
- Voiture de colombophiles
- La photo est,dans l’album, datée de "Froméreville le 20 avril 1916" mais sur la photo elle même, il semble bien être indiqué "20/5/1916"
Sur cette photo, un sapeur colombophile [2] est occupé à préparer le panier pour le pigeon voyageur. A côté de lui, à droite, un autre militaire (un cycliste ?) emporte un panier fermé sur lequel on voit bien le petit sac et le "portefeuille" pour les dépêches.
Sachant que la 34e compagnie d’aérostiers stationne également à Fromeréville, peut être ces paniers vont ils être embarqués à bord des ballons ? Où plus simplement sont ils destinés aux troupes en première ligne pour assurer la liaison avec le Poste de Commandement basé ici.

Pour commander, il faut être renseigné. Mais le renseignement coûte souvent fort cher et les sacrifices consentis sont faits en pure perte s’il ne parvient pas ou parvient trop tard.
Cela explique le souci qu’apporte le commandement dans l’organisation des services de liaison et dans la mise au point des moyens de transmission.
On sait d’autre part que, dans la bataille moderne, l’activité de l’artillerie ennemie et la mauvaise visibilité rendent insuffisants la plupart des moyens employés pour assurer une liaison étroite du commandement avec les unités combattantes et font parfois défaut aux moments les plus critiques.
Les lignes téléphoniques sont généralement rompues dans la zone des attaques ; l’intensité de la circulation sur les routes et la réglementation qu’elle impose ralentissent considérablement la transmission des renseignements ; les signaux optiques obscurcis par la fumée et la poussière, demeurent souvent inefficaces ; enfin, les observations aériennes, dans de nombreuses circonstances défavorables dues au mauvais temps, ou à l’éloignement des objectifs, ne renseignent pas toujours le commandement d’une façon suffisamment précise sur la marche du combat.
Seuls, les pigeons voyageurs fonctionnent régulièrement malgré le bombardement, la poussière, la fumée ou la brume, et apportent, dans un délai relativement court, des précisions sur la situation des troupes engagées.
Grâce à eux, le commandement est toujours exactement informé et reçoit à temps les appréciations et les demandes des exécutants. On conçoit, dès lors, l’importance que le commandement français a pu attacher à l’emploi du pigeon voyageur comme agent de transmission au cours de la Grande Guerre.
Le pigeon voyageur dans la Grande Guerre.
Pendant la dernière guerre, c’est dans l’armée française qu’est née l’idée d’utiliser le pigeon voyageur sur la ligne de feu, l’organisation par pigeons voyageurs qui permirent d’établir les liaisons entre les troupes en première ligne et le commandement.
Ces liaisons ont pu fonctionner malgré les bombardements les plus violents, malgré les nappes de gaz et les obus asphyxiants. Les rapports fournis à la suite des différentes et importantes opérations engagées, tant à Verdun que sur la Somme et qu’en Champagne, ont fait ressortir d’une façon indiscutable la valeur de ce volatile comme agent de liaison pendant le combat.
C’est ainsi que du 2 au 5 juin 1916, les messages adressés par le Commandant Raynal ont permis de suivre les efforts de l’héroïque garnison du fort de Vaux ; que du 21 au 23 juin, lors d’une puissante attaque par les Allemands alors que toutes les communications téléphoniques étant détruites, des barrages d’artillerie interdisant l’accès du terrain aux coureurs, le commandant d’une unité engagée a recours aux pigeons pour obtenir les renforts nécessaires ; qu’au cours de la bataille de Verdun, deux pigeons ont porté chacun 7 messages importants, un grand nombre d’autres ont été atteints mais ont cependant rempli leur mission, et que plusieurs d’entre eux sont rentrés au colombier à demi-éventrés.

