vienne de là ! En tout cas, l’adjoint au maire d’Auzouer qui a établi l’acte de mariage semble avoir été un peu négligent : par exemple, il a indiqué uniquement l’âge du marié sans préciser sa date de naissance, comme le voulait la règle de l’époque, alors qu’il a bien indiqué la date de naissance de la mariée : https://archives.touraine.fr/ark:/37621/6zdwn5xqfksv/79a6dda7-f9b5-444c-8770-609b65f20d84
      Il a donc pu également omettre, ou bâcler, l’étape de la lecture de l’acte à haute voix ... Et Denis ne savait pas lire, pas plus que son épouse.
      C’est donc une supposition tout à fait plausible, mais ce qui m’a frappée c’est que dans ce cas l’erreur a été entretenue tout au long de la vie ’officielle’ de Denis, comme le prouve le grand nombre d’actes relatifs à ce dernier établis sous l’identité d’Alexandre. Denis n’a visiblement rien fait pour rétablir sa véritable identité ...
      Et vous avez bien sûr tout à fait raison, les mentions marginales auraient permis d’éviter cette situation ... Ou à tout le moins, la vérité aurait été rétablie lorsque le véritable Alexandre a voulu se marier, trois ans après son jumeau !
      Merci de votre lecture,
      Cordialement
      Sonia

      Répondre à ce message

  • une histoire de famille invraisemblable, mais passionnante
    que j’ai eu plaisir à lire

    bravo et félicitations pour vos recherches

    avez-vous des contacts avec les autres descendants de cette grande famille ?

    Bdelmas1

    Répondre à ce message

  • Merci beaucoup pour cette passionnante histoire et félicitations pour ces patientes et minutieuses recherches.

    Je tente moi-même de retrouver la trace d’un de mes arrière-gd-père « disparu » mystérieusement quelque part en Belgique ou au USA, dont la parcours de la fraterie est un embroglio de prénoms « échangés aussi ??? », de noms de naissance et de mariage pour les filles, de passages nombreux par l’immigration, de bateaux allant ou venant des USA, double famille en BE et USA ???...
    Comme vous le faites remarquer, il est aussi parfois tellement difficile de savoir si les « différences ? les erreurs ? de transcriptions » sont intentionnelles ou pas, vu qu’un grand nombre de personnes à cette époque ne savaient ni lire, ni écrire, et parfois il est trompeur de voir qu’ils savent signer les documents, car il n’est pas impossible que nom et prénom sont les seuls mots qu’ils savaient écrire ! ... et donc une signature n’est pas synonyme de compréhension du document :-/

    Je m’essoufflais un peu dans mes recherches tellement cela est complexe, et la minutie nécessaire pour tenter de recouper toutes les infos commençait à m’abandonner , mais la lecture de votre récit me donne l’envie de m’y remettre. Ces découvertes me paraissaient tellement irréelles, au vu d’une certaine traçabilité actuelle ! ... mais beaucoup de non dit entre eux et aux générations suivantes (mes gd-parents et parents avaient des récits qui ne collent pas du tout avec ce que je découvre ! ), et le peu de circulation de l’information, car peu de diffusion publique à l’époque rendent tellement de faits de vie possibles alors que pour nous ils semblent inimaginables ! ...

    Bonne continuation pour la poursuite de vos recherches ... car je pense qu’en généalogie elles ne finissent jamais ;-)
    Cordialement, Véronique

    Répondre à ce message

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