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Les colonnes de prisonniers espagnols des guerres napoléoniennes à Saint Léonard (1810 à 1813) : de la généalogie à la grande Histoire...


jeudi 13 avril 2017, par Michel Patinaud

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Parti à la recherche de l’acte mortuaire d’une aïeule, voilà que je rencontre la mention suivante, en marge d’un registre d’état civil : « décès de quatre prisonniers espagnols » (16 janvier 1810). Nous sommes à Saint Léonard, petite ville à l’est de Limoges, devenue « de Noblat » en 1919. De quoi intriguer un chercheur, même si l’imprécision peut laisser présager des informations succinctes dans l’acte. On constate alors assez vite que de telles mentions sont nombreuses, notamment ce même mois.

1. Le nombre et la chronologie :

Les chiffres donnent le vertige : 25 décès du 16 au 30 janvier, dans une commune où le nombre annuel de sépultures variait de 160 à 210. Pour l’année 1810, les prisonniers espagnols représentent 23 % des défunts, comme en 1812, un peu moins en 1811 (8 %). De telles mentions, apparues en janvier 1810, dureront jusqu’au même mois de 1813. 103 jeunes espagnols ont ainsi fini leur vie dans ce coin de Limousin, si loin de l’Espagne, et des théâtres des batailles. Confronté à cette réalité historique, on peut souhaiter en savoir plus. Pour cela, il est nécessaire de synthétiser l’ensemble des données. C’est ce que j’ai fait dans un tableau, où apparaissent nettement de nombreux éléments d’explication. A partir de ces derniers, on peut ainsi mieux éclairer ce que pouvaient être ces interminables marches, particulièrement mortifères. On peut aussi imaginer l’effet qu’a pu produire leur arrivée sur la population, comme les convois funèbres vers le cimetière.

Étant donné que la presque totalité des décès survenaient le jour même de l’étape, ou le lendemain, très rarement au-delà d’une semaine, on peut avoir une idée du nombre de convois de prisonniers, appelés précisément « colonnes » ou « détachements ». Leur date d’arrivée est souvent précisée. Ainsi, celui du 16 janvier 1810, déjà évoqué, qui fut semble-t-il le premier : ce jour-là, il y eut 4 morts, le surlendemain 5 (leurs noms ne sont pas précisés), le 26 également 5 (les noms sont notés cette fois). Il est souvent écrit « arrivé hier » ou « arrivé ces jours derniers » (13 mars 1812), et les actes évoquent parfois la date de départ : « détachement parti aujourd’hui pour Bourganeuf » (17 juin 1810), « ...parti de cette ville le 9 » (août 1811). J’ai pu ainsi repérer au moins 7 convois en 1810, le rythme mensuel du début semblant s’espacer ensuite. Bien sûr, tous les convois n’ont sans doute pas eu de morts, du moins en ce lieu. On trouve seulement deux indications relatives au nombre de prisonniers : 118 dans celui du 8 mars 1812 et un autre deux jours (!) plus tard avec 29 hommes. Date et nombre étaient donc variables, toutefois les premiers mois de 1810 semblent avoir vu les plus nombreux. Le convoi de 118 hommes évoqué ci-dessus a laissé derrière lui au moins 12 morts, soit 10 %. On ne peut toutefois pas généraliser et établir de statistiques macabres ; ces quelques chiffres sont déjà très - trop – parlants.

L’an mil huit cent neuf, le onze du mois de février, à dix heures du matin, par devant nous adjoint au maire par lui délégué faisant les fonctions d’Officier de l’Etat civil de la comme de Guéret, département de la Creuse, sont comparus Jean Andrieux et Jean Piscoviche infirmiers de l’hospice de cette ville, majeurs lesquels nous ont déclaré que hier dix de ce mois à onze heures du matin, le nommé Joseph Sierra âgé d’environ seize ans, prisonnier de guerre espagnol, natif de Phelipede Xativa en Valence, tambour du régiment de Valence, premier bataillon, est décédé à l’hospice de cette ville...

L’an mil huit cent neuf, le douze du mois de février, à dix heures du matin, par devant nous adjoint au maire par lui délégué faisant les fonctions d’Officier de l’Etat civil de la comme de Guéret, département de la Creuse, sont comparus Jean Andrieux et Jean Piscoviche infirmiers de l’hospice de cette ville, majeurs lesquels nous ont déclaré que hier onze de ce mois à dix heures du matin, le nommé Joseph Vilana, âgé d’environ cinquante ans, prisonnier de guerre espagnol, natif de Florence en Italie, soldat du régiment de hibernia est décédé à l’hospice de cette ville...

L’an mil huit cent onze, le vingt du mois de décembre à dix heures du matin, par devant nous Jean Baptiste Leonard Rouchon, Maire Officier de l’Etat Civil de la commune de Bourganeuf, département de la Creuse, sont comparu Martial Redon et Jean Lelaches, journaliers, demeurant en cette ville, lesquels nous ont déclaré que le même jour vingt de ce mois a huit heures du matin, André Alboucette, âgé de dix huit ans fusilier prisonnier de guerre espagnol, natif de Agandia royaume de Valence, est décédé à l’hospice civil et militaire de cette ville et les déclarans, après que lecture leur a été faite du présent acte, ont déclaré ne savoir signer.

Exemple d’actes de décès de prisonniers espagnols : AD 23, régistres paroissiaux et d’état civil de Guéret An XI 1812 4E116/12 et AD 23, registres paroissiaux et d’état civil de Bourganeuf, An XI 1812, 4E35/12

2. Qui étaient ces hommes ? Essai de typologie

Passés les premiers décès anonymes, on trouve des données plus précises. Cependant, il est remarquable que des « espagnols inconnus » soient repérables à toutes les périodes. Ce que nous devons sans doute comprendre comme suit, simple hypothèse : lorsque Raimond (Ramon) Fernand (ez) décède le 10 octobre 1810, le convoi est déjà reparti depuis 6 jours. Mais très souvent, il n’y a plus personne pour identifier les morts. Nous disposons tout de même du nom de 79 d’entre eux. Des listes devaient exister, qui suivaient la colonne. L’agent municipal précise ainsi : « nous n’avons pu nous procurer le contrôle », il ne prenait pas sa tâche à la légère, comme le prouvent deux autres phrases : « nous avons trouvé sur lui un papier à demi déchiré, qui nous a paru être une commission, signée Antonio Montoya » ou encore « nous avons interrogé d’autres qui ont déclaré qu’ils ne connaissaient autrement les individus ».

