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Le Décalogue républicain


dimanche 1er avril 2001, par Michel Guironnet, Thierry Sabot

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Document extrait de l’hebdomadaire "Affiches patriotiques du district de Vienne" (n° 79 du 19 germinal An II, soit le 8 avril 1794)

Ce journal paraît depuis 1791... Nous sommes en pleine Terreur !

D’ailleurs, juste au-dessus de cet article, on peut lire :

"La Convention nationale décrète d’accusation Camille Desmoulin, Hérault (de Séchelles), Philippeaux, Danton, Lacroix, comme complices d’un projet de conspiration, tendant à rétablir la Royauté, et à détruire la liberté, et ordonne leur mise en cause avec Fabre d’Eglantine".

Ces "dantonistes" furent arrêtés le 31 mars et montèrent à l’échafaud le 5 avril 1794. (périodique 901 aux archives de l’Isère).

Le texte ci-dessous se veut un rappel des règles et principes adoptés par les députés montagnards (ceux qui, à l’Assemblée législative, siégeaient sur les plus hauts gradins de l’Assemblée : Danton, Robespierre, Desmoulins, Marat, Fabre d’Eglantine, Saint-Just, Collot d’Herbois...). Ils se caractérisent par leurs positions radicales.

Décalogue Républicain
Au peuple seul tu jureras
D’obéir religieusement,
Les lois qu’il sanctionnera,
Observe-les fidèlement.
A tout roi tu déclareras
Haine et guerre éternellement.
Ta liberté tu maintiendras,
Jusqu’à ton dernier moment.
L’égalité tu chériras,
En la pratiquant constamment.
Egoïste point ne seras
De fait ni volontairement.
Les places tu ne brigueras
Pour les remplir indignement,
La raison seule écouteras,
Pour te guider dorénavant.
En républicain tu vivras,
Afin de mourir dignement.
Les commandemens révolutionnaires de la Montagne,
Jusqu’à la paix tu agiras
Révolutionnairement.
Tous les suspects tu fermeras,
Sans le moindre ménagement.
Les prêtres tu déporteras
Loin de ton sol incessamment.
Tout émigré qui rentrera,
Raccourcis-le-moi promptement.
Dans tes clubs, tu ne recevras
Aucun modéré ni feuillant.
L’accapareur tu poursuivras,
Et le fripon pareillement.
Nulle foi tu n’ajouteras
Au serment d’aucun ci-devant.
Chaque jour au club te rendras
Pour t’instruire solidement.




Note :

Depuis Juillet 1793, Robespierre dirige le Comité de Salut public : Il est donc le chef réel du gouvernement puisque ce poste lui permet de conduire l’action des ministres... mais lui attire aussi l’hostilité de nombreux opposants, tant à la Convention que dans les clubs et les sections. Depuis le mois d’octobre de la même année, il doit faire face à une double contestation : celle des Hébertistes (des ultra-révolutionnaires qui dominent la Commune, s’expriment dans le Père Duchesne et prônent l’élimination des suspects) et celle des Indulgents ou Dantonistes (des modérés qui réclament la fin de la Terreur).

Considérant que ces deux groupes de contestation entravent l’action du gouvernement révolutionnaire, Robespierre décide de se débarrasser d’eux : "Deux espèces de factions sont dirigées par le parti étranger... pour mieux tromper le public et la surveillance du patriotisme, ils s’entendent comme des brigands dans une foret. (...) Ils se combattent entre eux ; mais que l’un ou l’autre soit victorieux, peu leur importe ; comme l’un ou l’autre système doit également perdre la République, ils obtiennent un résultat également certain, la dissolution de la Convention nationale" (Extrait du discours de Robespierre aux Jacobins, le 8 janvier 1794).

En mars 1794, les Hébertistes, accusés d’avoir trompé le peuple, sont traduits devant le Tribunal révolutionnaire et guillotinés. Six jours plus tard, les Indulgents sont arrêtés à leur tour (Danton, Lacroix, Philippeaux, Desmoulins, Hérault de Séchelles...) et sont appelés à comparaître devant le Tribunal Révolutionnaire. Malgré une défense émouvante et vigoureuse de Danton tous furent exécutés le 5 avril 1794 : "On nous immole à l’ambition de quelques lâches brigands ; mais ils ne jouiront pas longtemps du fruit de leur criminelle victoire. J’entraîne Robespierre... Robespierre me suit", s’écria Danton.
 

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