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Que sont devenus les chandeliers ? (partie 2)

Suite de la demande d’aide parue le 29 juillet : "Si vous êtes de mèche avec moi, je vous devrais une belle chandelle !"

Le vendredi 20 janvier 2023, par Sébastien Bulenger

Qu’est donc devenue ma cousine Anne Boutloup, coupeuse de mèche ? Encore une fois, les archives de l’APHP ont été riches d’informations.
Le registre des entrées et le registre des décès de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu (Paris 1er) m’apprennent qu’Anne meurt d’une pneumonie à l’hôpital. Aucune adresse n’est indiquée mais il est précisé qu’elle vient de la Maison Départementale de Nanterre (Hauts-de-Seine) et qu’elle était consignée et a été déconsignée à son entrée dans l’hôpital le 27/03/1891.

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Registre des entrées et des sorties de l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu, HTD/1/Q/2/293-1891
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Registre des entrées et des sorties de l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu, HTD/1/Q/2/293-1891 (suite)
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Registre des décès de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, HTD/3/Q/2/82-janvier 1891-2 février 1892

Des recherches complémentaires sur Internet m’en apprennent plus. Achevée en 1886, la Maison Départementale de Nanterre est construite pour accueillir les détenus de la prison de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), surpeuplée. Dès 1887, elle devient également "dépôt de mendicité", notamment parce que la prison de Saint-Denis, qui contenait également un dépôt de mendicité, ferme définitivement ses portes. La Maison de Nanterre a donc pour vocation d’accueillir et de "consigner" (c’est-à-dire enfermer) les indigents de l’ancien département de la Seine (qui regroupe Paris et les communes avoisinantes) : vagabonds, mendiants, pauvres et vieillards infirmes ou invalides. A partir de 1890, des femmes y sont également détenues. La Maison de Nanterre est depuis devenue le Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers, destiné à héberger et prendre en charge à des fins médico-sociales les personnes sans-abri, et le quartier de semi-liberté de la Maison d’Arrêt des Hauts-de-Seine. [1] [2]

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La Maison Départementale de Nanterre - Ancienne carte postale

Ainsi, Anne Boutloup était enfermée en 1891 dans une prison avant tout destinée aux catégories sociales les plus méprisables de l’époque. Ce qui me surprend le plus est qu’il est indiqué dans les actes la concernant qu’elle est veuve Thébault. En étant déclarée ainsi veuve, on peut supposer qu’elle savait donc que son mari était mort : soit elle avait gardé des contacts directs avec lui, soit elle avait eu des renseignements sur le décès de son mari. En tout cas, son lien avec Prosper Thébault était toujours acté. Pourtant, lui était déclaré veuf dans tous les actes concernant sa fin de vie (en 1881), alors que sa femme était bien vivante. Pourquoi ? Est-ce une erreur administrative ? Anne et Prosper étaient-ils séparés ? Anne était-elle juste absente lors de l’hospitalisation de son mari et le veuvage de celui-ci a-t-il juste été présupposé par les employés de l’hôpital ? Il est probable que seule l’imagination puisse apporter des réponses.

Et pourquoi Anne a-t-elle été enfermée à Nanterre ? Qu’a-t-il bien pu se passer pour que de, coupeuse de mèche à son arrivée à Paris, elle devienne indigente à sa mort ? Qu’est-ce qui a provoqué cette chute sociale ? [3]

Malheureusement, je n’ai pas encore la réponse. Les archives de la Préfecture de Police de Paris, qui possèdent les archives de la Maison de Nanterre, ont une lacune concernant cette époque. En effet, selon le blog de Philippe Poisson [4], membre de Criminocorpus, plateforme scientifique française en accès libre consacrée à l’histoire de la justice, des crimes et des peines [5], "les Archives départementales des Hauts-de-Seine ont reçu par voie de dévolution, en provenance des Archives de Paris, les archives de la prison de Nanterre (sous-série 2Y8)". "La sous-série 2Y8 est composée des archives de la prison des hommes (1890-1892) et de celles de la prison des femmes et jeunes détenus (1890-1902). Dans les deux cas, il existe un répertoire alphabétique pour accéder au registre d’écrou. Ces registres comportent notamment des renseignements sur l’état civil du condamné(e), sa profession, la date de son incarcération, la date du jugement, le nom du tribunal et le motif de la condamnation et la date de libération." Mais lorsque j’ai contacté les Archives des Hauts-de-Seine, ce fameux registre n’apparait pas ni dans leur répertoire des fonds, ni dans leur moteur de recherche interne. J’ai déposé une demande de recherche de ce registre auprès de ces archives, restée sans réponse pour le moment.

Décidément, cette Anne Boutloup demeure une énigme dans ma généalogie...


[3On voit bien par l’exemple d’Anne, de son mari et de sa belle-mère, que, contrairement à ce qu’il est quelquefois possible de lire dans des articles historiques ou généalogiques, la "montée à Paris" n’est pas toujours le précurseur d’une ascension sociale.

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3 Messages

  • Que sont devenus les chandeliers ? (partie 2) 20 janvier 17:20, par arlette busson

    peut être a t elle ete internee par une decision familiale et dans ce cas souvent les personnes vieillissantes finissait dans ce type de maison
    si elle etait indigente les eglises via leur fabriques procedaient à la prise en charge du deces
    et après 1905 les communes durent reprendre ce principe

    Répondre à ce message

  • Que sont devenus les chandeliers ? (partie 2) 22 janvier 18:42, par Marlie Toussaint

    Bonsoir Sébastien,
    Concernant la Maison de Nanterre, je vous mets les cotes des AD92
    Quartier cellulaire des femmes :

    • Répertoire - Détenues par ordre chronologique d’admission 28/04/1890 - 31/12/1892 - cote D2Y8/7

    Registres d’écrou :

    • Détenues 28/04/1890 - 20/09/1890 - D2Y8/12 N° 1-897
    • Détenues 20/09/1890 - 23/02/1891 - D2Y8/13 N° 898-1794
    • Détenues 23/02/1891 - 05/08/1891 - D2Y8/14 N° 1795-2691

    Vous pouvez faire appel à l’entraide bénévole telle "le fil d’ariane" ou FranceGenweb
    Bonnes suites.

    Répondre à ce message

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