Plus que le seul nom, nous relevons celui des parents, dans 2/3 des cas, la région – et parfois la ville – de naissance, le régiment. Les patronymes fleurent bon la péninsule ibérique : Fernandez, Delgado, Martinez, Canto, Navarro ... C’est sans doute anecdotique, mais ces noms étaient très souvent francisés, transcrits phonétiquement : voyez donc ce Paul Souarise (Suarez ?), ou Aoustine (Agustin) Français (Francès). Si ce n’était le contexte dramatique, on pourrait s’en amuser. On retrouve aussi ces hésitations orthographiques dans les prénoms : Cristobal devenant Christoval, Jaimé, Aimé, et Francisco, François. Nous lisons même le cas unique, du moins transcrit, d’un homme marié, à Marie Quoina, d’Avilla.

Sur 62 âges connus, on ne s’étonnera pas que la moyenne soit de 24 ans. Les 20-24 ans étant les plus nombreux (35 %). On recense aussi 15 soldats de moins de 20 ans, le quart de l’ensemble tout de même, le benjamin étant Manuel Garci (Garcia ?) âgé de 17 ans. C’est cependant le nombre des trentenaires qui interpelle : 9, soit 15 %. Parmi eux, un Portugais et un Suisse ! Enfin, et c’est vraiment très étonnant : le doyen avait 58 ans ! Crtistobal Ortiz, grenadier originaire de Séville... que faisait-il là, à cet âge ? Mystère.

Nous connaissons le lieu de naissance pour 70 de ces hommes, au moins la province, mais le plus souvent la ville ou village. Ces données sont très utiles pour imaginer le cheminement qui a pu les amener à mourir en Limousin, j’y reviens plus loin. Les Valenciens étaient les plus nombreux (30 %), les Andalous (23 %), seulement 4 catalans, 3 aragonais, et un galicien, mais tout de même 13 % de Castillans. Les régiments, lorsqu’ils sont cités (20 fois), correspondent très exactement à la province natale, ce qui semble attester de leur recrutement uniquement régional. Il faut faire là une place particulière à Emmanuel Delgado – portugais comme son nom ne l’indique pas – et surtout au « senor » Lechner, 39 ans, lieutenant d’un « régiment suisse ». On peut confronter ces données à la carte des campagnes militaires et des insurrections.

3. Les conditions d’« accueil »

Quand on connaît les règles de notre état civil, on ne s’étonnera pas de devoir chercher quelques détails, disons entre les lignes. Les décès ont pu avoir lieu en deux endroits : à l’hôpital d’une part, à la caserne d’autre part (souvent nommés « lieu de dépôt »). Du premier, on ne peut imaginer qu’un mouroir, où le dernier repos est très court, presque toujours quelques heures. Que Augustin Françès ait pu y séjourner 30 jours (!) est l’exception qui confirme la règle.

L’étape est très courte, il s’agit d’une nuit de sommeil tout au plus, comme l’indique cette mention : « un détachement de prisonniers espagnols qui arriva hier soir à 7 H en cette ville, ... et qui est reparti ce matin ... ». Ce qui signifie à l’évidence : la journée, on marche, la nuit, on dort. Ce point nous permet d’extrapoler le rythme de ces marches, en confrontant les données géographiques, connues par les mêmes sources : « venant de Saint Germain les Belles, ... pour Bourganeuf ». Voici bien deux étapes de 30 km, au rythme sans doute très lent : peut-être 3 km/h.

Le premier soldat mort « à la caserne » apparaît seulement sur les registres le 9 mars 1812. Il doit s’agir de la caserne de gendarmerie, très grand bâtiment, originellement couvent, qui existe toujours. On peut en déduire ceci : les deux premières années, l’organisation du « dépôt » était à la charge des autorités municipales, en la personne de Joseph Bultine « chargé de surveillance », ou Léonard Albin, « agent de police de cette ville ». Quel pouvait alors être ce dépôt qu’on précise « établi par le maire » ? Les indications sont rares. Toutefois, le 16.01.1810, le dénommé Albin doit être être appelé « dans l’écurie de l’auberge du Petit Maure, qui avait servi de lieu de dépôt ». L’homme y constate ceci : « nous avons trouvé quatre cadavres étendus sur la paille, qui leur avait servi de litière ». On imagine mal qu’un tel lieu ait pu abriter une centaine de personnes, il y avait donc probablement d’autres lieux de détention.

Les causes de la mort ne sont jamais évoquées. Cependant, l’âge des soldats, leur trajet , la courte durée de séjour à l’hôpital, sont des signes importants. Peut-on dire que l’épuisement, et sans doute une alimentation réduite, peuvent expliquer ces décès ? Je pense que oui. Par contre, le nombre plus élevé certains jours (4 le 28.1.1810 / 9 du 16 au 18 du même mois) - et bien d’autres exemples – pourraient s’expliquer par une situation épidémique.

4. Que peut-on dire du cheminement ?

Le corpus de décès évoqué plus haut contient d’autres données géographiques, qui permettent de reconstituer le cheminement des colonnes, du moins une partie. Le trajet suivi, avéré ou hypothétique, est significatif. Il permet de mieux comprendre le « comment » ? mais aussi d’approcher le « pourquoi » ? Faisant halte à Saint Léonard, les détachements venaient de Saint Germain-les-Belles – au sud de la Haute-Vienne – se dirigeant ensuite vers Bourganeuf, en Creuse. Mais on apprend aussi (30 janvier 1810) : « se rendant à Autun » (Saône et Loire), ville distante de 300 km, ou encore : « parti pour Moulins » (le 4 octobre 1810), à 200 km, deux villes situées dans la même direction, Autun est donc bien la destination finale, puisqu’un important camp y était établi. Avant d’ arriver à « bon » (?) port, les prisonniers étaient à l’évidence passés auparavant par le Limousin. Les registres de Bourganeuf recensent 33 décès semblables à ceux étudiés ci-dessus. Cependant, une analyse plus fine révèle plusieurs différences : ainsi un convoi en janvier 1809 ; serait-il passé à St Léonard ? Nous n’en trouvons aucune trace. Les dates correspondent rarement : parmi 11 convois ayant eu des morts là, seuls trois correspondent très exactement à l’étape précédente. Ce qui pourrait signifier : un plus grand nombre de colonnes dans l’ensemble, une mortalité très inégale selon les étapes. Mortalité moitié moindre à Bourganeuf, et plus aucun convoi après février 1812 ?

