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Où a disparu Aurélien GAUTHIER après le décès de ses parents ?


jeudi 31 janvier 2019, par Sonia Landgrebe

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Mon arrière-arrière-grand-père Aurélien GAUTHIER est né à Pray (41) le 18 juillet 1861. Il est le fils de Thomas François GAUTHIER, originaire de St Hilaire-la-Gravelle (41), et de Marie Madeleine SARADIN (souvent prénommée par erreur Marie Julie Adrienne), originaire de Pray où le couple s’est marié.

Aurélien est le deuxième-né d’une fratrie de 8 enfants, dont 2 décéderont en bas âge. La famille déménage quelque temps pour la commune voisine de Landes (dite aujourd’hui Landes-le-Gaulois), vers 1863-64, avant de revenir s’installer à Pray où on la retrouve à partir de 1865. C’est à cette date que le père d’Aurélien, auparavant journalier, devient marneur (comme son beau-père Jean Paul SARADIN) ; la mère d’Aurélien est couturière ou ménagère selon les recensements.

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Extrait du recensement de Pray en 1866 : Aurélien avec sa famille - source : AD41, registre 2 MILN R202, vue 71/123

C’est d’abord sa mère, Marie, qui décède le 1er mai 1873 à Pray, à l’âge de 34 ans ; puis son père François, l’année suivante, le 22 octobre 1874 à 44 ans, dans la même commune. J’ignore la cause de leurs décès.

Le couple GAUTHIER-SARADIN laisse alors 6 orphelins :

  • Lucie Marie (dite Lucie), 14 ans ;
  • Aurélien François (dit Aurélien), 13 ans, mon ascendant ;
  • Marie Irène (dite Irène), 11 ans ;
  • Léocadie Armandine Eudoxie (dite Armandine), 7 ans ;
  • Victor Hyacinthe (dit Victor), 5 ans ;
  • Lucie Blanche Aglaé (dite « Marie »), 2 ans.

Pour tenter de suivre leurs parcours, je les ai cherchés dans les recensements, en commençant bien sûr par la commune de Pray. Pas de recensement disponible pour l’année 1876 ; au recensement suivant en 1881, je retrouve les deux plus jeunes sœurs, Armandine et « Marie », chez leurs grands-parents maternels SARADIN au hameau de la Motte. En revanche, les autres enfants n’apparaissent pas chez eux, ni dans cette commune.

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Extrait du recensement de Pray en 1881 : Armandine et « Marie » chez leurs grands-parents maternels - source : AD41, registre 2 MILN R202, vue 80/123

Ils auraient pu être accueillis dans la famille de leur père, à St Hilaire-la-Gravelle, où demeurait leur grand-mère paternelle Marie MELINET veuve GAUTHIER avec un de ses fils, leur oncle Adrien ; après vérification, ce n’est pas le cas (pourtant, cet oncle Adrien sera présent au mariage d’Aurélien en 1886, ce qui montre qu’ils étaient en contact.)

Je retrouve leurs traces respectivement aux dates et lieux suivants :

  • Le 16 août 1882, Aurélien est présent au décès de sa grand-mère maternelle, Justine CHARRON épouse SARADIN. Il est domestique à Villemardy (41) (mais n’y est pas recensé en 1881). En 1886, il habite de nouveau à Pray ; il se marie le 29 juin à Gombergean (41) avec Louise Joséphine (dite « Irène ») NOULIN. Ils s’installeront rapidement à St Gourgon (41), puis des années plus tard à Auzouer (37), puis sur la fin de leurs vies, à Villedômer (37) et enfin Neuillé-le-Lierre (37) où ils décéderont tous deux en avril 1939, après avoir eu 13 enfants.
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Témoignage d’Aurélien GAUTHIER lors du décès de sa grand-mère maternelle à Pray en 1882 - source : AD41, registre 1 MIEC 182 R3, vue 212/311
  • Le 9 décembre 1882, Irène accouche à Château-Renault (37) d’une fille naturelle ; elle est journalière dans cette commune (mais n’y est pas recensée en 1881). Mariée l’année suivante avec le père de son enfant, elle passera tout le reste de sa vie à Château-Renault.
  • Le 30 septembre 1883, Lucie (l’aînée) accouche à Lancé (41) d’un enfant de père inconnu ; elle est domestique dans cette commune (mais n’y est pas recensée en 1881). Le déclarant est son oncle par alliance, Louis MAINGOUR, époux de sa tante maternelle Admérine SARADIN, qui habite également à Lancé. Trois mois plus tard, on apprend au décès de cet enfant que Lucie est partie pour Paris ; suivra pour elle une vie très nomade entre l’Yonne, la Côte d’Or, l’Oise et différents lieux en région parisienne.
  • En 1889 au moment de son service militaire, Victor est laboureur à Auzouer (37), où il est domicilié de fait ; son domicile « légal » est à St Gourgon, où s’est installé son frère aîné Aurélien. Victor partira ensuite s’installer à Marcoussis (Seine-et-Oise, aujourd’hui dans l’Essonne), où il passera tout le reste de sa vie.
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Extrait de la fiche matricule de Victor GAUTHIER - source : AD41, registre 2 MI 48/R35, vue 423/1482

