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Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande


jeudi 12 novembre 2009, par Michel Lapalus, Thierry Sabot

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Cette photo doit dater des années 1930-1935 mais je ne connais pas la date exacte.

La région est celle du Haut-Maconnais, cantons de Matour et Tramayes.

Les deux personnages de gauche étaient paysans, comme presque tout le monde dans les villages à cette époque.

Il s’agit de Marie-Claudine Lapalus (la Maria-Yaudine) âgée d’environ soixante dix ans sur le cliché.

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Marie-Claudine

L’homme est Antoine Lapalus dit le p’tit Toine (le ch’tit Touâne) qui a alors entre 70 et 75 ans.

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Antoine

Marie-Claudine et Antoine étaient mari et femme. On disait autrefois qu’ils étaient mariés en chanvre, qu’i étin maryi en tsande. Allusion humoristique et ironique au chanvre où la plante femelle était plus grande que la plante mâle. Il est vrai qu’il y a plus d’un siècle, le chanvre était cultivé un peu partout.

La personne de droite était la veuve du sabotier du hameau qui comptait alors 100 habitants en 1900 dont six artisans (mais seulement 5 habitants à l’heure actuelle). Je me souviens encore fort bien de cette femme. Elle s’appelait Benoîte Ducrost (la B’nate) âgée d’environ 60 ans à l’époque de la photo.

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Benoîte

Les trois personnages sont assis l’un à côté de l’autre sur des chaises. Ils posent devant un mur de grange ou de ferme. L’homme est au centre de l’image, entre les deux femmes, à l’abri de leur protectrice assurance. Cette photo évoque le poids des années de travail sur les épaules affaissées d’Antoine, une certaine résignation aussi. Son regard bas et oblique fuit l’objectif de l’appareil photographique. Songe-t-il au temps passé et au bilan de sa vie ?

À gauche de l’image, Marie-Claudine, la femme d’Antoine, dans son élégance austère, se tient rigide et déterminée sur sa chaise. Dépliée, elle serait droite comme un i majuscule. Elle porte une coiffe à coque, en laine, attachée par deux longs rubans sur sa poitrine. Ses mains rudes, déformées par les rhumatismes, prennent appuie fermement sur ses genoux. Ses doigts sont écartés comme pour prendre racine et s’inscrire dans le temps présent ou l’éternité.

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Les mains du labeur

Les deux femmes fixent l’objectif de l’appareil photographique. Benoîte, la voisine, à les mains jointes et reposées sur son ventre. Elle est sans doute la plus proche voisine et amie du couple. Tous les trois ont profité de la venue occasionnelle du photographe ambulant pour sceller sur un cliché l’instant présent et leur relation de proximité.

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14 Messages

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 13 novembre 2009 14:31, par bocquet

    bonjour Michel et Thierry,

    Merci pour cette photo fort bien commentée.

    Et quand on a connu les acteurs ou figurants principaux, quel plaisir de les immortaliser !
    Excellente initiative !

    Bonne continuation à votre équipe....
    Christian Bocquet

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Emouvante photo, et votre fine analyse des regards, des mains ,des positions des personnages les fait presque revivre à nos yeux:on les voit, on imagine leur vie, on les aime, bravo !
    B.Flores

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 15 novembre 2009 17:14, par valemarigel31

    Bonjour,
    Belle analyse de cette photo et des postures des personnages, c’est très intéressant. Marie-Claudine devait être une bien belle femme étant plus jeune !!
    Moment d’éternité dont les acteurs étaient bien loin de penser qu’on les verrait et s’intéresserait à eux aujourd’hui sur le ’net’ !
    Merci de nous le faire partager
    Valérie

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 17 mai 2014 08:15, par claude Thfoin

    Très très sympa ! On croit voir ses propres aïeux !
    Merci !

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 17 mai 2014 11:21, par catherine marquet

    Belle et émouvante photo ! Mais on ressent une usure d’une vie dure. Par rapport à des personnages contemporains, ils font plus que leur âge ;
    Catherine

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 17 mai 2014 11:22, par Jean-Xavier LOURDEAU

    Un détail intéressant aussi.
    Avez-vous remarqué que les chaises sont adaptées à la taille de la Maria-Yaudine et du ch’tit Touâne ?
    Il faut dire que le contraste de taille entre les deux conjoints est saisissant et, comme l’on dit, on peut tenter de deviner qui portait la culotte dans le couple.

    J’aime beaucoup le sourire de Marie-Claudine qui montre que sa posture exprime plus, à mon avis, une ferme et volontaire bienveillance que de la rigidité.

    Pardon à Michel et Thierry qui j’espère ne m’en voudront pas de dire ce que je ressens en regardant ces trois personnes inconnues de moi et dont je me sens pourtant proche en humanité.

    Merci pour ce beau témoignage.