Si l’on veut envisager les autres lieux de dépôt, il faut s’intéresser au point de départ hypothétique. Le passage à Saint-Germain-les-Belles, avant Saint Léonard, indique clairement la route du sud, beaucoup plus loin vers Toulouse. Dans cette dernière, les décès de prisonniers espagnols sont très nombreux. Vers le nord, on en trouve aussi dans les registres de Montauban et Cahors – il manque des dépôts intermédiaires. Puis Frayssinet et Souillac (Lot), Brive et Uzerche (Corrèze)...

Les lieux de naissance des défunts m’inclinent à penser que le franchissement de la frontière pyrénéenne avait pu avoir lieu en Ariège, plutôt qu’en Catalogne (voir le faible % de prisonniers catalans). Ce qui représente 400 kms jusqu’au cœur du Limousin. Au rythme supposé de 30 kms journaliers – ce qui me semble cependant beaucoup pour des hommes entravés, fatigués et mal nourris – il faut tout de même une quinzaine de jours au minimum. Sans compter une autre quinzaine jusqu’à Autun. Le but de ces longues « marches de la mort » ne me semble faire guère de doute. Après avoir fait halte à Bourganeuf, par quelle voie pouvait se poursuivre la traversée de la Marche, du Bourbonnais, jusqu’au Nivernais ? Guéret étant située à 30 km de Bourganeuf, cela semble évident, d’autant qu’on y trouve des traces d’une semblable mortalité. On peut même ajouter que 145 décès, c’est beaucoup plus, cela s’explique assez aisément. L’origine géographique est sensiblement plus variée sur les registres de la préfecture creusoise. De nombreux soldats venaient de régions telles les Asturies, la Galice ou la Manche. Cela montre que d’autres directions de colonnes, cheminant au sud-ouest, depuis Bordeaux, rejoignaient à Guéret celles venues du sud. Mais ensuite ? L’hébergement, même rudimentaire, de telles files de prisonniers, était plus du ressort d’un gros bourg, comme un chef-lieu de canton, possédant auberges, gendarmerie, hôpital... La seule trace de ces détachements macabres que j’ai pu trouver après Guéret se trouve à Gouzon (Creuse) située à 30 km, où décèdent 13 soldats. Plus loin, vers Montluçon, Moulins et Autun, le trajet précis reste à établir. Les historiens savent faire çà, les généalogistes probablement : avis aux amateurs.

Il n’était pas question dans ces lignes d’évoquer la guerre d’Espagne, guerre d’indépendance particulièrement tragique. Comme toutes les guerres penserez-vous. Pour celle-ci, il suffit de revisiter les œuvres de Goya. Puis de relire la « Correspondance de Sainte Hélène », où l’empereur évoque un « nœud fatal pour l’Empire ». Sans oublier ces mots de Nathalie Petiteau, que ne révèle pas la Correspondance : « Napoléon, incapable de se faire une opinion personnelle, a fait siens les préjugés de ses compatriotes sur la dégénérescence et l’inertie des Espagnols ». Ces derniers étaient donc 2800 à Autun en 1812, où les archives d’état civil égrainent une triste litanie. Mais combien avaient-ils été au départ ? Je ne peux m’empêcher de poser cette autre question : quels objectifs stratégiques animaient l’esprit des organisateurs de ces « marches de la mort » ? avec leurs souffrances incommensurables.

N.B. : Malgré des recherches minutieuses, je n’ai pu trouver aucune image, dessin ou tableau, représentant ces colonnes de prisonniers. Tous les documents évoqués dans le texte peuvent être retrouvés sur les sites internet des archives départementales des différents départements. L’exemple ci-joint provient des AD de la Creuse.

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57 Messages

  • cet article est passionnant et nous révèle le sort des prisonniers de la guerre d’Espagne. Il n’a jamais été bon d’être prisonnier de guerre. Noue apprenons ici le triste sort des soldats espagnols vaincus et morts mais alors se pose la question :
    Y-a-t-il eu des survivants et que sont ils devenus ??

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    • Bonjour François,
      Merci pour votre intérêt. Il y a bien eu des survivants, c’est évident si on compare le nombre de décès à Autun et le nombre de détenus. Une précision utile : il y eut des dizaines d’autres lieux de détention ! Et ces gens-là ont bien été libérés après la chute de l’Empire. Dans quelles conditions ? Seules les archives militaires permettraient d’en savoir plus, et ce n’est pas ... « ma tasse de thé ». Il me semble avoir lu que seuls les officiers ont été autorisés à se marier en France. Sous toute réserve. Ce champ de recherche reste vaste.

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    • Il y a eu des survivants dont mon ancêtre pour lequel je joins un extrait de l’histoire familiale des CHÂTELET-REMY. L’évêché de VALENCE m’a indiqué que les archives espagnoles avaient été détruites pendant la guerre civile espagnole. Je n’ai donc pu savoir le métier de ses parents. Les noms ont été francisés comme souvent.

      "Marie Reine LAROCHE y rencontra Antoine Joseph Vincent ABAD, un garçon tanneur, qu’elle épousa le 26 mars 1818.

      Antoine ABAD était un soldat espagnol fait prisonnier par les Armées Napoléoniennes qui avait choisi de rester en FRANCE. Il s’était installé dans la Région Haute Marnaise où le travail ne manquait pas en raison du développement industriel.

      Il était le fils de Michel Jean ABAD et Françoise BOTELLA et était né le 14 juin 1791 à ALCOY, une petite bourgade située près de VALENCE dans le Sud de l’ESPAGNE.

      Antoine et Marie Reine eurent un fils Jean Baptiste Elisabeth né le 30 octobre 1818 à JOINVILLE. Le garçon décéda un an après, le 26 novembre 1819.

      Puis le couple s’installa à WASSY où naquit le 25 août 1821 notre ancêtre Marguerite ABAD.

      Les époux ABAD durent retourner à JOINVILLE puisque Marie Reine LAROCHE y décéda le 22 juillet 1827. Elle avait 38 ans.

      Devenu veuf, Antoine ABAD partit s’installer à Saint DIZIER où il fut infirmier à l’Hospice de la ville, ce qui lui donnait un logement de fonction.

      Abandonnant le métier d’infirmier, il devint sur la fin de sa vie menuisier dans l’établissement hospitalier dans lequel il resta jusqu’à son décès le 14 février 1867, ayant survécu 40 ans à son épouse."

