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L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH

3e partie : Un mail laconique me replonge dans le glauque et l’insupportable…


jeudi 31 janvier 2019, par Michel Baumgarth

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On ne sort pas indemne de sa généalogie …

La tragédie subie par ma grand-tante Estelle Marie m’était tombée dessus ex abrupto lors de mon premier contact avec Valérie, ma nouvelle cousine au 8e degré, dont j’avais découvert l’arbre sur Généanet : « … zone d’ombre concernant mon grand-père … son acte de mariage… il est mentionné dessus que Léon Lagoutte est « … pupille de l’Assistance Publique de la Seine … ».

Pendant plus de deux ans, j’ai mené une longue enquête et je suis parvenu à reconstituer l’essentiel du canevas du drame ; ce fut pour moi une épreuve psychologique majeure d’abord du fait de mon immense compassion pour ma parente et d’autre part du fait de mon incompréhension totale de l’apparente absence de solidarité du clan familial lors de la tragédie.

J’avais le double lourd handicap de mon éloignement des archives parisiennes et de ma conviction que mon implication familiale m’imposait de travailler seul sans rechercher d’aide extérieure.

Pour tenter d’apaiser mes craintes et d’exorciser mes doutes sur la culpabilité familiale, j’ai commencé à rédiger mes articles… puis vint le temps où il fut reconnu que l’inaction de ma parentèle était due à leur impuissance de petites gens face à l’Administration aveugle et non à un lâche et coupable égoïsme…

J’avais accouché dans la douleur d’un scénario cohérent et il ne me restait que quelques points à tenter d’éclaircir : comprendre quand et pourquoi la petite Odette a fini sa vie à l’hôpital psychiatrique de Plouguernevel et découvrir si Carmen Marie et Louis ont eu une postérité. Mon retour dans mon île renvoyait ces recherches à un prochain séjour métropolitain.

La publication de mes articles dans la Gazette, l’intérêt et la compassion des lecteurs me furent ensuite une thérapie salutaire : je parvins à retrouver un semblant de sérénité face à cette tragédie familiale. Pour conforter ma convalescence psychologique, je canalisais mes recherches généalogiques sur des axes de recherche moins personnelles…

Un mail laconique…

Mais quelques semaines après la parution de mes articles, un mail vint tout remettre en cause : « J’ai lu avec plaisir votre post « l’horrifique… » ; je n’ai pu m’empêcher d’effectuer quelques recherches rapides et je pense avoir trouvé des éléments qui vous manquent. Si vous le souhaitez, je vous les transmettrais par cette voie interne. »

Le laconisme du message était étonnant, mais surtout je m’interrogeais sur la non-utilisation du forum de la Gazette par mon correspondant [1] ; quant au « si vous le souhaitez », je l’ai confusément ressenti comme teinté de réticences et porteur d’un discret avertissement.

Bien sûr, je ne pouvais qu’accepter l’offre ; mais j’étais persuadé qu’il ne pouvait s’agir que de détails complémentaires. La réponse fut immédiate ; elle vint sous la forme d’un très long mail dont les premières lignes me sidérèrent : les informations n’étaient pas du tout anecdotiques ; c’était du lourd, comme disent nos ados, et même du très, très lourd.

Bernard M… m’apprenait d’emblée que j’avais zappé l’existence de deux autres petits Lagoutte, … deux autres fils d’Estelle Marie et de Louis Justin !!! … ; les dates mentionnées les donnaient nés entre Carmen Marie et Léon et montraient que le plus jeune avait survécu 75 ans au drame familial !!!

J’étais effaré par ces révélations tant elles me paraissait invraisemblables :

• certes Carmen Marie étant née en septembre 1901 et Léon en juillet 1907, il y avait largement de la place entre les deux pour plusieurs autres enfants ;

• certes, sidéré par l’annonce de l’abandon des enfants à l’Assistance Publique, je n’avais même pas envisagé cette hypothèse ; je n’avais pris en compte les enfants qu’au fur et à mesure de leur apparition dans l’histoire : d’abord Carmen Marie que je connaissais déjà, puis Léon, le grand-père de Valérie, puis Louis N°1, puis le bébé décédé Louis N°2, sans faire la recherche systématique qui pourtant s’imposait ;

• mais, logiquement, le second gamin aurait dû apparaître au cours de la tragédie et je n’en avais trouvé aucune trace …

Je lâchais immédiatement la lecture du mail pour me précipiter sur les archives en ligne de Paris et là, sous mes yeux éberlués, me laissant honteux et confus, je trouvais les actes annoncés :

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Acte de naissance de Louis LAGOUTTE le 14/4/1903 Paris 14
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Acte de décès de Louis LAGOUTTE le 14/7/1905 Paris 15
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Acte de naissance de Marius Eugène LAGOUTTE le 17/4/1905 Paris 13

Bernard M… avait raison, indubitablement raison !!!
Avoir commis une erreur aussi grossière après plus de vingt ans de pratique de la généalogie, j’étais impardonnable !

Premières réflexions et réactions après cette nouvelle sidérante :

Louis LAGOUTTE :
Le nouveau petit Louis n’avait vécu que deux ans et sa courte existence n’a interféré en rien dans l’histoire du drame. Il faut toutefois noter l’étonnante prédilection d’Estelle Marie pour le prénom Louis qu’elle attribua à 3 de ses enfants dont, très étonnamment, deux coexistèrent. Faut-il voir en cela la marque d’un attachement très fort à son mari ?

Marius Eugène LAGOUTTE :
La mention en marge dans l’acte de naissance nous apprend qu’il est décédé à 82 ans à Sens et qu’il a donc survécu 75 ans au drame familial. Il était donc bien vivant le jour du rapt des enfants et pourtant il n’était jamais apparu dans le dossier de L’Assistance Publique… Pourquoi ???

Je repris la lecture du mail… Bernard M… avait effectué un important travail de recherche et étayé ses informations : entre autres, il avait vérifié que Marius avait bien échappé à l’Assistance Publique...

Logiquement ma réaction aurait dû être de dialoguer directement avec lui pour comprendre ce que fut sa démarche et me faire confirmer ou rectifier ce que je croyais avoir lu ; mais je ne pus m’y résoudre car j’avais trop besoin de digérer ce nouveau rebondissement si ahurissant et de surmonter le choc d’avoir été pris en flagrant délit d’incompétence … De plus j’étais réduit à une quasi impuissance du fait de mon éloignement des archives.

Mal à l’aise devant l’incivilité que j’allais commettre, je décidais de m’en tenir aux seules données de son courrier, je le remerciais par mail en lui promettant de le tenir au courant de mes avancées lors de mon prochain séjour.

