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Les « Mémoires de guerre » du Lieutenant Charles Rungs (2e épisode)

Avec le 78e régiment d’infanterie, marche aux frontières de la Belgique


jeudi 10 octobre 2013, par Andrée Rungs, Michel Guironnet

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15 août : « Les ordres arrivent : 3e bataillon du 78e à l’Avant-garde... nous partons. Il fait bon marcher dans le brouillard de la Meuse ».

16 août : avion allemand abattu, 17 août : escarmouche avec l’ennemi au 21e Chasseurs, 18 août : reconnaissance du 3e Chasseurs d’Afrique, 19 août : fouille et interrogatoire d’un prisonnier, 21 août : combat des 100e et 138e RI au Pin et Izel.

4 heures de l’après midi : « Nous pénétrons en Belgique, acclamés, salués par tous les bons Belges. Et nous marchons, nous marchons au feu »... Presque minuit : « nous étions revenus en France !!! »

Le parcours de Charles Rungs, à partir de cette date, est presque identique à celui de Léonard Rouffie, d’une section R.V.F, décrit dans mon article sur le ravitaillement. Le contexte de la guerre dans cette région fait l’objet d’explications détaillées. Vous pouvez vous y reporter avec profit.

Vous pouvez aussi consulter l’excellent site sur le 78e Régiment d’Infanterie : http://creusois.canalblog.com/

15 août 1914

Bonne fête à toutes les Marie de France, bonne fête ma maman, ma belle-sœur, et j’invoque la Sainte Vierge.

Les ordres arrivent : 3e bataillon du 78e à l’Avant-garde (10e en tête).
Je respire, je ne serai pas toujours la lanterne. Dans la nuit noire, nous partons. Il fait bon marcher dans le brouillard de la Meuse, après les journées chaudes que nous venons de supporter. Nous marchons ainsi deux heures.

Avant-garde, arrière-garde, flanc-garde

Sûreté en marche. Dispositions générales.
Art. 73. La sûreté d’une colonne est garantie par des détachements dénommés : avant-garde, arrière-garde, flanc-garde, suivant qu’ils sont placés en avant, en arrière ou sur les flancs de la colonne.

Avant-garde.
Art. 74. Loin de l’ennemi, l’avant-garde a simplement pour rôle de déblayer les obstacles qui pourraient se trouver sur la route suivie par la colonne et de permettre à cette dernière de marcher librement.
Elle est constituée par des fractions d’infanterie et de cavalerie dont l’importance est proportionnée à celle de la colonne à couvrir.
A proximité de l’ennemi, l’avant-garde doit être en mesure de remplir toutes les missions qui peuvent lui incomber dans l’engagement d’après les ordres du commandant de la division, c’est-à-dire : attaquer l’ennemi pour l’obliger à montrer ses forces ; occuper les points d’appui nécessaires au déploiement du gros et conquérir au besoin ces points d’appui.

L’avant-garde est donc constituée fortement en infanterie et en cavalerie, celle-ci étant chargée d’éclairer à la distance voulue. Des fractions d’artillerie marchent à l’avant-garde toutes les fois que l’effectif de l’infanterie est suffisant pour couvrir l’artillerie. Dans le cas contraire, l’artillerie du gros doit être en mesure d’appuyer très rapidement l’infanterie de l’avant-garde.

L’avant-garde comprend en principe :
Tout ou partie de la cavalerie affectée à la colonne.Une proportion d’infanterie variant du 1/6 au 1/3 de l’effectif total de l’infanterie de la colonne, éventuellement, une partie de l’artillerie, ainsi qu’un détachement du génie, dont la composition est subordonnée à la nature et à l’importance des travaux à prévoir au cours de la marche.

Tous ces éléments sont, pour la marche, sous les ordres même chef, qui est le commandant de l’avant-garde.
L’avant-garde se fractionne généralement en un certain nombre d’échelons dénommés pointe, tête et gros de l’avant-garde. La pointe est formée par tout ou partie de la cavalerie attachée à l’avant-garde, appuyée par des fractions d’infanterie allégée. Elle est toujours commandée par un officier.
La tête comprend du tiers au quart de l’infanterie de l’avant-garde et le détachement du génie. Le gros de l’avant-garde est constitué par la majeure partie de l’infanterie et éventuellement par l’artillerie.

La distance qui sépare l’avant-garde du gros de la colonne varie avec la proximité de l’ennemi, le terrain, la force et la mission de l’avant-garde. Cette distance doit être assez grande pour que le gros de la colonne soit à l’abri d’une surprise par le feu de l’artillerie adverse.
D’autre part, elle est limitée par la nécessité d’appuyer l’avant-garde en temps voulu et de ne pas la laisser combattre isolément.

Arrière-garde.
Art. 75. Dans une marche en avant, l’arrière-garde a un simple rôle de protection : observer ce qui se passe en arrière de la colonne et la couvrir, le cas échéant, contre l’action de la cavalerie ennemie.