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    • Certains prisonniers ont fait souche en France comme mon ancêtre Antoine ABAD. Je vous joins l’extrait de mon récit de l’histoire familiale des CHÂTELET-REMY. L’Evêché de VALENCE m’a indiqué que tous les registres paroissiaux avaient été détruits pendant la guerre civile espagnole. Je n’ai donc pu connaitre le métier des parents ABAD. Les noms ont été francisés comme souvent.

      "Marie Reine LAROCHE y rencontra Antoine Joseph Vincent ABAD, un garçon tanneur, qu’elle épousa le 26 mars 1818.

      Antoine ABAD était un soldat espagnol fait prisonnier par les Armées Napoléoniennes qui avait choisi de rester en FRANCE. Il s’était installé dans la Région Haute Marnaise où le travail ne manquait pas en raison du développement industriel.

      Il était le fils de Michel Jean ABAD et Françoise BOTELLA et était né le 14 juin 1791 à ALCOY, une petite bourgade située près de VALENCE dans le Sud de l’ESPAGNE.

      Antoine et Marie Reine eurent un fils Jean Baptiste Elisabeth né le 30 octobre 1818 à JOINVILLE. Le garçon décéda un an après, le 26 novembre 1819.

      Puis le couple s’installa à WASSY où naquit le 25 août 1821 notre ancêtre Marguerite ABAD.

      Les époux ABAD durent retourner à JOINVILLE puisque Marie Reine LAROCHE y décéda le 22 juillet 1827. Elle avait 38 ans.

      Devenu veuf, Antoine ABAD partit s’installer à Saint DIZIER où il fut infirmier à l’Hospice de la ville, ce qui lui donnait un logement de fonction.

      Abandonnant le métier d’infirmier, il devint sur la fin de sa vie menuisier dans l’établissement hospitalier dans lequel il resta jusqu’à son décès le 14 février 1867, ayant survécu 40 ans à son épouse."

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  • Bonjour Michel,
    Il y a aussi un autre élément à prendre en compte : le froid.
    C’est pourquoi, il y a souvent plus de décès en hiver.

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  • bonjour

    Merci pour cet article que j’ai lu avec d’autant plus d’intérêt que mon sosa 38, Emmanuel FERNANDEZ, né en Espagne vers 1790, se marie en 1823 avec une jeune fille de Poitiers, et je me suis toujours demandée comment il était arrivé dans cette ville. Son état-civil a été reconstitué au moment de son mariage, « les troubles en Espagne l’empêchant de se procurer son acte de naissance »
    A cette période (1823) il y a une petite communauté espagnole à Poitiers, ils se connaissent, ils sont souvent témoins les uns des autres (Thomas Blanco, Dominique Alvarez) ; ce seraient des prisonniers restés sur place ?

    Après la lecture de l’article je viens de « fouiller » un peu les archives de Poitiers, et je trouve aussi plusieurs décès de « prisonniers espagnols », jeunes la plupart, de 19 à 26 ans, en 1809 et plus rares en 1810. Le terme « prisonnier espagnol » est bien précisé dans la marge de l’acte. Ils sont tous décédés à l’hospice. Donc les colonnes de prisonniers sont aussi passées à Poitiers, peut-être avant les colonnes du Limousin.

    De plus, j’ai trouvé aussi 2 prisonniers anglais ( Device Biezemaieu + 02/06/1809 et Charles Martin + 03/06/1809)

    Y aurait il eu des listes de prisonniers des guerres Napoléoniennes ? où des listes côté espagnol ?

    Cordialement,
    Claudine Auget-Attia

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    • Bonjour Claudine,
      Vous avez fait un lien avec un élément de votre généalogie qui n’est pas surprenant. De très nombreux prisonniers ont probablement dû rester en France. A ma connaissance, seuls les officiers ont été autorisés à s’y marier. La documentation serait la bienvenue. Des listes ? je ne sais pas, je pencherais plutôt pour leur disparition. Mais, comme les préfectures avaient été informées du passage de ces colonnes, il est vraisemblable que quelques dossiers subsistent aux différentes AD. Pour ce qui concerne la Vienne, elle ne se trouvait pas a priori sur la route de ces colonnes. Par contre, des groupes ont pu se reconstituer ici ou là.

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  • « Prisonniers ».Sujet que nous,français,devrions couvrir d’un voile de l’oubli.
    Je suis à peu prés sur que un très grand Général,chef de la France après la Liberation,s’est vu retirer,par les instances internationales la garde des prisonniers allemands. Mon père travaillait à la Préfecture de Rennes et deux fois il a acheté de ces objets que fabriquent toujours les prisonniers ;
    ils lui disaient qu’ils étaient très mal nourris.
    Le mème « très grand Général » a été sommé par telle Cour
    internationale de payer,malgré son refus,les frais réclamés
    par la Suisse pour l’hébergement des prisonniers français.
    Commentaire ? Je préfère rester muet.

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  • Bonjour,

    Merci pour votre article qui apporte un autre aspect dans le quotidien de nos ancêtres, fût-il passager.

    Cordialement,

    Franck Juin

    Répondre à ce message

  • Merci pour cet article et vos recherches historiques sur un sujet jamais évoqué.
    Habitant Bourganeuf ainsi que ma famille depuis 3 générations, j’ai toujours entendu parler d’un lieu situé près d’ici appelé « le cimetière des Espagnols » sans que personne n’ait jamais pu me fournir d’explication..et n’étais pas remonté dans la lecture des archives aussi loin, mes ancêtres n’étant arrivés ici qu’à la fin du 19e siècle. Je pense qu’il est donc possible qu’il s’agisse de certains de ces prisonniers.
    Je vais rechercher dans les archives pour savoir si un lieu de sépulture est indiqué ? En avez-vous trouvé ?
    Cordialement
    MFL

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  • Ces colonnes de prisonniers espagnols ont très logiquement emprunté « la route impériale de Limoges à Autun ». On trouve des actes de décès de prisonniers sur le site des AD 03 à Montluçon, Doyet les 9 mars et 22 décembre 1812, Montmarault, le Montet les 3,8,13 et 19 mars 1812, Tronget, Châtillon, Souvigny, Coulandon, Moulins.
    Ils ont ensuite continué sur cette même grand’route vers Autun. De très rares malades ou blessés épuisés qui ralentissaient trop la marche de la colonne ont été abandonnés en route, mais ont pu être sauvé par des personnes charitables et faire souche dans nos communes rurales. C’est l’aventure humaine, tellement intéressante.

