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Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910


jeudi 27 mai 2010, par Jean-Pierre Auger

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En guise de préambule

En faisant des recherches pour savoir ce que je pourrais raconter à mes petits enfants sur les carrières de la région, ma curiosité fut aiguillonnée par ces quelques mots sur les conflits qu’eurent nos ancêtres, trouvés dans le livre de Francis Arzalier (historien, professeur à l’IUFM de Beauvais et candidat à la députation dans le Val d’Oise) Des villages dans l’histoire : vallée de Montmorency 1750 à 1914 :

« Le mouvement revendicatif ouvrier se manifeste par une certaine force dans la vallée peu avant la guerre, à partir du printemps 1910 par les grèves des carriers de Méry-sur-Oise. Déclenchée, le 19 mars, la grève touche près de 400 ouvriers, sur douze carrières à pierre, appartenant à sept patrons différents, à Méry, Villiers-Adam, Parmain. Le 29 juillet 1910, le « Petit journal » peut annoncer : « Les carriers de Méry-sur-Oise viennent de reprendre le chemin des chantiers », après quatre mois, sans succès… Cette main-d’œuvre, surexploitée, marginalisée, déracinée, n’est guère en état d’imposer ses vues ».

Quelques mots qu’il me fallait approfondir, c’est ce que je vais faire dans cette série d’articles.

C’était il y a 100 ans, Pierre Tesche, journaliste au journal l’Humanité, arrivait à la gare de Méry-sur-Oise. Il était envoyé pour couvrir l’événement qui faisait la une de tous les journaux : la grève des ouvriers carriers de Méry.

Les quelques mots qu’il a écrit sur son arrivée dans le village de Méry sont particulièrement émouvants, car ils sont toujours vrai un siècle après :

« Tout d’abord, je dois avouer, - et beaucoup penseront comme moi – que le seul mot de « carrières » me représentait Méry comme un pays accidenté, peu fréquenté en un mot, une contrée où, à l’exception des exploités et de leurs exploiteurs, la vie était nulle ou à peu près. Je dois dire que ma surprise a été extrême lorsqu’à ma descente du train, je me suis trouvé dans une petite cité plus que riante, agréable au possible.
Située entre la ligne de chemin de fer Paris-Valmondois et la rivière de l’Oise, émaillée de villas autour desquelles des petits bois ajoutent l’attrait de leur verdure printanière, on ne se douterait pas que là se déroule un conflit qui mérite par les motifs qui l’ont créé, d’appeler toute l’attention ».

Mais avant de parler de ce conflit ouvrier, laissez-moi vous présenter les carrières de Méry et le travail des hommes qui les ont exploitées.

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Entrée de la carrière du Four à Chaux à Méry-sur-Oise

Un peu de géologie pour commencer

Le gypse affleure à mi-hauteur du grand plateau portant la forêt de Montmorency et de l’Isle-Adam. Il s’agit du plus important lit de gypse d’Europe. Les couches gypseuses sont très-peu élevées au-dessus de la plaine, depuis Montmorency jusqu’à Méry, près de l’Oise. Les entrées des carrières ont donc pu être creusées à flanc de colline.

La colline proprement dite est composée de marne verte (argile), recouverte d’une masse très épaisse de sable ferrugineux sans coquilles. Entre le sable et la marne se trouvent des coquilles d’huîtres.

On y reconnaît plus profondément, sur une épaisseur totale de 45 mètres environ, trois masses gypseuses :

  • la masse supérieure, appelée par les carriers Haute Masse, a environ 4 à 5 mètres d’épaisseur. A Saint-Prix, elle en a jusqu’à 16 mètres. On y trouve des os de mammifères, oiseaux, reptiles et poissons d’eau douce ou marins fossilisés. Cette présence de couches successives de craie formée par les squelettes d’animaux marins et lacustres, montre que le sol de la cuvette du bassin parisien fut envahi à plusieurs reprises par les eaux marines. Le bassin était alors un immense lagon d’eau salée ou d’eau douce selon les glaciations et le niveau de la mer, s’étendant du centre de la France au milieu de l’Angleterre,
  • La masse intermédiaire, séparée de la première par une couche de marne, a environ 8,50 mètres d’épaisseur. Elle présente la particularité de ne posséder aucun fossile, soit marin, soit d’eau douce, soit terrestre,
  • La troisième masse, appelée par les carriers la Basse Masse est aussi importante que la précédente. Elle a environ 6,50 mètres d’épaisseur et présente même des couches de gypse plus épaisses. Elle se caractérise par un grand nombre de coquilles de moules marines, des carapaces de crabe, des dents de squales et de plantes fossilisées que l’on peut rapprocher aux fucus (goémons de nos plages estivales).