Sa force ne dépasse habituellement pas deux compagnies pour une colonne de division. Autant que possible, quelques cavaliers lui sont adjoints.
Dans les marches rétrogrades, l’arrière-garde a pour mission de permettre au gros de la colonne d’échapper à l’étreinte de l’ennemi et d’éviter le combat.
D’une manière générale, elle est composée comme une avant- garde dans la marche en avant. Toutefois, elle ne doit pas compter sur l’appui du corps principal, et il y a généralement intérêt à la constituer fortement, surtout en artillerie et en cavalerie.
La cavalerie marche en arrière en gardant le contact de l’ennemi, et s’attache particulièrement à éclairer les flancs.

Flanc-gardes.
Art. 76. Les flanc-gardes sont destinées à protéger les flancs ou le flanc découvert d’une colonne. Leur mission consiste soit à garantir la colonne contre l’action de détachements légers, soit à contenir l’ennemi, si une attaque est possible.
Dans le premier cas, la flanc-garde peut être constituée par de simples fractions de cavalerie.
Dans le second cas, elle comprend des troupes de toutes armes prélevées soit sur l’avant-garde, soit sur le gros de la colonne. Sa force est en rapport avec l’importance de la colonne à couvrir et celle des attaques possibles.

Suivant les instructions qu’elles ont reçues, les flanc-gardes marchent parallèlement à la colonne, soit à hauteur du gros, soit à hauteur de l’avant-garde, ou bien elles occupent sur le flanc exposé les points d’où l’ennemi pourrait inquiéter le mouvement ; elles y stationnent jusqu’à ce qu’elles aient acquis la certitude que leur présence n’y est plus nécessaire.

« Service des armées en campagne : service en campagne, droit international, volume arrêté à la date du 2 décembre 1913 » Édité en 1914 chez H. Charles-Lavauzelle.

Au petit jour, alerte. On tire devant nous à Mouzay. L’avant-garde accélère l’allure. Nous arrivons à Mouzay et nous y trouvons le 3e Cuirassier, les chevaux non sellés. Ils ont eu une escarmouche avec des uhlans dans les bois à l’est de Mouzay ; le peloton s’est replié ramenant un tué, un blessé. Je regarde mes hommes, ils ne bronchent pas. C’est bon signe.Mais je vais les voir à l’œuvre aujourd’hui même.

En effet, le colonel Arlabosse s’approche de mon capitaine. On m’appelle et je reçois l’ordre de me porter avec mon peloton et des cavaliers qui vont me rejoindre, vers Baâlon. Couvrir le passage de la colonne ; puis rejoindre le régiment aux avant-postes à la corne du bois d’Inor à l’ouest du village de Baalon.

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15 août 1914 « en flan-garde »
Le 78e prend la tête de la brigade et détache « deux lignes en flanc-garde, l’une vers Charmois au débouché de la forêt de Woevre, l’autre au bois du Charmois » (JMO du 78e RI 26 N 663/1)

Tout va bien ; le peloton est souple ; mais le bois est grand et le fouiller à fond est une chose délicate ; je n’ai pas encore vu les cavaliers annoncés, mais j’ai reçu un motocycliste et deux cyclistes, qui me sont adjoints comme agents de liaison avec la colonne.

Mes éclaireurs arrivent au bois. Je fais cacher mon peloton qui est déployé à trois pas. Cinq minutes s’écoulent. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, et encore : si mes éclaireurs se sont faits estourbir sans bruit. Ce silence m’oppresse ; aussi je donne l’ordre à mon motocycliste de se lancer à toute vitesse dans le bois. Il revient quelques minutes après, il a vu les éclaireurs qui se sont arrêtés à une laie du bois.

Je repars. Une odeur âcre, épouvantable nous saisit à la gorge. La glaise du bois fraichement retournée, nous indique que l’on a enfoui des cadavres dans ce bois. Nous accélérons l’allure.

Le cycliste de pointe me signale un fort bivouac à 1.500 mètres. Je fais coucher mes hommes et je me porte en avant avec une escouade pour vérifier le renseignement. En débouchant du bois, je trouve en effet un bivouac français : 1er 3e dragons, deux régiments de cuirassiers, un régiment d’artillerie, trois régiments d’infanterie [1].

Bigre, me dis-je, ma présence est inutile ici ; le 12e corps d’armée en marche est particulièrement bien couvert. J’en avise immédiatement le Colonel qui a reçu le renseignement à neuf heures du soir, lorsqu’il y avait six heures que j’avais rejoint le Régiment.

Je prends la liaison avec un des Régiments, je fais connaître ma mission et je préviens que par l’itinéraire fixé je vais rejoindre mon corps.
Mais à l’appel de mon peloton, il manque une ½ section. Commandée par un ancien officier de réserve qui a rendu son grade avant la guerre, pour pouvoir se présenter à Saint Maixent, cette demi section avait trop appuyé au sud. Un maréchal des logis de dragon a eu l’amabilité de me la rechercher et la ramener.

