Accueil > Chroniques de nos ancêtres > La vie militaire > « Nos Poilus » > Les préparatifs de l’armistice

Les préparatifs de l’armistice

Extrait du carnet de guerre de Maxime Quevreux

jeudi 8 novembre 2018, par Michel Guironnet

Au fil des jours, depuis le 8 avril 1916, le Chasseur à Pied Maxime Quévreux tient son "Carnet de Guerre". Son petit-fils, Jacques Fauconnier, a bien voulu nous le confier. Début novembre 1918, les combats font encore rage mais l’espoir de paix grandit.

Maxime Quévreux est agent de liaison au 17e Bataillon de Chasseurs à Pied. Il se bat vaillamment. Blessé à deux reprises, il a été deux fois cité. [1]

"Citation à l’ordre de l’infanterie divisionnaire N° 119 du 12 mai 1918. Agent de liaison intelligent et dévoué. Le 31 mars 1918 s’est offert plusieurs fois pour porter à son chef de secteur, sous un feu violent, les ordres du Commandant de Compagnie".

JPEG - 273.3 kio
Dans la tranchée
Maxime Quévreux est le plus à droite sur cette photo, sans indication de date et de lieu.

Voici un extrait de son "Carnet de Guerre", écrits à la mine de crayon, notés sur le vif, après les combats d’il y a 100 ans.

JPEG - 223.2 kio
Deux pages du "Carnet de Guerre" de Maxime Quévreux

« Novembre (1918)
6 = Recommencer la poursuite, repris Leschelles et autres villages, délivrer des civils, artillerie ennemie fait des tirs de barrage, passer la nuit à Buironfosse, reçu comme des parents par les civils.
7 = parti à 6 h du matin, arrivé à Lacapelle sur les 11 h, bruit court que (les) parlementaires étaient arrivés, le soir à 8 h 45, 7 autos boches traversent les lignes avec drapeau blanc, 1 général, 1 amiral, 2 civils dont l’un doit être Max de Bale [2], grande joie pour tout le monde.

8 = A 6 h du matin déception, l’ennemi nous balance des obus, de notre part l’attaque recommence, nous reprenons un village et des prisonniers, le commandant de la 5e Cie tué, passé la nuit à la même place, (il est) passé encore (des) parlementaires.

En fait, Max de Bade ne fait pas partie des plénipotentiaires. Ils sont quatre : le ministre d’Etat Erzberger, le diplomate Comte von Oberndorff, le capitaine de vaisseau Vanselow, le général von Winterfeldt.

PDF - 27 kio
En cliquant sur le document ci-dessus, vous pourrez lire un extrait des « Souvenirs de guerre » de Erzberger concernant son voyage à Rethondes. A signaler qu’il parle improprement dans ses Mémoires de la Villa Francport au lieu de la Villa Pasques à La Capelle.

[1Né le 29 novembre 1895 à Vézinnes (Yonne) il est de la classe 1915, N° matricule 127 au recrutement d’Auxerre. Vues 257 à 260/1039 sur le site des archives de l’Yonne.

[2En fait il s’agit de Max de Bade : Maximilien de Bade fut le dernier chancelier de l’Allemagne impériale.

Messages

  • Merci pour cet intéressant témoignage des derniers instants de cette terrible "boucherie" qui aura décimé toute une génération de jeunes hommes et laissé tant de veuves et d’orphelins.
    On se demande comment ces hommes ont pu "tenir" psychologiquement dans cet enfer de pilonnage, de manque de sommeil, de manque de nourriture, de manque d’amour....en se lavant et en se changeant de linge....épisodiquement.
    C’est très étonnant qu’il n’y ait pas eu plus de mutineries.
    On a encensé tous ces "brillants" généraux qui ont conduit ces centaines de milliers d’hommes à l’abattoir et trop souvent oublié nos grands-pères qui n’ont fait que leur devoir d’obéir.
    C’est aujourd’hui plus que jamais le moment de nous souvenir de leur sacrifice.
    Je suis particulièrement frustré de n’avoir pas une photo de mon Grand-père paternel (142e RI), blessé à Beauséjour le 13 Mars 1915 qui n’a pas laissé de souvenirs écrits et que je n’avais, alors enfant, jamais osé interroger sur cet épisode terrible de sa vie.
    Je comprends mieux maintenant, après avoir lu maints carnets de poilus, qu’il n’aie jamais eu envie d’en parler en famille.
    Honneur à tous ces hommes, venant surtout de nos campagnes (L’Eure et Loire en ce qui concerne mon grand-père)qui, grâce à leur endurance à la fatigue de par leur métier, ont pu "survivre" jusqu’à la fin.
    Honneur à tous ceux qui ont laissé leur vie dont, trop nombreux, n’ont pu avoir de sépulture décente, happés par la terre.
    Nous leur devons le respect.
    VIVE LA FRANCE !

  • Merci à tous nos grands-pères qui nous ont permis grâce à leur courage bien forcé de rester fiers d’être Français, aussi quelle que soit la couleur de notre peau... particulièrement aux Sénégalais.
    Merci à mon grand-oncle qui en 1917 fut précurseur dans l’aviation, ayant fait partie à Aulnat de la formation des premiers pilotes de reconnaissance avec les grands qui devinrent célèbres.. et à mon grand-père paternel qui l’a accompagné sur les champs de "mort" que fut cette guerre.

    PS Faisant partie de la descendance FAUCONNIER, pourriez-vous m’indiquer l’origine de Jacques à qui nous devons cette publication remarquable ou pouvoir consulter son arbre généalogique. Merci d’avance.

  • Bonjour Mr. Guironnet,

    Merci pour cette nouvelle "tranche de vie" de ces héroïques soldats qui comme disaient certains : nous n’avons fait que notre devoir.

    Administrateur du site, que vous connaissez, "Bataillons de Chasseurs" je vous demande l’autorisation de publier sur notre forum ce témoignage afin que le devoir de mémoire perdure.

    D’avance merci.
    Avec toutes mes amitiés Chasseurs.
    J.C. Mazy
    Administrateur.

  • Bonjour
    C’est toujours avec un très vif intérêt que je lis vos chroniques.

    Responsable de la revue Racines Bourbonnaises que notre association Allier Généalogie fait paraître chaque trimestre, j’ai préparé un article portant sur les coulisses de l’armistice. En particulier, sur le rôle du cdant François de Bourbon-Busset, qui était chargé de convoyer les plénipotentiaires de La Capelle à Rethondes et retour, accompagné de 3 clairons qui ont sonné successivement le cessez-le-feu pour permettre les différents passages.

    Je suis donc particulièrement intéressée par l’extrait du carnet que vous publiez sur cet épisode.
    Je souhaiterais obtenir de votre part l’autorisation de le faire figurer dans mon article à paraître dans la revue de décembre.
    Je vous remercie par avance de votre réponse.
    Bien cordialement
    Aline Berna
    Présidente
    Allier Généalogie
    5 bd de la Mutualité
    03200 Vichy

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.