Après bien des cogitations, ayant quelque peu ravalé ma honte, la nouvelle de l’apparition de Marius et de son exemption de l’A.P me paraissait être une bonne nouvelle puisqu’Estelle Marie avait conservé l’un de ses enfants … encore que la présence de l’un constituait un rappel permanent ô combien douloureux de l’absence des trois autres.

Quant au gamin, je ne pouvais m’ôter de la tête le traumatisme qu’il a subit : comment dire l’indicible à un enfant de 7 ans ? Comment lui expliquer que son petit frère était mort, qu’il ne reverrait jamais sa grande sœur et ses deux autres frères emmenés on ne sait où ? Comment lui faire comprendre pourquoi sa maman et les adultes de sa famille n’avaient pas su les protéger ?... Comment a-t-il pu vivre avec une maman désespérée, ravagée par un amalgame complexe de sentiments d’injustice et de culpabilité mêlés ?

Mais avait-il vécu avec sa maman après la tragédie ou bien avait-il été recueilli par la famille ?

Bernard M… avait relevé le fait que Marius était décédé à Sens dans l’Yonne ; l’Yonne où il avait repéré dans mon arbre qu’avait vécu par la suite la famille d’Armand Baumgarth, l’un des frères d’Estelle Marie … Je ne retenais pas l’hypothèse du recueil par Armand car celui-ci ne s’était marié qu’un an après le drame et de plus, il eut été plus logique que le recueil temporaire ou définitif soit le fait d‘Eugénie, la sœur cadette d’Estelle Marie, mariée, deux garçons de 4 et 2 ans et qui avait perdu sa fille de 6 ans l’année précédant le drame.

De plus il est très probable que ce qui a sauvé Marius de L’A.P. est le fait qu’il était déjà chez Eugénie le jour de la tragédie : dans le rapport bâclé de l’enquêteur, à la question « Ont-ils d’autres enfants que celui ( = Carmen Marie ) qu’ils délaissent », il y avait noté : « deux garçons 5 et 7 ans chez une tante, un à charge de la mère, 10 mois, aux enfants malades ».

Certes il n’y était question que de deux enfants et non de trois, mais Léon et Louis avaient seulement 5 et 3 ans ; quant à Marius, lui, il avait bien 7 ans… Deux années de plus, à ces âges, c’est énorme… À l’époque de mes recherches, j’avais bien noté cette incohérence, mais, au vu des nombreuses anomalies des trois dossiers et dans l’ignorance de l’existence de Marius, je l’avais interprétée comme significative de la désinvolture ou de l’incompétence de l’enquêteur face au discours forcément perturbé d’Estelle Marie.

Je pouvais donc espérer que, passé l’acmé de la tragédie, Estelle Marie et Marius s’étaient retrouvés et avaient partagé leurs besoins de tendresse ; mais comment m’en assurer ?

La mention en marge du mariage de Marius pouvait m’apporter la solution en comparant les adresses respectives de la mère et du fils : si elles étaient identiques la preuve serait apportée ; si elles étaient différentes, le doute subsisterait.
Je demandais donc l’acte à la mairie de Paris 13e ; le document m’apporta d’étonnantes et précieuses données, mais ne me permit point de conclure :

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Mariage de Marius Eugène LAGOUTTE le 15/5/1926 Paris 13e X Adrienne DOMERGUE

Il confirmait que Marius avait bien échappé à l’A.P. comme l’avait précisé Bernard M… puisque l’autorisation parentale n’était pas celle de ladite administration, mais celles d’Estelle Marie, présente et consentante et de …Louis Justin, absent, mais consentant par acte authentique [2] [3].

J’avais bien trouvé l’adresse d’Estelle Marie, mais pas celle de son fils puisqu’il était en garnison à Ajaccio où il effectuait son service militaire [4]. Encore une fois, je devrais prendre mon mal en patience et attendre mon prochain séjour parisien pour récupérer le dossier militaire de Marius aux archives.

Finalement j’avais assez bien encaissé le rebondissement « Marius », même s’il était encore susceptible d’avoir des retombées difficiles lors de mes recherches ultérieures à Paris.

Raymonde apparaît ex nihilo…

Le mail de Bernard M… se terminait par quelques autres informations sans rapport apparent avec l’histoire d’Estelle Marie, mais concernant mon patronyme : il me signalait l’existence de quelques sites d’obédience anglo-saxonne qui le mentionnaient et terminait en me révélant l’existence d’une naissance Baumgarth qu’il avait repérée comme ne figurant pas dans mon arbre : une petite Raymonde née le 22/4/1913 à Paris 14e.

Mon nom est rarissime en France [5] et tous les Baumgarth que j’y ai retrouvés au cours de mes recherches tout azimut depuis le milieu du 19e siècle étaient de ma parentèle ; donc a fortiori les Baumgarth parisiens…

Cette naissance m’interpela à double titre : d’une part parce que j’avais épluché les tables décennales aux archives lors de mon précédent séjour et que je ne l’avais pas relevée [6] ; d’autre part parce que je ne voyais aucune place pour elle dans mes branches parisiennes que je croyais avoir exhaustivement répertoriées jusqu’aux années trente. Je demandais l’acte aux archives de Paris 14e.

Trois semaines plus tard l’enveloppe ( timbrée ) à mon adresse que j’avais jointe à ma demande était dans ma boite aux lettres ; je la décachetais fébrilement pour satisfaire ma curiosité quelque peu teintée d’angoisse…

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Naissance de Raymonde BAUMGARTH 22/8/1913 Paris 14éme

La petite Raymonde, née de père inconnu, était fille … d’Estelle Marie et celle-ci était donc enceinte le jour du drame !!!

J’étais perplexe : cette naissance Baumgarth, le mail de Bernard M…l’avait présenté incidemment, comme un renseignement hors-propos de l’histoire d’Estelle Marie ; mais l’avait-il fait par ignorance de la réalité ou sciemment par délicatesse ?

Pourtant, à dire vrai, la découverte de la filiation de Raymonde avec Estelle Marie n’avait pas été une totale surprise pour moi car j’avais été très largement échaudé par l’incroyable accumulation des horreurs subies par ma grand-tante et l’avalanche des rebondissements dans son histoire ; d’emblée cette conjecture de parenté s’était donc insidieusement présentée à mon esprit lors de la lecture du second mail de Bernard M…, mais mon subconscient l’avait promptement refoulée : je ne pouvais pas ( et surtout ne voulais pas) croire qu’il fut possible d’ajouter une situation aussi calamiteuse à l’incroyable accumulation de tant de calamités.

J’étais évidemment très perturbé par les arrivées extravagantes de Marius et de Raymonde dans notre histoire : ces rebondissements étaient aussi peu crédibles que les coups de théâtre de la série Dallas ou des télénovelas ; mais pourtant ils étaient bien réels puisque je les avais vérifiés de visu.