Il me restait à trouver la fiche matricule d’Aurélien, pour pouvoir compléter son parcours. Pour cela, j’ai d’abord cherché au bureau de recrutement de Blois (41), sans résultat ; puis dans l’Indre-et-Loire, sans succès ; j’ai aussi vérifié l’Eure-et-Loir (autre département limitrophe), l’ancienne Seine-et-Oise, et même Paris : en vain.
Il est possible qu’il ait été exempté de service militaire, étant l’aîné d’une fratrie d’orphelins ; j’ignore s’il est possible de trouver la trace de cette éventuelle exemption.

Une autre piste valait le coup d’être explorée : celle des deux plus jeunes sœurs, après le décès de leurs grands-parents SARADIN en 1882 et 1883.

  • Armandine : au recensement de 1886, elle vit à Pray chez sa cousine germaine Irma MANE épouse MAURY, fille de sa tante Rosalie SARADIN. En 1889, elle est domestique à Lancé, et y accouche d’une fille de père inconnu ; le déclarant est son oncle par alliance Louis MAINGOUR (le même qui avait déjà déclaré la naissance de l’enfant naturel de Lucie, six ans plus tôt, dans la même commune).
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Extrait du recensement de Pray en 1886 : Armandine chez sa cousine Irma MANE épouse MAURY - source : AD41, registre 2 MILN R202, vue 91/123

En 1890, on la retrouve à Paris où elle donne le jour à une deuxième fille de père inconnu. L’année suivante, elle s’installe à Marcoussis (actuelle Essonne) où elle se mariera et terminera ses jours. Victor est venu la rejoindre vers 1895, ce qui montre qu’ils étaient restés en contact ; au mariage de ce dernier se sont d’ailleurs déplacés deux parents du Loir-et-Cher, à savoir Léon MAURY cousin germain par alliance chez qui Armandine avait vécu quelque temps, et René GOUGAULT mari de « Marie » (voir ci-après). Mais aucune trace d’Aurélien.

  • « Marie », la petite dernière : au recensement de 1886, on la retrouve à Lancé, chez sa tante Admérine SARADIN et son mari Louis MAINGOUR. Une impasse à nouveau en ce qui concerne Aurélien, car il n’a jamais été recensé chez eux. Sa petite sœur se marie dans cette commune en 1893 avec René GOUGAULT (Aurélien en a été témoin), et elle semble y avoir passé le reste de sa vie.
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Extrait du recensement de Lancé en 1886 : « Marie » chez sa tante Admérine SARADIN épouse MAINGOUR - source : AD41, registre 2 MILN R120, vue 151/197

Ainsi, j’ignore totalement ce qu’est devenu Aurélien à l’âge de 13 ans, après le décès de ses parents. A-t-il été recueilli par quelqu’un que je n’ai pas réussi à identifier ? A-t-il été placé comme domestique dans une commune voisine (j’y ai compulsé aussi les recensements de 1881, en vain) ?

Où était-il entre 1874, date du décès de son père, et 1882, année du décès de sa grand-mère maternelle ? En tout cas sa présence comme témoin à ce dernier événement semble indiquer qu’il était resté proche de ses grands-parents maternels.

A-t-il fait son service militaire ? Si oui, où était-il ?

Mêmes questions à peu près pour sa sœur aînée Lucie, qui était en âge elle aussi d’être placée, et dont je ne trouve pas trace entre 1874 et 1883.