Onze heures étaient sonnées lorsque, à travers les avoines coupées, en tenant toujours la crête militaire, j’ai repris la route du Nord pour rejoindre mon bataillon.
La chaleur était horrible ; l’orage montait rapidement... Il était tard lorsque nous arrivâmes au point assigné, mais plus de bataillon. J’envoie les cyclistes en reconnaissance, une ½ heure après je rendais compte de ma mission. Tout s’était bien passé.

A ce moment un orage épouvantable éclatait. Nous étions sous bois. Mon peloton en réserve avec la 10e Cie, les autres compagnies et le 2e peloton de la Cie occupaient la lisière du bois face à l’Est.

Malgré l’ingéniosité de mes hommes qui avaient fait un abri magnifique, recouvert de gerbes de blé, trois heures après notre logis était un marécage. A neuf heures, assis sur des fagots et les pieds isolés de la glaise par des gerbes de blé, nous y dînions avec le Lieutenant Colonel de Monthuisant, le Commandant Gaudriault, le docteur de Merliac [2].

Ma compagnie faisait les frais du festin au pain mouillé de pluie, à la viande sentant la fumée. Une boîte de saumon fut trouvée exquise et les six bouteilles de vin vieux que m’avait donné mon hôte de Petit Bourreuil, et que la cantine à vivres avait charriées jusqu’ici, furent trouvées excellentes.

Mais impossible de se reposer, nous étions transpercés par la pluie qui continuait à tomber, le sol était de glaise. Le colonel autorisa alors, il était 23 heures, l’allumage des feux. Et ce fut alors un immense incendie devant lequel chacun se présentait pour se sécher, certains même dans la tenue la plus primitive, présentant les effets à la flamme.

Minuit. Coup de feu aux avant-postes. Simple alerte. Néanmoins mon capitaine m’envoie près de nos sentinelles pour les modérer dans leur trop bon service contre un ennemi imaginaire.
Je trouve un tronc de peuplier au travers de la route ; je m’assieds dessus et je songe au bon lit, à la bonne table. Un groupe de sentinelles vexé d’être surveillé m’appelle : « Nous étions au 5e à St Die, mon lieutenant, nous n’avons pas peur, tachez d’aller vous reposer ». « Je suis ici par ordre, leur dis-je, je vous connais bien, vous êtes de bons soldats, je puis compter sur vous, mais je vais vous tenir compagnie. »
Et la nuit se passe, ma somnolence étant chaque ½ heure réveillée par halte-là, qui vive ?, France, etc….
L’aube me surprend. J’ai été halluciné la nuit . A deux reprises j’ai cru entendre du bruit, voir remuer une ombre. Je suis allé voir pour tranquilliser les sentinelles. Les troncs de la forêt étaient bien immobiles et ne cachaient rien derrière eux .

16 août 1914

Décidément nous ne suivons plus la vallée de la Meuse ; c’est face à l’est que nous formons les trois Bataillons en échelon. Le 3e face à Nepvant, les autres à gauche à 500 m d’intervalle.
Les heures passent. A la jumelle, je suis les évolutions d’une brigade de cavalerie qui semble fouiller la vallée de la Chiers. Plus tard, j’ai vu que l’objectif était Margut.

Neuf heures sonnent et nous sommes encore en formation souple, gardée, articulée, je veux bien, mais dans un bois que l’artillerie pourra facilement fouiller.

Un Taübe est venu se rendre compte du contenu du bois. Mal lui en a pris, car une section de la 9e (Compagnie) a ouvert le feu sur lui et comme il était très bas à cause de la pluie, il est parti, blessé à mort, s’abattre au milieu des cavaliers qui escadronnaient sur la Chiers.

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Dans le JMO de la 4e Division de Cavalerie
15 août 1914 (26 N 484/1, vue 20/57)

Voir sur le Forum Pages 14-18, dans les pages « aviation » la discussion sur cet avion allemand abattu le 15 août 1914 :
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/aviation-1914-1918/avion-allemand-abattu-sujet_2266_1.htm

Dix heures. Des ordres : le 3e bataillon va aller s’établir à Nepvant. 11e (Compagnie) en avant-garde.
Je pars avec ma section, j’ai vu des cavaliers sortir du village au pas, je sais que le village n’est pas en possession de l’Allemand. Je suis tranquille, néanmoins les bois au sud, bois qui sont le prolongement de ceux que nous venons de quitter, doivent être gardés ?
Et la liaison avec les éléments de notre droite, éléments dont personne ne m’a parlé, doit être établie. De ma propre autorité je détache en lisière nord de ce bois une ½ section. Mission : couvrir au sud le village de Nepvant, tacher de savoir ce qu’il y a vers Brouenne.

La veille j’avais laissé à Brouenne un bataillon du 63e (régiment d’infanterie).
J’arrive à Nepvant, un régiment de dragons y cantonne et attend notre arrivée pour rejoindre sa division qui vient de recevoir l’ordre de se porter à Bievres.

