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Le temps et les récoltes à la veille de la Révolution

à travers l’exemple du village d’Azolette en Haut-Beaujolais (Rhône)


lundi 1er janvier 2001, par Michel Guironnet

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À Azolette, petit village à côté de Propières, au pied du col des Echarmeaux en Haut Beaujolais, le curé DELACROIX note sur les registres paroissiaux les événements importants arrivant dans la région entre 1783 et 1791. Il y est notamment question du climat dans les années qui précèdent la Révolution.

Dans ses « remarques sur l’année 1784 » il raconte :

"L’année 1784 a complètement rempli les espérances du laboureur, toutes les récoltes ont été bonnes, celle du blé, seigle surtout... la moisson du seigle s’ouvrit ici dès le cinq juillet... Nous fûmes sur le point de tout perdre le dix juin, jour de la Fête Dieu, le temps s’obscurcit vers les deux heures du soir, à un point qu’on y voyait à peine à lire à l’église, plusieurs paroisses à notre couchant furent saccagées (par la grêle et l’orage)... Nous fûmes heureusement préservés, nous et nos environs..."

« Le mois de septembre fut le plus chaud de l’année, les dix huit premiers jours surtout étaient étouffants, on ne s’attendait à ne faire que du mauvais vin, à cause des fraîcheurs du mois d’août on fut trompé, et le vin eut une qualité très passable... Cette année peut être regardée comme l’époque de l’établissement de la filature du coton dans nos régions, les toiles en coton ayant pris faveur... »

Pour l’année 1785, le curé écrit :

"l’hiver de 1785 sera longtemps mémorable par la grande abondance de ses neiges. La campagne en fut couverte durant six mois, à peu près, c’est à dire depuis le mois de décembre 1784 jusque vers la fin d’avril 1785. Comme il en était beaucoup tombé durant l’hiver 1784, on n’eut jamais imaginé que le suivant en donnerait encore en plus grande quantité. On fut trompé. Il en tomba à deux ou trois reprises jusqu’à 13 ou 14 pouces... Il s’en fit partout en rase campagne, comme dans nos montagnes, des amas considérables, ces amas furent surtout occasionnés par une bise violente qui s’éleva le dimanche de la Passion 13 mars. A la suite d’une grande chute de neige, les chemins se trouvèrent obstrués partout dans la plaine comme dans les montagnes... Ces neiges du mois de mars ne furent pas les dernières, les chutes du mois d’avril ne furent guère moins abondantes. On m’en croira si l’on veut, mais je certifie que le 14 avril, étant à Chalon sur Saône, j’ai vu de mes yeux, sur la place du Châtelet, un tas de neige de la hauteur au moins de 14 pouces."

« Le mois de mars fut ici le plus froid de l’année, et au rapport de plusieurs personnes, le plus froid qu’elles eussent vu. L’été ne nous donna pas de grandes chaleurs, et ne fut point orageux.

Il y eu peu de paille, mais beaucoup de grain. A tout prendre, la récolte de 1785 fut assez bonne, aussi les grains ne haussèrent ils pas de prix... » "L’automne fut singulièrement sèche, la plupart des sources tarirent, celles là même qui de mémoire d’hommes n’avaient pas été desséchées. Ce qui étonnera, c’est que le 25 novembre, les sources n’étaient point émues, et qu’on ne savait où prendre de l’eau."

Événements remarquables de l’année 1786 :

"La récolte en bled seigle a été généralement bonne dans toute la Montagne, celle du froment médiocre, quoique les autres menues graines n’aient pas été abondantes, que les avoines aient été presque nulles et les bleds noirs aux deux tiers égrènés par les vents de l’automne, cependant que le seigle a été à bas prix toute l’année. L e prix courant a été de quarante deux à quarante huit sols, le vin était si commun vers la fin de 1785 et au commencement de 1786 que les plus petits manœuvres de cette paroisse et des paroisses des environs en avaient fait une provision." « ...L’année qui s’annonçait pour devoir être tardive ne le fut pourtant pas. Les quinze derniers jours de juin furent très orageux. Nous partageâmes la frayeur, mais non pas le malheur de bien des pays.