À l’évidence Estelle Marie était ignorante de sa grossesse puisqu’elle se terminera 9 mois plus tard ; celle-ci n’a donc joué aucun rôle dans le déroulement du drame et l’existence occultée de Marius n’avait pas non plus interféré sur celui-ci puisqu’il est resté ignoré de l’administration.

Le scénario de la tragédie tel que je l’avais reconstitué restait donc cohérent.
L’existence de Marius-rescapé du drame rendait un peu moins calamiteuse la situation psychologique et sociale d’Estelle Marie au lendemain du drame ; mais quelques semaines plus tard le doute s’est forcément installé… d’abord l’incertitude, puis la prise de conscience tardive de la réalité de cette grossesse inopinée qui décuplera sa désespérance …

Y’a quelque chose qui cloche là-d’dans … [7]

Faute de pouvoir avancer dans mes recherches du fait de mon exil, j’aurais dû mettre le dossier en attente, mais je ne pouvais pas m’empêcher de ruminer ces nouvelles données tant mon subconscient me disait confusément que quelque chose clochait dans mon interprétation.

Comme à mon habitude, ce furent la nuit et mes insomnies qui m’apportèrent la lumière sous la forme d’une simple question : comment Estelle Marie, empêtrée dans une invraisemblable accumulation de difficultés majeures, accablée de problèmes inextricables, submergée de contraintes incompressibles, a-t-elle pu se retrouvée enceinte ?

Abandonnée depuis de nombreux mois, affublée d’une ribambelle de 5 enfants dont un encombrant nourrisson de 10 mois, épuisée par l’impossible gestion de sa marmaille et par son emploi à la rémunération évidemment trop insuffisante, réfugiée de manière précaire et fort inconfortable dans un l’hôtel minable faute de pouvoir payer un toit stable, obligée de répartir une partie de ses gamins chez sa mère et sa sœur…voilà une situation bien trop incertaine et compliquée pour supposer une histoire d’amour et qui ne laissait même aucun espace temps et aucune opportunité pour s’offrir ne serait-ce qu’une simple pause galipette.

À l’évidence la petite Raymonde n’était pas que la suite fâcheuse d’une rencontre désirée… Qui avait contrainte Estelle Marie ? Était-ce seulement la misère et la nécessité ou bien la pression, les harcèlements et les menaces d’expulsion de l’hôtelier déterminé à se payer des retards de loyer sur la bête ? Il y aurait eu là une motivation supplémentaire du gargotier pour se débarrasser de l’encombrante famille de la locataire devenue compromettante.

Certes ce n’est là qu’une hypothèse, mais elle comblait à la fois mes besoins incoercibles de comprendre et d’exprimer ma compassion pour Estelle Marie.

Première et trop brève visite aux archives de Paris…

En mai, je débarquais à Paris, mais je ne disposais que d’une seule journée de séjour ; je me précipitais donc dès l’ouverture aux archives avec comme objectif principal de savoir si Marius avait vécu avec sa mère après le cataclysme. L’acte de mariage de Marius m’avait donné l’adresse d’Estelle Marie, mais pas la sienne puisqu’il était à l’armée ; consulter son livret militaire était donc LA solution.

J’explorais en vain les registres matricules de Paris : pas de Marius ! Je réitérais ma recherche par deux fois… rien ! ; j’élargis le champ aux années adjacentes…toujours rien ! Comment était-ce possible puisque j’avais la preuve qu’il avait bien été mobilisé et qu’il était né à Paris 13e où il s’était marié pendant son service militaire ? J’ai demandé conseil à l’accueil, mais sans solution.

Pas de numéro matricule, pas de dossier militaire et donc pas d’adresse de Marius... Grâce au numéro du régiment ( 175e régiment d’infanterie en garnison à Ajaccio en 1926 ) je pourrais peut-être les retrouver, mais pas ici aux archives.

Désemparé, je n’avais plus qu’une solution de replis : les recensements de Paris ; autrement dit l’horreur de registres plus que pléthoriques avec de plus le handicap du nombre très réduit des années où ils furent effectués.

Ce n’était vraiment pas mon jour de chance car le premier ne fut réalisé qu’en 1926, donc l’année du mariage et la probabilité qu’il ait été antérieur au départ pour l’armée de Marius était faible. Néanmoins, faute de mieux, je me lançais dans l’entreprise.

En 1926, Estelle Marie habitait 11 rue Vandrezanne dans le 13e ; mais le 13e, c’était au bas mot 200 000 recensés … le recueil se répartissait sur 8 quartiers… Sur des arguments approximatifs, j’optais pour celui de Maison blanche et, résigné, j’attaquais le registre par son début en recherchant le nom des rues… Ce fut long, très long ... À la page 457, à mon grand soulagement, je tombais enfin sur la rue Vandrezanne et, au numéro 11, je dénichais Estelle Marie cohabitant avec 3 autres personnages : un Louis Gobin qui lui était attribué comme époux, la petite Odette Baumgarth et un Georges Baumgarth [8] né en 1885 et qualifié d’oncle.

Je consultais de même les trois autres recensement disponibles, mais j’opérais beaucoup plus rapidement car si je n’avais pas compris la clé du mode de classement [9], j’avais supputé qu’il y en avait une et, prudemment, j’avais commencé ma recherche dans la même zone des registres où j’avais trouvé la rue Vandrezanne dans le premier.

1931 : Estelle Marie y était inscrite avec Louis Gobin et Odette.
1936 : Estelle Marie y vivait seule.
1946 : plus personne ; c’était logique puisqu’Estelle Marie était décédée en novembre 1945.

Marius
Marius n’y figurait donc pas ; je m’étais fourvoyé dans une longue recherche qui ne pouvait pas aboutir car, à la réflexion, le résultat était hautement prévisible : le mariage datait du 15 mai et son départ pour l’armée devait forcément être bien antérieur pour qu’il aie pu obtenir l’autorisation au mariage de son chef de corps...
Néanmoins, je n’étais pas bredouille car j’avais une preuve indirecte du lien fort qui liait Marius à sa mère : son unique témoin sur l’acte de son mariage s’appelait Louis Gobin et ce n’était pas un ami personnel comme je l’avais cru, mais c’était celui que le recensement attribuait comme conjoint à Estelle Marie… Pour jouer le rôle de son témoin, un marié fait son choix entre ceux en lesquels il a le plus confiance, estime et affection ; ce sont là trois qualités qui impliquent l’existence d’une grande convivialité partagée par les deux hommes et donc cela conforte la conjecture d’une longue vie en commun de Marius et d’Estelle Marie.