Enfin, je constate que nos cavaliers ont compris l’importance du combat à pied. La défense du village (est) judicieusement organisée et nos dragons ont aussi bien travaillé la terre que nos fantassins.

Il pleut toujours, nos hommes s’installent dans les granges pour dormir un peu, tout mouillés, il le faut bien. Ils ne mangent même pas, tellement ils sont harassés.
A midi, au sortir de la messe, où je n’ai pu aller, je réveille les plus courageux. Je fais préparer du potage aux haricots et du café.
Les hommes ne manquent de rien. Chaque jour, ils reçoivent 500 gr de viande, leur pain, etc. ; etc.. Les gens du pays sont prodigues : rien ne manque pour une excellente et récupératrice alimentation, si ce n’est le temps pour tout préparer et l’autorisation d’allumer des feux.

A une heure, je remets tout le monde debout, et je remplace ceux qui sont de faction depuis l’arrivée.L’ordre arrive de s’installer au cantonnement avec un régiment d’artillerie, celui de corps : le 52e.

Chacun s’installe, je mange chez une Belge (avec mon Capitaine) qui nous sert un repas copieux. Rien n’y manque : « Manchez, mes brafes,ponne chance ».

J’allais relever une troisième fois mes postes vers trois heures, et les feux du repas du soir commençaient à s’allumer quand des galops de chevaux nous font mettre le nez à la fenêtre.
Mon Capitaine, nous dit un fourrier d’artillerie, les deux divisons de cavalerie, ont refoulé les Prussiens et l’ordre nous est donné de nous porter immédiatement sur la côte 319 vers Olizy sur Chiers.

Il en est bientôt autant pour nous. Le Régiment cantonnera à la Ferté sur Chiers. Les soupes sont renversées, les sacs refaits et à 16 heures nous partons pour la Ferté sur Chiers.

Plus de six avions allemands nous survolent. On dirait que ça va chauffer, disent les hommes. La vérité c’est que ce que voient ces avions est très intéressant pour eux : une salade de toutes les armes a lieu dans la vallée de la Chiers.

J’estime à 25.000 hommes tout ce qui se presse sur les routes, dans les prés. Pour ma part, je suis arrêté (je suis toujours tête de colonne du Bataillon) à Lamouilly (par le) 138e d’artillerie du 126.
Nous arrivons au pont toujours groupés et nous le franchissons ; mis pour fuir cette salade, très judicieusement le Lieutenant Colonel nous jette le long de la voie ferrée et nous parvenons enfin, tard, il est vrai, à La Ferté.

Les hommes sont bien logés. Ils peuvent se sécher et changer de tout. Une femme me donne le lit de sa fille. J’en ai bien besoin car les coliques me coupent bras et jambes. Mon capitaine est dans le même cas. Je change de ceinture de flanelle car celle que je laisse est aussi mouillée que le reste de mes vêtements, je prends 30 gouttes de laudanum, prises dans la petite pharmacie que m’a organisée ma femme [3] et je m’endors jusqu’au dîner.

Bon dîner, mais à l’eau. Je bois du thé. Bonne nouvelle le soir : la brigade cessera d’assurer les avant-postes, à l’autre brigade (d’assurer) la sécurité.
Aussi, chacun dort tranquille et il en a besoin. Nous savons, à moins d’ordres contraires, que nous séjournerons à la Ferté sur Chiers.

La Ferté sur Chiers – 17 août

Il est grand jour lorsque mon brave Hadaud m’apporte, au lit je vous prie, un café bouillant, et mes effets, enfin secs.

Je prescris le nettoyage des armes. Il n’y a plus de graisse. C’est dans le pétrole qu’a lieu cette opération. Elle est suffisante, mais ne procure pas toute satisfaction. Mon Sergent-Major trouve de l’huile à machine à coudre. Nous achetons le stock, nous aurons des réserves pour l’avenir.

Nous pouvons nous permettre ce luxe, maintenant qu’à chaque compagnie sont attachées trois voitures qui nous quittent au moment de l’engagement, mais qui chaque soir peuvent nous approcher. Il le faut bien puisque, dans ces trois voitures, il y a la cuisine roulante.

La journée se passe bien. Il pleut cependant. Enfin nous avons des nouvelles. Nous savons ce que font les Belges, nous apprenons les atrocités allemandes [4] et nous applaudissons les heureux vainqueurs qui ont fait flotter nos trois couleurs sur les sommets de l’Alsace.

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Atrocités allemandes
"Les Allemands venus à Jamoigne, Pin et Izel ont terrorisé le pays, pillé les boutiques, pris des otages, réquisitionné du pain, puis martyrisé et fusillé deux jeunes gens. La population est complétement effrayée.
Le curé et l’abbé d’Izel pris par les Allemands ont été relâchés hier à Sampon. L’abbé que j’ai interrogé n’a pas pu me donner de renseignements exacts sur la force de l’ennemi. Il compte environ 1000 hommes et prétend avoir vu 20 canons à Sampon ainsi que quelques cyclistes"
Extrait du JMO de la 47e Brigade à la date du 20 août 1914 (26 N 509/1).