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  • Bonjour Michel ;
    J’ai lu avec plaisir cet article car en 2014 j’ai essayé de trouver l’origine de plusieurs dizaines d’hommes s’étant mariés aux confins des départements 26 et 38 entre 1795 et 1820 et ayant des patronymes à consonance étrangère.Dans l’acte de mariage la mention’ancien prisonnier de guerre’ est présente pour environ 20% d’entre eux. Aux AD 26 j’ai trouvé des informations assez détaillées sur les prisonniers de guerre napolitains à Tain vers 1795 , autichiens à Romans vers 1800 et aussi des anglais à Valence ; il existe de nombreuses mentions de passage de colonnes de prisonniers à Valence ( toutes ces infos en série R). Une épidémie en plein hiver a frappé les prisonniers autichiens hébergés à Romans .Cete étude est exposée dans deux articles publiés dans la revue« Collines » du Cercle généalogique de Romans.

    Pour ce qui concerne les passages de colonnes de prisonniers je suggére une consultation des archives des communes concernées en série 4M des AD(rapports des autorités préfectorales , municipales , judiciaires et de police).
    Des prisonniers espagnols ont été hébergés à Valence de 1809 à 1813 environ ,leurs listes nominatives avec mention du grade , du régiment et de leur origine sont présentes dans les dossiers de cote 4M 435 et 436 aux AD 26 (dossiers que j’ai consulté ce vendredi 14 pour un tout autre sujet) .
    J’espère que ces infos seront utiles pour quelques lecteus de cette série de messages .
    Cordialement

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  • Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont bien voulu apporter des précisions, ou avis judicieux. Aujourd’hui, je me pose encore plus de questions qu’hier. C’est peut-être çà qui fait l’intérêt de la recherche historique. Avec mes sentiments les plus cordiaux.

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  • Aux AD des Vosges, il existe des documents sur les prisonniers espagnols (Série R) depuis décembre 1808 jusqu’à septembre 1813. Ainsi, en septembre 1811, on attend l’arrivée de 1200 prisonniers espagnols à Plombières le 25, à Epinal le 26 où ils séjourneront le 27 pour gagner Rambervillers le lendemain, puis le département voisin. En mai 1813, le maire d’Epinal demande au Préfet de réquisitionner de la paille dans les villages voisins : les prisonniers seront logés au manège de la caserne et à l’église du collège. Par ailleurs, il y a eu un dépôt à Neufchâteau depuis juillet 1812 jusqu’à septembre 1813 : 500 hommes environ, dont certains travaillaient à l’extérieur pendant la journée. On a constaté des désertions.

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  • Cet article m’interpelle beaucoup car il y a plusieurs années que je suis à la recherche de l’ascendance de Joseph Lockquell ou Lockwell ayant immigré au Québec vers 1818. Son acte de mariage dans une paroisse du Québec nous apprends qu’il est le fils de Jean Lockquell, sujet britannique et de Pascuala Padilla, patronyme Espagnol. Le fils est né vers 1795 dans la paroisse de St-Pierre dans les environs de Lisbonne au Portugal. Son père, cordonnier pour le compte de l’armée Britannique lors des guerres napoléoniennes. Le patronyme Lockquell pourrait être un dérivé d’un villageois de Lockenvel en Bretagne. Mais encore là je n’ai rien trouvé. Mes recherches au Portugal sont restées vaines. Peut-être ce message saura-t-il éveiller une personne ! Merci de m’avoir lu.

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  • Bonsoir,

    Contrairement à ce que vous dites, cette guerre n’est en aucun cas une guerre d’indépendance...
    Elle s’inscrit plus prosaïquement dans le système des alliances des monarchies européennes d’un côté contre les tenants du concept de citoyenneté de la Révolution Française et la dynamique qu’elle a aissaimé en divers endroits.

    Cependant, il y a une différence aussi par rapport aux autres conflits qui dans le cas des ennemis traditionnels de la France en ce temps là (Prusse, Royaume-Uni, Autriche-Hongrie et Russie) opposaient des armées de métier contre des armées de conscription (France, Pologne, Italie...) et dont la motivation, sinon la légitimation au regard de nos critères démocratiques actuels, n’était absolument pas la même.
    Dans ce contexte l’Espagne est un cas particulier dans la mesure où ses combattants étaient principalement, comme en France, des civils et pourrait-on dire, des « bénévoles », c’est pourquoi je suis surpris que ces soldats relevaient d’une « arme » et d’un « régiment », alors que cette guerre (à laquelle a participé mon ancêtre direct) opposait surtout une armée de conscription -l’armée française- à une guérilla (le mot et le concept trouvent ici leur origine) d’où cette guerre qu’on qualifierait aujourd’hui de « guerre sale ».
    (Voir quelques tableaux de Goya sur le sujet.)

    Donc, je vous livre mon sentiment concernant ce contexte historique sans apporter d’autre information directe à votre sujet : ces combattants espagnols qui n’ont pas respecté les lois de la guerre telles qu’on les comprenait à l’époque, ont possiblement été plus maltraités, une fois prisonniers, que les prisonniers Autrichiens ou les Anglais ou d’autres , lesquels, une fois la paix signée, étaient rendus à leur pays, comme rançon néanmoins. L’Espagne n’a, semble-t-il, jamais entrepris la moindre démarche pour rapatrier ses ressortissants.

    Symétriquement, les prisonniers français avaient été, de même, extrêmement maltraités dans cette guerre « sale » par les Espagnols. On ne sait pas si certains ont fait souche en Espagne, car ordinairement ils étaient suppliciés après capture.
    Toutefois, on ne peut pas écarter cette possibilité, non plus....
    .

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    • Bonjour,
      Guerre de Libération, çà vous irait ? Ah, les « lois de la guerre » ont bon dos. Il est vrai que nos armées ont dû « mieux » les respecter que les autres en Italie, Allemagne, Belgique, Europe centrale ? dans cette période là. Mais je ne crois pas que l’article portait sur ce sujet. Je vous livre juste cette réflexion d’un historien catalan : « La seule chose que les français ont apporté aux ... ibériques, c’est le typhus et les camps de concentration. ... Honte à vous les français ! toujours à donner des leçons alors que vous faites partie d’une des pires engeances colonialistes qui soit ! » je vous laisse le soin de dater.

