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L’affinage du chanvre dans les campagnes

jeudi 20 juin 2019, par Michel Guironnet

Le chanvre textile donne la filasse pour tisser la toile ou faire des cordages. Cultivé chaque année dans « la chènevière », il a une croissance très rapide : semé au printemps, il est récolté en été.
Pendant l’Ancien Régime, son affinage est un revenu d’appoint pour les paysans. Dans les campagnes du Viennois, toutes les paroisses ont des chènevières. Cette culture du chanvre a laissé de nombreux toponymes.

Le « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers », publié en plusieurs éditions entre 1751 et 1780, décrit la préparation du chanvre :

La récolte

« Vers le commencement d’août, les pieds de chanvre... commencent à jaunir, à la cime et à blanchir par le pied ; ce qui indique qu’il est en état d’être arraché. Alors les femmes entrent dans la chenevière et tirent tous les pieds mâles dont elles font des poignées qu’elles arrangent au bord du champ ... On a soin que les brins qui forment une poignée soient à peu près d’une égale longueur et on les arrange de façon que toutes les racines soient égales. Enfin chaque poignée est liée avec un petit brin de chanvre.
On les expose ensuite au soleil pour faire sécher les feuilles et les fleurs, et quand elles sont bien sèches, on les fait tomber en frappant chaque poignée contre un tronc d’arbre ou contre un mur, et on joint plusieurs de ces poignées ensemble, pour former des bottes assez grosses qu’on porte au routoir. »

Chènevière où des femmes et des enfants cueillent le chanvre (d’après La Maison rustique du sieur Ligier).

Le rouissage

« Le lieu qu’on appelle routoir, et où l’on donne au chanvre cette préparation qu’on appelle rouir, est une fosse de trois à quatre toises de largeur, et de trois ou quatre pieds de profondeur, remplie d’eau...
Pour rouir le chanvre, on l’arrange au fond de l’eau, on le couvre d’un peu de paille et on l’assujettit sous l’eau en le chargeant avec des morceaux de bois et des pierres... On le laisse en cet état jusqu’à ce que l’écorce qui doit fournir la filasse se détache aisément de la chenevotte qui est au milieu ; et quand elle s’en détache sans difficulté, on juge que le chanvre est assez roui, et on le tire du routoir."
Quand on a retiré le chanvre du routoir, on délie les bottes pour les faire sécher, on les étend au soleil le long d’un mur ou sur la berge d’un fossé, ou simplement à plat dans un endroit où il n’y ait point d’humidité. On a soin de les retourner de temps en temps, et quand le chanvre est bien sec, on le remet en bottes pour le porter à la maison, où on le conserve dans un lieu sec, jusqu’à ce qu’on veuille le tiller ou le broyer. »

Les étapes du rouissage et du teillage du chanvre (d’après La Maison rustique du sieur Ligier).

Le teillage

"...La façon de tiller le chanvre est si simple, que les enfants y réussissent aussi bien que les grandes personnes. Elle consiste à prendre les brins de chanvre les uns après les autres, à rompre la chenevotte et à en détacher la filasse en la faisant couler entre les doigts... Ce travail parait un peu long, néanmoins comme il s’exécute dans des moments perdus, et par les enfants qui gardent les bestiaux, il n’est pas fort à charge aux familles nombreuses..."

L’espadage

« Le premier soin de ceux qui occupent l’atelier où nous entrons, celui des espadeurs, est de le débarrasser des petites parcelles de chenevottes qui y restent, ou des corps étrangers ; feuilles, herbes, poussière, et de séparer du principal brin l’étoupe la plus grossière... Rien n’est si propre à détacher les chenevottes du chanvre, à en ôter la terre, à en séparer les corps étrangers, que de le secouer et de le battre... Tous les ouvriers qui préparent le chanvre destiné à faire du fil pour de la toile... pilent leur chanvre, c’est-à-dire qu’ils le mettent dans des espèces de mortiers de bois, et qu’ils le battent avec de gros maillets. »

Homme qui nettoie les brins de filasse en les tordant autour d’une cheville de bois. Femme qui nettoie et adoucit la filasse en la battant avec une espèce de couteau de bois, le long d’une planche montée debout sur un pied. Deux femmes qui sérancent au grand et petit séran (d’après La Maison rustique du sieur Ligier).

Le peignage

« Le chanvre a commencé à être un peu nettoyé, démêlé et affiné dans l’atelier des espadeurs... Les fibres longitudinales ont commencé à se désunir, mais elles ne sont pas entièrement séparées, la plupart tiennent encore les unes aux autres. Ce sont les dents des peignes qui doivent achever cette séparation, elles doivent comme l’on dit, "refendre" le chanvre. Mais elles feront plus, elles détacheront encore beaucoup de petites chenevottes qui y seront restées, elles achèveront de séparer tous les corps étrangers qui seront mêlés avec le chanvre... Ainsi, les peigneurs doivent perfectionner ce que les espadeurs ont ébauché ..."
"... Un peigneur peut préparer jusqu’à 80 livres de chanvre par jour... Il ne faut peigner le chanvre qu’à mesure qu’on en a besoin pour faire du fil ... on emploie des enfants à transporter les peignons à mesure qu’on les fait, de l’atelier des peigneurs à celui des fileurs ».

Ces tâches demandent bien du travail pour peu de filasse. Leur mécanisation à la fin du XVIIIe siècle fait disparaitre cette activité… et le revenu qu’en tire les paysans !

Messages

  • Bonjour, je viens de découvrir que sur ma commune de l’Yonne en 1836, il y avait 54 chenevières pour 6,60 ha, soit 12 ares de moyenne ou plutôt 8 ares si on enlève quelques grosses de plus de 50 ares, toutes regroupées dans les fonds de vallées fertiles. Il y a également deux routoirs. La question que je me pose, tous les agriculteurs ayant une chenevière, la culture était-elle faite pour la vente de la filasse ou pour une utilisation personnelle ? ou fournie à un tisserand qui ne fabriquait du tissus que si on lui fournissait la filasse ?

  • bonjour ! j’ai eu l’occasion de voir une démonstration de cardage du chanvre , et il a été utilisé , avant la " cardère" des chardons dont le fruit est hérissé de pointes dures . J’imagine la difficulté d’utilisation de ce genre d’outil !!

    • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
      * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
      * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
      * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
      * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
      Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
      André

    • Bonjour André,

      Vos questions méritent quelques recherches...n’étant pas du tout "spécialiste" de la toponymie de la Champagne humide !
      Je vais consulter "les grands auteurs" (Marcel Lachiver entre autres) et reviens vers vous.

      Cordialement.
      Michel

    • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
      Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
      Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
      Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
      En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
      Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
      Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
      Voilà ce que je peux vous apporter.
      Lucette Husson

    • Lucette Husson @
      "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
      Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

      Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
      Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

      A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

    • Ah !oui, les cardères .... je les avais oubliées. Je viens de relire le numéro de La Hulotte consacré aux cardères cultivées, celles qui étaient utilisées pour la finition des "draps de laine fins et superfins, c’est-à-dire des étoffes de luxe, d’aspect soyeux, dans lesquelles on confectionnait les splendides uniformes des militaires, les vêtements des rois, des nobles"... Rien à voir avec la toile de chanvre qui était plutôt rêche, la toile des chemises des paysans.

    • Bonjour Michel , Bonjour Andre

      Je suis également interessée par des informations sur la culture du chanvre dans l’Aube et vous serais reconnaissante de me faire part également de vos recherches
      Native de Troyes ( Aube ) et pratiquant des activités d’art textile , entre autre tissage , j’ai découvert récemment toute une lignée de tisserands parmi mes ancêtres vivant à Troyes, au 18/19 ème siècle. ( ….(Mystère de la génétique ?)
      Habitant à l’étranger, il ne m’est pas toujours facile de faire des recherches sur place.
      Merci d’avance

    • Bonjour,

      Pour la toponymie liée au chanvre, vous pouvez rechercher dans "Le dictionnaire topographique de l’Aube", les formes anciennes des noms de lieux qui peuvent venir de la culture du chanvre.
      Voir ce lien :
      http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=10

      Sur le site des archives de l’Aube, vous pouvez consulter le cadastre ancien. Notamment cette feuille sur Jeugny où l’on retrouve les noms évoqués au bord de la rivière avec son moulin !