Quant à Irène et Victor, plus jeunes, qui les a recueillis ? Pour Victor, le « trou » est même de 15 années, puisque je ne le retrouve pas avant 1889. Comment se sont-ils retrouvés respectivement à Château-Renault et à Auzouer ? Mystère …

Le recensement de 1881 est sans doute clé – j’ai cherché dans toutes les communes où je leur ai trouvé un lien familial, et dans villages voisins de Pray, en vain. Aurais-je manqué quelque chose d’essentiel ?
Merci beaucoup à ceux qui pourront m’apporter leur aide !

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Aurélien vers 1930

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30 Messages

  • Bonjour,

    A mon avis, Aurélien a été dispensé de service militaire, étant l’aîné (masculin) d’une fratrie d’orphelins.
    Vous ne trouverez donc pas de fiche matricule à son nom.

    Cordialement.
    Jacques

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  • Bonjour, avez vous consulté les archives de la Justice de paix ? Même si les orphelins de ce temps étaient généralement pris en charge par les familles, cela ne se faisait pas sans conseil de famille comptant autant de membres en famille paternelle qu’en famille maternelle, conseil arbitré par le Juge de paix. Il fallait également gérer les biens éventuels des mineurs... Généralement un tuteur d’un bord et un subrogé tuteur de l’autre. Bonnes recherches. Pierre BOITON

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Aurélien GAUTHIER se serait marié à GOMBERJEAN(41) le 29/05/1886 avec Louise Joséphine dite Irène NOULIN.
    Décédé à Neuillé-le-Lierre(37) le 04/04/1939.
    En espérant vous avoir été utile, je vous souhaite de fructueuses recherches.
    Bien amicalement.
    André

    Répondre à ce message

    • Bonjour André,
      Oui je dispose de ces informations (qui sont d’ailleurs dans l’article) et de bien d’autres ; c’est seulement sur la période 1874-82 que je perds sa trace, pendant quelques années charnières de sa jeunesse. Je cherche en particulier dans quelle commune il était recensé en 1881, et une trace de son service ou de son exemption militaire ...
      Merci,
      Cordialement
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Bonjour
    Quel est le prénom écrit sur la première page de recensement de l’article , sur la ligne concernant le père ? Je ne lis pas Thomas François mais plutot MI.... Certes , cela ne vous aidera pas dans vos recherches mais c’est une chose à vérifier . Le conseil de tutelle peut être une piste , cherchez aussi dans les archives notariales du notaire du lieu ou environ dans les dates suivant le décès du père (notaire de Selommes , p ex étude 14 aux AD 41.
    Bon courage

    Répondre à ce message

  • Il est témoin au décès de sa grand-mère en 1882. Il habitait à Villemardy. Pas de trace de lui dans le recensement de 1881 ( mais on trouve une GAUTHIER Anne, veuve HAUDEBERT, rentière âgée de 70 ans) et GAUTHIER Frédéric, 31 ans, cantonnier et sa famille...

    Pas de recensements numérisées pour les années 1871 et 1876 pour Villemardy.

    Pas de fiche militaire dans le département du Loiret, limitrophe également, pour la Classe 1881 non plus.
    Ne pas oublier que l’on se fait recenser sur son lieu de RESIDENCE si on y est depuis plus de 6 mois.
    Cela peut être partout au final en 1881....

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    • Bonjour Suzanne,
      J’ai effectivement épluché le registre de Villemardy en 1881 ; ces GAUTHIER n’ont a priori rien à voir avec Aurélien. C’est un nom extrêmement répandu, ce qui ne facilite pas les recherches ... Et effectivement, il peut se trouver n’importe où en 1881 ! Mais je ne l’ai pas encore localisé ...
      Merci,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Peut-être faire la liste de tous les frères et soeurs de ses parents, ainsi que leur adresse, entre début 1873 et fin 1874.
    Le père avait peut-être déjà placé ses enfants à la mort, voire la maladie de sa femme. Il ne s’est pas remarié ? C’est possible en 16 mois avec 6 enfants à charge

    Répondre à ce message

  • La personne de la famille qui est témoin à chacun des décès de ses 2 parents est Gabriel MANE, 44 ans, en qualité de beau-frère et domicilié à Pray. Il est marneur également
    Avez-vous cherché de ce côté-là ?

