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Marie Becouze, une femme résistante dans l’Allier...


jeudi 27 juin 2019, par Marie Rousset

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Marie BECOUZE voit le jour le 24 décembre 1888, à Billezois, une petite commune du canton de Lapalisse, dans l’Allier.
Ses parents, Claude BECOUZE et Louise Adèle MOUSSIER, sont cultivateurs à la Plissière.

Sur le recensement de 1896, on retrouve la famille à la Plissière, une petite sœur est née le 12 mars 1890, qui porte le prénom de Jeanne. Un garçon, Nicolas est né un an plus tard, le 5 décembre 1891.

La famille de Marie s’installe ensuite à Saint-Etienne-de-Vicq, et c’est dans cette commune que Marie va rencontrer Denis Vincent RAVAUD, qu’elle épouse le 21 octobre 1909.

Denis est lui aussi agriculteur, il est né dans la commune du Bouchaud le 22 janvier 1876, il est donc son aîné d’une douzaine d’années. Le couple s’installe avec les parents de Marie, Claude BECOUZE est alors patron métayer.

Sur le recensement communal de 1911, une petite Jeanne-Marie est née, suivie cinq ans plus tard d’un petit Roger.

Entre-temps, la guerre a été déclarée et, comme la grande majorité des jeunes hommes de sa génération, Denis, qui a effectué son service militaire en 1896, est rappelé en 1914 et incorporé au 34è Régiment d’infanterie ; il y effectuera la campagne contre l’Allemagne, sans incident particulier, et pourra couler des jours plus paisibles, de retour dans sa famille.

On retrouve en effet le couple Marie BECOUZE - Denis RAVAUD, sur le recensement de 1936, à Grand Villard, avec leur fille Jeanne-Marie qui a épousé en 1932 Pierre BASSOT, agriculteur à Périgny. Le jeune homme est alors l’employé de son beau-père.

En 1944, ils vivent à nouveau à Billezois, puisque c’est là que le 21 mai 1944, au lieu-dit Falconnière, les troupes allemandes cernent leur domicile et le couple est arrêté par la Gestapo de Roanne, avec le Capitaine Henri FRADIN et son épouse Cécile, née GAILLARD qu’ils hébergeaient.

Les résistants seront alors conduits à Roanne pour y être interrogés, puis internés à la prison de Saint-Étienne, à partir du 2 juin 1944.

Marie est alors transférée au Fort de Romainville, qui est l’antichambre de la déportation pour les femmes.

Fort de Romainville, les casemates - fichier de Marie Ravaud, née Becouze.

Le fort a accueilli des prisonniers de guerre et des otages, dont certains seront fusillés au Mont-Valérien, puis s’est transformé en prison pour femmes destinées à la déportation, en 1944.

Le 30 juin suivant, Marie RAVAUD-BECOUZE est déportée depuis la gare de l’Est au camp de Neue Bremm à Sarrebrück, dans un convoi de 111 femmes ayant participé à des actes de résistance à divers degrés.

Le couple RAVAUD est déclaré coupable d’avoir hébergé le Chef du Maquis, le Capitaine FRADIN.
Cinq jours plus tard, Marie est déportée à Ravensbrück, où elle restera au camp central sous le matricule 44753.
Elle y décèdera le 1er avril 1945, selon une publication du J.O. du 8 mars 1977.

Elle est homologuée en tant que Résistante au titre des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance). Mention « Mort pour la France » à la date du 23 août 1951.

La carte de Déporté Résistant N° 2.011.13824 lui est attribuée à titre posthume suivant la décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 18 novembre 1952.

La carte de Combattant Volontaire de la Résistance N° 005316 lui est attribuée à titre posthume le 30 novembre 1960.

« Mort en déportation » suivant l’arrêté du Ministre délégué aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 31 janvier 1997 paru au Journal Officiel N° 57 du 8 mars 1997.

Carte de déportée-résistante

Denis RAVAUD, quant à lui, survivra et finira sa vie à Vichy, où il décèdera à l’âge de 92 ans.

Si vous passez par Billezois, vous pourrez y voir la plaque en souvenir de plusieurs résistants originaires de la commune, sur laquelle figure le nom de Marie BECOUZE....

Billezois - au pied du Monument aux morts.

En hommage à Marie, une cousine de mon arrière-grand-mère, Catherine SIGOT, dont la mère se nommait Gilberte BECOUZE.

Marie Rousset

P.-S.

Sources : Amis de la Fondation pour la Mémoire de la déportation de l’Allier
Source des documents ci-dessus :
* Photographie, prise à la Libération, des casemates où étaient enfermés des détenus.
* Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains 21 P 529 538.
Source : Les oubliés de Romainville un camp allemand en France (1940-1944) par Thomas Fontaine Editions Taillandier mai 2005.
* Archives départementales de l’Allier
* MemorialGenWeb site Internet
* Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 42763)

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5 Messages

  • Merci pour cette belle information, encore un témoignage qui fortifie la Mémoire qui doit toujours rester vivante car c’est indispensable.

    Répondre à ce message

  • Merci Marie pour ce témoignage. Nous avons un devoir de mémoire par rapport à ces hommes et ces femmes qui ont donné leurs vies pour la France.

    Cordialement.

    André VESSOT

    Répondre à ce message

  • Marie Becouze, une femme résistante dans l’Allier... 29 juin 15:57, par Colette Boulard

    Un hommage sobre mais fort. Merci de nous parler de Marie Becouze.

    Répondre à ce message

  • Marie Becouze, une femme résistante dans l’Allier... 30 juin 18:52, par Jean-Pierre Martin

    Merci pour ce récit en hommage à cette personne afin qu’elle ne tombe pas dans l’oubli, comme tant d’autres...
    Le travail de Mémoire ( que je préfère au « devoir de mémoire ») est d’une grande importance pour les générations actuelles et futures.
    Deux de mes cousins, Madeleine et Georges Raffard qui faisaient partie d’un réseau (lequel ?) à Orléans ont été arrêtés et déportés tous les deux en Allemagne. Je sais que ma cousine, comme Marie Becouze fût également à Ravensbrück. Par une chance extraordinaire ( si l’on peut dire ainsi) tous deux sont revenus en France et ont eu une longue vie et de nombreux descendants.
    Nous sommes intéressés par des renseignements et des documents complémentaires.
    Très cordialement
    Jean-Pierre Martin

    Répondre à ce message

  • Bel et utile hommage à votre aïeule...

    J’ai pour habitude, quand l’occasion se présente, de lire les noms figurants sur les monuments aux morts, notamment si, par chance, j’y trouve le mien et donc un possible parent...
    Chaque nom recèle une vie misérable et/ou héroïque, mais toujours respectable et instructive.
    Bonne continuation

    Répondre à ce message

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