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  • Nombre de prisonniers espagnols ont été employés à creuser des canaux dans l’ouest. Le projet de napoléon de couper le Cotentin par un canal de Carentan à Portbail (Manche) a coûté la vie à nombre d’entre eux. Ce canal ne fut que commencé, il y a toujours à Carentan une pièce d’eau nommée « Canal des espagnols »,vestige des travaux entrepris.

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  • Notre généalogie familiale nous a conduits en Espagne, près de La Corogne précisément. Le 7.11.1824 à St Martin des Bois (41) mariage de Vincent Bazile OSENDE âgé de 34 ans (né en 1791) né à Razo, district de Buño, département de La Coruña, Espagne, fils de feu Ignace de Razo et de Jeanne Rodriguez. Il dit être domestique meunier. Il épouse Louise Levaye.
    Il a 4 témoins espagnols : Dominique Faniego, 34 ans, Alphonse Gonzalez, 30 ans, Alexandre Deas, 36 ans et Pierre Garcia, 32 ans. Ils disent vivre à St Calais 72.
    Ces hommes ont en effet été faits prisonniers par un comte de Château-Renault(37) près de St Martin des Bois. Il est parti guerroyer avec ses hommes qui ont été tués, il a donc fait des prisonniers pour les remplacer et cultiver ses terres.
    Un ami de La Corogne (bon hasard pour moi !), à 20 km de Buño, a pu contacter le curé de Razo qui a retrouvé les registres de baptêmes et retrouvé les parents de Vincent jusqu’en 1755. Il a des descendants dans le 41 et le 37.
    Quant à ses témoins, Gonzalez et Garcia étant des patronymes très courants, il est difficile de les localiser. Cependant, il existe une famille Deat dans le 72. Je n’ai pas trouvé de Faniego.
    Apparemment ces hommes ont été correctement traités et « libres » de leur vie.

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  • Bonsoir,
    J’ignorais totalement cet épisode de prisonniers espagnols. Après quelques recherches sur internet, je me rends compte que certaines personnes s’étaient intéressées à ce sujet et avaient laissé quelques écrits. Voici de brèves indications sur ces fameuses colonnes lors de leur passage à Tarbes. Vous aurez ainsi une idée plus précise du chemin parcouru pas ces prisonniers, dont certains sont peut-être passés chez vous.
    « Le 16 juillet 1811, Broquère informe M. de Castelnau, maire de Tarbes : “Je vous préviens, M. le Maire, que la première colonne de prisonniers de guerre espagnols, forte de 2.411 hommes, arrivera à Tarbes le 18 courant. La deuxième colonne de 2.400 hommes sera rendue le 20 ou 21, la troisième de 1.500 hommes arrivera à Tarbes le 23, la quatrième de 1.500 hommes arrivera le 25. » Ce court texte a pour auteur Claude Larronde, historien de Vic-en-Bigorre qui s’est particulièrement intéressé au Général Maransin. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez facilement des références en effectuant des recherches sur GOOGLE.
    Ces milliers d’hommes, ont-ils quelque chose de commun avec les vôtres ?

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  • L’un de mes ancêtres, José MATA, fut capturé par Napoléon à la bataille d’Ocana en 1809, il était né en 1785 à Cadix et avait participé en qualité de chirurgien-major (aux côtés des Français !) à la bataille de Trafalgar.

    Je le retrouve à Belfort où en sa qualité d’officier il put épouser une jeune notable de la ville, en 1812.
    Ensemble ils eurent une fille, puis ce fut la chute de Napoléon, et mon José abandonna femme et enfant pour rentrer chez lui, sans plus jamais donner signe de vie. Il a dû faire partie de ces colonnes de prisonniers.

    Sur mon arbre j’ai mis un extrait d’un ouvrage sur le Siège de Belfort, trouvé sur Gallica ; où il est fait mention des prisonniers espagnols (vous trouverez l’ouvrage complet sans problème je pense).

    http://gw.geneanet.org/ftbo?lang=fr...

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  • Bonjour,
    Au cours de recherches sur les ancêtres d’une famille, je suis arrivé à un ancêtre prisonnier espagnol, marié à une française. J’ai pu faire le lien avec une famille originaire d’Andalousie.
    J’ai constaté beaucoup de décès parmi ces prisonniers, et les causes sont surement les mêmes que celles citées dans l’article.

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  • Bonjour,
    je découvre avec intérêt les péripéties de ces prisonniers espagnols ramenés d’Espagne par les troupes napoléoniennes au cours de la guerre d’indépendance menée par les Espagnols contre la France.
    Je suis moi même descendant d’un de ces prisonniers qui s’est marié dans la Nièvre en 1820.Par son acte de mariage, je sais que son village était Castelfullit en Catalogne.Il s’est très bien intégré puisque son fils a été Garde champêtre du village. Ces 2 témoins de mariage étaient eux aussi des prisonniers espagnols.
    Pour avoir plus d’informations sur cette période,j’ai trouvé la thèse de Jean-René Aymes intitulé "L’espagne contre Napoléon - La Guerre d’indépendance espagnole (1808-1814). Sur un site de vente connu, ce livre est hors de prix, mais on peut le charger pour une somme modique. Il est très enrichissant pour connaitre les conditions de rapatriement de ces hommes en France, de leur vie, de leur dépôt et toutes les catégories de personnes qui ont été déportées ainsi en France e aussi leur lieux d’emprisonnement.
    Par contre, pour le moment je n’ai pas encore effectué de recherches en Espagne pour approfondir cette généalogie. Je ne parle pas l’Espagnol

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  • Bonjour,
    J’ai cherché des renseignements sur un ancêtre hongrois, prisonnier n°837,probablement après Wagram. J’ai eu comme information que les prisonniers étaient rassemblés à Limoges Il est arrivé à Champigny sur Veude vers 1809 et s’est marié à une fille du pays en 1810. Il s’appelait Mickaël Temeschwaré (Timisoara) et était né en 1787 à Sentech(?).