      Voir : http://www.archives-aube.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTktMDYtMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MTY5NTtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=3346%2C4508%2C0.5&uielem_zoom=0

      Je lis avec plaisir les contributions, toutes très intéressantes, des lecteurs suite à mon simple article.
      C’est vrai qu’il y à tant à dire sur ce sujet et encore bien des découvertes à faire.

      Très cordialement.
      Michel Guironnet

  • Comme dates de deux générations de peigneurs de chanvre à Escurolles :

    Noel MAZUEL ° 09.02.1672 + 16.01.1730 X 04.02.1698 Claudie MANSIER

    Jacques MAZUEL ° 03.05.1704 X 11.02.1727 Antoinette BERNARD
    tous les evenements cités se situant à Escurolles.

    • Bonjour,
      Je remonte actuellement la généalogie de mon épouse dont la branche maternelle est originaire des Hautes-Alpes et votre article m’a beaucoup intéressé.
      En effet, elle compte dans les années 1700/1750, parmi ses ancêtres, de nombreux peigneurs de chanvre. Ceux-ci, principalement originaires de Villar-Saint-Pancrace, dans le Briançonnais,émigraient chaque année pour 6 à 8 mois, principalement au Piémont et le revenu qu’ils tiraient de "la peigne" était pour eux un appoint indispensable.
      Cordialement.
      Henri

    • Bonjour,

      L’article m’a aussi beaucoup intéressé ainsi que les contributions.
      L’arbre de mon épouse originaire du Bourbonnais comporte pour la période 1672_1704 au moins deux peigneurs de chanvre d’Escurolles dans l’Allier.
      Je n’ai pas pu évaluer précisément l’ importance économique de cette activité pour eux sauf qu’elle est mentionnée comme leur unique profession ce qui me laisse à penser qu’elle leur était proprement essentielle..

    • j’ai habité à Le Montet dans l’allier , non loin d’Escurolles
      Mon adresse était rue des Chenevières, ruelle en dehors des trace du mur d’enceinte de la ville, cette petite rue est bordée de jardins potagers, donc correspond à tout ce que les courriers sur ce sujet indiquent.

      Est-ce que parmi les lecteurs, y compris M. Jeannot je pourrais avoir d’autres indication de dates.

      Je m’intéresse au vieux métiers du Bourbonnais , on en trouve mentionnés dans les actes de décès je cherche à savoir à quoi ils correspondent.

    • J’ai trouvé des personnes travaillant le chanvre dans le bourbonnais, entre autre :
      Barnier jean dit le peigneur,o 28/10/1810 à Charroux
      x 02/02/1830 à Charroux,+ 08/05/1889 à Valignat.

      Ainsi qu’une famille : Chenevière Gilbert o Etroussat,
      x08/01/1725 à Etroussat.

  • Bonjour,

    Pour la toponymie liée au chanvre, vous pouvez rechercher dans "Le dictionnaire topographique de l’Aube", les formes anciennes des noms de lieux qui peuvent venir de la culture du chanvre.
    Voir ce lien :
    http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=10

    Sur le site des archives de l’Aube, vous pouvez consulter le cadastre ancien. Notamment cette feuille sur Jeugny où l’on retrouve les noms évoqués au bord de la rivière avec son moulin !

    Voir : http://www.archives-aube.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTktMDYtMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MTY5NTtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=3346%2C4508%2C0.5&uielem_zoom=0

    Je lis avec plaisir les contributions, toutes très intéressantes, des lecteurs suite à mon simple article.
    C’est vrai qu’il y à tant à dire sur ce sujet et encore bien des découvertes à faire.

    Très cordialement.
    Michel Guironnet

    • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
      * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
      * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
      * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
      * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
      Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
      André

    • Bonjour André,

      Vos questions méritent quelques recherches...n’étant pas du tout "spécialiste" de la toponymie de la Champagne humide !
      Je vais consulter "les grands auteurs" (Marcel Lachiver entre autres) et reviens vers vous.

      Cordialement.
      Michel

    • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
      Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
      Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
      Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
      En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
      Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
      Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
      Voilà ce que je peux vous apporter.
      Lucette Husson

    • Lucette Husson @
      "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
      Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

      Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
      Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

      A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

    • Ah !oui, les cardères .... je les avais oubliées. Je viens de relire le numéro de La Hulotte consacré aux cardères cultivées, celles qui étaient utilisées pour la finition des "draps de laine fins et superfins, c’est-à-dire des étoffes de luxe, d’aspect soyeux, dans lesquelles on confectionnait les splendides uniformes des militaires, les vêtements des rois, des nobles"... Rien à voir avec la toile de chanvre qui était plutôt rêche, la toile des chemises des paysans.

    • Bonjour Michel , Bonjour Andre

      Je suis également interessée par des informations sur la culture du chanvre dans l’Aube et vous serais reconnaissante de me faire part également de vos recherches
      Native de Troyes ( Aube ) et pratiquant des activités d’art textile , entre autre tissage , j’ai découvert récemment toute une lignée de tisserands parmi mes ancêtres vivant à Troyes, au 18/19 ème siècle. ( ….(Mystère de la génétique ?)
      Habitant à l’étranger, il ne m’est pas toujours facile de faire des recherches sur place.
      Merci d’avance

    • bonjour ! j’ai eu l’occasion de voir une démonstration de cardage du chanvre , et il a été utilisé , avant la " cardère" des chardons dont le fruit est hérissé de pointes dures . J’imagine la difficulté d’utilisation de ce genre d’outil !!

  • Des bateaux halés sur les canaux par des hommes ... ou par des femmes. On en voit des photos sur Internet. Il me semble que la "bricole" était la sangle ou harnais de cuir que les haleurs ou haleuses passaient autour de leurs épaules, sangle à laquelle étaient fixés les cordages.
    "dévideur" doit être une forme de "dévidoir". Cet objet permettait de faire des écheveaux de fil, qu’il s’agisse de laine ou de chanvre. Il est souvent associé au rouet utilisé pour la laine.
    J’ai lu - et vous aussi, sans doute - qu’on plaçait des pierres sur le chanvre mis à rouir dans les routoirs, afin qu’il reste bien sous l’eau. Je n’aurais jamais imaginé que ces pierres pouvaient figurer dans un inventaire après décès. Les inventaires après décès recèlent bien des surprises. Le malheur des uns - les familles du temps passé éprouvées par un décès - fait le bonheur des autres : les chercheurs d’aujourd’hui.

    • Merci pour cet article intéressant qui m’apporte des informations supplémentaires.En 1753,en val de Saône un de mes ancêtres direct échange une terre chenevière de deux bicherées et demi,en partie semée en blé contre une vigne.Il se garde la paille et la récolte à venir.En contre partie , il donne la moitié de la vendange à venir,de sa nouvelle vigne.Dans l’inventaire après décès en 1789,on répertorie entre autres, huit dizaines de chanvre sec et roui , 12 perches à rouir , des aunes de tissus et d’étoupe.(actes à l’appui)Certains membres de la famille de cette époque étaient des maitres tissiers et des tisseurs d’habits.

