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Le plaisir de l’archive


mercredi 17 novembre 2010, par Thierry Sabot

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À l’heure où il est de bon ton de prêter aux nouvelles technologies issues du multimédia toutes les vertus (convivialité, rapidité et proximité des échanges), et où, avec la numérisation des archives d’état civil (une urgente et salutaire nécessité), l’on voudrait nous faire croire que l’on pourra bientôt faire sa généalogie sans sortir de son salon, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que faire une recherche généalogique, de préférence aussi historique, c’est d’abord interroger ses proches (l’enquête orale préliminaire à toutes recherches) mais aussi et surtout pratiquer avec plaisir et patience, méthode et rigueur (un binôme n’empêche pas l’autre) la lecture et l’interprétation de documents d’archives...

Car « construire » ou assembler une généalogie à la manière d’un puzzle, ou tel un détective en quête d’indices, cela suppose, outre une évidente bonne dose d’optimisme, de travailler à la source sur des documents d’archives, des documents originaux... dans lesquels le lecteur devra se plonger pour s’imprégner de l’époque... et parfois aussi se noyer devant les difficultés de lecture de l’écriture manuscrite ou de compréhension du vocabulaire...

En effet, rien ne vaut, à mon sens, le contact tactile et visuel avec le registre ou le parchemin et, par-delà les siècles, par la grâce du toucher et de la caresse de la page, cette étrange et insolite sensation de proximité avec le scribe.

Car lire l’archive est une chose ; la toucher, s’en imprégner, la sentir vivre sous les doigts et sous son nez en est une autre... un petit bonheur que l’on ne peut percevoir que si l’on prend conscience à la fois de l’unicité et de la préciosité du document.

Jamais mes ancêtres ne m’ont paru plus proches que lorsque j’ai pu tenir entre mes mains et sous mes yeux, le fragile registre où je cherchais fiévreusement la trace à jamais scellée de leur destin... c’est cela tout simplement « le plaisir de l’archive ».

P.-S. : ce texte est librement inspiré de ma lecture de l’ouvrage de l’historienne Arlette Farge, Le goût de l’archive, Paris, Éditions du Seuil, Points Histoire n° H233, 1989 (Une réflexion sur l’écriture de l’histoire à partir des mots retrouvés dans les archives de la police).

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19 Messages

  • Du manuscrit à l’iPad. 1er mai 2010 16:41, par Philippe de Ladebat

    Thierry.
    Comme vous je ressens toujours une émotion particulière à lire des manuscrits d’ancêtres. Le papier, sa texture et l’encre , sa couleur,avec leurs odeurs, l’écriture avec ses formes variées révélant peut-être des humeurs, des doutes, des hésitations marquées de ratures, des corrections, des ajouts. Ce point visiblement grossi sous la plume qui évoque un moment de réflexion, ces points de suspension qui révèlent peut-être un trou passager de mémoire qui sera comblé plus tard, ce soulignement qui dénote quelque chose de plus que le simple mot. Une tache d’encre même que l’auteur a tenté de gommer me révèle son souci du lecteur, descendant lointain que je suis. Autant de « détails » qui font ressentir la main et la pensée profonde d’un ancêtre, et plus que tout, sa singularité. Un autre que lui avec les mêmes mots, le même style, n’aurait pas exprimé la même chose.

    Je dois dire que je ressens le même genre d’émotion en lisant une lettre manuscrite d’un auteur que j’aime. J’ai pu consulter tranquillement à Drouot deux lettres manuscrites de Marcel Camus et une autre de Jean Giono qui me les rendent désormais plus familiers quand je relis leurs ouvrages bien reliés et typographiés.

    Les SMS, mails et autres textes numérisés ne disent plus rien de tout cela. Il faudra se contenter à l’avenir du choix des mots et du style pour imaginer la vie et l’émotion des auteurs. Il y a loin de la lecture d’un manuscrit à la consultation d’un texte sur un iPad.

