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Les noms des enfants trouvés ou l’étrange amusement d’un rond-de-cuir


vendredi 28 février 2020, par Jean Vigouroux

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Avant de confier un « enfant trouvé » à un orphelinat, une nourrice ou à une famille d’accueil, il fallait très souvent lui donner un « nom de famille », à moins que l’on ait inscrit celui-ci sur un bout de papier épinglé à un des vêtements de l’enfant.
Comment le « scribe » chargé de lui trouver un nom s’y prenait-il ?

Au hasard des pages tournées des anciens registres de catholicité des 17e et 18e siècles, on trouve de temps en temps, trace d’un enfant abandonné au pied d’une croix, sous le porche d’une église ou devant l’entrée d’une maison bourgeoise.

La première urgence pour le curé était de baptiser l’enfant en lui trouvant un parrain et une marraine qui donnaient leur prénom à l’enfant trouvé. C’est ce qui devait lui servir toute sa vie, d’état-civil. Plus tard et dans les grandes villes, pour éviter les abandons d’ enfants au coin des rues, on créa dans les hospices, des « tours d’abandon » qui permettaient au personnel hospitalier (souvent des religieuses) de recueillir les enfants déposés là, en catimini, à la nuit tombée par une mère honteuse ou, désespérée.

Avant de les confier à un orphelinat, une nourrice et plus tard à des familles d’accueil, il fallait très souvent leur donner un nom, à moins que l’on ait inscrit celui-ci sur un bout de papier épinglé à un vêtement de l’enfant.

Les Archives Départementales de la Loire ont mis sur leur site des registres du 19e siècle [1], regroupant les noms des enfants trouvés, souvent les familles d’accueil et parfois d’autres informations plus rares mais précieuses pour qui fait des recherches généalogiques.

Par curiosité, nous avons feuilleté virtuellement le premier de ces gros registres concernant la circonscription de Saint-Etienne, contenant plusieurs milliers de noms d’enfants trouvés entre 1838 et 1869 [2] ...

Comment le scribe chargé de trouver un nom s’y prenait-il ?

Nous n’avons pas découvert de noms péjoratifs ou grotesques comme ce fut le cas à des époques antérieures, tels que Lagueule, Misère ou Lacloche.

Il prenait des thèmes successifs : les villes par exemple !
Alors défilaient des séries de «  Lizieux, Marly, Turin, Gap, Lepuy, Saumur, Grasse, Sedan, Vouziers, Nogent, Montluçon,Nice ...  »

© AD42 - REGISTRES D’IMMATRICULATION DES PUPILLES DE L’ETAT NUMERISES - Arrondissement de Saint-Etienne. Matricules 748 à 6921 (2NUM76_1204VT358) - vue 226/994

Prenait-il un atlas et piquait-il au hasard sur une carte de France ou d’Europe ? Un fait divers avait-t-il attiré son attention ?

Lassé des noms de villes, il passait ensuite aux prénoms dont le calendrier est une source inépuisable : Bienvenu, Angel, Laurent, Bernard, Tristan ...
C’étaient ensuite les animaux de la basse-cour ou de la campagne tels Lièvre, Faisan, Brebis puis les noms de métiers comme Valet ou Cuisinier ...

Un certain jour, il se mit à bêtifier, perdant la tête. On découvre, stupéfait, plusieurs pages de Lelet, Lelut, Belet, Belut, Melet, Melot, Pelet, Pelot, Selat, Bedit, Bédat, Bedot.  [3]

Fallait-il vraiment qu’il soit à court d’inspiration ! ...

Pensait-il qu’un jour un monsieur Capot épouserait une demoiselle Rale ?

Il décida de faire de l’esprit, et il joua avec les mots et les noms des enfants et en toute impunité :
Quand il avait à baptiser deux enfants, ils les appelait, le premier, Tambour et le second Major, ou bien encore, il prenait une expression ou un mot composé de plusieurs syllabes qu’il découpait en deux ou trois tronçons : Insy, Soit, Thil faisait pour trois. Capi Taine ou plus simplement Capot Rale , pour deux seulement.

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Un dernier, pour mieux vous éclairer :

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On entend d’ici s’esclaffer ce rond-de-cuir rondouillard « à la Courteline » faisant partager sa « kolossale » finesse avec ses collègues de bureau.

Cherchait-il une promotion auprès de son chef de service ?

Grâce à son esprit, le gratte-papier monta en grade et devint chef de bureau. Il se surpassa pour atteindre le sublime !

Ce n’était plus un mot qu’il coupait en deux ou trois mais une phrase tirée de la Bible, d’un roman ou de sa tête enfiévrée, qu’il découpait en dizaines de morceaux pendant ses insomnies nocturnes. Il s’agissait de véritables jeux de mots qu’il proposait à ses collègues, le lendemain.

Ce qui suit est la pure vérité :

SYLLA Jules, ROUTE Augustin, ETAY Angélique, MEY Louise, LIT Jean-Pierre, EURE François, NOUE Félicité, LESO Eugénie, RIONG Marie, ZAPER Adolphe, SUD Emile, DEPUIS Gabriel, LONG Marie-Jeanne, TEMPS Marie.

© AD42 - REGISTRES D’IMMATRICULATION DES PUPILLES DE L’ETAT NUMERISES - Arrondissement de Saint-Etienne. Matricules 748 à 6921 (2NUM76_1204VT358) - vues 415 et suivantes /994

Pour gagner la considération du chef, vous auriez du trouver, en lisant simplement les noms :

« Si la route était meilleure, nous les aurions aperçus depuis longtemps. »

De la même veine, on trouve : NECROIS, TUPAS, QUEJE, SUIS, TONDY, VIN, MAITRE , ou encore MESSY, NETRA, DELAVY, ERGE, MARY .

On reste pantois devant autant d’ esprit qui méritait bien cette promotion.

Vers un peu plus de rigueur et de sérieux...

Ces plaisanteries allaient se tarir vers 1862 ou alors, le chef de bureau prit-il une retraite bien méritée ?

On décida alors de changer de lettre chaque année. Ainsi, en 1862, à Saint-Etienne, tous les enfants trouvés eurent un nom commençant par A, par B en 1863. Quand on arriva à la lettre H, les responsables durent donner aux enfants des noms à consonances anglaises (Harold) ou germaniques (Hermann) voire latines (Hamodius) ... De quoi perturber des généalogistes en herbe !

Mais on avait cessé de jouer avec le nom d’enfants qui partaient dans la vie déjà avec un certain handicap.