    • En écho à votre article.
      Je fais l’hypothèse que la bicherée était une mesure, l’équivalent local du bichet. Dans ma région de la plaine des Vosges, on ne parlait pas de superficie pour la chenevière, mais de quantité de semence. Par exemple, dans l’inventaire après décès d’un de mes ancêtres, en 1712, "une chenevière au canton dit sous l’église, de semaille de trois quarts d’imal de chanvre" un imal = environ 15 litres.
      Le chanvre apparaît dans tous les inventaires après décès de mes ancêtres paysans. Par exemple, toujours en 1712, "deux livres de fil de chanvre, et une demy de lin, vingt livre de chanvre façonné, et bien pour six livres de chanvre qui est à tiller." Pour la toile "Quinze aunes de toile commune neuve que la tutrice nous a dit avoir fait faire pour rhabiller les enfants (...)".
      Le dernier inventaire après décès où apparaît le chanvre est celui de 1854 : " 7 kgs de chanvre écru". Il n’y en a pas dans les inventaires de mes arrière-grands-parents, décédés en 1894 et 1896.
      Intéressante, la présence de perches à rouir dans l’inventaire de 1789 que vous citez.
      C’est ainsi que le Dossier Chanvre s’enrichit.

    • Votre hypothèse est bonne.La bicherée est une ancienne mesure qui correspond à l’étendue de terre nécessaire pour semer un bichet sachant que la quantité de celui ci varie d’une contrée à une autre.Dans ma région la bicherée représentait 1300m2.A lyon le bichet était de 34,27 litres alors qu’à Villefranche sur Saône (Soit 30km plus au nord) il représentait 25,27 litres.

      Pour revenir au chanvre,dans le val de Saône la grosseur de certaines plantes atteignait 5 à 6 cm de diamètre.Elles étaient réservés à la marine.Au XVIII ème siècle ,certains bateaux sont tirés à dos d’homme par une corde de chanvre appelée" la bricole".Ces cordes étaient bien sur élaborées par les maîtres cordiers présents sur les bords de Saône

      Dans l’inventaire après décès de mon ancêtre, il y a un ferret à chanvre, un peigne à chanvre, les fameuses "perches à rouir",mais aussi des dévideurs.En vieux français "dévider" signifie démêler. Y a t’il un rapport avec le chanvre ? D’autre part les douze pierres également référencées et dont je me suis toujours demandé l’utilité, pouvaient éventuellement servir au rouissage.

      Cordialement

  • J’ai trouvé des personnes travaillant le chanvre dans le bourbonnais, entre autre :
    Barnier jean dit le peigneur,o 28/10/1810 à Charroux
    x 02/02/1830 à Charroux,+ 08/05/1889 à Valignat.

    Ainsi qu’une famille : Chenevière Gilbert o Etroussat,
    x08/01/1725 à Etroussat.

    • Bonjour,
      Je remonte actuellement la généalogie de mon épouse dont la branche maternelle est originaire des Hautes-Alpes et votre article m’a beaucoup intéressé.
      En effet, elle compte dans les années 1700/1750, parmi ses ancêtres, de nombreux peigneurs de chanvre. Ceux-ci, principalement originaires de Villar-Saint-Pancrace, dans le Briançonnais,émigraient chaque année pour 6 à 8 mois, principalement au Piémont et le revenu qu’ils tiraient de "la peigne" était pour eux un appoint indispensable.
      Cordialement.
      Henri

    • Bonjour,

      L’article m’a aussi beaucoup intéressé ainsi que les contributions.
      L’arbre de mon épouse originaire du Bourbonnais comporte pour la période 1672_1704 au moins deux peigneurs de chanvre d’Escurolles dans l’Allier.
      Je n’ai pas pu évaluer précisément l’ importance économique de cette activité pour eux sauf qu’elle est mentionnée comme leur unique profession ce qui me laisse à penser qu’elle leur était proprement essentielle..

    • j’ai habité à Le Montet dans l’allier , non loin d’Escurolles
      Mon adresse était rue des Chenevières, ruelle en dehors des trace du mur d’enceinte de la ville, cette petite rue est bordée de jardins potagers, donc correspond à tout ce que les courriers sur ce sujet indiquent.

      Est-ce que parmi les lecteurs, y compris M. Jeannot je pourrais avoir d’autres indication de dates.

      Je m’intéresse au vieux métiers du Bourbonnais , on en trouve mentionnés dans les actes de décès je cherche à savoir à quoi ils correspondent.

    • Comme dates de deux générations de peigneurs de chanvre à Escurolles :

      Noel MAZUEL ° 09.02.1672 + 16.01.1730 X 04.02.1698 Claudie MANSIER

      Jacques MAZUEL ° 03.05.1704 X 11.02.1727 Antoinette BERNARD
      tous les evenements cités se situant à Escurolles.

  • j’ai habité à Le Montet dans l’allier , non loin d’Escurolles
    Mon adresse était rue des Chenevières, ruelle en dehors des trace du mur d’enceinte de la ville, cette petite rue est bordée de jardins potagers, donc correspond à tout ce que les courriers sur ce sujet indiquent.

    Est-ce que parmi les lecteurs, y compris M. Jeannot je pourrais avoir d’autres indication de dates.

    Je m’intéresse au vieux métiers du Bourbonnais , on en trouve mentionnés dans les actes de décès je cherche à savoir à quoi ils correspondent.

    • Bonjour,
      Je remonte actuellement la généalogie de mon épouse dont la branche maternelle est originaire des Hautes-Alpes et votre article m’a beaucoup intéressé.
      En effet, elle compte dans les années 1700/1750, parmi ses ancêtres, de nombreux peigneurs de chanvre. Ceux-ci, principalement originaires de Villar-Saint-Pancrace, dans le Briançonnais,émigraient chaque année pour 6 à 8 mois, principalement au Piémont et le revenu qu’ils tiraient de "la peigne" était pour eux un appoint indispensable.
      Cordialement.
      Henri

    • Bonjour,

      L’article m’a aussi beaucoup intéressé ainsi que les contributions.
      L’arbre de mon épouse originaire du Bourbonnais comporte pour la période 1672_1704 au moins deux peigneurs de chanvre d’Escurolles dans l’Allier.
      Je n’ai pas pu évaluer précisément l’ importance économique de cette activité pour eux sauf qu’elle est mentionnée comme leur unique profession ce qui me laisse à penser qu’elle leur était proprement essentielle..

    • J’ai trouvé des personnes travaillant le chanvre dans le bourbonnais, entre autre :
      Barnier jean dit le peigneur,o 28/10/1810 à Charroux
      x 02/02/1830 à Charroux,+ 08/05/1889 à Valignat.

      Ainsi qu’une famille : Chenevière Gilbert o Etroussat,
      x08/01/1725 à Etroussat.

    • Comme dates de deux générations de peigneurs de chanvre à Escurolles :

      Noel MAZUEL ° 09.02.1672 + 16.01.1730 X 04.02.1698 Claudie MANSIER

      Jacques MAZUEL ° 03.05.1704 X 11.02.1727 Antoinette BERNARD
      tous les evenements cités se situant à Escurolles.

  • Votre hypothèse est bonne.La bicherée est une ancienne mesure qui correspond à l’étendue de terre nécessaire pour semer un bichet sachant que la quantité de celui ci varie d’une contrée à une autre.Dans ma région la bicherée représentait 1300m2.A lyon le bichet était de 34,27 litres alors qu’à Villefranche sur Saône (Soit 30km plus au nord) il représentait 25,27 litres.

    Pour revenir au chanvre,dans le val de Saône la grosseur de certaines plantes atteignait 5 à 6 cm de diamètre.Elles étaient réservés à la marine.Au XVIII ème siècle ,certains bateaux sont tirés à dos d’homme par une corde de chanvre appelée" la bricole".Ces cordes étaient bien sur élaborées par les maîtres cordiers présents sur les bords de Saône

    Dans l’inventaire après décès de mon ancêtre, il y a un ferret à chanvre, un peigne à chanvre, les fameuses "perches à rouir",mais aussi des dévideurs.En vieux français "dévider" signifie démêler. Y a t’il un rapport avec le chanvre ? D’autre part les douze pierres également référencées et dont je me suis toujours demandé l’utilité, pouvaient éventuellement servir au rouissage.