- Aux Colombophiles Morts pour la France Au Pigeon de Verdun
- Plaque apposée sur le Fort de Vaux
| De ce fort est parti pendant la bataille de Verdun, le 4 juin 1916, le dernier pigeon voyageur du Commandant Raynal (N° 787-15) portant le message suivant : « Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon ». Le pigeon accomplit sa mission et a obtenu la citation suivante : « Malgré des difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le Commandant Raynal, unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du Fort de Vaux. A transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier. Fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier ». Diplôme de Bague d’Honneur « Cette plaque a été érigée par souscription des Sociétés Colombophiles de France, par les Amis des Pigeons Voyageurs et par les soins du « Pigeon de Verdun », société colombophile de Verdun, et inaugurée le 24 juin 1929 ». |
Dans les opérations de 1918, ces volatiles se sont particulièrement distingués. Le 15 juillet, à l’attaque allemande de Champagne, malgré le bombardement violent auquel furent soumis les arrières du front, les liaisons par pigeons ont fonctionné d’une façon parfaite. Grâce à elles, l’avance de l’ennemi a été suivie pas à pas et les postes disséminés dans la zone de couverture ont pu ainsi rendre compte qu’ils avaient accompli leur mission héroïque.

- Panier pour pigeon voyageur
Dans la seule journée du 15, cinquante colombo grammes ont été reçus — dont 12 dans un délai de 7 à 15 minutes et 20 dans un délai de 16 à 30 minutes — Le même jour, aux opérations sur la Marne, un pigeon arrivait épuisé au colombier, les doigts de la patte enlevés par un éclat d’obus, mais porteur d’un message précieux qui permettait au Commandement de riposter efficacement à une attaque ennemie.
Tous ces exemples prouvent que dans les situations difficiles le pigeon voyageur reste le meilleur, souvent le seul agent de transmission capable de rendre les plus grands services au commandement : la liaison par pigeons messagers étant la seule qui ait résisté à tous les moyens de destruction de l’ennemi.
Mais les pigeons voyageurs ne furent pas seulement utilisés dans les troupes de première ligne, les chars de combat, les observatoires du front ou les reconnaissances de cavalerie.

- un vaillant pigeon voyageur
- En visitant le Mémorial de Verdun
Dans l’aéronautique et dans la Marine, ils rendirent également des services qui furent très appréciés. La liaison des avions avec leur escadrille et des hydravions et torpilleurs avec leur port d’attache, par pigeon messager, constitua un excellent moyen de communication.
Les centres d’aviation et d’aérostation maritimes, ainsi que les escadrilles côtières possédèrent leur colombier. Tout avion ou dirigeable partant en reconnaissance emportait plusieurs oiseaux. Il en était de même de certains bâtiments de la flotte.
Grâce à ces volatiles, l’aviateur, l’aéronaute, le chalutier, le commandant de sous-marin avaient la possibilité de renseigner rapidement le Commandement et de demander du secours en cas de nécessité. On cite à ce sujet l’équipage d’un hydravion britannique qui, tombé désemparé en pleine mer du Nord, dut son salut à ses deux pigeons, dont le prompt retour au colombier permit à un torpilleur d’aller recueillir les aviateurs [3].
Pour lire la suite : La capture de prisonniers allemands
Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode
Messages
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre (À Fromeréville III) - 14e épisode, 27 avril 2012, 15:08
Étonnant ces petits pigeons ! C’étaient en quelques sortes les drones cette époque. Combien leur doivent leur vie ?
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre (À Fromeréville III) - 14e épisode, 27 avril 2012, 20:11
Bonsoir,
Pour ceux qui s’intéresseraient aux pigeons voyageurs militaires, sachez qu’il subsiste dans l’armée française un colombier : celui du 8e régiment de transmissions de Suresnes, au fort du Mont-Valérien (à 3km environ de Paris), qui se visite, avec un petit musée très intéressant.
2. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre (À Fromeréville III) - 14e épisode, 28 avril 2012, 09:43, par F6CUD
Bonjour J’ai lu avec intérêt votre article. Rédigeant moi même un bulletin a l’usage des radioamateurs du Rhône Je me permets de vous demander l’autorisation de reprendre votre article pour diffusion dazns ce document Merci pour votre réponse. Jean Guillemote
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre (À Fromeréville III) - 14e épisode, 29 avril 2012, 18:14
Bonjour,
Vous avez mon autorisation pour reprendre cet article dans votre bulletin. Merci de m’en adresser un exemplaire à parution.