Reste à résoudre une dernière énigme, une question lancinante à laquelle je n’ai trouvé aucune réponse satisfaisante et que j’adresse volontiers aux lecteurs de la Gazette : ces pseudonymes, si généreusement distribués aux pupilles de l’Etat étaient-ils donnés définitivement ou n’étaient-ce, en réalité, que des noms provisoires attribués aux enfants encore jeunes pour préserver le secret familial, un nom de théâtre en quelque sorte.

Peut-être qu’à l’âge adulte, on leur rendait leur vrai nom d’origine quand on le connaissait comme c’est le cas pour Etienne TAMPA qui redeviendra Etienne MEUNIER

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© AD42 - REGISTRES D’IMMATRICULATION DES PUPILLES DE L’ETAT NUMERISES - Arrondissement de Saint-Etienne. Matricules 748 à 6921 (2NUM76_1204VT358) - vues 315&316/994

Avez-vous déjà rencontré ce genre de cas ?
et ... QUIPOU, RAHA, MENET, DELO, AMON, MOULIN ?

Merci de me répondre.

Notes

[1AD42 - REGISTRES D’IMMATRICULATION DES PUPILLES DE L’ETAT NUMERISES - voir les côtes 2NUM76_1204VT358 à 2NUM76_1204VT363

[2AD42 - Arrondissement de Saint-Etienne. Matricules 748 à 6921 (2NUM76_1204VT358).

[3Voir à partir de la vue 181 - Il n’a heureusement pas eu le temps d’aller jusqu’à SABOT ! ;-) - note personnelle du rédacteur

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93 Messages

  • bonjour,
    il y a une chose qui me surprend, il est indiqué que l’inspecteur y a identifié « de » personne entre tampa et meunier
    cela ne signifie t’il pas qu’il y deux personne différente

    Répondre à ce message

    • Bonjour Roselyne,

      Il faut lire « ...qu’il y a identité de personne... », c’est à dire que c’est bien une seule et même personne

      cordialement
      Franck

      Répondre à ce message

    • Article fort intéressant et je ne manquerai pas lors de mes prochaines conférences sur LES EXPOSES DE CREAC’H-EUZEN de citer les trouvailles de jean Vigouroux. il a eu la chance de retrouver des archives des inscriptions car pour Quimper, il a fallu tout reconstituer(3816 noms).
      Pour répondre à la question de Roseline, voici un petit tableau pour montrer l’évolution des noms au fil de la vie d’un ex-enfant trouvé.
      A ne pas oublier : ces noms étaient connotés « hospice » et beaucoup voulaient les modifier par exemple en Bretagne en ajoutant un Le.
      quelques exemples trouvés lors des naissances, des mariages ou décès (en gras ,le nom transformé)
      ARISTOTE STOT DIGAS DIGRAS
      ENGELBERT LE BERRE IDABER BADER
      ION LUSNARS JON IRAI YRAY
      JINET GUENNAL,JENNER,GENNET
      LOBRI
      AUBRY, AUBRIT MUBER HUBER
      MINET MINETTE PRUDENT PRUNET
      QUIRUC QUERUC, KERRIEC, KERRUC, KERRUEC

      SAFFA SAFRAN , SAPHALIs
      Les enfants d’ Henri-françois ARISTOTE (exposé le 30
      avril 1828)à une époque où les sœurs du Saint-Esprit donnaient des noms latins ou grecs) ont préféré s’appeler STOT.
      Le plus drôle
      en breton STOT signifie urine...
      Pour en savoir bien http://www.chuto.fr/plus :

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  • Plusieurs fois j’ai rencontré des noms saugrenus pour ces enfants, dont un JEANJISKAN dans les Alpes de Haute Provence mais, là, on est tombé sur un Maître es trouvailles. Merci pour le partage.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    En effet j’avais remarqué une chose similaire à Compiègne dans le premier quart du XIXe siècle et j’avais fait un post sur mon blog :
    http://racinesmemo.canalblog.com/archives/2017/01/14/34804184.html
    Après quelques recherches il s’avère qu’ils gardaient ce nom toute leur vie, lorsqu’ils survivaient.
    Votre article prouve que ce n’était pas régional.

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  • Et quel nom portait ce donneur de noms ? Lodieux peutêtre .Il aurait plutôt mérité d’ être révoqué.
    Pauvres gosses !
    En Normandie ,on appelait bureautins ces enfants confiés à l’ Assistance,placés dans des familles à la campagne contre quelques sous et accusés d’être de la mauvaise graine. Rares sont ceux et celles qui se sont intéressés à leur sort. Madeleine Vernet fut l’une d’elles .
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Vernet

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  • Bonjour,
    Quel triste sire ce bureaucrate de malheur et pauvres gosses affligés de tels sobriquets ... Sur Castellane, au 19e, j’ai trouvé un enfant VERGE D’OR, c’était un petit garçon .... En 1813, toute une famille de LUCULLUS, en 1817, une petite VENUS etc .... Que sont-ils devenus ces enfants déjà si mal partis dans la vie avec, en plus, de pareils noms de familles ? J’ose espérer que, malgré tout, certains ont pu se faire une place et trouver un peu de bonheur et d’amour dans leurs vies.
    Merci pour votre article, vous me donnez envie de me pencher sur le parcours de ces petitous bas-alpins !

    Répondre à ce message

  • Exemple d’un ancien ministre dont l’ancêtre, enfant trouvé fut nommé MONTEBOURG, ville de la Manche

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  • En Normandie, pléthore de MARIE, JEANNE, SOPHIE, prénoms féminins comme patronymes.

    Répondre à ce message

    • A Dieppe la soeur de mon arrière-grand-mére avait été declarée de père et mère inconnus et avait été nommée Alexandrine Raphaël. Quelques temps plus tard les parents se sont mariés et ont légitimé cette enfant ,elle a pris le nom de son père et est devenue Alexandrine Raphaël Dancel
      Voir Les curieux débuts dans la vie d’Alexandrine Raphaël Dancel

      Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Dans la Manche, l’abondance des patronymes correspondant à des prénoms féminins résulte en grande partie d’une tradition : les enfants nés hors mariage recevaient comme patronyme (sauf reconnaissance par le père) non pas le nom mais le prénom de leur mère.
      Cordialement
      Christian

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    • En Normandie : les Marie, Jeanne, Sophie, et autres prénoms féminins ne sont pas forcément des enfants trouvés, mais des enfants issus de père inconnu tout en ayant une mère connue (en général ils se retrouvaient avec le prénom de leur mère comme patronyme).