La grêle emporta tout le 15 juin, jour de la Fête Dieu, depuis les environs de St Bonnet de Joux jusqu’à Baudrière, de l’autre côté de la Saône, douze lieues de terrain en longueur sur cinq quarts de lieue en largeur furent écrasés...Les 14 et 16 du même mois furent encore funestes à Tournus, à ses alentours et à d’autres paroisses de la Bourgogne.

L’été ne nous donna pourtant presque point de chaleur. L’hiver ne nous donna de la neige qu’une seule fois, et celle qui tomba les premiers jours de novembre 1786 fut à peu près la dernière. La température fut douce en janvier et février 1787. »

Cet ouvrage, étude inédite, se propose de vous faire découvrir quelques-unes de ces mentions insolites et de vous en montrer la richesse historique et généalogique. Il répond à bien des questions au sujet de ces textes insolites qui parsèment les registres paroissiaux : Pourquoi certains curés notent des mentions insolites ? Que nous apprennent-elles sur la vie quotidienne de nos ancêtres ? Comment repérer, déchiffrer, transcrire et commenter ces témoignages du passé ? Comment les utiliser pour compléter notre généalogie et l’histoire de notre famille ou de notre village ?

Il s’agit du premier numéro de Théma, la nouvelle collection d’histoire et de généalogie.

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11 Messages

  • Passionnant...
    Le curé de Coudray, dans l’Eure, avait également tenu des « remarques » pendant une dizaine d’années à la même époque, dans lesquelles il s’attardait sur la météo et ses conséquences sur les récoltes.
    Il y mentionna même les suites de l’éruption du Laki en Islande en juin 1783, avec l’apparition d’un brouillard sec qui dura plusieurs jours (qui recouvrit en fait une bonne partie de la France), et des terreurs que cela occasionna dans sa paroisse.
    Je trouve ces « polaroïds » de la vie de nos ancêtres très émouvants, car ils nous plongent dans leurs préoccupations quotidiennes...
    Nicolas, de Rouen

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    • Le temps en 1709 21 avril 2012 08:45, par Jacques Lépine

      Il est fréquent de trouver ce genre de remarques. Je vous propose d’aller voir à Chasselay (69) en 1709 dans la collection communale (en fin d’années page 9 je crois) le texte sur le grand froid de cet hiver qui fut plus rude que celui que nous venons de vivre.
      Cordialement

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      • Le temps en 1709 21 avril 2012 09:15, par foulerot

        L’hiver 1709 fut effectivement rude comme en témoigne ci-dessous le curé de la petite paroisse de Lugny-lès-Charolles (Saône-et-Loire)
        « La présente année 1709 dans laquelle nous avons vécu la plus grande famine qui fut jamais par rapport à la disette entière de toute sorte de grains causée par une gelée universelle qui dura depuis le 6 janvier jusqu’au commencement de mars suivant, et qui perça jusque dans le centre de la terre, ayant gasté tous les bleds dans la racine, et une grande partie de tous les meilleurs arbres qu’elle perdit entièrement et fit mourir.
        Je soussigné prêtre curé de la paroisse certifie que la mortalité qui a aussi été universelle a réduit au tombeau dans l’étendue de cette paroisse près de 200 personnes, qu’il n’y eu aucun mariage et seulement 9 enfants baptisés qui sont morts quelques jours après, le tout pendant tout le cours de la dite année 1709. Fait à Lugny le 31/12/1709 »

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      • Le temps en 1709 à Vatilieu dans l’Isère 21 avril 2012 09:52, par bgreffe