En dessous de cette masse crayeuse, se trouvent des roches primitives formées lors de la création des premières couches terrestres.

On peut donc imaginer sans trop se tromper en remontant le temps, que tout le bassin parisien fut à l’origine une mer peu profonde et chaude.
Puis, que toute vie disparue sur terre, aussi bien animale que végétale.
Ensuite, que la vie réapparut sur terre et que la mer fut remplacée, suivant les variations du climat, alternativement par un lac d’eau salée ou un lac d’eau douce, provenant certainement de la fonte des glaciers qui recouvraient tout le nord de l’Europe. Enfin, le lac d’eau douce s’écoula dans la mer en creusant les vallées de la Seine et de l’Oise, laissant place au paysage que nous connaissons de nos jours.

Les carrières à Mery sur Oise

Les crayères à ciel ouvert se développèrent dans notre région dès la période gallo-romaine.

Les sarcophages mérovingiens en plâtre coulé, trouvés sous le mess de la base 921 de Taverny-Bessancourt ou dans la nécropole de Mériel à l’extrémité de la sente des gardes, en témoignent. La pierre calcaire était exploitée le long des coteaux bordant les rivières, où il était accessible sans creuser.

À partir du 12e siècle, les fortifications des villes et les bâtiments sont construits en dur. La pierre remplace le bois. Or les blocs de craie extraits à l’air libre sont friables, alors que ceux extraits en creusant sont humides et en séchant deviennent relativement imperméables à l’eau de pluie. Cela oblige les carriers à poursuivre l’exploitation du calcaire grossier en souterrain. Ces nouvelles galeries sont creusées en parallèle, dans le prolongement des
fronts de tailles des anciennes carrières à ciel ouvert. Leurs entrées donnent naissance aux bouches de cavages que l’on peut encore apercevoir de nos jours dans le coteau bordant l’Oise.

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Carrière du Rû (20 ha) également appelée Fonsdé ou Keppler.
Cette carrière a été exploitée avec la méthode des piliers
tournés, renforcée par des hagues et bourrages. Les galeries
et les hagues en pierre de taille tirées au cordeau sont typiques
des carrières exploitées par les Quesnel. Crédit photo : Yannick Grain.
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Carrière Hennocque (35 ha), exploitée par la méthode des
piliers tournés. Elle fut exploitée pendant trois générations
par la famille Aubin-Hennocque et communique avec la
carrière de la Louisette qui était exploitée par l’entreprise
Bélier. Elle devait servir pendant la dernière guerre d’atelier
de montage pour les fusées V2 allemandes. Crédit photo : Pierre-Henry Muller.

Avant de s’enfoncer un peu plus sous terre, les carriers préférèrent creuser des passages entre les galeries précédemment creusées, laissant entre chaque passage des piliers de craie non exploitée de façon à éviter les éboulements du toit de la carrière. Ils pouvaient tourner autour de ces piliers, et cette méthode d’exploitation prit le nom de « piliers tournés ».

Les carriers en voulant exploiter au maximum le banc calcaire espacèrent les distances entre les piliers tournés, aboutissaient à des effondrements meurtriers.

Pour pouvoir exploiter tout le calcaire, ils se mirent à étayer le « ciel » des carrières avec des piliers maçonnés espacés tous les 2 mètres environ, en empilant à bras d’homme les blocs de pierre les moins intéressants. Pour cette raison, ils sont appelés « piliers à bras ». Puis au XVIe siècle, pour renforcer le ciel de leurs carrières, ils utilisèrent les déchets de taille pour remblayer au fur et à mesure les galeries (le bourrage). Les remblais étaient maintenus
par des murets (les hagues). Cette méthode fut appelée « hagues et bourrages ».