      Répondre à ce message

      • Mais pourquoi ne porteraient-ils pas en Normandie le patronyme de leur mère comme dans les autres régions, et de toutes époques il me semble ?
        Je suis dubitative sur cette remarque...

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      • Bonjour,

        Votre explication concernant la forte proportion des prénoms féminins dans les patronymes en Normandie, n’est pas totalement fausse, mais elle demande à être précisée.

        En effet, cette proportion est anormalement élevée (possiblement près de 10% des patronymes comme de la population) qui fait, notamment que le patronyme le plus courant est « Marie » (dans la Manche notamment), mais bien d’autres sont bien représentés, tels que Françoise, Aline, Catherine, Monique, etc.... Mais la plupart des porteurs de ces patronymes n’étaient en rien des enfants abandonnés au temps où on les leur a donnés.

        Et en effet, on leur a bien donné le nom de leur mère, même s’ils avaient un père, connu de vue et qui n’avait pas abandonné ses responsabilités de père.

        Cela remonte au temps des Normands (Noordman, soit hommes du nord dans les langues des vikings) au temps où ceux-ci parcouraient les mers de l’ouest de l’Europe et jusqu’en Afrique du Nord (d’où ces Marocains roux aux yeux verts ou bleus dans le Rif actuel).

        Dans la culture viking, les enfants avaient pour nom le prénom de leur père (Ericksen, fils d’Erik ou Erikdottir, fille d’Erick), un nom qui changeait donc à chaque génération. Autre point fort dans cette culture, c’est la place occupée par les femmes qui étaient maîtresses du foyer et auxquelles la maison appartenait et qui restait leur propriété si le mari ne revenait pas de ses pillages au-delà des mers. Une « égalité » des sexes qui reste très réelle en Scandinavie aujourd’hui.

        En Normandie, cette culture a essaimé à cette époque : les femmes de vikings étaient donc les maîtresses du foyer pendant que les maris remontaient la Seine (et d’autres rivières) pour piller, notamment Paris et ne s’investissaient jamais dans l’agriculture ni dans l’élevage. Leurs femmes portaient autour du cou (comme en Scandinavie), la clef de la maison, ce qui signifiaient qu’elles étaient femmes mariées (dont pas disponibles) et en même temps propriétaires de leur logis et « chef de famille » et en même temps occupées à leur train de culture et à leurs couvées et élevages.

        Le voisinage ne les connaissant que par leur prénom, c’est celui-ci qui s’imposera comme patronyme des enfants, lesquels n’étaient pourtant ni abandonnés, ni sans père qui apportait le gros des ressources de la maisonnée, sans bien savoir toujours comment communiquer avec ses voisins dont il ne parlait pas bien la langue.

        C’était précisément l’époque où la nécessité des patronymes se faisait sentir et c’est pour cela que les prénoms féminins sont devenus patronymes dans une proportion inhabituelle en Normandie (hormis aux Antilles, mais pour d’autres raisons).

        Cordialement.

        Répondre à ce message

    • En Normandie, c’était particulier. Lorsqu’un enfant était de père inconnu, il était coutume de lui donner le prénom de sa mère comme patronyme. Je m’explique. Un garçon de père inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu prenait le prénom que sa mère choisissait, par exemple Pierre, et le prénom de sa mère, par exemple Catherine, comme patronyme, ce qui donnait Pierre CATHERINE.. La plupart des filles avaient des prénoms composés (Marie Jeanne, Marie Marguerite, etc). On ne donnait que le premier mot du prénom, en l’occurrence Marie, et donc, ça donnait pour un enfant né de père inconnu et de mère Marie Marguerite Dupont, il s’appelait Jean MARIE. Idem pour les filles, elles pouvaient s’appeler Jeanne CATHERINE ou Jeanne MARIE. Et c’est pourquoi en Normandie, il y a des pages entières de patronymes Marie, Catherine ou Jeanne.

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    • En Normandie, c’était particulier. Lorsqu’un enfant était de père inconnu, il était coutume de lui donner le prénom de sa mère comme patronyme. Je m’explique. Un garçon de père inconnu inconnu inconnu inconnu inconnu prenait le prénom que sa mère choisissait, par exemple Pierre, et le prénom de sa mère, par exemple Catherine, comme patronyme, ce qui donnait Pierre CATHERINE.. La plupart des filles avaient des prénoms composés (Marie Jeanne, Marie Marguerite, etc). On ne donnait que le premier mot du prénom, en l’occurrence Marie, et donc, ça donnait pour un enfant né de père inconnu et de mère Marie Marguerite Dupont, il s’appelait Jean MARIE. Idem pour les filles, elles pouvaient s’appeler Jeanne CATHERINE ou Jeanne MARIE. Et c’est pourquoi en Normandie, il y a des pages entières de patronymes Marie, Catherine ou Jeanne.

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      • Bonjour,

        Il n’y a pas qu’en NORMANDIE. En COTE D’OR j’ai le cas d’un ancêtre : Joseph MARIE. Il est noté de père inconnu, et la mère était une certaine Marie ( sans indication de son patronyme, car elle ne l’a pas reconnu). Elle était fille de ferme, et elle-même pupille de la ville de DIJON, elle a donc dû être abandonnée à la naissance.
        Tristes destins !!

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    • JEAN ANTOINE (nom) Emile (Prénom) est le grand père paternel de mon gendre. Enfant abandonné en région parisienne (ou a Paris)ou il serait né vers 1920/1930 (son fils est né en 1950 et le mariage étant interdit avant 21 ans à l’époque)il aurait donc été abandonné dans cette période. Bien entendu impossible d’obtenir plus de renseignements...Si quelqu’un aune idée. Merci par avance....

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      • Bonjour,
        Les mariages avant 21 ans n’étaient PAS INTERDITS dans la période considérée. Mais il fallait le consentement parental.
        Qui donnait le consentement, si besoin, pour les ex-enfants dans le cas de votre ancêtre ??? à rechercher !

        Pour rappel :

        En FRANCE, pour qu’un mariage sans consentement parental exprès soit valable, il fallait :

        1°) de 1556 au 19 septembre 1792, que l’époux ait plus de trente ans et l’épouse plus de vingt cinq ans,
        2°) du 20 septembre 1792 au 29 ventôse An XII, que l’époux et l’épouse aient chacun plus de vingt et un ans,
        3°) du 30 ventôse An XII au 20 juin 1907, que l’époux ait plus de vingt cinq ans et l’épouse plus de vingt et un ans,
        4°) du 21 juin 1907 au 4 juillet 1974, que l’époux et l’épouse aient chacun plus de vingt et un ans,
        5°) et, depuis le 5 juillet 1974, que l’époux et l’épouse aient chacun plus de dix-huit ans.

