Le collège de La Hulle à Profondeville (1947-1953)
, par BANMEYER Eric
Bonjour YVES,
Ayant séjourné au COLLEGE de la HULLE pendant 3 ans, du mois de juillet 1958 juqu’au mois de juin 1961, soit jusqu’à la fermeture des classes supérieures d’humanités (j’y ai parcouru successivement les classes de 5e, 4éme et 3e),
il est bien possible que nous nous soyons rencontrés, au moins dans le réfectoire ou au cours des "rassemblements" dominicaux dans la grande salle des fêtes (le système de vie en permance "en équipe"de cinq, regroupées par "classe" de même niveau scolaire ne favorisait guère les contacts entre classes différentes ...)
Je dois avouer que ces 3 années d’internement continu (vacances comprises, vu l’éloignement de mes parents en Afrique ; j’y suis rentré à l’âge de 11 ans, en 2e année d’humanité, et ressorti à 14 ans !) ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, hormis celui du "cadre" exceptionnel du COLLEGE (et du Chateau) de LA HULLE, avec le chemin du Bocq, les sapinières ..., que j’ai pris plusieurs fois plaisir à reparcourir à l’occasion de mes séjours occasionnels en BELGIQUE.
En 3 ans (de 11 à 14 ans), j’y ai glané bien des souvenirs, certains assez heureux, d’autres beaucoup moins, et je dois dire, à l’appui d’autres témoignages, que j’ai souvent rêvé (et même tenté) de m’enfuir, mais où aller lorsque votre plus proche parent réside à 10.000 KM et que vous vous trouvez en quelque sorte étranger dans votre propre pays. (Je n’ai d’ailleurs jamais dépassé les limites des sapinières, finissant par "monnayer" mon retour au Collège contre un peu de considération, vite dissipée, de la part de nos "éducateurs").
Je me souviens en particulier, et avec beaucoup d’émotion de ce malheureux et si sympathique camarade de chambrée (Alain MARCHAND) dont le douloureux combat contre le TETANOS (contracté à l’issue d’une chute dans un petit étang voisinant le "chateau", par suite d’une fracture ouverte mal soignée), avait ému tout le collège : qu’est-il devenu ?
Je me souviens aussi des noms et prénoms de plusieurs de mes condisciples, qui peut-être se reconnaîtront, cités ici dans le plus parfait désordre : B. MAHY, Jean-Marie MATAGNE, Chr. MAGIS, A.DELVIGNE, L.DELVENNE, M.POLLACK, ?KNOKAERT, ? HERMELIN, J.M DELROISSE etc ...
Et de quelques-uns de nos "éducateurs" MM URBAIN & SORNIN, et de J-M POIRE si doué pour le chant choral : ce n’est pas demain que j"oublierai que "le matin, tout resplendit tout chante !" Fort malheureusement, le passionné de musique que je suis aujourd’hui chantait faux à ’époque : inexcusable !)
Je me souviens aussi de plusieurs de nos professeurs, professeurs de français (Jean Marie CUVELLIER, et Paul MATHIS, par ailleurs speaker à la radio) et de math (Mr LECAT), et d’un extraordinaire professeur de grec de et de latin débordant d’humanisme, de patience et de bonté, livré sans défense aux inexcusables quolibets que suscitait chez mes camarades son très pénible embonpoint et essouflement permanent (50 ans après, j’ai honte d’avoir oublié son nom et de ne me souvenir que de son indigne sobriquet)
Et encore de Mr DERILLON, notre "préfêt de discipline", qui eut la gentillesse de m’ouvrir quelques fois les portes de son habitation privée lorsque, les jours de congé, vacances et autres "permission", j’arpentais seul les classes vides et dortoirs désertés par mes camarades, et dont la passion personnelle pour le cinéma nous fit découvrir dimanche après dimanche, au retour de nos bien longues marches dominicales, les plus précieux chefs d’oeuvre du 7e art (Jeux interdits, La Grande Illusion etc ...)