À la fin du19e siècle, les crayères de Méry s’industrialisèrent en s’équipant d’outils mécaniques d’extraction telles les haveuses (tronçonneuses à chaîne) et les soucheveuses (haveuse horizontale). Le transport des blocs se fit sur des rails et des wagonnets. Les carriers Bélier et Quesnel (carrière du Rû) se feront même construire une ligne de chemin de fer jusqu’à Mériel, pour le transport des blocs de pierre par péniche. Les propriétaires des carrières qui firent la réputation de Méry, connu à cette époque pour la qualité de ses craies
(banc-franc, banc-royal et vergelé) étaient messieurs Bélier, Challant, Quesnel, Lebailly, Letellier, etc…

Monsieur Bélier, associé à Challant et Quesnel qui possédaient les carrières de Ravières en Lorraine, était propriétaire sur le territoire de la commune de Méry de quatre carrières : la carrière Saint-Paul (ouverte en 1877) et la carrière de la Bonneville (achetée en juillet 1878), qui produisaient par an à elles-deux, plus de 400 m3 de banc-franc, 8.000 m3 de banc-royal et 1.600 m3 de vergelé. Bélier possédait également la carrière des Roches, qui n’était plus exploitée. Et il avait repris en 1880 la carrière du Rû de la Garenne, dont l’exploitation était
arrêtée depuis 1872 et qui produisait annuellement 100 m3 de banc-franc, 2.000 m3 de bancroyal et 400 m3 de vergelé. Les déchets d’extraction, qui ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres, représentaient entre 50 et 40% de la production. Ils étaient commercialisés pour environ 20% sous forme de moellons de construction et de tout-venant pour remblayer les routes de la région. Son bénéfice annuel était estimé en 1880 à 211.000 francs. Je pense
qu’il est inutile de vous préciser que ces individus étaient les notables les plus aisés du pays !

Au début du XXe siècle, l’extraction de la craie et du gypse était la principale industrie de la région. Elle amènera l’installation à Mériel de deux usines de transformation :

  • En 1903, la Société des plâtrières Albin Labrousse et Albert Roux installera à Mériel une briqueterie-plâtrerie au bord de l’Oise, à l’emplacement de l’usine actuelle de plâtre Prestia Lafarge,
  • En 1926, la Société des plâtres fins et albâtre construisit au Bel-Air, toujours sur le territoire de la commune de Mériel une nouvelle usine à plâtre, à l’emplacement actuel des ateliers municipaux.

La première secousse annonçant la fin des carrières de pierre de Méry fut la première guerre mondiale, qui envoya les ouvriers carriers se battre au front. Peu nombreux furent ceux qui revinrent vivant de ce carnage inhumain.
La seconde secousse fut apportée par la crise économique de 1929. La production de plâtre passa de 2 millions de tonnes à 600.000 tonnes/an et il faudra attendre 1963, pour voir redémarrer la production et dépasser ces 2 millions de tonnes/an. Dès lors, les carrières de Méry commencèrent à fermer les unes après les autres.

L’hallali fut porté à l’industrie de la pierre de taille après la seconde guerre mondiale par la suprématie du béton dans la construction, dont les matières premières (sable, gravier, ciment) étaient disponibles partout.

Les « Ritals », Spinelli, Oberti, Zambléra, etc… dont je vous parlerai dans l’article suivant reprirent alors les carrières abandonnées pour les transformer en champignonnières. Dans les années 1980, la concurrence des champignonnières d’Anjou et celles des pays de l’Est eut raison de la majorité des champignonnières de Méry sur Oise, où il ne reste plus qu’une
seule exploitation en 2009, celle de Bruno Zambléra.

À Méry, la surface occupée par les carrières souterraines représente 286 ha sur les 1000 ha que couvre la commune. L’abandon des carrières pose de sérieux problèmes de sécurité, car toutes les galeries n’ayant pas été comblées, certaines ont tendance à s’effondrer.

L’extraction de la pierre à bâtir

Dans la carrière, la pierre est remplie d’eau. Lorsqu’elle est exposée à l’air extérieur, l’eau s’évapore, entraînant du carbonate de chaux et autres sels minéraux, de l’intérieur de la masse vers la surface du bloc. Les sels se déposent à la surface et forment une pellicule qui protège la pierre qui ne peut plus réabsorber d’eau, et par conséquent geler. Cette croûte de calcite est le « calcin ». C’est essentiellement pour cette raison que l’on extrait à Méry le
calcaire en souterrain.