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  • Bonjour, J’ai le cas d’une ancêtre « née de père et de mère inconnus » à Toulouse, mais elle nait « dans la maison de la sage femme » et c’est la sage femme qui fait la déclaration. Le bébé est prénommé Marguerite, sans nom, mais lorsque Marguerite se marie elle est appelée Marguerite DEDIEU. Quelqu’un peut-il m’expliquer la façon dont on procédait dans cette région pour donner des noms ? Quelles étaient les habitudes et les traditions ?
    Bien cordialement

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    • dedieu 28 février 15:01, par michel massip

      dans ma ville de naissance ( saint girons en ariege) on m’a toujours dit que les personnes s’appelant Dedieu etaient des descendants de personnes abandonnees sous le porche d’une eglise ou a la porte d’un couvent et a qui on donnait le nom de Dedieu (enfant de dieu)

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      • dedieu 3 mars 18:55, par Jean Pierre LAPEYRE

        Plusieurs de mes ancêtres ont vécu dans le Couserans (à Buzan) et dans les actes il y a beaucoup de DEDIEU. Mon ancêtre s’est marié à Buzan, mais elle était née à Toulouse, et sur son acte de naissance il n’y a pas de nom de famille. A t’elle été placée ou adoptée par une famille DEDIEU ? Bien cordialement

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        • dedieu 13 mars 10:51, par Thérèse GALY

          En cherchant une ancêtre SOUS à Saint-Lizier (09), je suis moi-même tombée sur ce patronyme DEDIEU. En reprenant les registres de cette commune, j’ai constaté que sur 71 décès DEDIEU entre 1843 et 1862, dont 37 à l’hospice, il y avait au moins 20 cas dans lesquels les individus nommés ainsi étaient dits « enfant naturel » ou « né de père et de mère inconnus », ou « trouvé exposé »... Il semble donc que tous les enfants naturels soient appelés DEDIEU, c’est-à-dire « enfant de Dieu ».

          Pour en avoir confirmation, j’ai fait une recherche systématique sur le registre des naissances de Saint-Lizier à partir de l’an XI (en ligne sur le site des archives de l’Ariège). Sur 317 naissances au total, de l’an XI à 1812 inclus, on note 69 naissances DEDIEU. Pour seulement 11 d’entre eux, il s’agit d’enfant légitime dont le père s’appelle DEDIEU. Pour 6 autres, déclarés le plus souvent par la sage-femme, le nom de la mère est mentionné mais le père est inconnu et l’enfant est aussi nommé DEDIEU. Pour les 52 autres cas, il s’agit d’un enfant trouvé dont le père et la mère sont inconnus. Ils porteront le nom de DEDIEU et un prénom qui leur est affecté. Quelques-uns sont trouvés avec un billet qui indique qu’ils ont été baptisés, avec la mention de leur prénom de baptême, c’est évidemment ce prénom qui leur est donné. Dans certains cas, il est écrit « on prie faire baptiser, il faut baptiser, a seulement reçu l’eau ». Ils peuvent être très jeunes (né dans la nuit, né du jour, né de la veille, environ 2 jours), paraissant âgés de plusieurs mois (2 mois, 6 mois...) ou jusqu’à 18 ou 20 mois. Ils sont généralement trouvés le matin à la première heure, pour 33 à la porte de l’hospice, mais aussi dans le quartier du bout du pont, devant une boutique ou l’auberge, en tout cas à un endroit où le déposant savait qu’il serait rapidement pris en charge. Le procès-verbal de la trouvaille est souvent accompagné d’une description très complète des objets que porte l’enfant.
          Dans la majorité des cas, il est précisé sur l’acte que l’enfant sera remis à l’hospice civil de Saint-Lizier pour, à la diligence de la commission administrative, être remis à une nourrice moyennant salaire, et classé dans le tableau des enfants trouvés.

          A partir de 1813, l’usage faisant appeler les enfants naturels DEDIEU disparaît. Le nom qui leur est donné dépend d’autres critères : nous verrons ainsi Jeanne Paule LACAUSSADE trouvée devant l’auberge le 7 janvier 1813 (le terme occitan cauçada signifie chaussée), Firmin COMMENGE qui portait un billet disant qu’il avait été baptisé dans le diocèse de Commenge (aujourd’hui Comminges), Orens COLOME trouvé rue du Colomé, Marie Jeanne OCTOBRE trouvée le 31 octobre...

          Cet usage du nom DEDIEU, trouvé à Saint-Lizier mais aussi à Sentaraille ou Audressein, s’étendait aussi, chaque fois qu’ils étaient placés dans une famille de cette région, aux enfants nés à Toulouse de père et mère inconnus et enregistrés là sous leur seul prénom. Cet usage est alors attesté au moment du mariage ou du décès de l’individu. On trouve ainsi :

          • Jeanne DEDIEU dcd à Taurignan-Castet le 25 décembre 1835 à 48 ans, enfant trouvé de Toulouse, chez son père nourricier
          • Paule DEDIEU y dcd le 27 février 1860 à 80 ans, née aux hospices de Toulouse
          • Antoine DEDIEU, dcd à Saint-Lizier le 9 février 1843 à 80 ans, enfant trouvé de l’hospice de Toulouse
          • Marianne DEDIEU dcd à Prat-Bonrepaux le 26 juin 1863,fileuse de 74 ans, née à Toulouse de père et mère inconnus. C’est elle qui figure dans mon arbre.
          • son mariage avait eu lieu le 29 mai 1807 à Taurignan-Castet : entre Jean SOUS pêcheur de 43 ans fils de ... et Marianne DEDIEU 23 ans journalière fille majeure née de père et mère inconnus.

          Si j’ai pu ainsi apporter ma petite pierre à l’édifice des enfants abandonnés ou trouvés...
          Même si leur début dans la vie a été difficile, ils ont eu ensuite une histoire, parfois très belle. Et ce sont parfois nos ancêtres. Ils ne doivent pas être de nouveau abandonnés, ils méritent au moins notre reconnaissance.