Louis Gobin
J’avais aussi été heureux d’apprendre qu’Estelle Marie avait refait sa vie ; de plus j’avais probablement retrouvé le père de la petite Odette ; je me suis donc intéressé à Louis Gobin.

Son absence au recensement de 1936 laissait présager son décès ; les tables décennales 1932-1942 pour Paris 13e me donnèrent un Louis Ernest Gobin décédé le 16/3/1933 ; je recherchais l’acte : le déclarant était … Marius Lagoutte dont l’adresse était mentionnée : 28 rue du moulin de la pointe ( Paris 13e ), à deux pas de la rue Vandrezanne [10].

Louis Gobin était de la classe 1904 et donc certainement mobilisé à la naissance d’Odette le 15/4/1918… matricule 3789… la fiche militaire me révéla que Louis fut déclaré « déserteur intérieur (sic) en temps de guerre le 25/7/1916, condamné dans sa séance du 25/8/1916 par le 2e Conseil de guerre de Paris à « 3 ans de travaux publics ( sic )  » et embarqué pour l’Indochine le 17/7/1917. Il ne fut libéré que le 13/3/1920…
Louis Gobin ne pouvait donc pas être le père biologique d’Odette …

Odette
Je m’étais heurté au mutisme du directeur actuel de l’hôpital de Plouguernevel quant à la date de son internement et j’avais été réduit à formuler les deux seules hypothèses possibles induites par l’adresse mentionnée sur son acte de décès ; son absence au 11 de la rue Vandrezanne lors du recensement de 1946 excluait qu’elle ait repris l’appartement de sa mère au décès de celle-ci ; l’internement avait donc eu lieu du vivant d’Estelle Marie.

Son absence à celui de 1936 montrait que le placement psychiatrique avait eu lieu auparavant.
Le décès de Louis Gobin, père nourricier à défaut d’être père biologique, survenu le 16/3/1933, a très probablement provoqué chez Odette une décompensation psychiatrique majeure que l’environnement hospitalier délétère et la séparation d’avec sa mère et son frère, induite par son exil forcé au fin fond de la Bretagne, ont pérennisé et figé.

Raymonde
Les recensements de 1926 et 1931 ne mentionnaient pas sa présence au foyer d’Estelle Marie ; pourtant elle était vivante puisqu’une mention en marge de son acte de naissance la donne décédée en 1995…

Mon inconscient avait perçu la signification profonde de cette anomalie, d’autant que j’avais déjà été alerté par un fait troublant lors de la réception de son acte de naissance :

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Mention en marge de l’acte de naissance de Raymonde BAUMGARTH

Raymonde s’était mariée à 23 ans à Béhen dans la Somme … La Somme !!! … comme Carmen Marie, comme Léon, comme Louis …

Bien sûr, j’avais demandé l’acte à la mairie de Béhen ; mais je n’avais obtenu aucune réponse et j’avais réitéré ma demande sans plus de succès.

Son absence aux recensements laissait donc bien peu de place au doute ; en conséquence, j’aurai dû me précipiter immédiatement pour consulter le registre des admission à l’Assistance Publique ; mais la trop forte charge affective de cette conjecture me fit tergiverser : encore une fois je renâclais devant l’obstacle et je fuyais en opérant d’abord quelques recherches annexes de beaucoup moindre importance.

Finalement je me résolus à franchir le Rubicon … la preuve tant redoutée était là : Raymonde Baumgarth figurait dans le registre 1913 des admissions à l’Assistance Publique sous le numéro 199928…

Mais l’horloge marquait alors 17 heures révolues et donc la fin des commandes de consultation…

Mon séjour parisien se terminait donc sur une nouvelle expectative dont la résolution était reportée à 4 mois lors de mon passage à Paris pour mon retour en Martinique : j’étais donc condamné à voir mes insomnies peuplées de longues ruminations sur les « pourquoi ? » du tragique destin de la petite Raymonde.

Septembre… nouvelle visite aux archives…

Le triste sort de Raymonde avait bougrement alimenté mes cogitations pendant ces longs mois : pourquoi Estelle Marie s’était-elle résolue à son abandon malgré le traumatisme qu’avait été ceux de Carmen Marie, Léon et Louis ? ; j’ avais tourné et retourné à l’infini dans ma cervelle les possibles tenants et aboutissants du problème et il me fallait les comparer aux données du dossier de l’A.P. ; la consultation de celui-ci était donc ma priorité.

Mon impatience me fit arriver à la porte des archives bien avant l’heure d’ouverture, mais mon ardeur fut bien vite douchée : « Vous n’avez pas de chance, on vient de découvrir des moisissures dans la section où sont conservés ces documents ; ils doivent être traités et seront indisponibles pendant quelques mois ».

Tout penaud de ma déconvenue, je me lançais dans une ultime recherche aux archives : ma découverte de l’adresse de Marius en 1933 sur l’acte de décès de Louis Gobin me donnait l’opportunité de rechercher sa présence dans les recensements. J’espérais en déduire d’une part la descendance de Marius et d’autre part vérifier qu’Estelle Marie avait été accompagnée par son fils jusqu’à la fin de sa vie.

Ce fut encore un fiasco : si, au recensement de 1931, je retrouvais bien Marius et sa femme Adrienne au 13 rue de la pointe à Paris 13e, il n’y avait aucun enfant avec eux ; quant aux recensements de 1936 et 1946, pas de traces de Marius...

Le décès de Louis Gobin, l’internement psychiatrique d’Odette… Il ne restait plus à Estelle Marie que la tendresse de Marius …Mais qu’était devenu Marius ? Avait-il simplement déménagé dans une autre rue du quartier ou bien était-il parti sous d’autres cieux bien plus loin de sa mère ? …Et qu’est-il devenu pendant la guerre 39-45 ?

Seul le dossier militaire me fournirait la réponse … Mais faute de ce foutu numéro matricule, j’étais dans l’impasse. Je me résolus donc à contourner l’obstacle en prenant le chemin du château de Vincennes vers les archives de l’armée.

J’y trouvais un accueil fort sympathique, mais une réponse négative : Marius n’étant pas officier, le centre ne dispose d’aucun moyen permettant de remonter de la donnée « soldat au 173e régiment d’infanterie basé à Ajaccio en 1926 » au dossier militaire de Marius.

Cette absence du numéro matricule était une énigme bien irritante : il existait forcément puisque Marius avait été incorporé et, puisque il était inexistant au recrutement du lieu de naissance, il ne pouvait être qu’à celui d’un lieu de résidence ultérieur où il s’était fait enregistré.

