Tel était en effet le sort des Alsaciens dans les deux conflits mondiaux, mais aussi des Mosellans, qui ont connu exactement le même destin.
La question de la loyauté des Alsaciens-Lorrains à l’Allemagne s’est posée dans les deux mêmes conflits et les mêmes termes, et surtout le deuxième. C’est la raison pour laquelle ils étaient envoyés systématiquement sur les fronts de l’Est.
Toutefois, durant, le premier conflit, c’était moins vrai, pour les raisons suivantes :
Les gens qui avaient expressément refusé de devenir allemands ont été expulsés (en abandonnant le plus gros de leurs biens) et ont émigré vers Nancy, vers Paris ou vers l’Algérie.
A l’inverse l’Allemagne a conduit une politique de colonisation avec l’implantation de "siedler" (=colons), au delà des fonctionnaires (militaires, administrateurs et administratifs...), avec principalement des ouvriers, des employés, des ingénieurs, des commerçants, peu de fermiers ou de commerçants. Ces "colons" connaitront le même destin que les autochtones durant le premier conflit et leur loyauté à l’Allemagne était évidemment acquise. A la fin de la 1re guerre mondiale, ceux qui ne retourneront pas vers l’Allemagne (minoritaires en Lorraine) seront assimilés au point de pratiquer le culte catholique dans les villages. Toutefois, comme ils étaient à l’origine très largement Prussiens, c’est à cette époque (1871/1918) que remonte la construction de temples protestants en Moselle (un par canton en règle générale) dans une région qui ne comptait jusque là,contrairement à l’Alsace, que des catholiques et des juifs. Les plus connus étant le Temple-Neuf à Metz et celui de Courcelles-Chaussy, ville "impériale", puisque le Kaiser y venait en villégiature tous les étés, "pour la douceur du climat" dit-on, mais aussi pour "suivre" la germanisation d’un pays qui était essentiellement roman...!
Enfin, "l’Alsace-Lorraine", que les Allemands rebaptisèrent "Reichsland" (=Terre d’Empire), dépendait donc directement de l’autorité de l’empereur, c’est-à-dire du roi de Prusse (conformément à la proclamation de l’Empire allemand à Versailles en 1871), les autres princes n’y avaient donc pas voix au chapitre. Pour cette raison, les jeunes hommes faisaient leur "service militaire" (2 ans me semble-t-il) dans des régiments prussiens exclusivement et jamais en Bavière, dans le Hanovre ou une autre principauté constitutive de l’empire. Or la Prusse, c’était essentiellement des régions qui se trouvent actuellement en ex-Allemagne-de-l’Est, en Pologne et même en Russie !
Tel fut le cas de l’un de mes grand-pères, qui fut "Uhlan" à Königsberg (actuellement Kaliningrad)en 1903 et qui par bonheur, et en temps que réserviste à 40 ans passés, ne fut pas en première ligne en 14/18, bien qu’ayant combattu jusqu’en 1918.
S’il était mort au front, comme votre grand-père, je ne serais pas là à vous en parler, étant donné que je ne serais jamais né.
Bonjour,
Tel était en effet le sort des Alsaciens dans les deux conflits mondiaux, mais aussi des Mosellans, qui ont connu exactement le même destin.
La question de la loyauté des Alsaciens-Lorrains à l’Allemagne s’est posée dans les deux mêmes conflits et les mêmes termes, et surtout le deuxième. C’est la raison pour laquelle ils étaient envoyés systématiquement sur les fronts de l’Est.
Toutefois, durant, le premier conflit, c’était moins vrai, pour les raisons suivantes :
Les gens qui avaient expressément refusé de devenir allemands ont été expulsés (en abandonnant le plus gros de leurs biens) et ont émigré vers Nancy, vers Paris ou vers l’Algérie.
A l’inverse l’Allemagne a conduit une politique de colonisation avec l’implantation de "siedler" (=colons), au delà des fonctionnaires (militaires, administrateurs et administratifs...), avec principalement des ouvriers, des employés, des ingénieurs, des commerçants, peu de fermiers ou de commerçants. Ces "colons" connaitront le même destin que les autochtones durant le premier conflit et leur loyauté à l’Allemagne était évidemment acquise. A la fin de la 1re guerre mondiale, ceux qui ne retourneront pas vers l’Allemagne (minoritaires en Lorraine) seront assimilés au point de pratiquer le culte catholique dans les villages. Toutefois, comme ils étaient à l’origine très largement Prussiens, c’est à cette époque (1871/1918) que remonte la construction de temples protestants en Moselle (un par canton en règle générale) dans une région qui ne comptait jusque là,contrairement à l’Alsace, que des catholiques et des juifs. Les plus connus étant le Temple-Neuf à Metz et celui de Courcelles-Chaussy, ville "impériale", puisque le Kaiser y venait en villégiature tous les étés, "pour la douceur du climat" dit-on, mais aussi pour "suivre" la germanisation d’un pays qui était essentiellement roman...!
Enfin, "l’Alsace-Lorraine", que les Allemands rebaptisèrent "Reichsland" (=Terre d’Empire), dépendait donc directement de l’autorité de l’empereur, c’est-à-dire du roi de Prusse (conformément à la proclamation de l’Empire allemand à Versailles en 1871), les autres princes n’y avaient donc pas voix au chapitre. Pour cette raison, les jeunes hommes faisaient leur "service militaire" (2 ans me semble-t-il) dans des régiments prussiens exclusivement et jamais en Bavière, dans le Hanovre ou une autre principauté constitutive de l’empire. Or la Prusse, c’était essentiellement des régions qui se trouvent actuellement en ex-Allemagne-de-l’Est, en Pologne et même en Russie !
Tel fut le cas de l’un de mes grand-pères, qui fut "Uhlan" à Königsberg (actuellement Kaliningrad)en 1903 et qui par bonheur, et en temps que réserviste à 40 ans passés, ne fut pas en première ligne en 14/18, bien qu’ayant combattu jusqu’en 1918.
S’il était mort au front, comme votre grand-père, je ne serais pas là à vous en parler, étant donné que je ne serais jamais né.
Bien cordialement.