Pour extraire un bloc de pierre (on dit un « blot », les ouvriers étaient regroupés par équipes de 3 personnes comprenant un « soucheveur » et 2 aides, sous la conduite d’un contremaître appelé le « conduiteur », qui dirigeait l’ensemble des travaux. Le « soucheveur » balançait la « lance » (barre de fer horizontale de 2 à 3 mètres de longueur, suspendue en son milieu par une chaîne à un trépied) pour forer des trous, puis il creusait deux tranchées verticales sur une profondeur d’un mètre environ, à l’aide de son « pic » qui était une sorte de marteau à simple ou double pointe. Les entailles étaient ensuite approfondies à « l’escoude » qui était un « pic » sur un long manche d’environ 2 mètres. Ensuite à l’aide d’une « aiguille » (barre de fer plus légère que la lance et tenue à deux mains), il effectuait à bout de bras la tranche en plafond. Enfin à nouveau avec l’aiguille, couché ou accroupi en se protégeant les genoux avec de la paille, il creusait une large tranche basse appelée le « four ».

Les déchets étaient retirés avec une raclette nommée « tire-terre ». Exécuter ce travail sur un « blot » de trois à cinq tonnes demandait cinq à six jours de travail de 12 à 13 heures.
Une fois les tranchées exécutées, le carrier encastrait des coins de bois sec dans les tranchées verticales. L’atmosphère de la carrière étant saturée en eau à 80%, les pièces de bois absorbaient l’humidité ambiante et gonflaient. Elles poussaient le « blot » sur les côtés, et celui-ci se cassait dans sa partie arrière, au fond des tranchées. Le bloc basculait en avant, sur un lit de chandelles en moellons tendres, destinées à amortir sa chute.

Ensuite on appelait les « carisseurs », qui donnaient sa première forme à la pierre détachée. Dès le 19e siècle, ils utilisèrent la scie crocodile, appelée « croco de carrier », pour scier l’arrière du bloc. Cela permettait d’obtenir une face arrière bien dressée, et d’accélérer la production.

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Vestiges de « croco de carriers »
Crédit photo : Yannick Grain

Arrivaient par la suite les « trancheurs », qui coupaient la pierre en morceaux.

Enfin les « guimbardiers », du nom de la charrette, tirée par le cheval, servant au transport des blocs vers l’extérieur.

L’attention des carriers, quelque soit la fonction qu’ils exerçaient dans la carrière, devaient rester constamment soutenue, en raison des fréquents éboulements qui ne manquaient pas de se produire.

Le « blot » était ensuite dégagé à l’aide de « roules » qui étaient des rouleaux de bois de 1 à 2 mètres de longueur et de 20 centimètres de diamètres ou des boules de fer appelées « triolons », puis tiré à l’aide de cordages et d’un
treuil appelé « crapaud ». Ensuite, il était placé sur un chariot, le « fardier », pour être enlevé.

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Déplacement d’un bloc de pierre à l’aide de roules et d’un treuil appelé « crapaud »

Un ouvrier carrier sortait un demi mètre-cube de pierre par jour. Il était payé selon sa production, à la surface de tranche effectuée. Dans les carrières modernes, les carriers découpent la pierre de construction avec des
haveuses, qui sont des grosses tronçonneuses à pierre. Un carrier extrait de nos jours environ quatre mètres-cube par Vestiges de « croco de carriers ».
jour.

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Les ouvriers carriers

Autrefois, l’éclairage était assuré par des bougies enfoncées dans des petites pierres plates trouées en guise de support. A la fin du 19e siècle, apparue la lampe acétylène qui donnait plus de lumière. De nos jours, l’éclairage est électrique.

Les dépôts de pierre

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Chargement d’un train en pierres de taille à la gare de Méry sur Oise

Une fois les pierres extraites de la carrière, elles étaient entreposées dans des zones de stockage d’où elles étaient envoyées dans toute la France, mais surtout vers Paris. En effet, la grande restructuration de Paris commencée par le Baron Haussmann occasionnait une grande consommation de pierre de taille.

Pour ces transports, les entreprises disposaient à l’époque des voies ferrées, fluviales, ou terrestres.