          Répondre à ce message

          • dedieu 13 mars 12:14, par Jean Pierre LAPEYRE

            Merci pour ces renseignements et bravo pour votre recherche.
            Bien cordialement

            Répondre à ce message

  • Bonjour
    J’ai moi même un ancêtre direct né en 1806 et trouvé à Sedan (08), celui-ci avait le prénom Victor épinglé sur ses vêtements, mais pas de nom de famille. On lui a donné le nom de ARSENE (pourquoi ?) Donc mon ancêtre a le prénom et nom de Victor ARSENE. Celui-ci a été placé jusqu’à ses 12 ans dans un famille en Belgique (en ce temps là c’est la France).
    Puis est retourné à l’hospice de Sedan.
    Nous le retrouvons à son mariage dans la ville de Nouzonville (08). as t-il des frères et sœurs ? mystère.

    Répondre à ce message

  • Dans mes recherches, je suis « tombée » par hasard sur une naissance d’un enfant à Paris "de père et de mère inconnus". Appelé par l’état civil Alain FRANCOIS.
    C’était la première fois que je trouvais cela...
    J’ai fait des recherches.
    FRANCOIS était le nom de jeune fille de la mère ( mariée à un autre homme que le père et en instance de divorce) et Alain le 3e prénom du vrai père.

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    De l’étude que j’ai faite sur l’Hospice de Marmande de 1817 à 1833 et qui porte sur 1536 enfants trouvés recueillis par les Soeurs de la Charité, il apparait que :

    • Ce sont les soeurs, elles-mêmes qui trouvaient les noms des enfants et qu’elles portaient sur le registre, avant d’aller les déclarer en mairie à l’officier d’état civil.
    • ces noms se répartissaient en différentes catégories selon d’ailleurs les recommandations légales (Loi du 11 germinal an XI, article 55 et 58 du code civil napoléonien, les recommandations du Ministre de l’Intérieur en 1823, le Comte de Corbières)à savoir d’après le calendrier des Saints et la vie religieuse en général,les noms relatifs à l’Histoire, la Littérature, à la Nature, à des lieux géographiques, enfin à des circonstances particulières liées à l’enfant lui-même (ses traits,son teint, sa conformation....)... Et en rejetant les dénominations indécentes ou ridicules (ce qui n’était pas toujours suivi à la lettre : comme Letaré, Nabot, Tupus, Minus, Disgrâce....)
      D’où des Tite Live, Christophe Colomb, Jules César, Charles Magne...ou Ovide, Cicéron, Virgile....
      Comme des Spirit, Epiphane, Mage, mais aussi Ignace Loyola, François D’Assise, Thomas Daquin...
      Et enfin tous les Moutons, Lièvre (l’enfant avait aussi un bec de lièvre !), Peuplier, Seringa, Rossignol, Safran...Paris, Rodes, Pékin...
      Les traits distinctifs physiques : Dodu, Brun, Blonde.... mais aussi Amie, Beauregard, Mignonne, Délicate.... (pour les mieux lotis.... bien que celui dénommé Heureux ne le fut pas véritablement dans sa vie.
      Et les mal lotis : Chagrin, Reclus, Trop Tard, Occis, Perdu, Souffrant, Embarras, Misère....(bon, en général, ceux là étaient à l’article de la mort...)
      Comme quoi l’indécence et le ridicule régnaient quand même.
      C’était d’autant plus grave, qu’en réalité ces noms inscrits à l’état civil restaient à vie.... même lorsqu’ils étaient repris par la mère. J’ai même trouvé le cas, où l’enfant avait été déclaré par la mère à la mairie de son village, puis abandonné à l’hospice...et bien qu’une enquête ait été menée a conservé le nom attribué par l’Hospice François Depaul.
      Par contre, il y a certains noms dont je n’avais pas compris le sens, mais votre explication sur la construction d’une phrase avec plusieurs noms me semble cohérente. Merci !

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    • Il est bien évident que ce jeu était d’autant plus pervers qu’il était sans danger pour son auteur car, pour découvrir ces coupables jeux de mots, il fallait être en possession du registre concerné, ou ; tout au moins de la liste des noms formant la phrase.
      . Chaque nom, pris séparément, dans un acte de mariage ou de décès par exemple (EX : Ainsi, Soit, Thil) n’attirait aucunement l’attention.
      Cordialement
      Jean Vigouroux

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      • A Quimper, jean, le scribe était le commis aux entrées de l’hospice qui devait se réferer aux indications de la mère supérieure, gestionnaire de l’hospice.
        D’ou quelque humanité dans le choix des noms, contrairement à l’hospice de Brest, où le choix était laissé aux employés de l’hospice
        d’où des noms épouvantables
        deux enfants exposés le même jour : l’un ABRA ,l’autre CADABRA.
        mais il n’y a pas que les noms qui peuvent alimenter la curiosité . la condition de vie de ces enfants mérite d’être racontée. c’est ce que j’ai fait pendant trois ans et encor presque tous les jours en répondant aux nombreuses questions.
        Un sujet jamais épuisé

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      • Bonjour Jean,

        Je serai moins sévère que vous concernant cet employé d’état-civil auquel on demandait de remplir une fonction par devoir professionnel, ce dont tout le monde se foutait, et, en premier lieu, les intéressés que cela n’empêchait pas de vivre en s’appelant les uns-les autres par leur seul prénom et qui auraient certainement goûté à la « blague », s’ils l’avaient comprise.

        A cette époque, les gens n’investissaient pas vraiment leur patronyme, qui d’ailleurs ne leur servait pas à grand-chose.
        La conscription et « l’unité nationale » changeront la donne certainement, mais tout cela n’émerge vraiment qu’avec la IIIe République.

        Et pour en revenir à cet employé, à défaut de s’être amusé (ce qui n’est pas garanti), il a au moins joué la diversité avec plus ou moins de bonheur, car si certaines de ses trouvailles ont pu paraitre « indolores », d’autres semblent bien artificielles et donc, peut-être, « stigmatisantes » pour employer un mot à la mode.

        Et en même temps, imaginer seulement 100 patronymes qui paraissent bien français tout en étant inusités, c’est une vraie gageure. Personnellement, j’ai calé avant la vingtaine.... Peut-être faudrait-il des listes de patronymes disparus..., qui sait ?

        Bien à vous.