Où diantre Marius pouvait-il avoir résidé ? Chez sa grand-mère Marie, sa tante Eugénie ou l’un de ses oncles ? Mais tous habitaient Paris ou le département de la Seine et les registres matricules auraient été les mêmes que ceux que j’avais consultés.

Il pouvait aussi avoir habité seul ou avec sa future épouse : l’acte du mariage, intervenu au début du service militaire, les donne respectivement « coupeuse en chaussures » et « ouvrier en chaussures » ; ils travaillaient donc très probablement dans la même entreprise où ils se sont connus ; or, sur l’acte, Adrienne est déclarée « domiciliée à Villejuif … et résidant à Paris 28 rue du moulin de la Pointe » … Mais Villejuif et Paris sont aussi du ressort des registres matricules de la Seine…

Alors ???... Mon argumentation me semblait pourtant imparable ; où était la faille dans le raisonnement ?

Eureka, j’ai trouvé ! … ou presque…

De retour en Martinique, je continuais de ruminer ce problème au cours de mes insomnies, lesquelles sont pour moi un temps privilégié pour laisser libre cours à des cogitations sans a priori ni inhibitions.

Une hypothèse des plus extravagantes me traversa l’esprit : « Louis Justin Lagoutte… domicilié à Nice, 32 avenue Borriglione… absent et consentant par acte authentique… » … et si, aussi invraisemblable qu’il y paraisse, Marius avait été recensé à Nice ?

Sans réelle conviction, je consultais le registre des matricules militaires de Nice pour 1925 :

À la page 28 Marius Eugène Lagoutte y était inscrit sous le numéro 1310 !!! Ses adresses successives et sa carrière pendant la guerre 39-45 étaient maintenant à ma portée…
J’avais trouvé !
… ou presque car, hélas, les fiches militaires de Nice ne sont en ligne que jusqu’à 1912…

Et maintenant…

J’ai été poursuivi par la guigne et le bilan de mon séjour parisien s’était révélé calamiteux : le dossier A.P de Raymonde était indisponible pour une durée indéterminée et la fiche militaire de Marius me restait inaccessible.

Toutefois un nouveau rebondissement venait de perturber ma reconstitution du destin d’Estelle Marie : le recensement militaire de Marius à Nice prouvait que celui-ci avait vécu un certain temps chez son père ; Louis Justin avait donc assumé - en partie - son rôle de père…

Mon enquête est donc loin d’être terminée, mais, ici dans mon île, je suis contraint de prendre mon mal en patience.

Il était grand temps pour moi de livrer les résultats de mes recherches à Bernard M… ; il m’a expliqué ce qu’avait été sa démarche lors de l’envoi de ses mails ; il ignorait le lien de Raymonde et d’Estelle Marie … Nous avons partagé nos analyses avec grand plaisir. Il a souhaité rester anonyme.

Quant à Valérie, ma petite cousine, c’était pour moi un dilemme : après avoir déjà tellement bouleversé son existence devais-je à nouveau la perturber par de nouvelles révélations que pourtant elle a le droit de connaître ? Après avoir tergiversé, je décidais de lui poser la question ; elle me rassura et voulu tout savoir pour maintenant et pour les données encore à venir.

Bloqué dans mes investigations pour plusieurs mois, il me fallait choisir entre deux options : attendre la fin de mes investigations ou proposer à Thierry Sabot un article en l’état actuel de mes recherches.

Deux arguments m’ont fait choisir la seconde option.
En publiant mes deux premiers articles, j’ai de facto contracté vis à vis de mes lecteurs l’engagement de leur conter au mieux le tragique destin d’Estelle Marie ; je leur dois donc un « service après vente » de qualité autant sur le fond que sur les délais d’exécution.

Plus égoïstement, parvenu à un âge où il est raisonnable de mettre en ordre ses affaires et de tenir les valises prêtes au cas où… , il me serait extrêmement désagréable de partir sans lire les réactions et commentaires de mes lecteurs.

À suivre donc…

PS : L’intervention de Bernard M… dans cette histoire est une illustration magistrale de l’intérêt de l’entraide généalogique et (mais est-il besoin de le dire) de notre Gazette.

Notes

[1La fonction du forum de la Gazette est le partage et l’échange entre l’auteur et ses lecteurs et les lecteurs entre eux. Pourquoi mon interlocuteur avait-il choisi de ne pas l’utiliser et de passer par mon site Généanet ? D’autant qu’apporter des éléments pertinents aux échanges d’un groupe de discussion est hautement valorisant.

[2Depuis 1907 l’âge de la majorité matrimoniale pour les deux sexes était fixé à 21 ans, mais une notification devait être adressée aux parents jusqu’à l’âge de 30 ans. Est-ce là la raison de la présence de l’étonnant consentement de Louis Justin ou bien est-ce la conséquence du report du mariage qui, programmé avant que la majorité de Marius ne fut effective, aurait-été repoussé faute d’avoir reçu à temps le document de la part de Louis Justin ou l’autorisation du chef de corps ?

[3Je m’interroge sur la précocité de ce mariage : Marius est basé bien loin à Ajaccio et Adrienne a tout juste 18 ans. Mais je n’ai pas trouvé de naissance à Paris pour le couple dans les mois suivants.

[4Au 11 de la rue Vandrezanne à Paris 13 ; la même adresse qu’à son décès en 1945 et lors de la naissance de la petite Odette en 1918.

[5Mais pas rare en Allemagne, en Suisse, en Autriche et aux USA.

[6À ma grande honte, il s’agit là d’une seconde déficience majeure de ma part ; Bernard M…est décidément un censeur redoutable. Toutefois ma cataracte ( dont l’intervention était programmée) peut être considérée comme une circonstance atténuante.

[7Boris Vian - la java des bombes atomiques

[8J’en tirais aussi une preuve indirecte qu’Estelle Marie avait conservé des liens étroits avec sa famille : le « Georges » Baumgarth cohabitant avec elle et qualifié d’oncle par le recenseur était en réalité son frère Edmond, oncle de la petite Odette. La mémoire familiale raconte qu’il était célibataire, maçon et avait connu une longue période de dérive alcoolique avant de refaire surface avec l’aide de sa famille ; il a alors habité chez sa mère au Perreux jusqu’au décès de celle-ci en 1925. Sa présence au foyer d’Estelle Marie un an plus tard montre tout à la fois qu’Estelle Marie avait retrouvé une vie sociale apaisée avec Louis Gobin et que la solidarité familiale fonctionnait bien.

[9J’appris par la suite que les rues étaient classées par ordre alphabétique ; cela simplifie évidemment considérablement la recherche. Pas de chance, la rue Vandrezanne commençait par un V.