La carrière du Rû avait sa propre ligne de chemin de fer, qui arrivait à l’Oise en longeant l’actuelle rue du bac à Mériel, près de l’usine actuelle de Prestia-Lafarge. Sur le port, une grue assurait le transbordement des pierres de taille dans les péniches. Le stockage de toutes les pierres extraites dans l’ensemble des carrières Bélier et Quesnel - car ils ne possédaient pas que leurs carrières de Méry – était regroupé à l’entrée de Paris, au port de La Villette.

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Sur cette carte postale de droite à gauche : les wagons du chemin de fer du Rû chargés de pierres, la briquetterie-plâtrerie
Labrousse et Roux, la grue servant au chargement des péniches, les péniches qui transportaient les pierres. Le transport du
gypse par le petit train industriel cessera en 1932.

L’autre gros exploitant carrier était la famille Hennocque. Les cavages de leurs carrières étant près de la voie de chemin de fer allant de Valmondois à Ermont, ils utilisèrent ce moyen de transport et avaient un dépôt de pierres de taille à la gare de La Chapelle, à l’entrée de Paris.

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Dépôt de pierres de la carrière du Rû à Méry-sur-Oise. La première grue à gauche et la grue électrique à droite

Chaque gros exploitant, très souvent présent à l’échelle nationale possédait son propre dépôt. On y stockait des pierres standard et des blocs taillés aux cotes précises dans la carrière, pour des commandes spécifiques.

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20 Messages

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 27 mai 2010 20:00, par André Vessot

    Bonjour Jean-Pierre,

    Bravo pour cette excellent article, bien documenté et illustré, qui nous fait connaître une industrie et une profession dont nous n’avons pas l’habitude d’entendre parler. Quel magnifique témoignage pour vos petits enfants.
    Nous attendons la suite avec impatience.
    Bien cordialement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

  • Lablanche ? 28 mai 2010 17:17, par Benoit

    Bonjour Jean-Pierre,
    Merci pour cet article vraiment passionnant, on attend la suite avec impatience.
    A ce propos, j’ai dans ma généalogie des LABLANCHE : l’origine n’est-elle pas issue de personnes travaillants dans ce genre de carrières de craie ?
    Merci
    Benoît

    Répondre à ce message

    • Lablanche ? 30 mai 2010 11:34, par Jean-Pierre Auger

      Bonjour Benoît,
      Je ne suis pas spécialiste dans l’art de décrypter et de décortiquer les nom ; mais je ne pense pas, car si la pierre est effectivement blanche une fois séchée,les ouvriers carriers sortaient de « leurs trous » certainement très sales mais les couleurs devaient tirer sur les gris, bruns et ocres. Ce sont les couleurs de la pierre humide par ici.
      S’il y avait un rapport avec une profession, je chercherai plutôt avec la farine (meunerie ou boulangerie).
      Jean-Pierre

      Répondre à ce message

  • Cher « écrivain »,

    Nous habitons Saint Leu La Foret dans le Val d’Oise où il y a plusieurs carrières. C’est dans l’une d’entre elles d’ailleurs qu’il y a la base militaire de Taverny.

    Merci pour cette documentation très fournie et le temps passé à écrire.

    Bien amicalement.

    Bernard

    Répondre à ce message

    • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 30 mai 2010 11:57, par Jean-Pierre Auger

      Bonjour Bernard,
      Etant ancien Bessancourtois, assurément je connais la carrière de Taverny-Bessancourt dans une petite partie de laquelle a été installée la base 921. Cette carrière est toujours en exploitation. Si vous avez la possibilité de la visiter un jour, allez-y, car elle est magnifique avec ses voûtes en ogive et de dimensions impressionnantes - Enfant, j’ai fais à 60 m sous terre, en voiture et en ligne droite le trajet l’Isle-Adam à la fontaine Boissy de Saint-Leu : une cathédrale gigantesque, soutenue par des milliers de poteaux,tous identiques, dans la lumière des phares !!
      Voici un encart de ce chapitre du livre pour mes petits-enfants - inspiré d’un article du journal Le Parisien- qui traite de cette carrière :

      EN 2009… INVISIBLE… INCROYABLE… MAIS VRAI !