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    • Solange a tout dit ou ..presque. Si avant 1813 dans beaucoup de régions, l’enfant était affublé de deux ou trois prénoms, le dernier faisant office de noms, un circulaire de 1812 a préconisé de choisir des prénoms suivant certains critères
      ayant trait au physique de l’enfant
      aux circonstances de son exposition
      à l’heure ou au temps qu’il fait
      à un pays ou à une ville
      à des noms de personnages célébrés ou à des faits d’actualité
      A partir de 1843, pour Quimper, tous les noms commencent par A, en 1844 par B et ainsi de suite jusqu’au T de 1861 (tour fermé).
      Pierrick

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  • Bonjour à tous

    Comme Pascale Chevallier ci-dessous, j’ai aussi fait ces relevés sur Compiègne, où j’ai trouvé, entre autre, un « TULEZA » (Tu les as) pour un garçon, suivi d’un Annapa (En n’a pas) pour une fille, un BLANCFIL car un fil de son lange était enroulé autour de son orteil ainsi qu’un CARREFOUR, car trouvé à cet endroit...

    Bonne journée
    jmc

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  • Bonjour
    J’ai eu l’occasion de m’intéresser au sort d’un enfant né en 1853 à Poitiers : en consultant le seul registre des naissances de cette année là, j’ai constaté que les malheureux enfants déposés à l’hospice se voyaient attribuer des noms sans rapport avec des identités ordinaires (ex : Zotique Parma !). Voilà de quoi marquer encore davantage des enfants déjà considérés comme de la « mauvaise graine » !

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  • Dans les années 80, j’ai eu un élève dont le patronyme était seulement 2 lettres « ML ». Son père était un enfant « trouvé » m’avait-il expliqué et il souhaitait garder ce patronyme...

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  • Dans le LOT j’ai trouvé pendant la revolution une :

    Carlotte Cordey et un Guillaume Tell

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  • Bonjour,

    Effectivement, ce greffier s’est beaucoup amusé :
    On trouve aussi dans ce même registre une Louise SOME suivie d’un Etienne NIFER (vue 395) ; Blandine MONO suivie de Marie POL ; Sophie PAPA, suivie de Magdeleine MAMAN (vue 401) ; Marguerite CARNA, suivie de Catherine VAL (vue 405) ; Martin TRY, suivie de Marie POT et de Mélanie TAGE (vues 403 et 407).
    Et il y en a d’autres !

    Un florilège !!!

    Cordialement.
    Jacques

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    • Jacques,

      Vous avez fait comme moi lorsque Jean m’a demandé de mettre en page son article ! Je l’ai feuilleté de la première à la dernière page...

      Ce registre est, comme vous le dites, un florilège dont chaque page tournée dévoile une nouvelle surprise ! ça se lit presque comme un roman !

      Si l’on devait transposer cette imagination débordante à notre époque, on dirait surement : « Je sais pas ce qu’il a fumé... mais ça doit être de la bonne ! » ;-)

      cordialement,
      Franck

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  • Bonjour

    En Gironde c’était aussi un système complexe mis en place pour les enfants abandonnés même si l’identité des parents figuraient sur un papier laissé sur eux
    Les prénoms étaient souvent rares et parfois ridicules , les patronymes pouvaient correspondre a des patronymes existants mais rares et c’était un pur hasard
    J’ai cherché pour une amie ,son ancêtre portait le patronyme d’un marque de maroquinerie connue mais en fait rien a voir

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  • Bonsoir ,
    je ne pense pas que ces noms soient amusants à porter ,c’est bien triste de devoir s’appeler comme cela !
    J’ai connu quelqu’un dont l’aieule ayant été abandonné ,on lui avait comme nom :TroiOlives .
    Salutations généalogiques.
    baumet christiane.

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    • Je n’ai jamais pensé que ces noms étaient amusants à porter. Ce qui m’a très étonné, c’est le procédé employé par le fonctionnaire chargé du travail : cet amusement était pernicieux et solitaire et ne faisait rire que lui-même et ses collègues de bureau. Monsieur THIL n’a, en soi, rien de drôle mais de voir une liste de trois noms donnant à la queue leu leu AINSI, SOIT, THILL, voilà qui est étrange. Cela pourrait donner à sourire mais notre rond-de-cuir a oublié qu’il jouait avec des enfants et les respectait bien peu. C’est la première fois que je voyais ce genre « d’amusements » et j’ai du relire ces listes de noms à plusieurs fois pour me rendre compte que je n’avais pas eu « la berlue »
      Cordialement
      Jean

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      • Bonjour

        Dans les Vosges , vers le 18 eme , le patronyme « VAOUILMEPLAIT » pourrait ainsi etre issus d’un enfant abandonné : Va ou il me plait .

        Patronyme disparu vers le debut du 20 eme ....

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      • j’ai lu avec grand intérêt votre article, me passionnant pour l’étude des patronymes, et vous suis dans votre indignation. mais parfois la providence (?) corrige cette infamie : l’enfant, puis ses descendants, qui s’appellent Thil, portent le nom d’un beau village de l’Aube (ou Hte Marne), et il y a une « bute médiévale de Thil » dans le Rhône, avec château et village, et j’ai connu un « monsieur de Thil » (ou Thyl).
        j’aurais apprécié le porter, plutôt que le nom banal d’une colline des Vosges...

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  • mon arrière grand père est un enfant trouvé dans le tour de l ’hospice de Brest le 16 juillet 1853 ; sur lui un petit billet ainsi conçu" François Alexis né le 16 Juillet"(présenté par une sage femme .On lui a donné le nom de François Alex ,nom qu’il a gardé toute sa vie,Dans la famille il a toujours été dit qu’il était d’ascendance russe.
    Je me pose la question de savoir si son habillement décrit dans l’acte de naissance pouvait être un indice ses origines sociales :
    « vêtu d’une chemise, enveloppé de deux drapeaux de coton et d’un maillot bleu lié par une lisière verte, coiffé d’un béguin garni de dentelle et d’un bonnet de mérinos noir bordé de velours ».
    Merçi à celui ou celle qui pourra éclairer ma lanterne !.

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    • Bonsoir Racines29,

      Vu la description de son habillement :
      vêtu d’une chemise, enveloppé de deux drapeaux de coton et d’un maillot bleu lié par une lisière verte, coiffé d’un béguin garni de dentelle et d’un bonnet de mérinos noir bordé de velours , il semble improbable que ce bébé déposé, de plus muni d’un « billet » soit issu du « pauvre peuple » de matelots, marins ou autres ouvriers de Brest en 1853.
      Je pense que nous nous accorderons tous à vous dire qu’il y a effectivement derrière cet abandon une personne assez fortunée (un armateur ?, le capitaine d’un navire ?)