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 7 avril 2017 09:50, par Christian KALASZ

    Merci à Michel et Thierry de nous présenter ces personnages.
    Ils nous touchent par leur façon de se tenir, de nous montrer leurs visages burinés par le labeur. De braves gens certainement pas très riches mais sincères. Merci aussi pour l’accent du haut-Mâconnais. Belle expression que « mariés en chanvre »
    On en redemande.
    A vendredi prochain.
    Christian Kalasz

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 7 avril 2017 11:24, par J. Pellereau

    Bonjour,
    Magnifique commentaire et vivante photo ! Merci.
    Les plus âgés d’entre nous ont pu connaitre de tels personnages. Et dire que nos jeunes générations trouvent que le travail est toujours trop fatiguant malgré des vacances que nos braves ancêtres auraient bien aimé avoir !
    J. Pellereau

    Répondre à ce message

  • J. Pellereeau écrit : Les plus âgés d’entre nous ont pu connaitre de tels personnages.

    C’est vrai, ils me rappellent mes vieux voisins, qui furent un peu comme des grands parents, ou encore la mère de ma « patronne » quand j’allais travailler dans les jardins pendant les vacances, et qui parfois me racontait ses souvenirs de jeunesse. Elle avait autour de 90 ans !

    Et dire que nos jeunes générations trouvent que le travail est toujours trop fatiguant malgré des vacances que nos braves ancêtres auraient bien aimé avoir !

    Les apparences sont trompeuses, la vie à notre époque n’est pas comparable à celle de ces ancêtres, mais est-elle pour autant plus facile ?

    Les difficultés au travail, souvent plus psychologiques que physiques, quand on a la chance d’en avoir, ou la privation de travail même, ne sont certainement pas un gage de bonheur.

    Répondre à ce message

  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 8 avril 2017 08:58, par Catherine Bertrand

    Merci pour cet article où l’on apprend cette jolie formule « mariés en chanvre ».

    Je note que Marie Claudine semble beaucoup plus jeune que son mari, que je prenais pour son père.

    Je me dis aussi que ces deux-là ont en commun un problème « de taille » qui peut représenter un handicap quand on veut convoler. Ils ont d’ailleurs dû en souffrir l’un et l’autre au moment de l’enfance e

    Je trouve que les deux femmes se ressemblent, ou plutôt « ont le même style ».

    Répondre à ce message

  • Bonjour, passionné par la généalogie et à l’étude de la vie de nos ancêtres je ne me lasse pas de voir de si belles photos, qui en disent longs sur ces femmes et hommes en regardant les visages, les mains, les vêtements. Et en plus vous nous donnez les noms, prénoms et lieux, époque, ce qui les fait revivre, un proverbe dit « qu’un homme n’est jamais mort tant qu’il y a quelqu’un pour prononcer son nom » et c’est vrai.
    Amicalement Daniel FORNIER

    Répondre à ce message

  • Merci pour ce cliché qui laisse deviner trois destins semblables à ceux que j’ai observés dans mon bocage vendéen... « le soir de leurs vies »....En Poitou avec un peu de chance on aurait aperçu La Croix blanche dessinée à la chaux à Pâques au dessus de la maison ; ceci pour amener la question fondamentale : à quoi pensent-ils ? ....Chez nous la Foi était chevillée au corps....
    Au hasard d’une lecture je viens de trouver ceci d’Anatole France :( déjà) : « Les gens ne croient plus à ce qui consolait leurs parents « .......
    Mystère de ces générations si semblables à nous et si différentes...
    _

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  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 31 juillet 10:10, par annie lebaillif

    Bonjour et merci pour cette intéressante analyse d’une photographie ancienne.

    Chantait-on, dans le Haut-Mâconnais, cette comptine de notre enfance ?

    Mon père m’a donné un mari,
    Mon Dieu, quel homm’, qu’il est petit !
    D’une feuill’ on fit son habit
    Mon Dieu, quel homm’, quel petit homme !
    D’une feuill’ on fit son habit
    Mon Dieu, quel homm’, qu’il est petit !

    Je le perdis dans mon grand lit...

    J’pris la chandelle et le cherchis...

    Le feu à la paillasse a pris...

    Mon petit mari fut rôti...

    Sur une assiette je le mis...

    Le chat l’a pris pour une souris...

    Au chat, au chat ! C’est mon mari !

    Pour me consoler je me dis...

    Filles qui cherchez un mari...
    Mon Dieu, quel homm’, quel petit homme !
    Filles qui cherchez un mari,
    Ne le prenez pas si petit !

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  • Les mariés en chanvre - qu’i étin maryi en tsande 31 juillet 18:55, par Lucette HUSSON

    Une bien belle photo !
    Marie-Claudine a les yeux et le visage souriants, mais il me semble qu’elle n’a plus beaucoup de dents.
    Antoine porte un tablier. Il n’était peut-être pas seulement paysan. Pourquoi pas sabotier, lui aussi ?

    Répondre à ce message

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