Cordialement.
Michel Guironnet
3. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre (À Fromeréville III) - 14e épisode, 1er mai 2012, 08:48, par Johan De Clercq
La colombophilie était (et est toujours)une activité caractéristique des Flandres françaises et belges. Sur le front de l’Yser, les troupes belges utilisèrent également intensément le pigeon voyageur. Un monument "au pigeon soldat" est d’ailleurs érigé à Peutie (près de Bruxelles) dans la caserne où se trouve le centre de formation des Troupes de transmission.
Johan
4. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 23 février 2013, 11:26, par Mabille Jules
Nous préparons dans notre petite commune d’Estinnes (Hainaut - Belgique) la célébration des 100 ans de la guerre 14-18. J’envisage de faire une petite exposition liée aux animaux et la guerre 14-18. A cet effet, je voudrais vous demander l’autorisation d’utiliser votre article sur les pigeons Merci pour le suivi.
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 23 février 2013, 11:36, par Michel Guironnet
Bonjour,
Vous pouvez sans problème utiliser mon article, sans oublier de citer votre source !
Cordialement.
Michel Guironnet
5. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 21 septembre 2013, 03:55, par Michel Guironnet
Bonjour,
Récemment mis en ligne sur Gallica, un "document secret : Grand Quartier général. Etat-Major. 3e et 2e Bureaux. S.R.A. Service colombophile. Exploitation des pigeons voyageurs. Résultats obtenus par ce mode de liaison pendant les batailles de Verdun et de la Somme,daté de 1916.
Cordialement.
Michel Guironnet
6. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 28 avril 2014, 17:01, par DANDRIMONT
Bonjour,
Mon arrière-grand-père était 1er colombophile pendant la guerre de 14, mais j’ai très peu de documents à son sujet (beaucoup de papiers de cette époque ne sont plus chez ma grand-mère). Je ne connais même pas son régiment, mais il était très fier d’avoir été 1er colombophile.
Comment et où puis-je avoir plus de renseignements sur son parcours pendant la guerre ?
Merci d’avance de votre réponse,
cordialement, Pascale Dandrimont
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 28 avril 2014, 20:02, par Michel Guironnet
Bonsoir
Le plus simple est, en partant de sa date de naissance, de connaitre sa classe de recrutement (à 20 ans) Son recrutement ayant eu lieu dans le département où il habitait alors, son numéro matricule est à chercher dans le registre alphabétique concerné...et avec ce numéro, vous aurez accès ; peut être en ligne ou sur place aux archives départementales ; à sa fiche matricule qui vous donnera plein d’informations : régiment, campagnes, citation éventuelle...blessure...
Cordialement.
Michel Guironnet
7. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 13 août 2014, 19:47, par Durosoir Georgie
je viens de lire votre article sur les pigeons voyageurs comme vecteur de transmissions dans a Grande Guerre. il est très intéressant et je voudrais savoir si vous écririez un article dans le catalogue de l’exposition que je prépare pour le Musée de la Grande Guerre à Meaux. L’exposition s’intitulera "Mon violon m’a sauvé la vie - Destins de musiciens dans la Grande Guerre".Au centre, la personnalité de Lucien Durosoir, violoniste et compositeur qui fut colombophile en 1917 et 1918 avec le sergent André Caplet, compositeur et chef d’orchestre. je serais très heureuse de vous compte parmi les auteurs. merci par avance de votre réponse. cordialement, Georgie Durosoir (elle)
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 14 août 2014, 14:12, par Michel Guironnet
Bonjour,
Merci pour votre message.
Si vous pensez qu’il peut convenir, et si vous le souhaitez, vous pouvez reprendre mon article dans le catalogue de votre exposition.