Mais notre cavalerie n’a pas encore pris le contact avec l’infanterie ennemie. Elle a trouvé des soutiens de cavalerie qui l’ont un peu étrillée, mais pas de colonnes en marche et en station.

Nos avions n’ont rien vu à proximité de nous, Longwy va être attaquée nous dit-on. Des colonnes très fortes vont vers Bruxelles. On se bat à Dinant. Et nous ne savons rien d’autre. La nuit nous trouve au lit.
Minuit et demi. Le Régiment va se porter aux Avant-Postes : la ligne passera par la route de Montlibert ? à Herbeuval incluse (Infanterie de Marine) croupe au sud ouest de Sapogne, croupe au sud d’Auflance, route de Fromy à Puilly, liaisons sur cette route avec le XVIIIe corps. Réserve (à la) corne est (du) petit bois W. de Moiry.

Deux heures (du matin, le 18 août)

Nous sommes en route. Ma compagnie s’établit en grand’garde à l’Est de la route de Moiry à Villers, à la lisière nord du bois situé au Sud Est du Moulin sur la Marche.

Un petit poste (commandé par le) Sous-Lieutenant Haack sur le mamelon situé au Sud Est de ce bois ; liaison avec le 23e Colonial, petit poste n°2 (sur la) croupe Sud de Sapogne, liaison avec sa gauche au Moulin Nord Ouest de cette croupe.

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Entre Stenay et Florenville
Les noms de lieux cités sont sur la carte (détail agrandi d’une carte des Ardennes de 1911)

Nous organisons la position. Les généraux, le Colonel, viennent nous visiter. On adjoint à ma grand’garde une section de mitrailleuses ayant pour mission de battre la vallée de la Marche et la route de Villiers.

La journée se passe sans incident ; les « Taübe » et des biplans allemands nous survolent tout le temps. Deux sont descendus : un par l’infanterie de Marine, l’autre par le 3e Chasseurs d’Afrique qui forme la cavalerie de la Coloniale.

Et la nuit tombe, nous enveloppant de brouillard et de fraîcheur. A deux heures, je suis debout, je réveille le capitaine ; nous mettons la grand’garde sous les armes.

19 août – Avant-Postes

Rien ne vient troubler notre tranquillité. Le passage de nombreux régiments de cavalerie rompt la monotonie. Les six régiments qui passent, et que nous verrons à la jumelle évoluer toute la matinée vers Villiers et Margny, sont à la recherche d’une division de cavalerie signalée en marche vers Florenville.

Cette division rentre vers midi avec des prisonniers. Elle n’a pas trop souffert. Mais des chevaux manquent et des cavaliers à pied sont nombreux.

Un lieutenant du 21e Chasseurs rentre quelques minutes après ; 21e Chasseurs, notre cavalerie divisionnaire ; le lieutenant est à pied, ses hommes aussi ; ils ont en tout 10 chevaux. Ils faisaient du combat à pied, un obus tombe au milieu des chevaux tenus en mains et pour comble les rosses filent droit à l’ennemi ; les quadrupèdes désertent donc aussi.

Épisode tiré du JMO du 21e Chasseurs (troupe de cavalerie en couverture du 12e C.A) JMO 26 N 893/15 :
« A 15 h 30 (le 17 août 1914) le sous-lieutenant de Fozières, le maréchal des logis Mayéras et 3 Chasseurs ; en reconnaissance sur Château et ferme d’Orval ; étaient pied à terre en observation derrière un mur à la corne sud ouest du Bois de Rond Buisson, voient quatre cavaliers allemands venant au pas sur la route de Villers et marchant vers Château d’Orval.

De Fozières, prenant la carabine de l’homme qui tient les chevaux, tire le premier : l’un des Allemands tombe raide ; les trois autres s’enfuient au galop vers Château d’Orval. Les Chasseurs tirent : un autre Allemand tombe avec son cheval.

Les chevaux des Chasseurs, effrayés par les coups de feu, renversent l’homme qui les tient et s’enfuient par le petit chemin descendant au sud vers Herbeval. De Fozières et ses Chasseurs se mettent à leur poursuite.
Lorsque, sans les avoir retrouvés, ils reviennent à Villers ; ils apprennent là par des habitants que l’un des Allemands était mort, a été emporté par des camarades revenus le chercher ; que l’autre est à l’hôpital de Villers. Ils y vont, voient l’Allemand blessé (balle dans le haut du bras) prennent sa carabine et son casque, peuvent alors constater qu’il appartient au 5e Dragons ».

Ce lieutenant a néanmoins des prises de guerre : 4 bicyclettes (rustiques et lourdes), 2 lances, des fusils, des carabines et des casques ; les premiers que nous voyons de près. Ces casques sont des coiffures légères en cuir bouilli ; la pointe métallique est maintenue au casque par un écrou qui lui-même s’appuie sur une plaque métallique qui se trouve juste au fond du casque. Notre balle traverse la plaque, j’ai vu deux casques d’hommes tués dans la position couchée, qui étaient traversés.

