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Le Père-Lachaise

Au coeur du Paris des vivants et des morts


jeudi 1er janvier 2004

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Avec ses quarante-quatre hectares, le cimetière du Père-Lachaise est aujourd’hui le plus grand « espace vert » à l’intérieur de la capitale.
Musée à ciel ouvert et lieu de promenade à part entière, il accueille chaque année deux millions de visiteurs venus du monde entier et compte parmi les principaux sites touristiques de la capitale, au même titre que Notre-Dame, le Louvre, la tour Eiffel ou l’arc de Triomphe. Un succès bien singulier si l’on songe à la mauvaise réputation généralement associée aux cimetières, lieux sinistres et lugubres par nature, traditionnellement réservés à la douleur et au recueillement.
En 1804, l’idée du cimetière jardin tranche radicalement avec la conception traditionnelle du cimetière : un espace clos, contigu à l’église, réservé à l’inhumation des morts. Sauf pour quelques privilégiés, le lieu de la sépulture demeure anonyme, tous rejoignant la fosse commune. À la fin du XVIIIe siècle, les nouvelles exigences en matière d’hygiène remettent en cause l’existence de ces cimetières intra-muros. En 1785, le cimetière des Saints-Innocents, vaste charnier à ciel ouvert en plein coeur de la capitale, est fermé. Les millions d’ossements sont transférés dans d’anciennes carrières rebaptisées « Catacombes » . Mais il faut attendre le Consulat pour que soit créé un grand cimetière hors les murs. Conçu par l’architecte Alexandre Brongniart et l’archéologue Quatremère de Quincy à la manière d’un jardin à l’anglaise, le Père-Lachaise ouvre ses portes le 21 mai 1804.
Le nouveau cimetière met en pratique la nouvelle législation funéraire voulue par Napoléon : il est ouvert au public et même appelé à devenir un lieu de promenade. Espace laïc et universel relevant désormais de l’administration municipale, il accueille tous les citoyens sans distinction de race ni de religion. Les défunts sont inhumés en fosse commune ou dans une « concession », temporaire ou perpétuelle. Ce système de la concession qui permet aux familles d’élever en toute liberté un monument en souvenir du défunt est à l’origine du succès du Père-Lachaise. En quelques décennies, stèles, colonnes, sarcophages, chapelles et mausolées se multiplient. L’emplacement de la sépulture étant libre, des regroupements s’opèrent par confession religieuse, affinité artistique ou sensibilité politique. Ainsi naissent le « secteur des Protestants », le « Bosquet Delille » pour les artistes ou le « Carré des maréchaux » pour les compagnons et fidèles de Napoléon.
Sous la Restauration, le Père-Lachaise devient un haut lieu d’expression politique, les obsèques des opposants au régime fournissant l’occasion de grandes contestations sous le prétexte d’hommage public rendu aux défunts.
Cette fonction particulière du cimetière se poursuivra sous les IIIe et IVe Républiques autour du « Mur des Fédérés », symbole de la Commune de Paris qui sera le plus fort catalyseur. Ces grandes liturgies appartiennent désormais à l’histoire. Mais, pour les visiteurs d’aujourd’hui, c’est bien cette atmosphère de pèlerinage qui constitue encore l’attrait principal du Père-Lachaise. Pèlerinages sur les tombes des grandes gloires du passé mais aussi des grandes figures populaires du XXe siècle tels Édith Piaf, Yves Montand, Jim Morisson... Ainsi, loin d’être un lieu figé dans le passé, le Père-Lachaise demeure un espace sillonné par les vivants : personnel du cimetière, gens du quartier, familles endeuillées, touristes et promeneurs du dimanche assurent cette délicate alchimie entre passé et présent.

Au sommaire :
Ouverture - Un espace novateur résolument hors norme - Un haut lieu de mémoire - Un musée en plein air - Un lieu habité - Témoignages et documents.

L’auteur : Depuis 1999, Christian Charlet est, au sein de la Ville de Paris, l’historien des vingt cimetières parisiens et du Père-Lachaise en particulier. Conseiller culturel du service central des cimetières et des conservateurs, il intervient dans les actions de sauvegarde du patrimoine funéraire et participe à l’élaboration des propositions des restauration des monuments les plus remarquables soumises à la Commission d’architecture funéraire, créée par la Ville de Paris en 1984.

Un avis : Publié dans la remarquable et précieuse collection Découverte Gallimard, cet ouvrage est une invitation à la découverte ou à la redécouverte d’un des lieux les plus insolites de la capitale, un véritable musée en plein air des plus belles oeuvres d’architecture et de sculpture consacrées à l’art funéraire. En annexe, l’auteur propose des témoignages d’écrivains et des documents dont la réglementation funéraire de 1804, un guide de visite et un florilège des plus belles inscriptions tombales.

P.-S.

par Christian Charlet, Paris, Editions Gallimard, Découvertes Gallimard N° 441, 2003, 128 pages,
13 €.

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