      Dans le froid, l’humidité et le noir oppressant, à 60 mètres sous la forêt de Montmorency, s’active dans un bruit infernal une poignée d’hommes sur des machines surdimensionnées, à coup de dynamite, de foreuses et de grues, dans un ballet incessant de camions tous phares allumés. Telles des fourmis géantes, ils extraient sans relâche près d’un million de m3 de gypse par an. Ils ont creusé, de l’Isle-Adam à Saint-Prix, une gigantesque cavité de 8 mètres de haut, qui ne tient que par des milliers de piliers tournés de 6 mètres par 6 mètres. Véritable labyrinthe, la carrière représente plus de 250 km de galeries, soit 10 millions de m3 de vide sous vos pieds. Cette carrière est exploitée par BPB-Placo, une filiale de Saint-Gobain.

      Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 29 mai 2010 18:52, par massonifrederi

    La genealogie : c’est aussi La vie de travail de nos anciens Aujourd’hui le travail des carriers !! un article que beaucoup de jeunes devraient lire ( ou sont les 35 heures ..en ce temps là ?) vivement la suite !

    Répondre à ce message

    • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 30 mai 2010 12:06, par Jean-Pierre Auger

      Merci beaucoup pour vos félicitations... et soyons assez lucides pour bien profiter des « acquits sociaux » chèrement gagnés par nos ancêtres. Puissions-nous faire en sorte d’en conserver une grande partie pour nos enfants et petits enfants, tout en leur transmettant le goût de l’effort et du travail.

      Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 29 mai 2010 20:14, par desjariges

    Bonjour
    Article tres interressant,mais etais ce du gypse ou du calcaire qui en ete retires ?Apparement du calcaire si c’est pour la construction de mur ,le gypse ,c’est pour le platre ,non ?
    Eclaire moi ,merci
    Sinon je viens d’Eyrolles,ou j’ais apercus un super livre sur les exploitations soutteraines(79€)pour ceux que cela interresse (je ne cite pas le titre,car cela pourrait etre considere comme"reclame",deja que j’ais donne le nom de la librairie)
    Cordialement
    DJP
    desjarigesjp@hotmail.fr

    Répondre à ce message

    • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 30 mai 2010 12:18, par Jean-Pierre Auger

      Bonjour,
      On retirait les deux dans les carrières de la région en 1910 : du calcaire pour les pierre de construction et du gypse avec lequel on faisait de la chaux et du plâtre. En 2010, on tire encore 1 million de m3 de gypse par an, dans la carrière de Taverny-Bessancourt - destination plâtre et produits pharmaceutiques même.
      Dans une autre vie, j’ai travaillé en ingénierie avec l’un de vos homonymes. Peut-être vous ?

      Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 31 mai 2010 19:46, par jean-pierre viel

    merci cher jean-pierre pour cet article passionnant et chargé d’histoire je suis originaire de frépillon et résidant à méry ,bon nombre de ces endroits ont été des terrains de jeux et de découvertes avec mes copains de l’époque ( je pense aux sites investi par les nazis ) enore bravo pour ce travail et j’attend la suite avec impatience ,salutations .jpv
    ps : firmo oberti hélas décédé etait un trés bon ami .

    Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 31 mai 2010 22:25, par Raymonde Delagroux Bouverot

    Bonjour Jean-Pierre,
    Bravo pour cet article. J’ai visité une carrière à Mery il y a environ deux ans avec ma petite fille Léa. Il y avait avec nous un journaliste dont j’ai oublié le nom. La visite fut très intéressante et m’a permis de voir le travail effectué par une partie de mes ancêtres. Mes ar ar grands parents étaient propriétaires du moulin à plâtre de Frépillon « Le Moulin à Bertin ». Il y a eu des carriers, des meuniers à plâtre dans mes ancêtres(famille Bertin, Delagroux, vilcot etc)
    Très cordialement
    Raymonde Delagroux Bouverot

    Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 15 juin 2010 07:39, par simone Bethmont

    bonjour ,

    merci beaucoup pour votre article ,mon grand père travaillait dans les carrieres de St Leu la Foret et je n’avais aucune idée de ce qu’il y faisait maintenant j’en mesure bien la penibilité ,merci d’avoir ajouter un peu d’histoire à l’histoire de ma famille .
    Bonne journée

    simone

    Répondre à ce message

  • date des carrieres 23 février 2011 18:23, par yann

    bonjour,
    je vous souhaite d’aller aux archives de cergy prefecture car les dates d’exploitations sont indiquées : dés 1840.
    c’est la date d’imposition royale des carrières c’est le corps royale des mines qui s’en occuppait, le reglement ou le code carrier en lui meme est trés interessant...
    pour les autres dates plus ancienne c’est ecrit en martien plutonien avec un dialecte de saturne (bonne chance pour la lecture).
    mais le point fort des archives sur mery ce sont les mouvements de terrain et ou effondrements de 1890 qui causeront des dégats dans 10 carrières souterraines et demanderont des arches et voutes de soutiens dans divers lieux comme meriel le fond du ru,mery hennocque et four a chaux et d’autre a meriel sous la francilienne. resultat de belles architectures partout.