Et encore de nos extraordinaires "quêtes" dans toutes la région de PROFONDEVILLE et de NAMUR (jusqu’à LIEGE et DINANT ?) lorsque, une fois par an, au seuil de l’hiver, nous étions envoyés par petits groupes, avec un tronc en fer blanc soigneusement scellé, collecter des fonds "pour les oeuvres du baron EMPAIN".
Heureux moments de presque totale liberté hors des fontières du Collège, sentiment du devoir accompli, sentiment de loyauté, exhaltation et ...incompréhension totale devant les quolibets lancés à notre adresse (ou à celle du baron EMPAIN), du fond des cafés enfumés, par l’un ou l’autre "habitué", lorsque nous avions naïvement abrégé la justification de la quête "pour le baron EMPAIN" (!)
...
Comme vous l’avez évoqué dans votre message, j’aurais apprécié que vous me fassiez connaître votre point de vue (sans doute différent) quant à l’expérience pédagogique que nous avons vécue, qui serait bien mal résumée par l’intégration des valeurs du "scoutisme" et de la vie "scolaire" (les classes débutaient par les "cris d’équipe"), et quant aux "circonstances" qui ont conduit, selon vous, à la fermeture des classe supérieures d’humanité en juin 1961, dans ce qui m’est apparu alors (était-ce l’effet de mon plus jeune âge, j’étais, du fait de ma précocité scolaire "beaucoup" plus jeune que mes condisciples) comme la conséquence d’un incroyable laxisme (passivité) du corps éducatif et incontenable explosion de violence retournée contre le "système", par ailleurs parfaitement inadapté aux besoins et soif de reconnaissance des "aînés" d’alors.
Merci, si vous le voulez, de m’écrire via le site du COLLEGE, ou plus volontiers directement à mon adresse E’MAIL que voici : ericbanmeyer chez hotmail.com
Je réside actuellement en FRANCE (dans le Sud de la FRANCE), "préretraité" après une carrière de 30 ans comme ingénieur dans les Mines et carrières de Cuivre et Cobalt du KATANGA (RD.CONGO) ...
Avec mes plus cordiales salutations, Eric BANMEYER
Bonjour YVES,
Ayant séjourné au COLLEGE de la HULLE pendant 3 ans, du mois de juillet 1958 juqu’au mois de juin 1961, soit jusqu’à la fermeture des classes supérieures d’humanités (j’y ai parcouru successivement les classes de 5e, 4éme et 3e),
il est bien possible que nous nous soyons rencontrés, au moins dans le réfectoire ou au cours des "rassemblements" dominicaux dans la grande salle des fêtes (le système de vie en permance "en équipe"de cinq, regroupées par "classe" de même niveau scolaire ne favorisait guère les contacts entre classes différentes ...)
Je dois avouer que ces 3 années d’internement continu (vacances comprises, vu l’éloignement de mes parents en Afrique ; j’y suis rentré à l’âge de 11 ans, en 2e année d’humanité, et ressorti à 14 ans !) ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, hormis celui du "cadre" exceptionnel du COLLEGE (et du Chateau) de LA HULLE, avec le chemin du Bocq, les sapinières ..., que j’ai pris plusieurs fois plaisir à reparcourir à l’occasion de mes séjours occasionnels en BELGIQUE.
En 3 ans (de 11 à 14 ans), j’y ai glané bien des souvenirs, certains assez heureux, d’autres beaucoup moins, et je dois dire, à l’appui d’autres témoignages, que j’ai souvent rêvé (et même tenté) de m’enfuir, mais où aller lorsque votre plus proche parent réside à 10.000 KM et que vous vous trouvez en quelque sorte étranger dans votre propre pays. (Je n’ai d’ailleurs jamais dépassé les limites des sapinières, finissant par "monnayer" mon retour au Collège contre un peu de considération, vite dissipée, de la part de nos "éducateurs").
Je me souviens en particulier, et avec beaucoup d’émotion de ce malheureux et si sympathique camarade de chambrée (Alain MARCHAND) dont le douloureux combat contre le TETANOS (contracté à l’issue d’une chute dans un petit étang voisinant le "chateau", par suite d’une fracture ouverte mal soignée), avait ému tout le collège : qu’est-il devenu ?
