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Une anecdote de la campagne de France 1814

Le grenadier « Pas d’bol »


jeudi 14 décembre 2017, par Serge Bouvart

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Nous sommes à la fin de 1813 Les troupes napoléoniennes se replient. Une 6e coalition, et cette fois de presque toute l’Europe, s’apprête à lancer ses armées sur la France. Celle de Bohême commandée par le Prince Schwarzenberg entre dans le Jura le 21 décembre, l’armée de Silésie de Blücher passe le Rhin à Coblence le 31 décembre. La campagne de France est commencée.

Nous sommes à la fin de 1813 Les troupes napoléoniennes se replient. Une 6e coalition, et cette fois de presque toute l’Europe, s’apprête à lancer ses armées sur la France. Celle de Bohême commandée par le Prince Schwarzenberg entre dans le Jura le 21 décembre, l’armée de Silésie de Blücher passe le Rhin à Coblence le 31 décembre. La campagne de France est commencée.

Des troupes françaises (avec des Suisses et des Hollandais) dont le 123e régiment d’infanterie de Ligne sont pour leur part assiégées dans la forteresse de Wesel en Rhénanie-du-Nord-Westphalie depuis novembre.

Pas de bol pour le grenadier Pierre Ignace Thuillier qui vient juste d’arriver au service.
Les troupes suisses sont écartées car jugées peu sûres puis les Hollandais s’en vont.

Les Français tiendront et environ 5400 officiers et soldats quitteront finalement Wesel le 10 mai 1814, avec armes et bagages, après l’abdication de l’empereur.

Pendant ces presque 6 mois les soldats auront tout enduré : la faim, le typhus, la dysenterie et un hiver particulièrement rigoureux. Les hospitalisations sont nombreuses, les décès aussi.

Le relevé des 300 premiers conscrits du 123° régiment de ligne (26/9 au 4/11/1813) nous donne une idée de la situation : sur 300 soldats, 66 ont déserté, 55 sont morts à l’hôpital, 98 sont rayés des contrôles pour trop longue hospitalisation, 13 sont réformés et l’un d’eux est fait prisonnier.

Le grenadier Pierre Ignace Thuillier (Tuillier) n’a pas déserté, comme l’ont pourtant fait beaucoup de ses camarades en ce mois de février 1814.
Manque de bol encore. Il est resté.

On trouve sur le registre d’état-civil d’Esquéhéries (02), en date du 8 décembre 1815, la transcription suivante :

"Extrait du jugement militaire enregistré n°189, Le premier conseil de guerre permanent séant à Wesel le 24 du mois de février 1814 a condamné contradictoirement le nommé Thullier Pierre Ignace grenadier au 123e régiment de ligne à la peine de mort pour crime d’insubordination avec voie de fait sur son caporal ainsi qu’il résulte d’une copie de ce jugement déposé au ministère de la guerre."

Suit la description du condamné : 23 ans, cheveux blonds, yeux bleus, 1 m 704 mm, etc.

Voir l’acte complet  :

Sur les registres matricules du 123e régiment de ligne, on apprend qu’il a été mis en jugement le 22 février et fusillé le 26. Là non plus ce n’est pas de bol car c’est sans doute pour l’exemple qu’on le fusille, vu le contexte et le nombre élevé de désertions.

Pierre Ignace s’était marié en 1811 à l’âge de 19 ans avec Marie Thérèse Rosalie Babilotte 21 ans.

L’an 1815, le 10 juillet, naît de cette union le petit Jean Baptiste Xavier Tuillier fils de Rosalie Mabilotte épouse de Pierre Ignace Tuillier militaire au service dans les armées.

Voir l’acte de naissance

Papa 20 ou 22 mois après être parti au service militaire, assiégé par l’ennemi et 17 mois après avoir été fusillé, Pierre Ignace, notre grenadier « pas d’bol », a enfin une veine de cocu !

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13 Messages

  • Une anecdote de la campagne de France 1814 14 décembre 2017 13:26, par martine hautot

    Bonjour,Serge

    Sûr qu’il na pas eu de chance votre Pierre Ignace ,mais pas du tout sûr qu’il ait été cocu !
    Je m’explique , d’après les documents que vous avez fournis sa date de naissance est le 15 Mai 1791 : date indiquée dans l’acte de décès et reprise dans le registre matricule du régiment avec une naissance à Quéry .Or le mari de Marie Thérèse Babilotte Pierre (Henri ?)est né d’après son acte de mariage le 12 Janvier 1792 à Esquéheries . Tous deux ont dû être soldats dans la Grande Armée ,d’où la confusion possible.
    Bien cordialement
    Martine

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    • Une anecdote de la campagne de France 1814 14 décembre 2017 14:47, par Serge Bouvart

      Bonjour Martine,

      C’est bien le même soldat. Query canton du Nouvion dans l’Aisne. Il n’y a pas à ma connaissance de Query dans ce canton mais Esqueheries. D’où d’ailleurs la transcription en 1815 à Esqueheries et non à un éventuel Query. Les parents du soldat sont les bien les mêmes sur les registres du 123e que ceux du marié. Je ne trouve malheureusement pas son acte naissance ni en 1791 ni en 1792.

