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Sur les traces de la « bête »


lundi 4 juin 2007, par Thierry Sabot

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Alors que le professeur Jean-Marc Moriceau vient de mettre en ligne une base de donnée sur les rapports entre l’homme et le loup, voici une présentation de la première attaque connue de la bête dite du Gévaudan...

Tout commence le 30 juin 1764, à Saint-Etienne-de-Lugdarès, sur les confins du Gévaudan et du Vivarais, lorsqu’une jeune fille de quatorze ans est retrouvée morte, tuée et dévorée par une bête féroce.

Curieusement, sur le registre paroissial (peut-être le double du registre), l’acte d’inhumation semble ajouté ultérieurement entre un acte daté du 13 juin et un autre daté du 18 septembre 1764, alors que Jean-Marc Moriceau précise que les actes de sépulture des victimes des loups anthropophages « sont établis très peu de temps après l’attaque » :

JPEG - 21.1 ko
L’acte d’inhumation de Jeanne Boulet
Extrait du registre paroissial de St-Etienne-de-Lugdarès.

« L’an 1764 et le 1er juillet a été enterrée Jeanne Boulet sans sacrements ayant été tuée par la bette féroce présent Joseph Vigier Jean Reboul. »

La petite Jeanne Boulet est la première victime officielle de la « bête » dite du Gévaudan... La première victime d’une longue et sinistre liste : au total, de 1764 à 1767, près de 157 attaques et plus de 100 victimes recensées.

Mais sans aucun doute, la tournure de l’acte ci-dessus laisse à penser que d’autres méfaits de la bête avaient eu lieu auparavant dans cette même région.

Sources :
- Registre paroissial de Saint-Etienne-de Ludgares.
- Jean-Marc Moriceau, Mythe ou réalité ? Les loups mangeurs d’hommes, in L’Histoire, numéro 299, juin 2005, pages 64-69.

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10 Messages

  • Sur les traces de la « bête » 28 novembre 2008 08:20, par Audrey-15

    Je ne pense pas que la bête soit un loup anthropophage, certainement qu’il y avait une bête dressée pour tuer mais le ou les vrais meurtriers étaient des hommes accompagnés de leur bête.
    Le loup a peur de l’homme depuis la nuit des temps et à raisons... mais lorsque l’on entre dans les détails des témoignages on constate que « la bête rit, qq fois parle, fait des bonds sur ses deux pattes arrière, replace la tête sur le corps de la victime, lui remets les membres déchiquetés à leur place pour faire penser que la personne dort, etc... » trop de choses que seul l’homme peut faire. Combien de loups tués pour la gloire de l’homme assassin ?

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  • Sur les traces de la « bête » 15 mai 2014 18:47, par Jame

    Mon Epouse,née à St Etienne de Lugdarès,
    est Cousine avec Jeanne Boulet,Première Victime de la Bête .

    Nous sommes souvent à Saint Etienne de Lugdarès
    mon Site Généanet donne la famille de Jeanne Boulet

    si vous souhaitez des Renseignements, n’hésitez pas
    Paul Jame

    Répondre à ce message

    • Sur les traces de la « bête » 11 octobre 17:56, par Elisabeth LAVIE

      Bonjour,

      Par hasard je tombe sur votre message... il y a des chances pour que votre épouse soit aussi d’une même branche familiale, je suis née BOULET, ma famille est originaire d’Apcher et secteur...

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  • Sur les traces de la « bête » 16 mai 2014 20:19, par GHESQUIERE

    Comme Audrey, je ne crois pas à un loup anthropophage. Je pense surtout à un ou des prédateurs humains de type pédophile, accompagnés d’un animal qui maquillait le crime. Ce type de criminel a toujours existé mais la police scientifique capable de déceler ce type d’acte est toute récente. Il y a 30 ou 40 ans lors d’un crime sexuel on ne parlait pas d’ADN mais seulement d’une possibilité d’identification du groupe sanguin sur les indices, bien minces, récupérés parfois par le médecin légiste.

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  • Sur les traces de la « bête » 17 mai 2014 03:05, par Jacques Baillon

    Bonjour. Il y a effectivement beaucoup de mentions des exactions des « bêtes » féroces enragées ou non, dans les registres paroissiaux. Sont-elles toutes le fait de loups ? Personnellement, je trouve que cela se discute. Il y a sans doute eu des cas de loups « anthropophages » (comme ceux relevés par JM Moriceau), mais aussi beaucoup de cas d’attaques de loups enragés et de bêtes non identifiées qu’il ne faudrait peut-etre pas trop vite porter au « crédit », si l’on peut dire, du loup. Parmi elles, la fameuse bête du Gévaudan mais aussi d’autres, moins célèbres. Des métis de chiens et de loups couraient aussi les campagnes autrefois, comme l’attestent – ou le suggèrent – certains écrits anciens. C’est encore le cas de nos jours et grâce à la génétique on s’aperçoit maintenant (Italie, Caucase, Slovénie, Canada) que le phénomène est relativement important. Caractéristique commune : ces hybrides n’ont pas peur de l’homme ce qui pourrait expliquer certains comportements dangereux. J’ai étudié la question sur un plan régional (voir http://gw.geneanet.org/jbaillon_w?l...;;pz=valerie ;nz=baillon ;ocz=0 ;m=NOTES ;f=Quand-on-parle-du-loup ) et j’ai placé sur un forum spécialisé quelques cas relevés en Beauce : http://www.buvettedesalpages.be/201... mais il y en a beaucoup d’autres, en Sologne, en Orléanais.. en Gatinais etc.. Une généalogiste du Poitou en a diffusé un, particulièrement typique, sur son blog. Il est révélateur des difficultés que rencontraient certains curés pour identifier avec certitude les « bêtes » . D’autres ne se posaient pas de questions et mentionnaient volontiers le loup. Voici cette description, fort pittoresque, ci dessous. On verra qu’il y a quelques analogies avec la fameuse bête du Gévaudan !
    Bien cordialement.
    Jacques Baillon