        Mémoire du curé Dubeuf sur les conséquences du grand froid de 1709 dans sa paroisse de Vatilieu
        Le curé Dubeuf, en place à Vatilieu de 1706 à 1712, a donné le 30 décembre 1709 dans le registre paroissial un témoignage sur cette crise dans sa paroisse.
        A Vatilieu, la mortalité fut trois fois plus élevée en 1709 que l’année précédente avec près de 30 décès pour 9 en 1708, principalement des enfants et des vieillards (notion relative au cours des siècles !).
        --------------------------------------------------------------
        « J’ay cru messieurs que je ne devais points laisser passer cette déplorable année sans laisser à la postérité un mémoire des funestes malheurs dont nous avons esté accablés et peut être depuis la création du monde n’en est il jamais arrivé de pareil et pour ne pas m’estandre à discourir inutilement je vous diray en premier lieu que les lendemain des roys il fit un froit si grand dans tout le Dauphiné et même jay recu des gens qui m’ont dit qu’il fut aussi grand partout l’univers que nos chatainiers aussi bien que nos noyers qui estaient d’une grosseur si estraordinaire que trois ou quatre hommes auraient eu peine d’embrasser en moururent.
        Ce ne fut pas encore tout nostre malheur le froit fit mourir tout les bleds froments et seigles en sorte que si nous n’avions esté secourus par les bleds de turquie que Louis quatorze notre invincible monarque fit venir pour (nourrir) secourir son pauvre peuple nous aurions esté obliger de nous enterrer tous vivants parce que le bled estait si chair qu’il valait dans ce pays au mois de juin quinze livres le cartail qui ne pèse que quarante livres.
        Si nos malheurs finissaient par là nous serions encore consolés mais une guerre qui dure depuis dix années qui nous laisse sans argent fait que le pauvre peuple a esté obligés de paistre dans les prairies comme des animaux et mangeant de tant de sortes d’herbes qui causerent une si grande corruption dans ces endroits quont a eu des maladies dont a jamais entendu dire de semblables : aux uns il fallait couper le bras aux autres la jambe aux uns il fallait ouvrir le ventre aux autre il fallait couper bras et jambe et laisser leur corps tout tronqués à cause de la grande quantité de vers que l’enflure engendraient dans leurs membres.
        Nos malheurs finiront ils à ces pleurs non pas encore il faut que la justice de dieu se satisface entierement et que le doigd de dieu nous touche de plus pres. L’année dernière nous eumes du vin en si grande abondance qu’on ne savait ou le mettre. Le meilleur et le plus cher ne se vendait que trois livres la charge et cette année dépassent trente livres parceque le froit du septieme de janvier a este si grand qu’il fit mourir toutes nos souches en sorte que nous n’aurons pas eu un raisin cette année.
        Je serois trop long messieurs si je vous racontais tous les malheurs qui nous sont arrivés. Il me suffit de vous dire les plus grands et les plus déplorables. Car quand je vous dirais que moy curé qui dicte cette affreuse histoire jay empechay a un père de manger son enfants a un autre dégorger le sien et de le vouloir enterré pour ne le pas voir souffrir si longtemps de faim. Nous ne devons pas douter messieurs que ce ne soit nos péchés et cette guerre cruelle qu’ont les princes chrestiens entre eux qui ne soit cause de ces grandes calamités.
        L’église pleure et gémit les prestres sont prosternés aux pieds des autels on donne des bénédictions on fait des prières publiques dans toute la france pour apaiser la colère de dieu justement irritée contre nous cependant elle n’est pas encore satisfaite puisque ces malheurs subsistent encore. Nous avons été semblables aux israélites qui regretaient les oignons d’egipte nous avons murmuré contre la manne et les cailles que le seigneur nous envoiait en abondance c’est pourquoi nous boirions aujourdhuy les eaux amères du désert de mara
        Nous soupirons sans cesse jusqu’a ce que le second Moyse soit venu pour y jetter les bois que le seigneur luy montrera pour les venerer . Aussi priez messieurs le seigneur que quand ces malheurs seront finis qu’il ne nous en afflige jamais. »
        Amen
        fait à Vatilieu le 30 décembre 1709
        Dubeuf curé

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  • Le temps et les récoltes à la veille de la Révolution 21 avril 2012 09:30, par madrugada

