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Promesse faite par Jean Pin et Marie Mandineau au Sieur Curé de Bazoges en l’an 1728

, par GRAILLOT Nicole

Bonjour à tous,

Plusieurs recherches menées sur les familles PAIN et MANDINEAU et les informations de Colette, tendent à confirmer que leurs membres étaient protestants.

J’ai pu constater que :
• Dans certaines familles, les mariages ont fait l’objet d’un contrat, établi par un notaire et ont été suivis d’un mariage à l’église catholique,
• Dans d’autres, seul l’acte notarié atteste d’un futur mariage et sans acte de mariage pour en confirmer la célébration, on ne peut savoir s’il a été célébré à l’église catholique ou non. Les actes de baptême des enfants n’ont pas toujours été trouvés. (Soulignons que la hiérarchie catholique reconnaissait la validité du sacrement du baptême reçu dans la Réforme et réciproquement).
• Pour d’autres encore, un acte de mariage par un pasteur a été enregistré dans les registres protestants conservés aux archives départementales des Deux – Sèvres.

En ce qui concerne les registres protestants disponibles en ligne, ils ne sont généralement pas antérieurs à la moitié du XVIII ème siècle et les pasteurs étant itinérants, les registres du désert existants sont conservés aux archives de plusieurs départements. J’ai exploré ceux de la Vendée et des Deux-Sèvres, mais il y a peut-être d’autres sources ?
Quant aux registres catholiques, ils renferment des lacunes et malheureusement, il y en a sur la période qui nous intéresse.

Après la révocation de l’Édit de Nantes, la charge de notaire n’étant plus accessible aux protestants, les contrats de mariage des familles intéressées comportent tous la mention « les solennités de notre mère Sainte Église catholique, apostolique et romaine, sur ce préalablement gardée et observée et ce du vouloir et consentement des dites parties ».
le mariage se fera "à la première réquisition" faite par l’une des parties.
En vérité, comme aucune de ces parties n’en fera la demande, les engagements seront actés sans qu’elles succombent aux pressions de l’église.

Comme l’a précisé Christiane, le mariage protestant n’avait pas de valeur légale.

Le contrat de mariage était antérieur à la cérémonie du mariage, il ne pouvait pas servir d’ « attestation » lorsqu’il n’avait pas été suivi d’un mariage à l’église catholique, d’autant plus qu’il pouvait être résilié par la suite.
Par contre, ce contrat stipulait les conditions du futur mariage : dot, constitution de la communauté familiale ainsi que les successions en cas de décès de l’un ou des deux époux.
Cette dernière clause avait-elle une valeur aux yeux de l’administration ?

Très probablement non ! C’est ce qui expliquerait ces « promesses au Curé DINOT de Bazoges » non convaincu de la sincérité de Jean PAIN, Marie MANDINEAU, Pierre BAGUENARD, Perrine ANNEREAU … faites afin de sécuriser leurs conditions de vie et l’avenir de leurs enfants.
Toutefois, ces contrats de mariages serviront de preuve lorsqu’en 1788 les protestants feront légaliser leurs mariages.

Suite à la consultation de nombreux actes, j’ai pu remarquer que les curés avaient un niveau de tolérance très différent d’une paroisse à l’autre. Ceci apparaît très nettement à travers la rédaction des actes, notamment les baptêmes d’enfants de couples RPR.

Le Curé DINOT faisait partie des intransigeants.

Par exemple, outre la rédaction de certains actes, après son décès en 1744, la célébration des baptêmes qui avait toujours lieu le jour de la naissance suivant strictement l’article 8 de l’Édit de Nantes ( qui enjoignait les nouveaux convertis à faire baptiser et faire instruire leurs enfants dans la religion catholique et à faire célébrer le baptême dans les 24 heures après la naissance sauf « raisons considérables » reconnues par des prélats diocésains), a pu être décalée au lendemain voire même un peu plus tard.

Les registres paroissiaux nous délivrent quantité d’actes d’ « abjuration forcée ». Quelquefois, répugnant de s’adresser au Curé de leur paroisse, les futurs convertis s’adressaient au notaire. Mais je n’avais jamais rencontré cette forme de « promesse au Curé », qui a motivé cet article. Vos messages m’ont aidée à faire la lumière.

Une autre question maintenant m’interpelle : Enregistrement et valeur des testaments des nouveaux convertis en cette période du désert ?

Bien cordialement,
Bobinette

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