    " La présente année 1751, il se fit un orage la nuit du 14 au 15 mars
    qui fut général. Il arracha une infinité d’arbres de toute espèce,
    même des forès entières, les maisons feurent toutes découvertes.
    L’année fu très pluvieuse. Les rivières débordèrent dans plusieurs
    endroits et y firent de grands dommages ; dans bien des provinces on
    n’a pu ensemencer les froments et point du tout de gros bleds. Cette
    même année, il y eu deux loups élevrétés male et femelle qui
    devoroient les hommes ; de ma connaissance, ils ont mangé 14 personnes
    aux environs de Latillé et d’Ayron. Cet animal est plus gros qu’un
    loup mâtin, la teste plus grosse, le nez plus allongé, le poile plus
    gros et comme rouge, la queut beaucoup plus courte et plus garnie de
    poile que celle du loup ordinaire. Ces animaux étant élevés sur les
    pieds de derrière avoient sept pieds d’hauteur. Il ne dévoraient que
    les hommes et non les animaux. Ce sont les habitants de Latillé qui
    tuèrent le mâle en mangeant un jeune homme après plus d’un mois de
    chasse, on le porta à M. l’Intendant de Poitiers, qui donne trois
    Louis à ceux qui le tuèrent avec permission de le faire voire pour de
    l’argent dans toute la ville et la province. La femelle fu tuée dans
    la forés de Monbel par les habitant de Benassais. Les urlements de
    cette espèce d’animal est différent de celuy du loup mâtin. Voila ce
    qui c’es passé dans cette province la présante année 1751. On n’osoit
    sortir qu’étant bien armés" (tiré de http://lulusorciere-archive.blogspo...

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  • Sur les traces de la « bête » 17 mai 2014 10:59, par PUTIGNY

    Dans cette célèbre affaire de la bête on a souvent évoqué des loups ou des animaux croisés chiens/loups. A t’on pensé aux ours ? Qu’ils soient sauvages s’il en existaient à l’époque ou peut être plus surement à ceux qui appartenaient à ce que l’on appelle « des montreurs d’ours ». Il me semble que dans l’enquête faite autour de cette affaire cet possibilité est évoquée. Qu’en est il exactement.

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  • Sur les traces de la « bête » 17 mai 2014 11:25, par PASQUET Micheline

    micheline Pasquet

    je viens de lire cet articler concernant les victimes de cette bête restée inconnue. Je suis peinée que cette petite fille ait été enterrée sans sacrements et pourquoi ? elle n’avait rien fait de mal cette pauvre gamine. Il y avait des choses inexpliquées à cette époque . le curé était il si rustre.

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    • Sur les traces de la « bête » 17 mai 2014 13:07, par Remi Oudot

      Je pense que si elle a été enterrée sans sacrement c’est tout simplement parce qu’elle est morte avant que le curé puisse les lui administrer. les sacrements sont la pénitence, le viatique et l’extême onction qui se donnent seulement aux vivants.

      Répondre à ce message

  • Sur les traces de la « bête » 17 mai 2014 11:26, par catherine marquet

    Il y a eu tellement d’hypothèses ( documentaires historiques, téléfilms et romans), mais je pense que 300 ans après, comment savoir la vérité ? Il est vrai que « l’homme est un loup pour l’homme », et qu’effectivement, ces crimes horribles peuvent avoir été commis par un ( ou plusieurs) homme(s)déguisés avec une peau de bête.
    Catherine

    Répondre à ce message

  • Sur les traces de la « bête » 19 mai 2014 09:00, par Atlante

    Il y a les loups, parfois anthropophages dans certaines circonstances. Mais ils constituent un phénomène relativement exceptionnel.

    Il y a les fameux hybrides, sûrement les plus nombreux pour les faits anciens. La plupart des curés, dans leurs registres, mentionnent surtout « la bête », alors qu’ils savaient parfaitement à quoi ressemblait un loup.

    Il y a les chiens, certains retournés à l’état sauvage, d’autres non mais potentiellement dangereux quand même (chiens de troupeau, mâtins, chiens de chasse, etc.). Il n’est qu’à voir les problèmes causés par les patous dans les Alpes depuis le retour du loup ! Sans parler des propriétaires irresponsables qui élèvent leurs molosses en pleine ville. Actuellement, la prédation des chiens est largement plus élevée que celle des loups. Aucune raison de penser qu’il en était autrement dans le passé, d’autant plus que les gens vivaient entourés d’animaux au quotidien. Et puis, jusqu’au XVIe siècle, il y avait aussi les chiens de guerre, redoutables et féroces (on en voit au début de Gladiator, quand l’armée romaine attend l’attaque des Germains).

    Et enfin, il y a les humains, tout aussi sanguinaires, voire pervers, pour qui le loup est un moyen bien pratique de maquiller un crime odieux en accident animal. Face aux restes déchiquetés d’une victime, point de légiste pour déterminer l’heure et les causes exactes de la mort.

    Les loups ne sont pas des animaux domestiques. Ce sont des prédateurs efficaces, mais les brebis, les animaux sauvages et les charognes leur suffissent largement. Aucune victime humaine n’a été recensée depuis 1918, et celle de cette époque, dans la Vienne, retrouvée trois semaines après sa disparition, pose bien des questions.

    Il faudrait plutôt se demander pourquoi les loups n’ont d’image négative que dans notre civilisation nord-occidentale...

    Répondre à ce message

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