    Amicalement/Philippe de Ladebat

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  • Le plaisir de l’archive 17 novembre 2010 12:57, par André Vessot

    Merci Thierry,

    Je partage comme vous ce plaisir de l’archive, totalement différent de ce que peuvent apporter les nouvelles technologies. En septembre dernier, lors de ma semaine en Suisse, je suis allé tant aux Archives de l’Etat qu’à la Bibliothèque Cantonale Universitaire de Fribourg où j’ai consulté et photographié de nombreux manuscrits de Jean Joseph Comba (1772-1846), notaire et historien de la Gruyère. Quel immense bonheur !

    Bien amicalement.

    André

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    • Le plaisir de l’archive 17 novembre 2010 18:45

      C’est certes plaisant mais ça prive les générations futures de ces trésors que sont les archives. Car leur manipulation les altère. Selon l’état des archives, elles devraient être interdites et numérisées au plus vite. J’ai trop souvent vu des documents partir en poussière sur la moquette des salles de lecture...

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      • Le plaisir de l’archive 18 novembre 2010 08:21, par André Vessot

        Vous avez tout à fait raison de préciser cette nécessité de protéger et conserver notre patrimoine. C’est d’ailleurs pour cela que je participe à la numérisation des minutes de notaires du Beaujolais dans le cadre du groupe « Au delà de l’état-civil » et une convention a été signée entre la Société Généalogique du lyonnais et du Beaujolais (SGLB), Généanet et les Archives Départementales du Rhône. Bien cordialement.

        André VESSOT

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      • Le plaisir de l’archive 19 novembre 2010 20:16

        Il y a même des « disparitions »d’archives ! Vous avez raison mais Thierry aussi et j’éprouve le même plaisir que lui lorsque je peux consulter des vieux papiers. Comment vous mettre d’accord ?? Juliette

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        • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 05:53, par jmc

          Quelle tristesse de ne penser qu’ aux dégradations pouvant être commise par l’ « Homme » ; et dans le cas d’archives, je me suis justement vu, dans une commune, l’interdiction de consulter les archives - même pas anciennes - au titre de destructions effectuées par de précédents consultants.

          Quels bonheur et joie intense d’avoir entre ses mains et sous les yeux des documents datant de 1620, témoins des évènements de la vie de mes ancêtres. Les manipuler avec précaution n’est que le devoir pour conserver aux générations futures le même plaisir.

          Et des documents anciens, nous en avons sous la main : j’ai conservé des écrits du XXe siécle trouvé chez mon grand père ou de ma petite enfance : documents écrits à la plume sur des papiers jaunâtres. J’espère qu’un jour, sans paraître trop nostalgique, enfants et petits enfants auront au moins le respect de cette vie là.
          jean-michel

          Répondre à ce message

      • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 09:03, par Mr André

        Oui, il y a de l’émotion lors de la découverte d’un acte original dans les registres d’état-civil. Oui, leur manipulation les altère. Les interdire, oui mais, il s’agit de la « chose publique » qui décidera, le législateur, l’autorité départementale ? restreindre la consultation aux seuls ayants droit ? (Cette solution me plaît bien !) Car de trop nombreuses associations et généalogistes professionnels feuillettent les archives pour en faire leurs « choux gras » et sont fautifs de l’altération des documents. Cette phrase va faire rugir les profiteurs !
        La généalogie, car il s’agit de cela, est une affaire strictement familliale. Alors laisser la consultation des actes aux seuls ayants droit, me semble, a priori, une approche raisonnable. Et la numérisation inéluctable, mais gratuite ?
        Sincèrement vôtre.

        Répondre à ce message

      • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 09:08, par Mr André

        Oui, il y a de l’émotion lors de la découverte d’un acte original dans les registres d’état-civil. Oui, leur manipulation les altère. Les interdire, oui mais, il s’agit de la « chose publique » qui décidera, le législateur, l’autorité départementale ? restreindre la consultation aux seuls ayants droit ? (Cette solution me plaît bien !) Car de trop nombreuses associations et généalogistes professionnels feuillettent les archives pour en faire leurs « choux gras » et sont fautifs de l’altération des documents. Cette phrase va faire rugir les profiteurs !
        La généalogie, car il s’agit de cela, est une affaire strictement familliale. Alors laisser la consultation des actes aux seuls ayants droit, me semble, a priori, une approche raisonnable. Et la numérisation inéluctable, mais gratuite ?
        Sincèrement vôtre.