    Répondre à ce message

    • La piste des frères et soeurs des parents est bien sûr à considérer ... Mais je l’avais déjà explorée, et je viens de revérifier. François avait a priori un seul frère en vie, Adrien ; Marie avait quatre soeurs, dont l’une mariée avec Gabriel MANE qui effectivement devait être proche de la famille. Mais je les ai tous trouvés au recensement de 1881, à Pray, à St Hilaire ou à Lancé ; aucun des orphelins GAUTHIER ne vit avec eux ...
      Merci,
      Sonia

      Répondre à ce message

  • Bonsoir Sonia,
    J’ai lu avec attention votre récit familial qui était, malheureusement, le lot de nombreux enfants à cette époque. Je confirme que depuis le code civil dit
    « napoléonien » de 1804, les prises en charge des enfants orphelins débutaient, par défaut de réglementation, soit par une déclaration devant notaire, soit devant un juge de paix. Dans les deux cas, l’acte rédigé devait être ensuite homologué par les tribunaux civils de 1re Instance, en Chambre du Conseil. Aux archives départementales vous trouverez les fonds des justices de paix, établies au niveau cantonal en série U et les fonds et répertoires des notaires en série 3E. Voilà, à l’issus de ces nouvelles recherches, j’espère sincèrement que vous pourrez combler les vides. Cordialement Marlie

    PS dans le cas où vous ne pouvez pas vous déplacer, sachez qu’il existe des associations bénévoles d’entraide généalogique, telle le Fil d’Ariane

    Répondre à ce message

    • Bonsoir Marlie,
      Merci pour ces précisions instructives. La clé doit décidément se trouver aux archives du Loir-et-Cher ... J’essaierai d’y faire un saut dans les prochains mois.
      Cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

    • Je viens de lire dans la Revue Française de Généalogie de février-mars 2019 qui vient de paraître, tout un article très instructif sur la justice de paix : le rôle des juges de paix (dans les conseils de familles après décès des parents notamment), où trouver ces archives (fonds classés en série U, sous-série 4U aux archives départementales du canton concerné). Des inventaires ont été dressés par les archivistes pour faciliter les recherches.

      C’est le juge de paix qui met sous scellés les biens des parents avant qu’un inventaire en soit fait par un notaire. Les « inventaires après décès » dressés par les notaires sont aussi aux AD. Ils ont quelque fois été dépouillés par les cercles généalogiques locaux. Vous pourriez utilement vous mettre en relation avec ceux de votre département dont vous trouverez les coordonnées sur internet.

      Christiane

      Répondre à ce message

  • Où a disparu Aurélien GAUTHIER après le décès de ses parents ? 2 février 18:48, par Claudine Auget-Attia

    Bonjour,

    juste une petite suggestion, les enfants n’ont-ils pas pu être placés dans des institutions religieuses qui, à l’époque, recueillaient souvent les orphelins et les scolarisaient
    avez vous cherché dans les grandes villes voisines s’il n’y avait pas de maisons religieuses ?
    c’est une suggestion car j’ai vu le cas dans une de mes branches ascendantes, deux orphelines, l’une placée comme servante dans une famille, l’autre dans une institution religieuse (et ce sera sa chance car elle deviendra enseignante)
    cordialement,
    Claudine

    Répondre à ce message

  • Où a disparu Aurélien GAUTHIER après le décès de ses parents ? 3 février 11:38, par Monique et Marc Bondil-Martin

    Bonjour,

    Nous avons regardé les répertoires alphabétiques du recensement militaire pour les années de 1877 à 1884 et il n’y a aucun Aurélien François GAUTHIER ou GAUTIER (les deux orthographes doivent être recherchées car des erreurs d’inscription sont toujours possible).

    Nous sommes donc sûr qu’à l’âge de 20 ans, il n’était pas dans le département du Loir et Cher sinon, il y aurait été recensé par l’armée et ce, même s’il s’était engagé volontairement (dans ce cas, la mention « engagé volontaire à la mairie de... » est écrite).

    Il faudrait voir les répertoires des autres départements limitrophes.

    Voilà tout ce que nous pouvons vous dire. Bon courage pour cette recherche passionnante.

    Répondre à ce message

    • Bonjour Monique et Marc,
      Je vous remercie pour cette recherche. J’avais également cherché avec l’orthographe GAUTIER, et pour les années proches ... J’ai également consulté les registres des départements voisins, et même en région parisienne, sans résultat - cela dit je n’ai pas exploré une fourchette temporelle aussi large que vous.
      Mais je penche plutôt pour une exemption, en tant qu’aîné (masculin) d’une fratrie d’orphelins ...
      Cordialement,
      Sonia

      Répondre à ce message

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