Je me souviens aussi des noms et prénoms de plusieurs de mes condisciples, qui peut-être se reconnaîtront, cités ici dans le plus parfait désordre : B. MAHY, Jean-Marie MATAGNE, Chr. MAGIS, A.DELVIGNE, L.DELVENNE, M.POLLACK, ?KNOKAERT, ? HERMELIN, J.M DELROISSE etc ...
Et de quelques-uns de nos "éducateurs" MM URBAIN & SORNIN, et de J-M POIRE si doué pour le chant choral : ce n’est pas demain que j"oublierai que "le matin, tout resplendit tout chante !" Fort malheureusement, le passionné de musique que je suis aujourd’hui chantait faux à ’époque : inexcusable !)
Je me souviens aussi de plusieurs de nos professeurs, professeurs de français (Jean Marie CUVELLIER, et Paul MATHIS, par ailleurs speaker à la radio) et de math (Mr LECAT), et d’un extraordinaire professeur de grec de et de latin débordant d’humanisme, de patience et de bonté, livré sans défense aux inexcusables quolibets que suscitait chez mes camarades son très pénible embonpoint et essouflement permanent (50 ans après, j’ai honte d’avoir oublié son nom et de ne me souvenir que de son indigne sobriquet)
Et encore de Mr DERILLON, notre "préfêt de discipline", qui eut la gentillesse de m’ouvrir quelques fois les portes de son habitation privée lorsque, les jours de congé, vacances et autres "permission", j’arpentais seul les classes vides et dortoirs désertés par mes camarades, et dont la passion personnelle pour le cinéma nous fit découvrir dimanche après dimanche, au retour de nos bien longues marches dominicales, les plus précieux chefs d’oeuvre du 7e art (Jeux interdits, La Grande Illusion etc ...)
Et encore de nos extraordinaires "quêtes" dans toutes la région de PROFONDEVILLE et de NAMUR (jusqu’à LIEGE et DINANT ?) lorsque, une fois par an, au seuil de l’hiver, nous étions envoyés par petits groupes, avec un tronc en fer blanc soigneusement scellé, collecter des fonds "pour les oeuvres du baron EMPAIN".
Heureux moments de presque totale liberté hors des fontières du Collège, sentiment du devoir accompli, sentiment de loyauté, exhaltation et ...incompréhension totale devant les quolibets lancés à notre adresse (ou à celle du baron EMPAIN), du fond des cafés enfumés, par l’un ou l’autre "habitué", lorsque nous avions naïvement abrégé la justification de la quête "pour le baron EMPAIN" (!)
...
Comme vous l’avez évoqué dans votre message, j’aurais apprécié que vous me fassiez connaître votre point de vue (sans doute différent) quant à l’expérience pédagogique que nous avons vécue, qui serait bien mal résumée par l’intégration des valeurs du "scoutisme" et de la vie "scolaire" (les classes débutaient par les "cris d’équipe"), et quant aux "circonstances" qui ont conduit, selon vous, à la fermeture des classe supérieures d’humanité en juin 1961, dans ce qui m’est apparu alors (était-ce l’effet de mon plus jeune âge, j’étais, du fait de ma précocité scolaire "beaucoup" plus jeune que mes condisciples) comme la conséquence d’un incroyable laxisme (passivité) du corps éducatif et incontenable explosion de violence retournée contre le "système", par ailleurs parfaitement inadapté aux besoins et soif de reconnaissance des "aînés" d’alors.
Merci, si vous le voulez, de m’écrire via le site du COLLEGE, ou plus volontiers directement à mon adresse E’MAIL que voici : ericbanmeyer chez hotmail.com
Je réside actuellement en FRANCE (dans le Sud de la FRANCE), "préretraité" après une carrière de 30 ans comme ingénieur dans les Mines et carrières de Cuivre et Cobalt du KATANGA (RD.CONGO) ...
Avec mes plus cordiales salutations, Eric BANMEYER