    Cordialement

    • Merci pour cet article intéressant qui m’apporte des informations supplémentaires.En 1753,en val de Saône un de mes ancêtres direct échange une terre chenevière de deux bicherées et demi,en partie semée en blé contre une vigne.Il se garde la paille et la récolte à venir.En contre partie , il donne la moitié de la vendange à venir,de sa nouvelle vigne.Dans l’inventaire après décès en 1789,on répertorie entre autres, huit dizaines de chanvre sec et roui , 12 perches à rouir , des aunes de tissus et d’étoupe.(actes à l’appui)Certains membres de la famille de cette époque étaient des maitres tissiers et des tisseurs d’habits.

    • En écho à votre article.
      Je fais l’hypothèse que la bicherée était une mesure, l’équivalent local du bichet. Dans ma région de la plaine des Vosges, on ne parlait pas de superficie pour la chenevière, mais de quantité de semence. Par exemple, dans l’inventaire après décès d’un de mes ancêtres, en 1712, "une chenevière au canton dit sous l’église, de semaille de trois quarts d’imal de chanvre" un imal = environ 15 litres.
      Le chanvre apparaît dans tous les inventaires après décès de mes ancêtres paysans. Par exemple, toujours en 1712, "deux livres de fil de chanvre, et une demy de lin, vingt livre de chanvre façonné, et bien pour six livres de chanvre qui est à tiller." Pour la toile "Quinze aunes de toile commune neuve que la tutrice nous a dit avoir fait faire pour rhabiller les enfants (...)".
      Le dernier inventaire après décès où apparaît le chanvre est celui de 1854 : " 7 kgs de chanvre écru". Il n’y en a pas dans les inventaires de mes arrière-grands-parents, décédés en 1894 et 1896.
      Intéressante, la présence de perches à rouir dans l’inventaire de 1789 que vous citez.
      C’est ainsi que le Dossier Chanvre s’enrichit.

    • Des bateaux halés sur les canaux par des hommes ... ou par des femmes. On en voit des photos sur Internet. Il me semble que la "bricole" était la sangle ou harnais de cuir que les haleurs ou haleuses passaient autour de leurs épaules, sangle à laquelle étaient fixés les cordages.
      "dévideur" doit être une forme de "dévidoir". Cet objet permettait de faire des écheveaux de fil, qu’il s’agisse de laine ou de chanvre. Il est souvent associé au rouet utilisé pour la laine.
      J’ai lu - et vous aussi, sans doute - qu’on plaçait des pierres sur le chanvre mis à rouir dans les routoirs, afin qu’il reste bien sous l’eau. Je n’aurais jamais imaginé que ces pierres pouvaient figurer dans un inventaire après décès. Les inventaires après décès recèlent bien des surprises. Le malheur des uns - les familles du temps passé éprouvées par un décès - fait le bonheur des autres : les chercheurs d’aujourd’hui.

  • En écho à votre article.
    Je fais l’hypothèse que la bicherée était une mesure, l’équivalent local du bichet. Dans ma région de la plaine des Vosges, on ne parlait pas de superficie pour la chenevière, mais de quantité de semence. Par exemple, dans l’inventaire après décès d’un de mes ancêtres, en 1712, "une chenevière au canton dit sous l’église, de semaille de trois quarts d’imal de chanvre" un imal = environ 15 litres.
    Le chanvre apparaît dans tous les inventaires après décès de mes ancêtres paysans. Par exemple, toujours en 1712, "deux livres de fil de chanvre, et une demy de lin, vingt livre de chanvre façonné, et bien pour six livres de chanvre qui est à tiller." Pour la toile "Quinze aunes de toile commune neuve que la tutrice nous a dit avoir fait faire pour rhabiller les enfants (...)".
    Le dernier inventaire après décès où apparaît le chanvre est celui de 1854 : " 7 kgs de chanvre écru". Il n’y en a pas dans les inventaires de mes arrière-grands-parents, décédés en 1894 et 1896.
    Intéressante, la présence de perches à rouir dans l’inventaire de 1789 que vous citez.
    C’est ainsi que le Dossier Chanvre s’enrichit.

    • Merci pour cet article intéressant qui m’apporte des informations supplémentaires.En 1753,en val de Saône un de mes ancêtres direct échange une terre chenevière de deux bicherées et demi,en partie semée en blé contre une vigne.Il se garde la paille et la récolte à venir.En contre partie , il donne la moitié de la vendange à venir,de sa nouvelle vigne.Dans l’inventaire après décès en 1789,on répertorie entre autres, huit dizaines de chanvre sec et roui , 12 perches à rouir , des aunes de tissus et d’étoupe.(actes à l’appui)Certains membres de la famille de cette époque étaient des maitres tissiers et des tisseurs d’habits.

    • Votre hypothèse est bonne.La bicherée est une ancienne mesure qui correspond à l’étendue de terre nécessaire pour semer un bichet sachant que la quantité de celui ci varie d’une contrée à une autre.Dans ma région la bicherée représentait 1300m2.A lyon le bichet était de 34,27 litres alors qu’à Villefranche sur Saône (Soit 30km plus au nord) il représentait 25,27 litres.

      Pour revenir au chanvre,dans le val de Saône la grosseur de certaines plantes atteignait 5 à 6 cm de diamètre.Elles étaient réservés à la marine.Au XVIII ème siècle ,certains bateaux sont tirés à dos d’homme par une corde de chanvre appelée" la bricole".Ces cordes étaient bien sur élaborées par les maîtres cordiers présents sur les bords de Saône

      Dans l’inventaire après décès de mon ancêtre, il y a un ferret à chanvre, un peigne à chanvre, les fameuses "perches à rouir",mais aussi des dévideurs.En vieux français "dévider" signifie démêler. Y a t’il un rapport avec le chanvre ? D’autre part les douze pierres également référencées et dont je me suis toujours demandé l’utilité, pouvaient éventuellement servir au rouissage.

      Cordialement

    • Des bateaux halés sur les canaux par des hommes ... ou par des femmes. On en voit des photos sur Internet. Il me semble que la "bricole" était la sangle ou harnais de cuir que les haleurs ou haleuses passaient autour de leurs épaules, sangle à laquelle étaient fixés les cordages.
      "dévideur" doit être une forme de "dévidoir". Cet objet permettait de faire des écheveaux de fil, qu’il s’agisse de laine ou de chanvre. Il est souvent associé au rouet utilisé pour la laine.
      J’ai lu - et vous aussi, sans doute - qu’on plaçait des pierres sur le chanvre mis à rouir dans les routoirs, afin qu’il reste bien sous l’eau. Je n’aurais jamais imaginé que ces pierres pouvaient figurer dans un inventaire après décès. Les inventaires après décès recèlent bien des surprises. Le malheur des uns - les familles du temps passé éprouvées par un décès - fait le bonheur des autres : les chercheurs d’aujourd’hui.

  • Michel, Votre article est passionnant car descendante de tisserands de Haute-Loire. Cependant, je suis aussi Tourangelle. Dans une commune en particulier, Bréhémont, située au bord de la Loire, près de Langeais, la culture du chanvre était précieuse et s’est continuée jusque voici une dizaine d’années. En effet, sur la Loire navigable que les bateliers remontaient, le village de Bréhémont était le lieu de confection de cordages de chanvre particulièrement recherchés de même que de vêtements. Cette culture était favorisée par la présence d’un petit bras de l’Indre pour le rouissage. Superbe endroit ! Merci pour ce rappel. Colette

  • Bonjour Michel , Bonjour Andre

    Je suis également interessée par des informations sur la culture du chanvre dans l’Aube et vous serais reconnaissante de me faire part également de vos recherches
    Native de Troyes ( Aube ) et pratiquant des activités d’art textile , entre autre tissage , j’ai découvert récemment toute une lignée de tisserands parmi mes ancêtres vivant à Troyes, au 18/19 ème siècle. ( ….(Mystère de la génétique ?)
    Habitant à l’étranger, il ne m’est pas toujours facile de faire des recherches sur place.
    Merci d’avance

    • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
      * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
      * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
      * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
      * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
      Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
      André

    • Bonjour André,

      Vos questions méritent quelques recherches...n’étant pas du tout "spécialiste" de la toponymie de la Champagne humide !
      Je vais consulter "les grands auteurs" (Marcel Lachiver entre autres) et reviens vers vous.