Rien de saillant, pendant la journée interminable, sinon toutefois l’arrivée d’un prisonnier en piteux état. C’était un uhlan ; il est arrivé couvert de sang à notre petit poste n°2 : 3 coups de lance, deux coups de sabre.
Mon adjudant a commencé par le panser, ce qui l’a fortement étonné, il s’attendait à être fusillé, ses officiers lui avaient dit qu’en France tout prisonnier était immédiatement passé par les armes.
Il regardait avec des yeux d’envie le frichti qui venait d’arriver. "Mange vieux", lui dit un caporal, et il lui passe une gamelle. Le Teuton hésite ; le caporal mange une cuillère, l’affamé n’hésite plus, il avale,une, deux, trois gamelles ; il y avait plus de vingt quatre heures qu’il n’avait pas mangé.

Et cependant on fouillait son barda. Bien maigre avoir. Pas de linge, un morceau de lard gros comme un œuf ; il a voulu nous faire croire que c’était ses vivres de réserve ; un morceau de pain noir (de) 100 gr, quelques lettres que nous avons saisies et alors une chose extraordinaire, un livre de cantiques, oui, de douze cantiques : L’ennemi de l’Ouest doit disparaître de la terre, il sera exterminé par Dieu, l’empereur chargé de l’exécution. Il sera poursuivi jusque dans les enfants ; il est pire que les Philistins, plus mauvais que la grêle, mais devant le Tonnerre Allemand, il devra s’incliner…
Et ainsi de suite… Mon Capitaine m’a traduit les douze cantiques.

Puis en Allemand il lui a dit : "Tu es un brave homme, tu défends ton pays, c’est très louable, mais ton empereur est la plaie de l’humanité et son fils est encore plus mauvais que lui". Au mot Kaiser ; le soldat s’est redressé au garde à vous ; mais pour le Kronprinz il a eu un mouvement de recul, comme si le fils de Guillaume n’avait pas l’approbation des hommes.

Les avions n’ont pas manqué de passer et repasser ; nous ne faisons plus attention. On se terre comme les alouettes, lorsqu’elles aperçoivent l’épervier, et on ne bouge pas tant qu’ils ronronnent.

Le soir nous prend dans le même bois, la même situation, et toujours rien pour se laver. On mange à l’escouade et je vous assure que tout est bon. Des pommes de terre cuites à la cendre, arrachées au champ limitrophe de notre forêt sont le dessert.

Et la nuit fut bonne, très bonne. On s’habitue à coucher sur la terre. Le café du matin, 2 h 30, me rappelle au devoir et, tout le monde sous les armes, nous attendons les évènements.

Jusqu’à 9 heures rien ; le lieutenant du 21e chasseurs est bien allé à la recherche de ses chevaux ; il ne les a pas trouvés, mais il en ramène quelques uns d’allemands, dont deux d’officiers qu’un jeune sous lieutenant du 3e chasseurs d’Afrique a tué de sa main. Les casques sont sur les selles ; ils sont mieux que ceux des soldats ; les attributs sont en aluminium, mais ils sont plein de sang, les deux propriétaires ayant eu la cervelle brûlée.

« Reconnaissance : rapport du Sous-Lieutenant Humbert du 3e Chasseurs d’Afrique, commandant le détachement affecté à la 5e Brigade d’Infanterie Coloniale » Bièvres 18 août 1914.

Le 18 à 5 heures, j’ai reçu du Général Commandant la 5éme Brigade d’infanterie, la mission de reconnaitre la région « Pagny, Limes, Gérouville, Château d’Orval » où une division de cavalerie allemande était signalée. Avec mes deux pelotons, je me suis porté sur Gérouville, par Ligny, Sapogne, Herbeuval, Margny.

A Herbeuval, j’ai donné la chasse à 20 cavaliers qui se sont retirés dans les bois. A Villers devant Orval, que j’avais reconnu avec une patrouille, j’ai été reçu à coups de fusils par une compagnie de cyclistes allemands qui occupait le village et qui en a été délogée par un détachement du 21e Chasseurs à cheval.

A Margny, je faisais boire et manger mes chevaux, lorsqu’un renseignement d’habitant me signala une reconnaissance ennemie dans la direction de lea ferme « Huttoy » Je fis monter à cheval et pris le chemin Margny Gérouville. Je marchais avec la pointe, le gros étant commandé par l’Adjudant Boursier, lorsqu’à hauteur de la cote 300, je fus accueilli par une fusillade tirée à 200 mètres environ.