        Répondre à ce message

      • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 11:01, par Lucie 24

        Pour avoir le goût de la lecture et le plaisir du tactile, je comprends cette délectation du toucher et de l’odorat, mais comment nier que si tous ces ouvrages étaient touchés par les amateurs généalogistes il ne resteraient plus grand chose de certains ; d’autant plus que pour aboutir il faut en manipuler beaucoup pour rien. Vive la numérisation !
        Pensez à la grotte de Lascaux.

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      • Le plaisir de l’archive 21 novembre 2010 22:12

        si vou !s detenez un document ancien quelque en soit la valeur —conservez le dans une enveloppe de papier emballage (papier brun) et pas sous plastic !! pour soigner sa longévité----triste expérience prsonelle ABx

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        • Le plaisir de l’archive 23 novembre 2010 08:11, par André Vessot

          Vous évoquez là la conservation des archives familiales et je pense que c’est une question importante car nous avons tous dans nos familles des vieux papiers parmi lesquels il faut savoir repérer ceux qu’il faut à tout prix conserver. Vous avez raison de préciser qu’il faut veiller à leurs conditions de conservation : à l’abri de la lumière et dans des conditions correctes de température et d’hygrométrie et bien sûr pas dans des enveloppes plastiques. Mais j’ajouterai il faut clairement les identifier et les dater, afin d’avoir plus de chance qu’ils ne disparaissent pas.
          Bien cordialement.

          André VESSOT

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  • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 06:15, par patrick Esclafer de La Rode

    c’est avec émotion que j’ai lu ces évocations de ceux qui ne sont plus....

    lorsque j’étais président du Cercle d’Histoire et de généalogie du Périgord, je veillais à ce que nous n’oublions pas nos amis disparus !

    Hélas, tel n’est plus le cas aujourd’hui, alors que la généalogie ne se conçoit pas sans le respect du devoir de mémoire.

    quelle tristesse de s’en dispenser

    cordialement !

    Répondre à ce message

  • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 09:09, par sylvie LAURIER

    c’est parce que je me suis sentie d’emblée concernée par les quelques phrases d’introduction que j’ai souhaité lire l’article entier : voilà bientot 8 ans que mes recherches généalogiques familiales (au départ motivées par le besoin de comprendre les tenants d’un secret de famille révélé et je viens d’aboutir !)m’ont fait accéder à ces fameux registres d’origine si précieux, que ce soit en mairie ou en AD, en normandie plus précisément, j’ai donc traversé la France à plusieurs reprises à dessein ; mon émotion la plus intense à été de lire le paraphe de mes ancetres au bas des actes, hors ceux « qui ne savaient écrire » comme c’est écrit souvent ! un peu comme une unique matérialisation, une preuve de vie qui s’offre en récompense à la curieuse que je suis de s’intéresser à ceux par qui je suis. Pour aller dans le sens de la protection impérieuse à apporter à ces registres uniques et irremplaçables, je voudrais faire savoir que je m’inquiète très fort du risque de disparition encouru par les registres entreposés sous les toits du diocèse de BAYEUX, sous des charpentes admirables en 2 petites pièces que des flammes réduiraient en fumée, ces registres sont ceux d’avant 1920,il n’y a qu’un père archiviste et des bénévoles dévouées, l’une d’elle m’a reçue cet été et nous n’avons pu que déplorer ce manque de moyens de protection..........c’est pas peu dire !!cordialement SYLVIE

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  • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 09:15, par ildefonse

    Rien n’est plus émouvant que la première lecture d’un acte de mariage de deux de mes ancêtres d’avant 1750, surtout quand je l’avais recherché vainement jusque là. C’est le document original qu’ont signé ces ancêtres,quand ils savaient écrire ou signer, ou sur lequel ils ont appliqué leur marque dans le cas contraire (une croix, avec en dessous « la marque du marié » et « la marque de la mariée »). C’est pour cette raison que je fréquente beaucoup les mairies des villages de mes anciens pour avoir sous les teux et les doigts ces originaux ; voir le même document sur un écran d’ordinateur n’a pas du tout le même impact émotionnel.
    Ildefonse (mon véritable deuxième prénom hérité de mon grand père maternel):-)