    Très intéressant pour un généalogiste dont les ancêtres étaient des voisins, dans le mâconnais. En effet, les intempéries semblent avoir constitué un des nombreux facteurs de la Révolution qui allait suivre ; dans le cas du village d’Igé, le manque d’eau pourrait avoir aggravé le malheur des citoyens. En tout cas, Claude Pin (/ Pain) fut un des meneurs du conflit qui opposait les paysans au seigneur du village, lequel entravait l’accès aux sources situées sur ses terres. D’où procès perdu par les manants et saccage du château en juillet 1789 (voir les Annales du village) ; ratonnades de la maréchaussée, nombreuses arrestations en août, procès et pendaison des 3 meneurs en septembre sur les fourches caudines de Mâcon (voir les AD71). Claude Pin n’a pas pu, et pour cause, bénéficier de l’amnistie prononcée en octobre, mais a été réhabilité à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. Son nom figure, fait rare, sur une plaque apposée sur le monument aux morts d’Igé. Justice était ainsi faite.

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  • Le curé de Montigny l’Allier (02) note aussi les désastres climatiques de 1788-89, ses conséquences sur la population et la révolte devant le prix des grains

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  • c’est bien une partie de la généalogie à mon avis étudier
    les années passées sans lire un article comme celui-là
    c’est passer à coté de la vie de nos ancêtres JFB

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    • Le temps et les récoltes à la veille de la Révolution 21 avril 2012 19:46, par chris2521

      Pour ce qui est de l’hiver 1709, voici ce que disait le curé de Broin, petit village de la plaine Saônoise, au sud de Dijon :

      « L’année mil sept cent neuf a esté une année remplie de misères et de calamités, la guerre sur les frontières du Royaume et la famine au-dedans n’ont fait que des malheureux ; la famine est arrivée par des gelées qui se firent aux mois de janvier, février et mars, le froid estoit très rigoureux, mais comme le dégel se présentoit d’un coup, et par des pluyes continuelles qui se faisoient la journée et la nuit il geloit très fortement, ce qui fit que la terre étant beaucoup humide, les bleds qui estoient levés gelèrent entièrement ou se pourrirent dans la terre ; on prit garde à ce mal aux festes de Pasques qui furent les premiers jours d’avril et comme chacun commençoit à légiférer, la Cour du Parlement de Dijon fit un règlement et par un arrêt qu’elle rendit, elle fit défense de labourer les terres où l’on avoit semé du bled jusqu’au quinzième d’avril mais ce retard ne fût que très préjudiciable, les bleds ne poussant point comme on l’espérait, et on n’eut pas le loisir de labourer toutes les terres pour semer des orges, de l’avoine et autres grains pour pouvoir se nourrir ; le bled français fut extrêmement cher toute l’année, la mesure coûtoit communément dix et ---- livres, l’orge six et sept livres la mesure, celle de bled de Turquie huit livres et aussi celle de millet ; les pauvres qui n’avoient rien pour vivre, et qu’on ne pouvoit faire travailler cueilloient les herbes dans la prairie pour les faire cuire sans sel et les manger pour soutenir leur malheureuse vie ; les vignes ne rapportèrent que très peu de raisins, et dans les temps des vendanges, cette année le vin nouveau de Broin se vendit six à sept livres la ----, et encore non ---- pas ---- ; enfin la terre entièrement stérile pour le bled et le vin, pour ce qui est de l’orge et de l’avoine, il y en eût en abondance et on fut réduit à ne manger autre chose et tout le monde n’en ---- pas pour s’en nourrir ; comme on n’avoit point de bled nouveau, on en sema du vieux, il paraît avoir assez bien germé, comme il n’est encore qu’en herbe, je marquerai s’il plat à Dieu au registre de l’année prochaine ce qui est arrivé. Afin que cela serve à la réussite, je prie Dieu qu’il la préserve de semblables fléaux de sa justice divine.
      Broin ce avant dernier de décembre 1709 par le soussigné curé du dit lieu.