      Cordialement.
      Michel

    • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
      Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
      Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
      Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
      En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
      Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
      Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
      Voilà ce que je peux vous apporter.
      Lucette Husson

    • Lucette Husson @
      "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
      Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

      Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
      Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

      A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

    • Ah !oui, les cardères .... je les avais oubliées. Je viens de relire le numéro de La Hulotte consacré aux cardères cultivées, celles qui étaient utilisées pour la finition des "draps de laine fins et superfins, c’est-à-dire des étoffes de luxe, d’aspect soyeux, dans lesquelles on confectionnait les splendides uniformes des militaires, les vêtements des rois, des nobles"... Rien à voir avec la toile de chanvre qui était plutôt rêche, la toile des chemises des paysans.

    • Bonjour,

      Pour la toponymie liée au chanvre, vous pouvez rechercher dans "Le dictionnaire topographique de l’Aube", les formes anciennes des noms de lieux qui peuvent venir de la culture du chanvre.
      Voir ce lien :
      http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=10

      Sur le site des archives de l’Aube, vous pouvez consulter le cadastre ancien. Notamment cette feuille sur Jeugny où l’on retrouve les noms évoqués au bord de la rivière avec son moulin !

      Voir : http://www.archives-aube.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTktMDYtMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MTY5NTtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=3346%2C4508%2C0.5&uielem_zoom=0

      Je lis avec plaisir les contributions, toutes très intéressantes, des lecteurs suite à mon simple article.
      C’est vrai qu’il y à tant à dire sur ce sujet et encore bien des découvertes à faire.

      Très cordialement.
      Michel Guironnet

    • bonjour ! j’ai eu l’occasion de voir une démonstration de cardage du chanvre , et il a été utilisé , avant la " cardère" des chardons dont le fruit est hérissé de pointes dures . J’imagine la difficulté d’utilisation de ce genre d’outil !!

  • Dans la région de Poitiers à Champagné St Hilaire chez des amis, j’ai pu voir un grenier qui servait autrefois de lieu de séchage du chanvre ce qui expliquerait les petites ouvertures ou fenêtres soient typiques de cette région qui effectivement cultivait le chanvre ?

  • Ah !oui, les cardères .... je les avais oubliées. Je viens de relire le numéro de La Hulotte consacré aux cardères cultivées, celles qui étaient utilisées pour la finition des "draps de laine fins et superfins, c’est-à-dire des étoffes de luxe, d’aspect soyeux, dans lesquelles on confectionnait les splendides uniformes des militaires, les vêtements des rois, des nobles"... Rien à voir avec la toile de chanvre qui était plutôt rêche, la toile des chemises des paysans.

    • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
      * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
      * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
      * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
      * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
      Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
      André

    • Bonjour André,

      Vos questions méritent quelques recherches...n’étant pas du tout "spécialiste" de la toponymie de la Champagne humide !
      Je vais consulter "les grands auteurs" (Marcel Lachiver entre autres) et reviens vers vous.

      Cordialement.
      Michel

    • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
      Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
      Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
      Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
      En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
      Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
      Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
      Voilà ce que je peux vous apporter.
      Lucette Husson

    • Lucette Husson @
      "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
      Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

      Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
      Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

      A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

    • Bonjour Michel , Bonjour Andre

      Je suis également interessée par des informations sur la culture du chanvre dans l’Aube et vous serais reconnaissante de me faire part également de vos recherches
      Native de Troyes ( Aube ) et pratiquant des activités d’art textile , entre autre tissage , j’ai découvert récemment toute une lignée de tisserands parmi mes ancêtres vivant à Troyes, au 18/19 ème siècle. ( ….(Mystère de la génétique ?)
      Habitant à l’étranger, il ne m’est pas toujours facile de faire des recherches sur place.
      Merci d’avance

    • Bonjour,

      Pour la toponymie liée au chanvre, vous pouvez rechercher dans "Le dictionnaire topographique de l’Aube", les formes anciennes des noms de lieux qui peuvent venir de la culture du chanvre.
      Voir ce lien :
      http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=10

      Sur le site des archives de l’Aube, vous pouvez consulter le cadastre ancien. Notamment cette feuille sur Jeugny où l’on retrouve les noms évoqués au bord de la rivière avec son moulin !

      Voir : http://www.archives-aube.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTktMDYtMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MTY5NTtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=3346%2C4508%2C0.5&uielem_zoom=0

      Je lis avec plaisir les contributions, toutes très intéressantes, des lecteurs suite à mon simple article.
      C’est vrai qu’il y à tant à dire sur ce sujet et encore bien des découvertes à faire.

      Très cordialement.
      Michel Guironnet

    • bonjour ! j’ai eu l’occasion de voir une démonstration de cardage du chanvre , et il a été utilisé , avant la " cardère" des chardons dont le fruit est hérissé de pointes dures . J’imagine la difficulté d’utilisation de ce genre d’outil !!

  • Merci pour cet article intéressant qui m’apporte des informations supplémentaires.En 1753,en val de Saône un de mes ancêtres direct échange une terre chenevière de deux bicherées et demi,en partie semée en blé contre une vigne.Il se garde la paille et la récolte à venir.En contre partie , il donne la moitié de la vendange à venir,de sa nouvelle vigne.Dans l’inventaire après décès en 1789,on répertorie entre autres, huit dizaines de chanvre sec et roui , 12 perches à rouir , des aunes de tissus et d’étoupe.(actes à l’appui)Certains membres de la famille de cette époque étaient des maitres tissiers et des tisseurs d’habits.

    • En écho à votre article.
      Je fais l’hypothèse que la bicherée était une mesure, l’équivalent local du bichet. Dans ma région de la plaine des Vosges, on ne parlait pas de superficie pour la chenevière, mais de quantité de semence. Par exemple, dans l’inventaire après décès d’un de mes ancêtres, en 1712, "une chenevière au canton dit sous l’église, de semaille de trois quarts d’imal de chanvre" un imal = environ 15 litres.
      Le chanvre apparaît dans tous les inventaires après décès de mes ancêtres paysans. Par exemple, toujours en 1712, "deux livres de fil de chanvre, et une demy de lin, vingt livre de chanvre façonné, et bien pour six livres de chanvre qui est à tiller." Pour la toile "Quinze aunes de toile commune neuve que la tutrice nous a dit avoir fait faire pour rhabiller les enfants (...)".
      Le dernier inventaire après décès où apparaît le chanvre est celui de 1854 : " 7 kgs de chanvre écru". Il n’y en a pas dans les inventaires de mes arrière-grands-parents, décédés en 1894 et 1896.
      Intéressante, la présence de perches à rouir dans l’inventaire de 1789 que vous citez.
      C’est ainsi que le Dossier Chanvre s’enrichit.

    • Votre hypothèse est bonne.La bicherée est une ancienne mesure qui correspond à l’étendue de terre nécessaire pour semer un bichet sachant que la quantité de celui ci varie d’une contrée à une autre.Dans ma région la bicherée représentait 1300m2.A lyon le bichet était de 34,27 litres alors qu’à Villefranche sur Saône (Soit 30km plus au nord) il représentait 25,27 litres.

      Pour revenir au chanvre,dans le val de Saône la grosseur de certaines plantes atteignait 5 à 6 cm de diamètre.Elles étaient réservés à la marine.Au XVIII ème siècle ,certains bateaux sont tirés à dos d’homme par une corde de chanvre appelée" la bricole".Ces cordes étaient bien sur élaborées par les maîtres cordiers présents sur les bords de Saône

      Dans l’inventaire après décès de mon ancêtre, il y a un ferret à chanvre, un peigne à chanvre, les fameuses "perches à rouir",mais aussi des dévideurs.En vieux français "dévider" signifie démêler. Y a t’il un rapport avec le chanvre ? D’autre part les douze pierres également référencées et dont je me suis toujours demandé l’utilité, pouvaient éventuellement servir au rouissage.