La pointe pris le galop, tomba sur un éclaireur à cheval, qu’elle fit prisonnier, et que je fis remettre à un groupe de 4 ou 5 Dragons qui était avec nous. Pendant ce temps, les tireurs remontaient à cheval et partaient au galop dans la direction du bois de Gérouville. Accompagné du Maréchal des Logis Beaujour et de 4 cavaliers, je me lançais à leur poursuite. Je les rejoignais au bout de 300 ou 400 mètres, en abattais deux à coups de revolver (dont l’officier) puis continuant la poursuite, nous en sabrions trois autres. Un seul qui s’était séparé du groupe s’échappa dans le bois.
Nous avons pris 4 chevaux, les harnachements, l’équipement et toutes les armes que j’ai ramenés ce soir. De notre côté, un cheval blessé sans gravité par une balle. Je demande ce que je dois faire des armes (lances, sabres, carabines).
Les chasseurs se sont très bien conduits, ils ont fait preuve de calme sous le feu et d’une grande énergie à l’arme blanche. Signé Humbert ».

« Félicitations – Le Général Commandant le C.A.C (Corps d’Armée Colonial) au Colonel Commandant le 3e Chasseurs d’Afrique. Je vous prie de transmettre mes félicitations au Lieutenant Humbert du 3e Chasseurs d’Afrique, pour le courage et l’allant dont il a fait preuve dans sa reconnaissance sur Gérouville le 18 août.
C’est le premier fait de guerre du Corps d’Armée Colonial pendant cette campagne. Signé : Lefèvre »
JMO du 3e Chasseur d’Afrique (26 N 899/15).

20 août - Moiry

La 10e Cie vient nous relever, et nous partons à la réserve à Moiry. Enfin nous pouvons nous laver, changer de linge, nous reposer. Nous en profitons grandement.

A quatre heures, nous faisons (la) connaissance de notre aumônier, un père jésuite de Limoges, nous le reverrons chaque jour pendant la période active des opérations. Puis de bonne heure nous gagnons notre lit et nous nous reposons.

21 août - Villers

Il est nuit noire, on cogne à ma porte. Je mets le nez à la fenêtre : « On part de suite, mon Lieutenant ».
Le régiment prend place dans la colonne à 2 h 15. Point initial : carrefour de la route de Moiry avec celle de Villers. Le temps de m’habiller, de rassembler ma section ; et en route ; surtout que l’ ordre est de nouveau « 11e Cie en tête, lieutenant Rungs, officier orienteur ».
Encore une fois, je suis la lanterne ; mais pour 1.200 m seulement.

Et alors, nous marquons le pas ½ heure, puis une heure. Finalement je m’approche d’un officier d’état-major qui pointe les heures de passage. Il disait au Colonel « c’est navrant, nous avons une heure vingt de retard ». Et pourtant l’ordre était celui-ci, je l’ai lu quelques minutes après :
« Les reconnaissances d’aéroplanes signalent deux fortes colonnes de toutes armes en marche du Sud-Est au N.O. sur les routes de Dekirch à Bastogne et Dekirch à Liège. Par une marche de nuit, l’armée gagnera les bois de Villers et d’Orval.
Un bataillon du 90e et du 100e, une batterie d’artillerie, gagneront Pin et Ysel ; s’y établiront pour faciliter la sortie de la colonne. Le 138e fouillera la forêt d’Orval ».

Enfin, à 3 h 45, nous prenons place dans la colonne, derrière l’artillerie de corps, le 63e nous suit.Finalement, à 5 h 15, nous nous arrêtons sur la route à 1 200 m au sud de Sapogne à l’emplacement de nos Avant-Postes.

Et les heures passent. Midi : nous déjeunons, une heure : le canon tonne.
Hélas ce n’est pas le nôtre ; car les salves sont de six coups. Que se passe-t-il derrière ces bois ? Nous nous orientons. Le bruit vient bien de la direction de Pin.

Mais nous ne bougeons pas. C’est épouvantable cette inaction lorsque l’on sait que les camarades sont aux prises.Le Colonel n’y tient plus ; il galope aux ordres, aux enseignements. L’auto du corps d’Armée passe en trombe ; il vole à la fusillade.

Trois heures ont sonné. Rien ne bouge. Sauf que, maintenant, nous distinguons nettement les 4 coups de notre batterie de 75.

Quatre heures. En route, sac au dos. Je suis toujours en tête du Régiment .
Le Colonel dit : "Gagnons Villers devant Orval et par les ruines d’Orval, il faut gagner la voie ferrée qui passe au Nord de la forêt. Deux bataillons du 138e sont sérieusement accrochés avec la flanc garde allemande".

Et alors commença une marche à 5 kms à l’heure. Nous pénétrons en Belgique, acclamés, salués par tous les bons Belges. Et nous marchons, nous marchons au feu.

En route, nous croisons les premiers blessés. Puis un orage épouvantable éclate. En un rien de temps nous sommes transpercés.
Nous nous arrêtons un instant pour laisser passer un régiment d’artillerie et un régiment de Chasseurs d’Afrique qui galopent vers le feu. Puis nous prenons la suite. Le crépuscule descend et le feu cesse sur la ligne.

Nous nous arrêtons à la sortie W du bois. Il pleut toujours, mais la fusillade a cessé. Une ½ heure de repos.