      Il a bien fallu acheter et payer tous ces articles afin d"habiller" ce bébé avant de le déposer au Tour.

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      • Bonjour,
        Effectivement, sa mère devait être la fille de membres de la haute bourgeoisie, qui avait « fauté » et pour éviter la « honte » d’une maman célibataire, elle a dû être contrainte d’abandonner ce bébé.
        Proverbe berrichon d’une amie de ma mère : « La misère n’est pas que chez les riches ». Je ne l’ai jamais trop compris.
        Sinon, à propos de honte, ce « scribe » avait vraiment un mépris de ces pauvres enfants pour les affubler de tels noms.

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  • J’ai un de mes ancêtres qui est un enfant abandonné aux hospices de Granville. Sur lui un petit billet : Pierre Maillar vous demande le baptême. L’officier lui a donné le nom de Pierre Rimala, faisant un anagramme de son nom. Cela nous a valu une légende familiale, qu’avec un nom pareil nous avions des origines italiennes !!
    C’était en 1821.

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    • Ce qui serait intéressant de savoir : pourquoi avoir changé Maillar en Rimala. Peut-être ce billet fut-il écrit par la mère qui, anonymement se vengeait de l’abandon du père. J’ai trouvé des actes dans lesquels la mère déclarant son enfant, disait qu’il était l’oeuvre de (nom du père cité). Ce dernier a peut-être eu suffisamment d’influence pour persuader le scribe de changer le nom ?
      Cordialement
      Jean Vigouroux

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  • Cet article met en lumière la triste réalité de la misère qui conduisait à l’abandon des nouveaux nés. Dans le Nord Pas de Calais, et particulièrement dans les villes de garnison, la chronique paroissiale puis l’état civil en font écho.. les mois du calendrier apparaissent, puis le rapport au lieu de découverte « fossé », « panier ».... le nom des fleurs ""Sépulture 11.09.1787 -Joseph LAMARGUERITTE TULIPE enfant trouvé à la charge de la ville de LILLE...." SANTES P 184

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  • Votre recherche est intéressante. J’y trouve des analogies avec l’attribution des noms de famille aux Antilles par les fonctionnaires locaux au moment de la suppression de l’esclavage. La lecture des actes d’individualités est proche de celle de ce registre et dénote à mon sens le mépris, conscient ou non, dans lequel on tenait les individus ainsi nommés. Merci pour cette communication.

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  • Bonjour ! Pour apporter un peu d’humour devant ces jeux malsains (venant de personnes souvent bienpensantes …), une petite anecdote : dans ma famille, un LIEVRE a épousé une LOUP (Berry, Cher).
    Merci pour ce bel article ! Cordialement, msenetaire

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  • Bonjour,
    Excellent article, j’ai beaucoup appris. MERCI
    Existe t il un registre similaire pour la ville d’Aix en Provence ? Si oui ou puis-je le consulter.
    J’ai un aïeul né de parents inconnus.Il a baptisé le 18 juillet 1807 avec deux prénoms (Joseph Symphorien) différent des parrain & marraine puis inscrit dans le registre d’état civil d’Aix sur déclaration de l’accoucheuse avec son patronyme et quatre prénoms (Joseph Symphorien Louis François).
    Qui lui donne son patronyme : le greffier ou l’accoucheuse qui connaissait les coordonnées de la mère ?
    La mère était présente au baptême de son fils. Elle a un patronyme différent (Valider lors du décès de Joseph Symphorien Louis François à l’age de 58 ans et le patronyme de la mère apparaît dans le recensement en 1856 avant son décès).
    Qui peux m’aider à comprendre et/ou à me donner des pistes pour retrouver le père géniteur ?
    Pour le patronyme des enfants de mon aïeul Joseph Symphorien Louis François, c’est d’une complexité incroyable !! Tantôt il porte le patronyme de leur père d’autre fois celui de la mère de JSLF et d’autre fois un autre patronyme qui serait phonétiquement (A mon avis) issu de Symphorien (Forien ou Fourian)

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  • Bonjour, merci pour ces informations surprenantes ! Voir aussi la thèse suivante, ’’Sauvageons des villes, sauvageons aux champs’’ par Bruno Carlier, soutenue en 2004 : http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/2004/carlier_b#p=9&a=TH.2.1.1.3

    Il indiquait ces incongruités dans le chapitre "Ce que deviennent les enfants" : le responsable serait Pierre Bougy, « né le 10 septembre 1800, décédé le 11 novembre 1877, conseiller municipal le 6 mai 1852, nommé adjoint (décrets impériaux) les 14 juin 1855 et 14 juillet 1860, conseiller municipal (élu) le 4 août 1855 ; cesse ses fonctions d’adjoint le 26 août 1855 ».

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  • Bonjour à tous,
    Mon sosa 110 a été exposé le 12 août 1823 dans le tourniquet de la charité à Bourg-en-Bresse dans l’Ain. Il est vêtu d’une chemise, d’un mauvais tablier de cuisine, une guenille blanche, un bonnet en laine rouge bordé en soie noire une petite mauvaise chevelière en fil pour lier l’enfant et il a été enregistré sous les noms de Laurent DANZER.Les actes sont signés dame généreuse directrice de l’hospice de la charité. Concernant son prénom 12 aout : Ste Clarisse, 11 août Ste Claire et 10 août St Laurent.(c’est donc le calendrier qui a décidé) Concernant le nom de famille voici ce que j’ai trouvé : entre 1818 et 1829 la Charité de Bourg use et abuse des lettres peu fréquentes habituellement dans les noms de familles d’origine bressanes, notamment les X, les Y et les Z. Beaucoup de Z entre 1821 et 1824 pour stigmatiser les enfants malgré la circulaire de 1812 qui disait que l’on ne devait pas donner de nom qui allait porter atteinte à leur vie future. (réf noms et destins des sans famille de Jean-Pierre Bardet & Guy Brunet) Le petit Laurent a été recueilli dans une famille dont le bébé est décédé 2 jours avant sa venue dans cette famille. Il a été placé là pour l’allaitement c’est évident.
    Par contre en 1784 mon sosa 101 a toujours été appelé Jeanne Marie de la Charité.Puis elle prend le nom de son mari.
    Elle est née un 15 décembre et la ste Jeanne est le 12.
    Merci pour toutes vos histoires.
    Marie-France