      Cordialement

    • Des bateaux halés sur les canaux par des hommes ... ou par des femmes. On en voit des photos sur Internet. Il me semble que la "bricole" était la sangle ou harnais de cuir que les haleurs ou haleuses passaient autour de leurs épaules, sangle à laquelle étaient fixés les cordages.
      "dévideur" doit être une forme de "dévidoir". Cet objet permettait de faire des écheveaux de fil, qu’il s’agisse de laine ou de chanvre. Il est souvent associé au rouet utilisé pour la laine.
      J’ai lu - et vous aussi, sans doute - qu’on plaçait des pierres sur le chanvre mis à rouir dans les routoirs, afin qu’il reste bien sous l’eau. Je n’aurais jamais imaginé que ces pierres pouvaient figurer dans un inventaire après décès. Les inventaires après décès recèlent bien des surprises. Le malheur des uns - les familles du temps passé éprouvées par un décès - fait le bonheur des autres : les chercheurs d’aujourd’hui.

  • Lucette Husson @
    "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
    Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

    Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
    Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

    A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

  • Bonjour Lucette, et merci de votre réponse,

    Je vous donne mon adresse mail perso : cathyblaisesoudier[arobase]gmail.com ; et on voit comment vous pouvez me les faire parvenir.

    Merci beaucoup

    Cathy

    • Bonjour
      J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
      La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
      Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
      Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
      On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
      Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
      Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
      Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
      Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
      Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
      Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
      Lucette Husson

    • Bonjour Lucette,

      Ce que vous écrivez est parfaitement exact. En dehors de leur fabrication et consommation personnelles, nos ancêtres avaient bien un "revenu d’appoint" grâce à l’affinage et au tissage.

      Sur les tisserands, vous pouvez lire (entre autres) sur ce site :
      https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
      https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

      Cordialement.
      Michel

    • Bonjour,

      Je suis très intéressée par ce dossier, car un de mes ancêtres possédaient des chènevières dans les Vosges (dans la vallée de la Plaine). Pourriez-vous s’il vous plaît donner la référence de ce dossier ? Merci beaucoup par avance.

      Bravo et merci pour l’article sur le chanvre, bien documenté, et par conséquent très intéressant !

      Cathy Blaise

    • C’est un gros dossier, conservé aux AD54 sous la cote C320.
      Mais, actuellement, les AD sont fermées,pour cause de déménagement, et ce jusqu’en juin 2020, au moins.
      Cependant, lorsque j’ai exploré ce dossier, j’ai pris des photos, principalement des régions de la plaine (sans majuscule) des Vosges. Et aussi, de la région de St Dié, ce qui pourrait vous intéresser. Ce n’est pas vraiment la vallée de la Plaine, mais cela s’en rapproche. Comment vous faire parvenir ces pages ??
      A suivre.
      Lucette Husson

    • Difficile de parler de "nos" ancêtres !...
      Il a pu y avoir des différences selon les régions et selon les époques.

  • Bonjour,

    L’article m’a aussi beaucoup intéressé ainsi que les contributions.
    L’arbre de mon épouse originaire du Bourbonnais comporte pour la période 1672_1704 au moins deux peigneurs de chanvre d’Escurolles dans l’Allier.
    Je n’ai pas pu évaluer précisément l’ importance économique de cette activité pour eux sauf qu’elle est mentionnée comme leur unique profession ce qui me laisse à penser qu’elle leur était proprement essentielle..

    • Bonjour,
      Je remonte actuellement la généalogie de mon épouse dont la branche maternelle est originaire des Hautes-Alpes et votre article m’a beaucoup intéressé.
      En effet, elle compte dans les années 1700/1750, parmi ses ancêtres, de nombreux peigneurs de chanvre. Ceux-ci, principalement originaires de Villar-Saint-Pancrace, dans le Briançonnais,émigraient chaque année pour 6 à 8 mois, principalement au Piémont et le revenu qu’ils tiraient de "la peigne" était pour eux un appoint indispensable.
      Cordialement.
      Henri

    • j’ai habité à Le Montet dans l’allier , non loin d’Escurolles
      Mon adresse était rue des Chenevières, ruelle en dehors des trace du mur d’enceinte de la ville, cette petite rue est bordée de jardins potagers, donc correspond à tout ce que les courriers sur ce sujet indiquent.

      Est-ce que parmi les lecteurs, y compris M. Jeannot je pourrais avoir d’autres indication de dates.

      Je m’intéresse au vieux métiers du Bourbonnais , on en trouve mentionnés dans les actes de décès je cherche à savoir à quoi ils correspondent.

    • J’ai trouvé des personnes travaillant le chanvre dans le bourbonnais, entre autre :
      Barnier jean dit le peigneur,o 28/10/1810 à Charroux
      x 02/02/1830 à Charroux,+ 08/05/1889 à Valignat.

      Ainsi qu’une famille : Chenevière Gilbert o Etroussat,
      x08/01/1725 à Etroussat.

    • Comme dates de deux générations de peigneurs de chanvre à Escurolles :

      Noel MAZUEL ° 09.02.1672 + 16.01.1730 X 04.02.1698 Claudie MANSIER

      Jacques MAZUEL ° 03.05.1704 X 11.02.1727 Antoinette BERNARD
      tous les evenements cités se situant à Escurolles.

  • Michel
    Bonjour
    Article très intéressant qui me fait penser au lin.
    Le lin du pays de Caux au bout de 100 jours est arraché début juillet , puis laissé sur place pour rouir, retourné.
    Les bottes redressées se nommaient à une époque " les demoiselles "
    Le traitement des fibres est similaire .
    J ai la chance de voir actuellement à 2 m de chez moi un magnifique champ de lin , les fleurs bleues qui vivent quelques heures, un peu de vent et la mer bleue ondule et le lendemain de nouvelles fleurs apparaissent
    Un superbe spectacle qui dure peu de temps
    Bon week end
    Cordialement
    Didier

  • Difficile de parler de "nos" ancêtres !...
    Il a pu y avoir des différences selon les régions et selon les époques.

    • Bonjour
      J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
      La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
      Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
      Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
      On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
      Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
      Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
      Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
      Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
      Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
      Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
      Lucette Husson

    • Bonjour Lucette,

      Ce que vous écrivez est parfaitement exact. En dehors de leur fabrication et consommation personnelles, nos ancêtres avaient bien un "revenu d’appoint" grâce à l’affinage et au tissage.

      Sur les tisserands, vous pouvez lire (entre autres) sur ce site :
      https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
      https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

      Cordialement.
      Michel

    • Bonjour,

      Je suis très intéressée par ce dossier, car un de mes ancêtres possédaient des chènevières dans les Vosges (dans la vallée de la Plaine). Pourriez-vous s’il vous plaît donner la référence de ce dossier ? Merci beaucoup par avance.

      Bravo et merci pour l’article sur le chanvre, bien documenté, et par conséquent très intéressant !

      Cathy Blaise

    • C’est un gros dossier, conservé aux AD54 sous la cote C320.
      Mais, actuellement, les AD sont fermées,pour cause de déménagement, et ce jusqu’en juin 2020, au moins.
      Cependant, lorsque j’ai exploré ce dossier, j’ai pris des photos, principalement des régions de la plaine (sans majuscule) des Vosges. Et aussi, de la région de St Dié, ce qui pourrait vous intéresser. Ce n’est pas vraiment la vallée de la Plaine, mais cela s’en rapproche. Comment vous faire parvenir ces pages ??
      A suivre.
      Lucette Husson

    • Bonjour Lucette, et merci de votre réponse,

      Je vous donne mon adresse mail perso : cathyblaisesoudier[arobase]gmail.com ; et on voit comment vous pouvez me les faire parvenir.