J’apprends à ce moment que les bataillons de Pin et d’Izel ont arrêté le mouvement. Qu’ils ont été fortement canonnés, sans aucun mal ; mais que les mitrailleuses ont décimé le bataillon du 100e. Quant au 138e, il s’est terré et grâce à l’appui de la batterie de Pin, il a pu se dégager.

Les pertes allemandes sont doubles des nôtres, quoique deux compagnies du 100e qui ont chargé une Cie de mitrailleuses soient réduites à leur simple expression.

21 août 1914





Tués au combat d’Izel :

  • Adjudant Chef Lamperti (Toussaint).
  • sergents : Baniere (Jacques), Dignac (Raymond), Gatesoleil (Pierre), Bonnaud (Eugène).
  • caporaux : Dubernard (Auguste), Jabouille (J. Alexandre), Lagorce (Elie Anatole), Moueix (Jean Baptiste), Deshuraud (Albert), Bachelerie (Jean).
  • soldats :



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Extrait de l’historique du 100e Régiment d’Infanterie (disponible sur le site de la BDIC) voir également le JMO du régiment 26 N 673/15.

J’ai appris le lendemain par de Lescal, un ami de Gustave, capitaine au 100e, que le seul survivant d’une de ses compagnies était le sergent-major et qu’à l’appel, il manquait 163 hommes.

Gustave doit être le frère de Charles. L’ami de Gustave est Capitaine au 100e Régiment d’Infanterie. Dans le JMO de ce régiment (26 N 673/15) se trouve l’organigramme de l’État-Major.



Il y a bien un Capitaine à la 11e Compagnie du 3e Bataillon dont le nom est De l’Escale.

Enfin nous avons des ordres. Le Corps d’Armée Colonial nous remplace sur la ligne. Le corps d’armée va se replier sur Villers devant Orval : le 63e et le 78e iront cantonner à Villers.

De tête de colonne, je passe à la queue, et alors commence, toujours sous la pluie, une marche dont je me souviendrai toute la vie.
Nous redescendons sur Villers par une marche rétrograde, arrivés à Villers devant Orval nous remontons au Nord, pour redescendre à l’Ouest. Autrement dit, j’ai fait,en marchant, un V complet ; tandis que en suivant la lisière de la forêt, nous n’aurions parcouru que le quart du chemin que nous avons fait.
Et cela sous la pluie, sans avoir mangé, et au pas de gymnastique. J’étais dernier élément d’une colonne qui se croisait avec la colonne qui venait nous remplacer.

En fin de compte, il était près de minuit lorsque nous arrivons à Villers et dans quel état ! Et nous étions revenus en France !!!

Les habitants avaient fui. Nous envahissons la place. Chaque compagnie allume un grand feu ; et chacun se sèche en attendant les distributions qui n’arriveront pas. Mais ce qui arrive, c’est la cuisinière roulante à deux heures du matin. Le ragoût de bœuf aux haricots fut excellent, je vous assure.

Mais comme il pleuvait toujours, et que l’on était dehors, on ne pouvait dormir, ni se coucher. Quelle nuit épouvantable, à la lueur de l’incendie monstre que nous avons allumé en faisant brûler tous les stères de bois que, péniblement, les indigènes avaient entassés sur la place.

A suivre...

Notes

[1Il s’agit probablement des éléments de la 9e Division de Cavalerie : 1er et 3e Dragons, 5e et 8e Cuirassiers , division venant en couverture du 12e Corps d’Armée.

[2Le Lieutenant Colonal Montluisant est l’adjoint du Commandant Arlabosse, Chef de Corps du 78e RI. Le Colonel Gaudriault est le Commandant du 3e Bataillon, le Docteur De Merliac est le médecin major pour le 3e Bataillon.

[3Le laudanum est une préparation à base d’alcaloïdes du pavot somnifère prescrit essentiellement dans le traitement symptomatique des diarrhées aiguës et chroniques, résistantes à tout autre traitement médicamenteux. Il est disponible sous forme de gouttes et n’est délivré que sur prescription d’un médecin (Wikipédia).

[4Voir le livre de John Horne et Alan Kramer : « 1914, les atrocités allemandes » Texto (Taillandier 2005)
http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/Representer/EC01HorneKramer.html

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1 Message

  • Les « Mémoires de guerre » du Lieutenant Charles Rungs (épisode 2) 22 novembre 2013 22:01, par Georges CHAVAGNAC

    Bonsoir,

    Très émouvant ce second récit, non pas par les escarmouches bien que le 100e ait été décimé, mais surtout pour endurer le mauvais temps, cette pluie incessante, la boue,les repas quand cela est possible tout comme pour dormir...debout ou appuyé contre un collègue. Ce n’est pas dit mais cela a du arrivé.

    Personnellement,à un période plus récente, en Algérie, j’ai connu un collègue dormir debout, ayant bouclé son ceinturon à la grille d’un bâtiment ;de ce fait,il tenait debout.

    La guerre c’est la misère.

    Répondre à ce message

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