    D’après mes renseignements les autrichiens et hongrois étaient envoyés dans les campagnes pour remplacer ceux qui étaient partis avec Napoléon, parce qu’ils avaient l’habitude des travaux de la terre et étaient ,en général, assez grands et costaux. Mais les espagnols et les anglais étaient gardés sur des navires dans des conditions très pénibles.
    Bien cordialement

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  • très intéressant article qui nous rappelle que chaque nation a son passé propre, et aussi pas propre. cependant, n’abusons pas : ces périples de prisonniers n’étaient en rien comparables à la longue marche d’extermination que vécurent par exemple les Arméniens !
    Il nous rappelle qu’alors les hommes au pouvoir n’étaient pas tendre avec les plus humbles...
    Que dire des prisonniers français de Napoléon parqués sur des pontons, entassés, soumis au mal de mer ,par les Anglais ? Les épidémies faisaient un bon travail !
    Quant à la marche (30 km/j, assez épuisant, je l’ai pratiquée)tous les régiments d’infanterie y étaient soumis. Napoléon disait :« un bon soldat est un soldat qui sait marcher. Une campagne est une marche, la bataille n’est que le point final ». Quant il décide de partir de Boulogne pour aller au-devant des Austro-russes (et ça se terminera à Austerlitz), il ordonne à l’intendance « de lui préparer 100 000 paires de chaussures à Strasbourg » !
    Tout le monde était dur avec tous en ce temps-là...

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  • <s
    Colonnes de prisonniers de guerre espagnol pendant la guerre d’indépendance en Espagne

    Généalogiquement Espagnol ancien, et Creusois de surcroît par une autre branche familiale, j’ai lu avec un intérêt maximal le résultat de votre recherche et votre analyse.

    Encore bravo pour votre travail !!

    Mais le flux s’est poursuivi avec les guerres carlistes (la première vers 1835), déplacements et assignations à résidence moins inhumains.

    Et je ne parle pas desréfugiés de la guerre civile au 20° siècle.

    .

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  • merci pour cet article si interessant et pour vos recherches !
    je suis descendante d’un ancetre espagnol dont on a toujours dit dans la famille qu’il avait ete« ramené » prisonnier de napoleon :il s’est marié avec une francaise en 1814 à feignies dans le departement du nord,bien loin de son pays car il etait originaire de « OTENYENTES »selon l’acte de mariage,située dans la province de valencia.il exercait la professon de tisserand à l’epoque e son mariage ,profession de son pere aussi à Otenientes.il s’appelait Joseph casquel et il eut une descendance:au moins un fils né en 1817 et une petite fille ,Renelde,née en 1849 dont je suis la descendante (arriere petite fille)plus personne n’est là pour me renseigner sur cette ascendance et je suis d’autant plus touchée et interessée par vos recherches !avez vous dejà entendu parler d’anciens prisonniers espagnols s’etant installés dans le Nord ?feignies est une commune proche de la frontiere belge.merrci beaucoup !

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  • Bonjour à tous,
    Je suis très intéressée par ce sujet ayant moi-même un ancêtre qui a participé à la guerre d’Indépendance. J’ai écrit à « Archivo General Militar » de Segovia et j’ai reçu une copie de sa carrière militaire. Il s’agit de Miguel Roche Alías, né en 1785 à Segura de los Baños, province de Teruel, Aragon. Il s’est engagé à Daroca en 1802, et le 23 avril 1810 il a été fait prisonnier avec son bataillon pendant la bataille de Margalef, province de Tarragona. Il est revenu en Espagne en juin 1814 « par Bayonne » (c’est précisé ainsi sur les papiers que j’ai reçus). Je n’ai jamais pu savoir où il a passé ces 4 ans de captivité en France, malgré des recherches notamment à Vincennes.Je donne ces références au cas où quelqu’un aurait accès à des listes de prisonniers.
    Cordialement à tous,
    Maria-Carmen Roche-Larribeau

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  • Pour information, on retrouve des prisonniers espagnols jusqu’en Belgique où Napoléon leur fera construire le canal de Damme (près de Bruges) à Sluis. La Convention de Genève n’existait pas encore...
    On doit également retrouver des traces dans divers registres.

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  • Bonjour, si cela intéresse quelqu’un, je m’étais penché sur les prisonniers des guerres révolutionnaires retrouvés en Brie.

    http://chapellerablais.pagesperso-o...

    Sur ce sujet, je recommande le livre de Frédéric Jarrousse : Auvergnats malgré eux ; publications de l’Institut d’Etudes du Massif Central, fascicule XIII.

    Cordialement. Jean Bernard Duval

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  • Ce sont des prisonniers espagnols qui ont construit le canal de Nantes à Brest. Il faut lire à ce sujet le très beau roman de Françoise Moreau : « Eau Forte »

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  • Cher monsieur,

    Votre communication m’a interpellé.je descends, moi ,aussi,
    d’un prisonnier de guerre Espagnol,Fidel SERRANO,natif de Fuentelcesped,Castilla la vieja,et prisonnier de guerre à St Etienne.Je posséde un acte de la mairie de St Etienne,qui etait joint à son acte de mariage,et qui précisait :"le commandant militaire,de la place de St Etienne,autorise,le prisonnier de guerre,Fidel Serrano,né à Fuentelcesped,Espagne,ainsi que l’atteste le témoignage de plusieurs autres prisonniers,à,épouser Mlle jeanne L’Hortolat,etc.. Si cela vous intéresse je peux vous en fournir la copie. Cela prouve aussi que St Etienne était aussi un lieu de détention.Je suis,bien sur intéréssé par tout renseignement,concernant ces prisonniers,vous pouvez me joindre,par internet, et consuter mon arbre,sur Geneanet.

    Cordialement.

    Georges Serrano

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  • Bonjour Monsieur,
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre témoignage sur les prisonniers espagnols des guerres napoléoniennes. J’ai un ancêtre andalou qui s’est marié à Vascoeuil, 27 et je me suis posée beaucoup de questions sur sa présence si loin de son pays la province de Cordoue. Je n’ai pu retrouver que ses parents franscisca Fernandez et francisco Morillo de Fuente Obejuna province de Cordoue. J’ai pu retrouvé une partie de sa descendance mais grâce à votre récit je viens de retrouver trace de la présence de prisonniers de guerre espagnols à Vascoeuil, sur les AD de l’Eure présence de plusieurs mariages et naissances et sur le site de Rosay sur Lieure petit paragraphe sur les « prisonniers de Vascoeuil ». Pendant cette période je n’ai pas trouvé de décès de prisonnier. Merci encore pour votre témoigne sur cette période peu glorieuse du comportement belliqueux de l’empereur, par ailleurs si adulé par une partie des français (voir les prénoms donnés aux enfants ).
    Bien à vous

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  • Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant ,comme vous j’ai trouvé par hasard nombre de décès de prisonniers espagnols dans les registres d’état civil de Montauban(82)Intrigué j’ai cherché des années 1810 à 1814 .