      Merci beaucoup

      Cathy

  • C’est un gros dossier, conservé aux AD54 sous la cote C320.
    Mais, actuellement, les AD sont fermées,pour cause de déménagement, et ce jusqu’en juin 2020, au moins.
    Cependant, lorsque j’ai exploré ce dossier, j’ai pris des photos, principalement des régions de la plaine (sans majuscule) des Vosges. Et aussi, de la région de St Dié, ce qui pourrait vous intéresser. Ce n’est pas vraiment la vallée de la Plaine, mais cela s’en rapproche. Comment vous faire parvenir ces pages ??
    A suivre.
    Lucette Husson

    • Bonjour
      J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
      La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
      Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
      Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
      On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
      Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
      Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
      Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
      Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
      Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
      Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
      Lucette Husson

    • Bonjour Lucette,

      Ce que vous écrivez est parfaitement exact. En dehors de leur fabrication et consommation personnelles, nos ancêtres avaient bien un "revenu d’appoint" grâce à l’affinage et au tissage.

      Sur les tisserands, vous pouvez lire (entre autres) sur ce site :
      https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
      https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

      Cordialement.
      Michel

    • Bonjour,

      Je suis très intéressée par ce dossier, car un de mes ancêtres possédaient des chènevières dans les Vosges (dans la vallée de la Plaine). Pourriez-vous s’il vous plaît donner la référence de ce dossier ? Merci beaucoup par avance.

      Bravo et merci pour l’article sur le chanvre, bien documenté, et par conséquent très intéressant !

      Cathy Blaise

    • Difficile de parler de "nos" ancêtres !...
      Il a pu y avoir des différences selon les régions et selon les époques.

    • Bonjour Lucette, et merci de votre réponse,

      Je vous donne mon adresse mail perso : cathyblaisesoudier[arobase]gmail.com ; et on voit comment vous pouvez me les faire parvenir.

      Merci beaucoup

      Cathy

  • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
    Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
    Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
    Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
    En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
    Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
    Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
    Voilà ce que je peux vous apporter.
    Lucette Husson

  • Bonjour,
    Je remonte actuellement la généalogie de mon épouse dont la branche maternelle est originaire des Hautes-Alpes et votre article m’a beaucoup intéressé.
    En effet, elle compte dans les années 1700/1750, parmi ses ancêtres, de nombreux peigneurs de chanvre. Ceux-ci, principalement originaires de Villar-Saint-Pancrace, dans le Briançonnais,émigraient chaque année pour 6 à 8 mois, principalement au Piémont et le revenu qu’ils tiraient de "la peigne" était pour eux un appoint indispensable.
    Cordialement.
    Henri

    • Bonjour,

      L’article m’a aussi beaucoup intéressé ainsi que les contributions.
      L’arbre de mon épouse originaire du Bourbonnais comporte pour la période 1672_1704 au moins deux peigneurs de chanvre d’Escurolles dans l’Allier.
      Je n’ai pas pu évaluer précisément l’ importance économique de cette activité pour eux sauf qu’elle est mentionnée comme leur unique profession ce qui me laisse à penser qu’elle leur était proprement essentielle..

    • j’ai habité à Le Montet dans l’allier , non loin d’Escurolles
      Mon adresse était rue des Chenevières, ruelle en dehors des trace du mur d’enceinte de la ville, cette petite rue est bordée de jardins potagers, donc correspond à tout ce que les courriers sur ce sujet indiquent.

      Est-ce que parmi les lecteurs, y compris M. Jeannot je pourrais avoir d’autres indication de dates.

      Je m’intéresse au vieux métiers du Bourbonnais , on en trouve mentionnés dans les actes de décès je cherche à savoir à quoi ils correspondent.

    • J’ai trouvé des personnes travaillant le chanvre dans le bourbonnais, entre autre :
      Barnier jean dit le peigneur,o 28/10/1810 à Charroux
      x 02/02/1830 à Charroux,+ 08/05/1889 à Valignat.

      Ainsi qu’une famille : Chenevière Gilbert o Etroussat,
      x08/01/1725 à Etroussat.

    • Comme dates de deux générations de peigneurs de chanvre à Escurolles :

      Noel MAZUEL ° 09.02.1672 + 16.01.1730 X 04.02.1698 Claudie MANSIER

      Jacques MAZUEL ° 03.05.1704 X 11.02.1727 Antoinette BERNARD
      tous les evenements cités se situant à Escurolles.

  • Bonjour,

    Je suis très intéressée par ce dossier, car un de mes ancêtres possédaient des chènevières dans les Vosges (dans la vallée de la Plaine). Pourriez-vous s’il vous plaît donner la référence de ce dossier ? Merci beaucoup par avance.

    Bravo et merci pour l’article sur le chanvre, bien documenté, et par conséquent très intéressant !

    Cathy Blaise

    • Bonjour
      J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
      La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
      Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
      Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
      On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
      Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
      Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
      Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
      Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
      Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
      Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
      Lucette Husson

    • Bonjour Lucette,

      Ce que vous écrivez est parfaitement exact. En dehors de leur fabrication et consommation personnelles, nos ancêtres avaient bien un "revenu d’appoint" grâce à l’affinage et au tissage.

      Sur les tisserands, vous pouvez lire (entre autres) sur ce site :
      https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
      https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

      Cordialement.
      Michel

    • C’est un gros dossier, conservé aux AD54 sous la cote C320.
      Mais, actuellement, les AD sont fermées,pour cause de déménagement, et ce jusqu’en juin 2020, au moins.
      Cependant, lorsque j’ai exploré ce dossier, j’ai pris des photos, principalement des régions de la plaine (sans majuscule) des Vosges. Et aussi, de la région de St Dié, ce qui pourrait vous intéresser. Ce n’est pas vraiment la vallée de la Plaine, mais cela s’en rapproche. Comment vous faire parvenir ces pages ??
      A suivre.
      Lucette Husson

    • Difficile de parler de "nos" ancêtres !...
      Il a pu y avoir des différences selon les régions et selon les époques.

    • Bonjour Lucette, et merci de votre réponse,

      Je vous donne mon adresse mail perso : cathyblaisesoudier[arobase]gmail.com ; et on voit comment vous pouvez me les faire parvenir.

      Merci beaucoup

      Cathy

  • Bonjour André,

    Vos questions méritent quelques recherches...n’étant pas du tout "spécialiste" de la toponymie de la Champagne humide !
    Je vais consulter "les grands auteurs" (Marcel Lachiver entre autres) et reviens vers vous.

    Cordialement.
    Michel

    • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
      * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
      * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
      * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
      * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
      Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
      André

    • Lorsqu’on a cessé de cultiver le chanvre, les chenevières sont devenues jardins potagers. Elles étaient proches des villages et, de plus, comme la culture du chanvre demandait un apport important en fumier, les terres étaient riches.
      Dans mon enfance encore - soit, les années cinquante - on entendait encore des personnes dire, par exemple : "j’ai de beaux haricots à la chenevière"
      Puis, les jardins potagers eux-mêmes ont disparu, remplacés par des prés, voire des lotissements.
      Un ami champenois m’avait montré des extraits de cadastres napoléoniens où étaient représentés des routoirs, assez vastes, rectangulaires. L’eau arrivait de la rivière par un canal de dérivation. J’ignore de quelle Champagne il s’agissait.
      En 2015, un plan topographique de 1832 avait été exposé aux AD des Vosges. On y voyait le "pâquis des routoirs". Des trous, au nombre de sept, étaient représentés. Bien sûr, le terrain devait être humide pour remplir son office. Les chenevières se trouvaient à proximité.
      Parfois, on mettait le chanvre à rouir directement sur les prés (humides) sans creuser de trous, ou sur les chaumes.
      Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre.
      Voilà ce que je peux vous apporter.
      Lucette Husson

    • Lucette Husson @
      "Je doute vraiment que les chardons aient eu une utilité dans le travail du chanvre."
      Le terme cardin ne désigne pas forcément un chardon (astèracées) mais peut être plutôt la cardère(Dipsacus, variété fullonum ou sativus, dipsacacées), encore appelée "cabaret des oiseaux".