[10l’acte de décès de Louis m’appris qu’il était officiellement marié ; je retrouvais l’acte de mariage qui datait de 1908 et qui m’apprit que Louis habitait déjà au 11 rue Vandrezanne ; je recherchais l’acte de naissance de sa femme qui ne portait aucune mention additionnelle de décès et je n’ai trouvé dans les tables décennales ni le décès de cette épouse ni l’existence d’enfant de ce couple.

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23 Messages

  • Bonjour Michel

    J’ai relu avec attention l’ensemble de votre récit , je constate que les abandons ont eu lieu entre 1912 et 1913 ,période pendant laquelle Justin Lagoutte étant déclaré insoumis devait se cacher des autorités et ne pouvait se manifester . Sa femme ,même si elle avait gardé contact avec lui ne pouvait rien dire. Amnistié au début de la guerre 14 ,il pouvait réapparaître et reprendre contact avec ce qui lui restait de famille et en particulier avec son fils Marius.
    Bon courage
    Martine

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  • Me revoici avec quelques nouvelles de Marius après 1933 où il habitait à Paris et déclarait le décès du compagnon de sa mère .J’ai effectué la recherche à partir de la bibliothèque geneanet mais on peut aussi passer par gallica :
    Bulletin municipal de Paris 1er Mai 1934 :nomination de Lagoutte Marius Eugène en qualité d’ infirmier de quatrième classe stagiaire à l’asile de Villejuif
    et dans le bulletin municipal du 20 Août 1937 au même asile où il était infirmier,il est nommé en qualité d’ ouvrier cordonnier de 4e classe ,métier qu’il exerçait lors de son mariage .
    Je me suis donc dit qu’il pouvait habiter à Villejuif.Le recensement de Villejuif est en ligne pour l’année 1936 par ordre alphabétique de rues . Pour éviter de feuilleter prés de 1000 pages ,j’ai donc tenté l’adresse qui était celle de sa femme au moment de son mariage :sentier du moulin à Villejuif et je les ai trouvés tous les deux :lui est bien né en 1905,il est infirmier à l’asile ,son épouse Adrienne est coupeuse . IL n’y a toujours pas d’enfants .
    Voilà où j’en suis
    Martine

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 1er février 12:36, par Marlie TOUSSAINT

    Bonjour Michel,
    J’ai lu avec attention votre récit familial malheureusement courant au début du 20e siècle et je comprends votre émotion. Je vous avoue que je m’y suis un peu perdue mais, comme j’ai l’habitude d’aller à l’essentiel, je me suis dit v’là des gosses abandonnés à Paris et ça je connais un peu ! Donc voici le fruit de mes recherches aux AD75 en ligne qui, je l’espère, vous ferons gagner du temps.
    Répertoire d’Admission des enfants « Pupilles de l’Assistance » Année 1912 LAGOUTTE Carmen Marie Matricule 195873 - LAGOUTTE Léon Matricule 195872 - LAGOUTTE Louis Matricule 195871
    Répertoire d’Admission des enfants « Pupilles de l’Assistance » Année 1913 BAUMGARTH prénom peu lisible Matricule 199928
    Dossier Individuel d’Admission (INV.1927) page numérotée 208 - pour Raymonde cote D5X4 3177
    page numérotée 204 pour Carmen, Léon et Louis cote D5X4 3053 Dossier Individuel de placement à l’agence d’Abbeville (INV.2169) page numérotée 16 pour Raymonde cote D6X4 77 puis en page numérotée 33 pour Léon et Louis cote D6X4 72 par contre je n’ai pas trouvé Carmen dans les 465 pages. Je vous engage à consulter la fiche d’aide à la recherche sur le site des AD75 qui vous permettra de vérifier mes cotes et peut-être de retrouver celles de Carmen. Une bonne nouvelle, les dossiers sont à nouveau disponibles mais, il me semble, qu’il faille les réserver avant de se rendre sur place. Cordialement Marlie

    PS. Si vous ne pouvez pas vous déplacer sachez qu’il existe des associations d’entraide comme Le Fil d’Ariane aux AD 75 qui peuvent vous photographier ces dossiers

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  • Une histoire qui tient en haleine, et qui a du arriver a beaucoup de familles, la vie n’était nullement facile, comment s’en sortir a l’époque, que de recherches, déplacements, réflexions de quoi passer des nuits blanches. J’espère que vous découvrirez rapidement tout ce que vous recherchez et ne plus avoir a vous torturer les méninges plus longtemps, et vous rassurer sur les dernières années d’Estelle Marie.
    Régine

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 1er février 14:03, par Gisèle Lameth

    Bonjour,
    Une arière arrière grand mère Marie Ernestine Laurence FOURNIER a vécu avec ses parents au 8 rue Vandrezanne vers 1860-1861. Une histoire tout aussi rocambolesque. Elle était dite par ma mère « de l’assistante publique », « peut-être échangée en nourice ». Je lui ai trouvé des parents tout à fait normaux, d’une famille de tailleurs d’habits de père en fils. Et en m’intéressant à l’album de cartes postales de mon grand père, j’ai constaté qu’elle conversait avec des Ursulines. Or les Ursulines recueillait les orphelines. Elle a donc sans doute été recueillie car orpheline de mère à 9 ans. Dissimulation sans doute à cause du caractère soupçonneux pendant la 2e guerre mondiale.

    Vous trouverez des photos de cette rue à l’époque sur le site de cartes postales Delcampe, notamment celle vue depuis la place d’Italie avec une enseigne Distillation. Le côté droit est actuellement remplacé par l’ensemble Italie 2.
    https://www.delcampe.net/fr/collections/search?term=Paris%20rue%20Vandrezanne

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 1er février 15:02, par BELLETIER Ginette

    Bonjour Michel ,
    Cristolienne comme votre famille , votre histoire familiale me tient en haleine .
    Je vous souhaite de trouver tous les élémentsque vous recherchez
    Cordialement
    Ginette Belletier

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 1er février 17:39, par martine hautot

    Après quelques recherches sur le recensement du Perreux en 1911 ,je n’ai trouvé Marius ( mais il a pu arriver après !)ni chez sa tante Eugénie mariée Delaunay qui habite au 65 boulevard Alsace Lorraine ni chez sa grand-mère qui vit au 79 avec ses fils Eugène,découpeur ,Edmond maçon ,Marcel Plombier ,et Adrien Papetier. Marius aurait pu aussi être recueilli,côté paternel par la grand-mère Lagoutte ou sa tante Julie,ce qui expliquerait la maintien des liens avec son père.
    Comment savoir ,en l’absence des recensements de Paris ?
    Le mieux serait sans doute pour vous de trouver quelqu’un sur Nice pour vous faire une copie de sa fiche matricule
    Affaire à suivre
    Martine

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 1er février 22:35, par Sonia Landgrebe

    Bonjour,
    Cette histoire est décidément terrible ... et à rebondissements ! On n’ose imaginer ce qu’a pu ressentir cette famille. Bravo à vous de les faire revivre avec émotion et humanité.
    Sonia

    Répondre à ce message

  • Je prend le train en marche.
    sur quelles gazettse trouve t’on les épisodes 1 et 2
    Intéressé, car je suis ancien pupille de l’assistance publique (de l’Yonne et j’ai côtoyé des pupilles venant de la Seine, Seine et Marne, Seine et Oise). Pas de la même génération, mais je serai curieux comment étaient enlevés à leur parents.