      Rigollet curé »

      Et mi-avril 1711, sur le même registre, il relate la suite de ces évènements :

      « J’avois promis l’année dernière de laisser par écrit sur le registre de l’année mil sept cent dix ce qui seroit arrivé au sujet des bleds vieux que l’on avait semé en 1709 ; le malheur voulut qu’on avoit peu semé, la moisson fut assez belle et les bleds abondants, la récolte néanmoins fut assez modique parce que le froment étant hors de prix dans les temps de la semaille, on en sema très peu, toutefois ce que l’on recueilli avec les vieux bleds qui restoient, tout cela fut cause que le froment et tous les autres grains qui estoient à un prix excessif, furent après l’hiver de 1710 à un prix très modique, le froment ne valoit que quarante sols, l’orge dix huit sols, l’avoine dix sols, et l’abondance fut restablie comme auparavant contre toute espérance, et l’on remarqua alors que si les riches -------qui vouloient profiter de la misère publique n’eussent caché leurs grains, à peine se seroit on aperçu de la disette ; il n’y eut que le vin qui fut extrêmement cher, les vendanges de 1710 furent très modiques, le manquement des vignes survint de ce que l’année dernière on ne cultiva point ; elles furent tout à fait abandonnées ; celles qui furent bien cultivées furent d’un très bon rapport, le vin se vendit d’abord après les vendanges quatre vingt dix livres, et au moment que j’écris ce mémoire, on vient de le vendre cent vingt livres pris sur les lieux pendant la semaine sainte. Il arriva à Seurre des marchands de vin de Paris qui en achetèrent pour conduire en cette ville plus de cent soixante -------, ces vins qu’ils achetoient estoient des vins de Broin, d’Auvillard et des autres villages sur la Saône jusqu’à Ge----- ; je dois encore faire observer à la postérité que les noyers ont été détruits pour la plupart de l’hiver 1709, si l’on estoit pas si pressé de les couper par le pied, qu’on les eût seulement tronçonnés, il y en auroit beaucoup de reste, c’est ce qu’on a remarqué en ceux qui sont restés ; enfin, par la gloire de Dieu tout s’est bien restably, et la terre nous fait à penser qu’il y aura une abondance de tous biens. Nous n’aurons qu’à souhaiter la paix pour finir les misères du temps ; le Roy pur soutenir la guerre contre ses ennemis a fait une déclaration par laquelle il oblige tous ses sujets de payer outre la taille le dixième des revenus se tous leurs biens, et actuellement on en exige le payement. La postérité jugera par la ---- misérable où l’on se trouve en ces temps cy, mais Dieu nous châtie comme il l’huy plait, c’est à nous à nous humilier sous la main de sa justice qui nous frappe comme elle le juge à propos pour notre correction et pour notre sanctification, et nous luy devons vivre à tous moments en l’adorant avec humilité. Justi es Domine et Rectum judicium.

      Fait en la maison curiale de Broin par moy Valentin Rigollet, Bachelier en Théologie, Prestre curé en ce lieu ce quinzième d’avril mil sept cent onze et me suis soussigné.

      Rigollet curé »

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  • Le temps et les récoltes à la veille de la Révolution 22 avril 2012 10:37, par gbariller

    Le curé d’Ambrugeat en Corrèze note en début 1789 (BMS 1763/ 1792 page 371/410) : « il y a 15 jours qu’il gèle excessivement et depuis on n’a pas pu moudre,on est à la veille de mourir de faim »......

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  • Le même évènement est mentionné à NANTON (71) :