      Leurs têtes allongées aux pointes recourbées, étaient encore utilisées dans les manufactures pour la finition des draps de laine au XIXe siècle.
      Utilisait-on ces mêmes plantes pour le travail du chanvre ? Je ne saurais le dire, mais ça n’est pas impossible.

      A propos de la toponymie : mon jardin, situé dans un secteur très humide(ce que l’on appelle localement une varenne), sur les bords d’un petit affluent de la Charente se trouve dans le lieu dit : Les CHENEVAUX.

    • Ah !oui, les cardères .... je les avais oubliées. Je viens de relire le numéro de La Hulotte consacré aux cardères cultivées, celles qui étaient utilisées pour la finition des "draps de laine fins et superfins, c’est-à-dire des étoffes de luxe, d’aspect soyeux, dans lesquelles on confectionnait les splendides uniformes des militaires, les vêtements des rois, des nobles"... Rien à voir avec la toile de chanvre qui était plutôt rêche, la toile des chemises des paysans.

    • Bonjour Michel , Bonjour Andre

      Je suis également interessée par des informations sur la culture du chanvre dans l’Aube et vous serais reconnaissante de me faire part également de vos recherches
      Native de Troyes ( Aube ) et pratiquant des activités d’art textile , entre autre tissage , j’ai découvert récemment toute une lignée de tisserands parmi mes ancêtres vivant à Troyes, au 18/19 ème siècle. ( ….(Mystère de la génétique ?)
      Habitant à l’étranger, il ne m’est pas toujours facile de faire des recherches sur place.
      Merci d’avance

    • Bonjour,

      Pour la toponymie liée au chanvre, vous pouvez rechercher dans "Le dictionnaire topographique de l’Aube", les formes anciennes des noms de lieux qui peuvent venir de la culture du chanvre.
      Voir ce lien :
      http://cths.fr/dico-topo/dictionnaires/cartes.php?cdep=10

      Sur le site des archives de l’Aube, vous pouvez consulter le cadastre ancien. Notamment cette feuille sur Jeugny où l’on retrouve les noms évoqués au bord de la rivière avec son moulin !

      Voir : http://www.archives-aube.fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMTktMDYtMjgiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO2k6NDtzOjQ6InJlZjIiO2k6MTY5NTtzOjg6InR5cGVfaW1nIjtzOjc6Inpvb21pZnkiO3M6MTY6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWwiO2I6MTtzOjIxOiJ2aXNpb25uZXVzZV9odG1sX21vZGUiO3M6NDoicHJvZCI7fQ==#uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoomifyInfos=3346%2C4508%2C0.5&uielem_zoom=0

      Je lis avec plaisir les contributions, toutes très intéressantes, des lecteurs suite à mon simple article.
      C’est vrai qu’il y à tant à dire sur ce sujet et encore bien des découvertes à faire.

      Très cordialement.
      Michel Guironnet

    • bonjour ! j’ai eu l’occasion de voir une démonstration de cardage du chanvre , et il a été utilisé , avant la " cardère" des chardons dont le fruit est hérissé de pointes dures . J’imagine la difficulté d’utilisation de ce genre d’outil !!

  • Bonjour Lucette,

    Ce que vous écrivez est parfaitement exact. En dehors de leur fabrication et consommation personnelles, nos ancêtres avaient bien un "revenu d’appoint" grâce à l’affinage et au tissage.

    Sur les tisserands, vous pouvez lire (entre autres) sur ce site :
    https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
    https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

    Cordialement.
    Michel

    • Bonjour
      J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
      La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
      Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
      Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
      On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
      Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
      Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
      Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
      Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
      Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
      Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
      Lucette Husson

    • Bonjour,

      Je suis très intéressée par ce dossier, car un de mes ancêtres possédaient des chènevières dans les Vosges (dans la vallée de la Plaine). Pourriez-vous s’il vous plaît donner la référence de ce dossier ? Merci beaucoup par avance.

      Bravo et merci pour l’article sur le chanvre, bien documenté, et par conséquent très intéressant !

      Cathy Blaise

    • C’est un gros dossier, conservé aux AD54 sous la cote C320.
      Mais, actuellement, les AD sont fermées,pour cause de déménagement, et ce jusqu’en juin 2020, au moins.
      Cependant, lorsque j’ai exploré ce dossier, j’ai pris des photos, principalement des régions de la plaine (sans majuscule) des Vosges. Et aussi, de la région de St Dié, ce qui pourrait vous intéresser. Ce n’est pas vraiment la vallée de la Plaine, mais cela s’en rapproche. Comment vous faire parvenir ces pages ??
      A suivre.
      Lucette Husson

    • Difficile de parler de "nos" ancêtres !...
      Il a pu y avoir des différences selon les régions et selon les époques.

    • Bonjour Lucette, et merci de votre réponse,

      Je vous donne mon adresse mail perso : cathyblaisesoudier[arobase]gmail.com ; et on voit comment vous pouvez me les faire parvenir.

      Merci beaucoup

      Cathy

  • Bonjour,

    Merci pour votre commentaire.
    Attention pourtant : affinage du chanvre et tissage sont des "métiers" différents.
    Voir mes articles :
    https://www.histoire-genealogie.com/Les-tisserands-ruraux-aux-XVIIe-et
    https://www.histoire-genealogie.com/Un-mariage-entre-tisserands-a

    Cordialement.
    Michel

  • Merci pour cet article très intéressant… mais qui soulève pour moi beaucoup de questions, et Michel pourra peut-être m’aider. J’habite à Jeugny (dans l’Aube/Champagne humide).
    * Un petite rivière (La Mogne) et au cadastre (de 1829) : 10ha de chènevière [0 aujourd’hui], deux lieudits voisins : La Crotte / Les Cardins. Alors...
    * La culture du chanvre impose-t-elle une zone humide ?
    * "La Crotte" : on prétend ici "Creux", c.a.d. trous de rouissage du chanvre. Est-ce possible ?
    * "Les Cardins" (ou cardons ou chardons) : peuvent-ils avoir un rôle dans le travail du chanvre ?
    Merci à Michel de m’aider à démêler les fibres...
    André

  • Bonjour
    J’ai été très étonnée de lire que "pendant l’Ancien Régime, l’affinage du chanvre était un revenu d’appoint pour les paysans".
    La culture du chanvre leur était absolument nécessaire, c’était la plante textile de base dans ma région, la Lorraine, où l’on cultivait peu de lin.
    Avec le fil de chanvre le plus fin, on tissait des toiles. Les chemises étaient des chemises de chanvre (48 pour les paysans assez aisés dans leur trousseau de mariage), les draps, les serviettes étaient de toile de chanvre.
    Avec le fil plus gros, on faisait des cordages.
    On utilisait aussi l’étoupe que l’on tissait également.
    Les chenevières (le premier e n’est pas accentué dans ma région) étaient proches des villages, parce que leur travail demandait beaucoup de soins.
    Au XVIIIe siècle, de nombreux Savoyards émigrés "peignaient" le chanvre dans nos villages vosgiens. On les appelaient chanvriers. C’étaient, probablement, les plus pauvres des Savoyards émigrés. Ils ont fait souche.
    Aux AD de Nancy, j’ai lu un fort intéressant dossier sur la culture des plantes textiles en Lorraine.En 1779,le ministre Necker avait lancé une enquête sur la culture du chanvre et le dossier est constitué des réponses à cette enquête.
    Dans le grenier de ma maison natale, il doit encore y avoir quelques écheveaux de chanvre.
    Ma cousine se souvient encore bien de sa grand-mère qui mettait un grand tablier de chanvre lorsqu’elle faisait la cuisine.
    Je m’arrête là, de crainte que mon message n’atteigne une longueur démesurée.
    Lucette Husson

  • Bonjour Michel
    Merci pour cet article très intéressant .
    Il me permet de comprendre quelle était la vie de mes ancêtres tisserands près de Bercq, du XVI ème au XIX ème siècle, et peut-être avant.
    Cordialement
    Josiane

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