Cordialement.
Michel Guironnet
8. recherche sur la société colombophile " les éclaireurs de Nancy", 1er août 2016, 17:52, par LOUYOT
bonjour, mon GPére paternel Auguste LOUYAT était colombophile pendant la guerre 14-18 et a reçu le Grand prix Poitiers..concours d’internement 1904.
Je ne sais rien sur tout cela et j’aimerai trouver trace de lui par rapport à cette activité qu’il a pratiqué.....Si vous avez quelques orientations à me donner je suis preneuse.....
Merci d’avance. M.LOUYOT
1. recherche sur la société colombophile " les éclaireurs de Nancy", 2 août 2016, 05:33
Bonjour,
Dans le Journal Officiel du 8 décembre 1909 est notée la création de l’association le 8 novembre 1909 : Société colombophile LES ECLAIREURS DE NANCY. Siège social : 7, Grande Rue, à Jarville (Meurthe-et-Moselle)
Si vous connaissez la date et lieu de naissance ainsi que le lieu de résidence de votre grand père à 20 ans, vous pouvez trouver sa fiche matricule et ainsi savoir dans quel régiment il a servi durant la Grande Guerre.
N’hésitez pas à me tenir au courant de vos recherches.
Cordialement.
Michel Guironnet
2. recherche sur la société colombophile " les éclaireurs de Nancy", 2 août 2016, 05:53, par Michel Guironnet
En complément à mon message :
Dans "la vie à la campagne" de janvier 1909, il y a toute une page d’explications sur "comment doit être installé le Pigeonnier pour Pigeons voyageurs.../.. à titre d’indication, nous allons vous faire connaître le Pigeonnier d’un amateur qui élève le Pigeon voyageur depuis vingt et un ans et a obtenu, en dehors de nombreux prix de sociétés et de la Fédération, trentre-trois prix du Ministère de la Guerre, dont deux premiers prix (Agen 1904, et Rouen, Concours d’internement, 1904)"
La colombophilie était très prisée depuis la Guerre de 1870 et encouragée par l’Armée, avec de nombreux prix et concours.
Je vous adresse cet article sur votre boite privée. Si vous voulez m’adresser vos documents,ils pourront étoffer des articles à venir sur la "préparation militaire" des civils avant 14-18.
Michel Guironnet
9. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 5 décembre 2017, 04:00, par de ligne lucien
bonjour voila je suis un passionner colombophilie et en meme temps convoyeur depuis + 25 annèe se qui dit que je soigne ses volatiles avec soin et ce 6 moi par ans je traverse la France de laon et plus loin de paris et encore plus loin comme barcelonne et cela pour arriver a destination les voir retourner chez eux cela est formidable de voire- cela et en plus il sont telmment inteligent que l on ne conprent pas le pourqoi q il revienne chez eux cela dit que en14/18 il on doutememe travailler pour nos ancetre et peu etre sauve surment des vies merci a eux
10. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 2 mars 2018, 06:54, par lehmann
Bonjour
j’envisage pour la commemoration du 11 novembre 2018, de faire un lacher de pigeon en fin de ceremonie. Et ainsi, mettre a l’honneur ce volatile. peut on utiliser vos sources et articles pour une information municipale et locale ? Ou peut on trouver une association pour un lacher de colombe/ pigeon, gratuitement ? Merci
1. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 2 mars 2018, 11:31, par Michel Guironnet
Bonjour,
Vous pouvez sans problèmes utiliser mon article et ses sources pour votre commémoration, en citant bien évidemment la provenance.
Dans quelle région aura lieu cette manifestation ? Pour l’association, voir les colombophiles de votre région.
Cordialement.
Michel Guironnet
11. Les Poilus et le pigeon voyageur dans la Grande Guerre : À Fromeréville III - 14e épisode, 7 octobre 2018, 14:39, par jacques aurousseau
Bonjour
Mon grand père Claude AUROUSSEAU était colombophile dans le 78èRI durant 14/18 en tant que paysan creusois..chasseur