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  • Jean, bonjour,
    Merci pour cet article fort intéressant, très bien documenté et fort bien écrit.
    La dénomination des enfants abandonnés trouve deux occurences de même nature : l’enregistrement des patronymes des juifs intégrés à la nation française sous Napoléon et celui des nouveaux citoyens issus de l’abolition de l’esclavage aux colonies ;
    Pour les juifs, ils étaient adultes, ils appartenaient à des communautés soudées, relativement lettrées, encadrées par une élite et de tailles relativement modérées. de plus ils avaient la fierté de leur origine . Cela leur a assuré une bonne protection contre les excès de pouvoir, contre le racisme et la bêtise des fonctionnaires et a donc limité les noms excentriques.
    Par contre, aux colonies, c’est la majorité de la population qui a dû s’enregistrer dans un temps court et la plupart de ces gens étaient illettrés et habitués à subir la suffisance des fonctionnaires...
    Ce sont donc des foules entières qui se sont précipitées pour faire reconnaitre leur nouveau statut de citoyens, sans grands moyens pour s’opposer aux propositions ou plutôt aux décisions des préposés à l’enregistrement.
    À la décharge de ceux-ci, trouver des dizaines de noms différents chaque jour n’était pas une sinécure.
    La fatigue s’est donc ajouté à la bêtise pour faire fleurir des noms à connotation très difficile.
    À noter un procédé original qui fut utilisé : le retournement des noms ; c’est ainsi ainsi que le nom COMPÈRE étant déjà utilisé, EREPMOC fit l’affaire...

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  • Nous pourrions rapprocher cela de la nomination des Antillais lors de l’abolition de l’esclavage dans les Antilles françaises en 1848, lorsqu’il fallu trouver des dizaines de milliers de "nouveaux noms" (similairement tirés de l’histoire antique : Legitimus,..., du calendrier , les fameux "Fêt Nat" de ceux enregistrés un 14 juillet,etc..), sachant que depuis Louis XIV et Colbert le « Code Noir », interdisait que les esclaves puissent porter le même nom que celui de leurs propriétaires.
    Le site Anchoukaj des départements de la Martinique et de la Guadeloupe explique , pour chacun des départements comment ont été "trouvés" ces milliers de noms : http://www.anchoukaj.org/nomination_martiniquais.php /jean-jacques

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    • Bonjour,

      J’ignorais ce texte de loi qui était certainement bienvenu. Une loi qui n’a pas eu cours au Brésil certainement, où, avec 100 patronymes seulement on rassemble déjà la moitié de la population, ce qui pose d’autres problèmes. Les footballeurs et autres vedettes se font donc appeler par leur prénom ou surnom et donc deux frères n’ont plus le même nom de ce fait, comme Raï et Socrates.

      Même problématique au Danemark où toutes les facilités sont aménagées pour opter pour le patronyme d’une lointaine aïeule, pourvu qu’il soit original.

      Cordialement

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  • Merci à tous ceux qui ont répondu à mon message concernant mon ancêtre Victor ARSENE (enfant trouvé)
    Bien cordialement
    Dunez

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  • Pauvre homme, imaginait-il qu’un jour ses divagations seraient publiées sur Internet à la vue de tous ? :-|

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  • A Limoges , le 25/05/1777 est née Léonarde , enfant exposée . A son mariage en 1810 elle est dite"Léonarde première du nom " ; elle décèdera Léonarde Mouret , du nom de son époux . Elle a eu la chance d’être élevée par une seule nourrice jusqu’en 1789 . Original ?

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  • Bonjour,
    J’ai le cas d’un ancêtre, il a été déposé à la maison commune par la sage femme, il a eu le nom d’OSEILLE et plus tard sa mère l’a repris et lui a donné son nom de famille le vrai...
    et un autre enfant abandonné s’appelle MARIE, elle n’a pas de prénom sur son acte de mariage en 1878, elle s’appelle toujours MARIE sans autre prènom ....
    Cordialement

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  • Bonjour,

    Et que penser de certains des noms visibles sur le répertoire l’année 1742 de l’Hospice des Enfants trouvés de Paris ?

    http://archives.paris.fr/arkotheque...

    Rien que sur la première page, à la lettre A :
    Augustine de Beaubourg
    Agathe de Beaufort
    Adélaïde de Beaufort
    Anne de Beaurepaire
    Anne de Montmorency
    Antoine de la Harpe
    Alexandre le Grand (un autre à la page suivante)

    Cordialement.

    Arlette Brossard

    Répondre à ce message

  • Bonjour Monsieur Vigouroux,

    Merci et félicitations pour cet article fort intéressant. A ma connaissance les noms, souvent stigmatisants voire ridicules, attribués aux enfants « anonymes », exposés ou déposés au tour, leur collaient à la peau toute leur existence et leurs descendants en ont hérité.

    En revanche des surnoms provisoires ont été attribués aux enfants non anonymes dans certains hospices entre 1819 et 1829.

    On peut en voir dans les répertoires d’admission des Enfants trouvés de Paris, par exemple en 1819 :
    http://archives.paris.fr/arkotheque...

    L’hospice voulait empêcher les familles d’origine d’obtenir la garde de leurs propres enfants en se faisant rémunérer comme nourriciers. Ceci s’était fait avec quelques complicités internes.

    On sait donc dès le répertoire s’il s’agit d’un enfant anonyme (sans surnom) ou non anonyme (avec surnom).

    Le pupille connaissait sa vraie identité une fois arrivé à l’âge adulte. Le changement de nom ne se passait pas toujours simplement. On voit des cas où nom et surnom étaient confondus d’un acte à l’autre ou restaient accolés. Les pupilles restaient souvent dans le lieu où ils avaient été accueillis et étaient connus par leur surnom. Changer de nom du jour au lendemain ne devait pas être aisé. Ça a provoqué bon nombre d’anomalies dans l’état civil, notamment dans les actes de naissance de leurs enfants.

    Très intéressée par ce sujet, j’ai acheté il y a quelques années le livre :
    Noms et destins des sans famille de Jean-Pierre Bardet et Guy Brunet.
    Il est possible de lire sur Google Books quelques extraits de cet ouvrage encore sous droits d’auteur :
    https://books.google.fr/books?id=qX...

    Voir l’extrait à la page 94 :
    https://books.google.fr/books?id=qX...

    Cordialement.

    Arlette Brossard

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Un ancêtre de madame s’appelle DUPÉRON car il fut trouvé sur le perron d’une église. C’était en 1757, dans le Pas-de-Calais.

    Jean

    Répondre à ce message

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