    à bientot vous avez mon email
    ydkp

    Répondre à ce message

    • date des carrieres 23 février 2011 19:39, par Jean-Pierre Auger

      Merci Yann,
      Je vais suivre vos conseils et je vais regarder ce qui traite de ces effondrements aux archives départementales.
      Pour le « martien-plutonien », je peux peut-être faire face... mais si en plus cela est traduit en dialecte saturnien, je serai assurément dépassé. Mais je vais faire un petit effort et prendre des cours au Club d’astronomie Quasar 95 de Frouville qui est à côté de chez moi et dont le président habite Méry !
      Cordialement.
      Jean-Pierre

      Répondre à ce message

  • bonjour Monsieur,
    je fais des recherches qui concernent
    un dpt d’armes, effectu par des rsistants FTP en juin/juillet 1943 dans une champignonnire.
    l’un d’eux indiquait aux inspecteurs de polices qui avaient arrt son groupe parisien, le lieu du dpt d’armes :

    " route de Mriel l’Isle Adam, sur la droite proximit du chteau de Stor, un chemin pntrant dans l’intrieur de la fort de l’Isle Adam et aprs un parcours d’environ 2 kms nous parvenons une vaste carrire de sable...dans certaines cavernes de cette carrire sont installes des champignonnires convenablement entretenues et exploites....les inspecteurs trouvent dans l’une des cavernes 800 kgs d’armes ...
    je cherche connaitre l’endroit de ce dpt . Peut-tre pourrez-vous m’aider. J’habite Ermont
    remerciements
    Grard LARUE

    Répondre à ce message

  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 18 mars 2014 20:32, par Paul ARTHUR

    Bonsoir,
    J’ai essaye de trouver les informations sur Paul Bélier, directeur des carrières, y compris ses dates de naissance et de décès. Mon intérêt est parce que je pense qu’il était impliqué dans la fabrication de la céramique avec Henri Laurent-Desrousseaux. Un certain Paul Bélier, de Méry sur Oise, exposé de grès à la Saolns de Paris. Aussi un certain Maurice Bélier expose quelques peintures à L’Ile Adam. Vous avez tout renseignement sur Paul ou sa famille ?
    Bien cordialement,
    Paul

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  • Bonjour Monsieur,
    J’habite Bessancourt il y a presque 30 ans.
    votre article sur les carrières de Mery-sur-Oise m’a beaucoup intéressé.

    Mon intérêt pour l’histoire locale m’a poussé à l’édition d’un ouvrage « Une église gothique en Val-d’Oise- Saint-Gervais-Saint-Protais de Bessancourt », sur l’église de Bessancourt. Ouvrage que vous avez eu à sa sortie en 2010.

    Pour aller plus loin, je suis en train de faire des recherches sur la « plaine de Pierrelaye-Bessancourt », en un mot, la « zone d’épandage de Pierrelaye ».

    Ce sera pour des articles sur mon site internet : (www.chroniques95.wpweb.fr)

    Aurez-vous de la documentation sur l’origine de cette zone ?

    Par avance, merci !
    Richard FUMEY

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  • Bonsoir
    Merci pour ce très intéressant article.
    Pourriez-vous m’indiquer s’il est possible de visiter ces carrières et si oui comment ?
    Merci par avance.

    Éric

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  • Les carrières et les carriers de Mery sur Oise en 1910 24 juillet 2018 11:03, par Thomas

    Bonjour ;
    Préparant un article pour HistoRail, je suis intéressé par entrer en relation avec l’heureux propriétaire de la carte poste reproduite ici et titrée : « Chargement d’un train en pierres de taille à la gare de Méry-sur-Oise » pour éventuellement la reproduire dans l’article en question.
    Merci de me dire !

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