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  • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 12:46, par dautreville

    bonjour
    Chacun à raison bien sur que les archives sont importantes bien sur que les ruines le sont aussi c’est à chacun d’en prendre conscience et encore bien mêmes ce qui peut paraitre desuet aujourd’hui sera important demain c’est ce que « sentent » les collectionneurs qui entassent dans leur grenier les brocantes de demain. Alors il devient important que chacun fassent ses archives sans etats d’ame de ce qu’elles deviendront dans l’avenir car il y auras (peut etres ) toujours des fous pour ce plonger dedans et il est un peu (beaucoup ?) dommage que les archives en ligne (Meuse par exemple) ne soit pas telechargeable car alors chacun pourrait les fouiller plus completement et se les approprier pour en faire « leurs archives » que je suis sur dans longtemps certain seront bien content de les (re)trouver.

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  • Le plaisir de l’archive 20 novembre 2010 13:05, par Marine 58

    Je partage tout à fait votre avis, je n’oublierai jamais ma première très grosse émotion de « généalogiste » lorsque j’ai eu en mains le registre contenant l’acte de naissance de ma grand-mère maternelle que je n’ai pas connue. C’était très fort et Internet ne peut remplacer çà.
    Mais je comprend l’urgence de la numérisation car en salle de lecture il m’est arrivé (assez souvent) de lever les yeux en entendant quelqu’un feuilleter un registre comme un magazine et je ne parle pas de cette petite mairie qui m’a raconté que certaines pages avaient été « découpées » au cutter.
    Nos enfants et petits-enfants pourront toujours faire de la généalogie mais certaines « émotions » auront disparues.

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  • Le plaisir de l’archive 14 juillet 13:56, par Micheline PASQUET

    Bonjour Thierry, je découvre votre texte sur « l’archive » C’est toujours très émouvant de découvrir sur les registres très anciens , les signatures des Ancêtres j’ai l’impression de découvrir les personnes .Le plus qui m’a émue c’est lorsque j’ai découvert l’acte de mariage d’une enfant naturelle Angélique de Froissy avec le Comte de Segur à Gagny, lors de recherches pour écrire un texte que vous avez d’ailleurs eu la gentillesse de faire paraître. J’étais absolument émerveillée de voir les signatures de cette noblesse en 1718 c’était si loin du jour où je découvrais cet acte si bien conservé. Le respect de ces documents et bien évidement indispensable.Il faut prendre toutes les précautions mais ne pas interdire de les approchés. Micheline Pasquet

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  • Le plaisir de l’archive 14 juillet 15:38, par Jmff2

    Bonjour,

    Je comprends le plaisir que l’on peut ressentir à avoir en main un document original.

    Mais, pour des tas de raisons : éloignement, santé, coût financier, on ne peut pas toujours aller vers ce document. Si le document peut venir vers nous via la numérisation, c’est aussi un vrai plaisir.

    Gallica, c’est un trésor, et plus il y aura de documents numérisés, mieux ce sera. Je pense aussi aux Anom, aux archives militaires .... J’ai pu retrouver des images du bateau sur lequel mon AGP avait servi. J’ai pu retrouver la trace de cousins bagnards ...

    La conservation de nombre de ces documents passe par leur numérisation, car que nous le voulions ou non, à chaque fois que nous tournons une page, nous laissons une trace, qui peut dégrader le document.

    Aujourd’hui de nombreux documents ne sont accessibles qu’aux chercheurs et le public ne peut pas les consulter sauf ... s’ils sont numérisés.

    Cordialement,

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  • Le plaisir de l’archive 15 juillet 06:47, par Toussaint

    A tout les généalogistes, effectivement tenir dans ses mains un registre ancien ou un autre document est précieux. Vous pouvez imaginer votre ancêtre signer ce papier, le tenir dans ses mains ! C’est super émouvant. Mais il faut reconnaître que le web est très utile pour la sauvegarde des documents anciens. Lorsque vous lisez un registre dans une mairie et que vous trouvez une page arrachée...c’est massacrer le registre, ne penser qu’à soi, ne pas réfléchir à la destruction qui a été faite. Cela m’est arrivé en Alsace. C’est pourquoi il faut protéger les documents anciens du public peu scrupuleux, irrespectueux et égoïste.

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