    En 1810 la mortalité est très élevée :110 décès en janvier !
    Souvent par 5 ,7 ou 8 sans nom :
    « huit espagnols prisonniers de guerre venant de Bayonne et sont destinés pour Autun et desquels on n’a pu savoir le nom et prénom âge ni domicile sont décédés au dit hospice ... »
    Quand le taux de mortalité baisse on trouve les noms ,prénoms le nom des parents la ville et la province de naissance ainsi que le régiment .
    En 1810 ils sont le plus souvent dirigés vers Autun (la ville de départ n’est plus mentionnée )
    En 1811 « ils sont destinés » à Moulins et Chalons sur Marne,on peut noter que ces soldats sont souvent de l’armée de Catalogne.
    En 1812 ils se dirigent vers Moulins et Auxerre ,plus rarement vers Charleville et Lille.

    On trouve moins de décès en l’année 1811 mais en mars 1812 (sans doute une épidémie)le nombre de décès s’élève à 56 !
    Dans la ville de Montauban,au hasard de l’état civil on trouve des prisonniers d’états espagnols.

    L’acte le plus singulier est celui du décès d’un américain

    « André Hansen marin américain âgé de 32 ans,prisonnier de guerre espagnol destiné pour Moulin natif de Pinsalvania canton de Pinsalvania dans les Etats Unis d’Amérique y domicilié de droit fils de Hula Hansen et de Marie Angé est entré au dit hospice le 27 du mois d’août de la présente année 1810 y est décédé ce jourd’hui »

    Et comme dans toute guerre nous rencontrons les réfugiés ,plusieurs actes font mention de couples « réfugiés espagnols »
    Les survivants sont employés aux travaux des ponts et chaussés (plusieurs canaux portent le nom de « canal des espagnols »)
    Pour le canal de Bourgogne 15 bataillons de prisonniers de guerre espagnols et autrichiens exécutent les travaux de terrassements , ce qui entrainera dans la région pénurie de pain etc ...(Anna Majewska ,Au rythme de l’eau )

    On peut souhaiter que d’autres personnes se penchent sur le sort de ces prisonniers .

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  • Nous sommes tous confrontés à ces découvertes du passé de nos aïeux, quand nous consultons réellement les registres d’état-civil ou paroissiaux. Nos chaînes de bagnards vers les ports de France laissaient aussi des morts en route. Ainsi en témoigne un registre d’une paroisse sur le « grand chemin » entre Paris et Rouen (ex N14) et la mortalité que j’ai constaté sur les communes du Beauvaisis, des nourrissons placés de Paris... Certes cela déconcerte. Mais quel fut le sort de nos soldats capturés à cette guerre d’Espagne ? et ceux qui furent transférés sur les pontons anglais après Cadix !
    Je suis navré de la polémique ouverte par Mr Mazieres Bernard, l’histoire se constate, s’écrit, se commente mais attention aux interprétations...Mr Patinaud vous n’étiez pas présent dans les années 1810

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    • Bonjour Monsieur,
      je reviens à ces commentaires après quelques semaines, et j’apprécie les nombreuses données qui peuvent servir à tous, un vif merci aux commentateurs. A M. Lechevalier spécifiquement : je vous remercie pour les prolongements que vous évoquez. Juste une différence d’appréciation quant au mot « interprétation ». Je n’y étais pas certes, donc je n’aurais pas de légitimité à en parler ? ceci dit sans animosité. Les historiens ne font qu’interpréter depuis des siècles, sinon que serait l’Histoire vue à travers la sécheresse des documents. Le célèbre Thucydide lui-même ne faisait qu’interpréter et ... mentir. Et que dire de Suétone, Froissart ? et tant d’autres, même le « grand » Michelet ! Je ne trouve pas que l’interprétation soit une faute, ni morale, ni de goût. L’objectivité n’existe pas. Bien à vous. MP

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  • C’était pratique courante de déplacer les prisonniers loin du théâtre d’opérations, et de les faire contribuer aux travaux des champs.
    J’ai trouvé ainsi à Nérac (47) l’acte de mariage d’un ancêtre né à Thémesvar (auj. Timisoara), arrivé en Lot-et-Garonne quelques années avant parmi les contingents de prisonniers (répartis par canton). À cet acte est annexé un jugement de notoriété dont la plupart des témoins sont également originaires d’autres pays.

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  • Bouteille à la mer...

    Tout d’abord félicitations pour le partage de ces informations. Je suis Québécois à la recherche d’un ancêtre dénommé « Jean Lockwell » marié à Pascuala Padilla, (patronyme Espagnol). Sur l’acte de mariage de son fils Joseph, Québec 1818, ce dernier déclare ses parents résidé à Lisbonne, Portugal.Lui-même,Joseph,y serait né vers 1795. Joseph Lockwell déclare également que ses parents sont britanniques. Des personnes avancent l’hypothèse que Jean aurait été cordonnier ou maitre sellier pour le compte de l’armée Britannique lors des guerres Napoléonienne. Se pourrait-il qu’il s’agisse du Portugais auquel vous faites mention ! Dans le cas contraire, pouvez-vous me conseiller dans ma recherche..

    . Qui étaient ces hommes ? Essai de typologie
    ..Parmi eux, un Portugais...

    Merci de m’avoir lu et beau bonjour du Québec.

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    • Bonjour Michel,
      j’avais déjà lu votre premier message. Merci pour votre compliment. Le « portugais » que j’avais évoqué se nommait Emmanuel Delgado, ce qui est curieux, car le nom sonne plutôt espagnol.Je n’ai rencontré aucun anglais dans les colonnes que j’ai étudiées. Par contre, dans des villes comme Limoges ou Guéret - mais ce sont des préfectures - on relève bien des britanniques,des allemands, des russes, des hongrois défunts.
      Ces prisonniers étaient à l’évidence regroupés par nationalités. Mais il est difficile d’en savoir plus sur les conditions de leur transfert ; il faudrait une enquête très poussée. Je vous conseille de chercher dans les sites de généalogie portugais. Bon courage

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  • A Moulins-Engilbert (Nièvre) je viens de découvrir dans les Registres de délibération en date du 3 août 1810 : arrivée de 7 prisonniers de guerre espagnols
    Le 15 mars 1814 arrivée de 150 prisonniers de guerre espagnols. 50 d’entre eux seront répartis dans les communes voisines.On a leurs noms, leur âge et la description de leur physique.
    Sans doute étaient-ils en route vers Autun ?
    Je continuerai mes recherches et verrai dans les Registres d’Etat civil

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