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  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 2 février 13:56, par Monique et Marc Bondil-Martin

    Bonjour,
    Nous avons été touchés par la vie de votre grand-tante et ne pouvant nous rendre sur Nice pour avoir la fiche matricule de Marius Eugène LAGOUTTE, nous nous sommes demandés QUAND il avait bien pu arriver sur Nice.
    Les recensements sont en ligne. Voici ce que nous avons trouvé (l’adresse est toujours 32 avenue Borriglione) :
    RECENSEMENT NICE 1921 – 3e CANTON – PAGE 431 GAUCHE

    • LAGOUTTE Séraphine, née 1874 Toscane – chef de famille – ménagère
    • LAGOUTTE René,né 1905 Gènes – fils – peintre
    • LAGOUTTE Isabelle, née 1912 Nice – fille
    • LAGOUTTE Marguerite, née 1914 Nice – fille
    • LAGOUTTE Louis, né 1875 Cunéo – époux – peintre
      Donc, même si c’est bien la bonne adresse (32 avenue Borriglionne) et si c’est bien le bon père Louis LAGOUTTE avec une erreur de lieu de naissance toujours possible sur les recensements, il n’y a pas de Marius Eugène. Nous avons donc décidé de voir sur le recensement suivant, celui de 1926, si, par hasard, on aurait un peu plus de renseignements sur cette famille LAGOUTTE. Bien nous en a pris car :
      RECENSEMENT NICE 1926 – 3e CANTON – PAGE 483 GAUCHE
    • LAGOUTTE Louis, né Paris 1876 – chef de famille – sans profession
    • LAGOUTTE France, née 1914 Nice – fille
    • LAGOUTTE Isabelle, née 1912 Nice – fille
    • SUGROUTH ?? Marie, née 1874 Toscane – épouse
      Donc, sur le recensement de 1921, il y avait bien une erreur de lieu de naissance concernant Louis LAGOUTTE et, bien sûr, pas de Marius Eugène puisqu’il était au service militaire. Mais il y a encore un mystère : en 1921, l’épouse s’appelle Séraphine et en 1926, elle s’appelle Marie Sugrouth ?
      Nous avons poursuivi sur le recensement suivant :
      RECENSEMENT NICE 1931 – 3e CANTON PARTIE 2 – PAGE 100 GAUCHE
    • LAGOUTTE Louis, né 1876 Paris – chef – peintre
    • LAGOUTTE Marguerite née 1914 Nice – fille – couturière
    • LAGOUTTE Isabelle née 1912 Nice – fille – couturière
    • Veuve SARDELLI Emma née 1874 Grosseto (Italie) – amie – sans profession
      Nous avons cherché les actes de naissance d’Isabelle, France (du recensement de 1926 et introuvable après) et Marguerite normalement nées à Nice. Aucune trace de naissances pour elles sous le nom de LAGOUTTE ! Par contre, nous trouvons bien une naissance de jumeaux sous le nom de SARDELLI :
    • SARDELLI Marguerite Lucie, née le 16/08/1914, 32 avenue Borriglionne, de Séraphine SARDELLI, 40 ans, née à Scansano Italie, 1er jumeau – en marge : reconnue par sa mère le 17/01/1930 – mariée à Nice le 15/06/1957 avec Jean René Charles François LAQUET/LAGNET ? et divorcée le 13/01/1964 à Nice
    • SARDELLI Gaston Amédée Raymonde (mâle) né le 16/08/1914, 32 avenue Borriglione, de Séraphine SARDELLI etc….. 2e jumeau
      Aucune trace de France ni d’Isabelle ni sous le nom de LAGOUTTE ni sous le nom de SARDELLI. Sans compter que cette mère SARDELLI se retrouve sous différents prénoms : Emma ou Séraphine avec deux lieux de naissances différents : Grosseto ou Scansano. Mais en fait, après recherche plus approfondie, nous avons trouvé que Scansano faisait partie de la province de Grosseto en Toscane. Il est donc tout à fait possible que ce soit bien la même personne sous des prénoms différents !
      Nous avons encore un peu poursuivi les recensements et voici les derniers renseignements obtenus :
      RECENSEMENT NICE 1936 – 3e CANTON PARTIE 2 – PAGE 56 GAUCHE
    • LAGOUTTE Louis, né 1876 Paris – chef – peintre – chômeur
    • SARDELLI Emma née 1874 Grosseto – épouse
    • SARDELLI Marguerite née 1914 Nice – fille – couturière chez Mme Brosi ?
      Voilà tout ce que nous avons pu trouver. Nous espérons que vous aurez un gentil correspondant qui vous photographiera le registre matricule de Nice, mais, peut-être que si vous écriviez aux AD de Nice, ils accepteraient de vous faire une copie ????
      Bonnes recherches et bon courage.
      Monique et Marc

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    • Gros travail !Manifestement les déclarations faites à l’agent recenseur ne brillaient pas par leur précision ni par leur exactitude .Ce que j’en comprends ,c’est que Louis Justin Lagoutte avait refait sa vie avec une Italienne ,sans évidemment se marier avec elle puisqu’il était toujours marié avec Estelle Baumgarth et qu’il considérait les enfants de Joséphine-Emma ,à tort ou à raison, comme les siens . Au point où on en est ,pourquoi l’enfant présenté comme le fils de Louis Lagoutte et prénommé René,né en 1905 (coincidence ?)ne serait pas le jeune Marius que nous recherchons ?Il me semble qu’il y a une volonté évidente de brouiller les pistes .
      Cordialement,
      Martine

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      • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 3 février 10:59, par Monique et Marc Bondil-Martin