    « Le quinze juin mil sept cent quatre vingt six, il est tombé a deux heures et quart un moment avant vêpres du jour de la fête Dieu, une si grande quantité de grêle sur toute la paroisse de nanton, qu’il n’y a rien eut d’épargné ni de sauvé, que les vignes du dessus de Sully hameau de ladite paroisse, tout a été saccagé, les bleds,les trémois, les vignes ont été absolument détruites : de mémoire d’homme les habitants ne se souvenoient pas d’avoir été affligés d’un fléau aussi destructeur ; ils n’ont fait cette année aucune récolte que quelques glanes sur ce qui avoit échappé a la grèle : cette affreuse grèle s’étoit formée dans le Bourbonnais, avoit passé sur une partie du charolois, et étoit venue fondre sur la paroisse de nanton, en ligne droite depuis le chateau d’huxell ; on comptoit plus de trente villages qui en avoient été écrasés, depuis le lieu de la formation, jusqu’à celui où elle se termine, qui est le commencement du village de mervand en Bresse chalonnaise la largeur du nuage qui portoit cette grêle étoit de trois quarts de lieüe a une lieüe ; cette grèle tomba a nanton pendant environ vingt minutes, grosse d’abord comme des noisettes, ensuite comme des noix et après comme des oeufs et plus communément grosse comme des noix, et a une si grande quantité qu’il y en avoit plus d’un demi pied sur la terre : il y a eut des endroits a l’abry du soleil où il s’en est trouvé encore trois jours après : les villages qui ont été frappés aux environs de la paroisse de nanton, si on en excepte Corlay de la dite paroisse qui ne fut point frappé, sont le Breuil en charollois, Colombier, Champagny, Bresse, une partie de champlieu, taland, la chapelle de Bragny, Lalheüe, Laives, St-Jullien, Senecey, Sens, moitié de gigny
    — .---.---. Monseigneur le maréchal de Biron Seigneur pour les troix quards de la paroisse de nanton lui a quitté a l’occasion de cette grêle tous les cens et rente duts par son terrier ; en outre il lui a donné en grains environ la somme de six mile livres ;Mr de Balleure Seigneur de l’autre quard lui a quitté pareillement les cens et rentes de son terrier ; le roi lui a donné deux mile livres qui ont été distribués en grains, les états de Bourgogne lui ont donné deux cent livres, et lui ont faits remises sur les tailles de sept cent soixante et quelques livres ; voilla les soulagemens qu’a eut la paroisse de nanton qui n’a pas laissé malgré cela d’avoir beaucoup de misères pendant deux ans.
    a cette première grèle succéda une seconde, le jour de la St Barthélémy le 23 aoust de la même année qui quoique moins forte et terrible des trois quards, ne laissa pas que d’enlever la moitié des raisins du haut de Sully qui avoit été épargné par la première, et finit d’achever de détruire le peu de glane que l’on pouvoit espérer des orges et des avoines, des pesettes et des poix et gesses, en sorte qu’il n’y eut que les turquis qui avoient pût echapper en petite quantité a la première grèle qui echappèrent encore a celle cy : après la première grèle une demie heure après qu’elle fut tombée il s’éleva un si fort et siépais brouillard et d’une si mauvaise odeur qu’on croyoit qu’il porteroit le germe de plusieurs maladies : ce brouillard dura environ troix heures : il n’y eut personne de blessé par cette grèle, pas même du bétaïl, c’étoit le jour de la fête Dieu et tout le monde étoit a l’eglise et aucun betail aux champ : voilla l’évènement dont le soussigné a été témoin...
    (signé) Pétion, curé de Nanton et Lalheüe »

    et aussi à LAIVES :

    « Le 15 juin 1786 une grêle lancée par un orage violent et pendant près d’une demi heure ayant détruit presque toute espérance de récolte dans la paroisse de Laive au point que suivant les procès verbaux déposés au gref de la Justice il n’y avait pas une feillette de vin à récolter sur toute l’étendue de la paroisse que la totalité de la récolte de graines était anéantie à Viel-Moulin et les deux tiers tant à Laives qu’à Sermaisé le Sieur curé ayant mit par un mémoire sous les yeux du Controlleur les ravages de cette grelle et sous ceux de nos Seigneurs les élus Généraux de la province par une requête il a été accordé pour secourir cette paroisse Quinze cent livres de la part du Gouvernement et dix neuf cent livres de la part de nos Seigneurs les élus Généraux les deux sommes formant celle de 3400 livres ont été distribuées les 9 et 10 décembre de ladite année par ledit curé.
    Dans le même tems eu égard à la même grèle,Monsieur le Maréchal de Biron Seigneur de Rufé a quitté tout les cens et rentes le prix de sa ferme à condition que le fermier quitterait les sous-amodiateurs, a fait distribuer pour 15 cent livres de blé de semence aux pauvres cultivateurs et a ses pauvres Vassaux pour leur subsistance des graines pour la somme de 6000 livres.
    (Signé ) : Gabiot chirurgien de Laives L’Etienne, vicaire de Laives Charles, curé »

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