      Cordialement

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  • Une anecdote de la campagne de France 1814 15 décembre 2017 21:44, par martine hautot

    bonjour, Serge

    Une piste pour retrouver le ou les actes de naissance :les archives protestantes
    Marie Félicité Tuillier née le 6 mars 1789 à Esquéheries a les mêmes parents que Pierre Thuillier.On trouve sur geneanet la mention de son décès,le 7 Août 1832, avec comme source indiquée :site protestant (arbre m 5983)il est vrai que ,un peu plus tard dans le XIX siècle un temple protestant a été construit à Esquéheries ,ce qui suppose qu’il y avait une communauté.
    http://huguenotsinfo.free.fr/temples/esqueheries.htm

    Sur le site des archives départementales de l’ Aisne ,les registres protestants sont en ligne mais il faudrait déterminer le registre à consulter .
    Bien cordialement,
    Martine

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  • Une anecdote de la campagne de France 1814 17 décembre 2017 13:05, par DUBUS Philippe

    Bonjour Serge, et bonjour à tous

    J’ai moi-même dans mon ascendance un enfant « issu de Anne Bochesne pendant son légitime mariage avec Jean Marolle, marchand foirin (sic) lequel n’a pu réclamer ledit enfant devant nous vu sa détention depuis deux ans et plus dans les prisons royales de Rouen, Bellême et Paris ... ».
    A moins qu’il ne s’agisse d’un « bébé-parloir » !
    philippe

    Répondre à ce message

  • Une anecdote de la campagne de France 1814 20 décembre 2017 10:00, par BALLIN Marie Claude

    Bonjour, Je conserve dans mes archives trois courriers d’un hussard au sein de la campagne de Russie juin et AOUT 1812. Il s’agit de Joseph HARMAND de Saint Firmin 57.
    Comment obtenir son acte de DC ? A qui dois-je m’adresser ? D’avance merci. Marie Claude

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    • Une anecdote de la campagne de France 1814 20 décembre 2017 11:23, par Michel Guironnet

      Bonjour,

      Ces courriers doivent être bien intéressants !
      Pourriez vous me les communiquer afin d’envisager leur publication ?

      Pour chercher son acte de décès, c’est facile et compliqué à la fois. Les possibilités de recherche sont nombreuses : certaines sont accessibles sur le Net, d’autres ne le sont pas (encore).
      Avant de débuter cette recherche, il me faut un minimum de renseignements : savez vous s’il est revenu vivant de la Campagne de 1812 ? que savez vous d’autres sur lui ? Age, parents, épouse ?

      Merci d’avance.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

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  • Une anecdote de la campagne de France 1814 20 décembre 2017 17:28, par Jacquin

    En 1896 l’instituteur de PERROGNEY (52),Jules YENVEUX (1853-1904) a écrit à propos de son grand-père : " Claude YENVEUX, né le 30 janvier 1788, entre au service au 67e Régiment de Ligne à Nismes, le 4 Xbre 1808, ,a fait la campagne contre l’Autriche ( 1809), guerre en Catalogne ( 1810, 1811 et 1812 ), est nommé sergent aux Grenadiers du 4e Bataillon le 10 Février 1813, a fait partie de la Grande Armée en 1813, a été blessé par une balle qui a traversé les muscles de sa jambe gauche et fait prisonnier le 28 mai 1813, rentré au corps le 20 8bre 1814, a obtenu son congé de réforme le 29 8bre 1814 puis s’est marié le 4 mai 1815 avec Judith MONOT .Il est décédé à Giey sur Aujon ( 52 ) le 19 7bre 1854 .

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  • Adoption déjà ancienne 23 décembre 2017 12:37, par daniel questel

    Bonjour Monsieur,
    Un de mes ancêtres est un enfant abandonné en juillet 1749 et qui a été baptisé quelques jours après. Il devait avoir , d’après cet acte, environ 7 à 8 mois. Il porta ensuite le nom de Bouchard. Peut-on savoir comment ce nom lui a été donné ? C’est peut-être le nom de sa famille adoptive ? Existe-t-il un recueil des adoptions ?
    Merci pour la réponse.
    Cordialement
    Daniel

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