        Vous avez raison, il est tout à fait possible que Louis LAGOUTTE ait emmené son fils Marius avec lui lorsqu’il a abandonné femme et enfants ....
        En fait, la fiche matricule devient indispensable car dessus, il est inscrit le domicile du futur militaire et de ses parents et par la suite, cette fiche donne tous les domiciles successifs du militaire (du moins, tant que celui-ci est mobilisable).
        Du coup, nous nous sommes demandés si le Louis LAGOUTTE, père de Marius, avait fait son service militaire. Euréka ! sa fiche matricule est en ligne sur le site des Archives de Paris : année 1896 - 2e bureau - cote D4R1 884 - numéro matricule 1522.
        Il y a plusieurs renseignements sur cette fiche, dont notamment 5 adresses :
        au conseil de révision en 1896 : 19 rue de l’Armorique - Paris 15e.
        Il y habite avec sa mère Marie Louise LAGOUTTE.
        à une date inconnue : 7 rue Henri Regnault - Paris 14e
        5/01/1896 : 22 passage Bournisien - Paris
        23/10/1905 : 85 boulevard d’Alsace Lorraine - Le Perreux
        10/07/1906 : St Malo (rue invisible, trop effacée)
        Et surtout, à sa démobilisation le 7/01/1919, il se retire à Nice, 32 avenue Boridia.Actuellement, sur Nice, nous n’avons pas trouvé d’avenue Boridia. A-t-elle disparue ? changée de nom ? ou est-ce une erreur sur la fiche matricule et faut-il lire 32 avenue Borriglione. Ce qui nous parait tout à fait possible si ce n’est probable.
        Il y a aussi sa description physique : cheveux et sourcils noirs - yeux bleus - front ordinaire - nez long - bouche moyenne - menton rond - visage ovale - taille 1.60 m - instruction générale 3 (sait lire/écrire/compter couramment) - instruction militaire : exercée (ce qui est assez peu fréquent)
        Le reste de la fiche (3 pages) détaille son parcours militaire.
        Nous vous rejoignons tout à fait dans l’idée que Louis LAGOUTTE a vraiment organisé sa disparition volontaire et, peut-être, emmené avec lui son fils Marius. Pour en avoir le cœur net, il faudrait voir les recensements du Perreux et de St Malo....
        Que s’est-il passé dans ce couple pour qu’une telle tragédie eût lieu ? pour qu’un père abandonne femme et enfants, parte avec un seul des enfants ?
        Mystère....

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        • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 8 février 02:37, par BAUMGARTH Michel

          Monique et Marc, bonjour et un grand merci pour votre apport : votre travail stupéfait le généalogiste besogneux et peu doué pour l’informatique que je suis.
          Votre travail éclaire en grande partie la vie de Louis Justin à Nice.
          Voici mes réflexions :
          1- Nous savons que Louis Justin s’est établi à Nice probablement vers le début 1911 car il était absent à la naissance de Louis N°3 ( le bébé décédé ) en septembre 1911.
          Ëtre atteint par le démon de la quarantaine et abandonner sa famille est d’une grande banalité ; mais le faire à 686 km du lieu où l’on vit est pour le moins étonnant ( surtout en 1911 ou il n’y avait pas de congés payés …) .
          Installé à Paris, comment Louis Justin a-t-il connu Emma à Nice ?
          J’ignore ce que couvrait la profession de « peintre en lettre » ; mais je vais émettre une hypothèse : ce métier serait une spécialité du domaine artisanat d’art, peu répandue et aux spécialistes très recherchés, travaillant de manière délocalisée dans toute la France. Louis Justin aurait travaillé quelques temps à Nice, rencontré Emma et décidé de changé de vie…
          Cette hypothèse pourrait expliquer l’étonnante adresse de Louis Justin à Saint-Malo en 1907 qui figure sur sa fiche militaire et qui pourrait correspondre à un autre contrat délocalisé ( son séjour a dû être assez long pour qu’il figure sur la fiche miltaire) . ( J’ai vérifié l’absence de naissance Lagoutte à St Malo et il n’y a pas de recensement à cette époque ).
          2- Par contre, je suis très sceptique sur l’hypothèse de Louis Justin emmenant Marius avec lui dans sa fuite : un homme qui rompt avec son passé ne part pas avec un enfant encombrant pour s’intégrer dans une nouvelle famille déjà munie d’enfants.
          Pourtant il est certain que Marius a vécu à Nice avec son père puisque son matricule y a été enregistré. Marius est donc très certainement arrivé plus tard.
          Dans ma réponse à Martine Hautot, j’ai émis l’hypothèse que Louis Justin a appris la tragédie quelques mois plus tard en ayant été informé par sa mère ou sa sœur Julie qu’il aurait recontacté. Il aurait alors récupéré Marius avec l’agrément d’Estelle Marie en situation dramatique après le choc du placement des enfants et sa découverte de la grossesse ( Raymonde).
          3- Quand Marius est-il retourné à Paris ?
          Il serait intéressant de savoir à quel âge se faisait l’inscription matricule militaire ( la fiche militaire nous le dira peut-être ). Pour Marius elle a eu lieu à Nice
          La naissance de Claire Adrienne nous permet de resserrer sérieusement l’intervalle où Marius a séjourné à Nice : naissance le 3/1/1924 ; le décès à 5 mois et le très jeune âge de la mère suggère la possibilité d’un accouchement prématuré ( pour l’époque, il ne saurait être antérieur à 7 mois1/2 avec un bébé vivant ) ; ce qui nous met la présence de Marius à Paris au plus tard mi-mai 1923. Dont il faut encore déduire le temps pour Marius et Adrienne de nouer leur idylle…
          4- René est-il Marius ?
          Il reste donc peu de temps entre le recensement Nice 1921 ( où apparaît René, mais qui est noté être né à Gênes ) et la présence de Marius à Paris ( avant mi-mai 1923 ). Ici encore la fiche militaire ( que j’aurai dans quelques jours) nous apportera peut-être des éléments décisifs ; patience donc.

          Bien sûr, ce ne sont là que des remarques et des hypothèses…

          Un grand merci pour votre collaboration.
          Michel BAUMGARTH

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          • Bonjour,Michel

            Quelques compléments suite à votre dernière contribution : pour le métier de peintre en lettres il nécessitait une certaine habileté et était répandu au début du XX siécle :le peintre en lettres peignait les inscriptions à la main sur les vitrines ,les véhicules...Le métier a pratiquement disparu avec le règne des matières plastiques et adhésives.
            Ci dessous reportage sur un des derniers peintres en lettres de Paris
            https://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/jacky-peintre-en-lettres-paris
            Cette profession explique sans doute que Louis Justin ait été nommé en 1916 à la quinzième section des secrétaires d’ état major:il avait sans doute ne belle écriture !
            En ce qui concerne Marius ,j’ai noté que ce n’est pas lui qui déclare le décès de la petite Adrienne Claire ,le 16 Mai 1924 Paris XIII mais la mère de l’enfant .(L’acte de naissance n’est pas en ligne ).
            IL faut aussi pour tenter de reconstitutuer l’emploi du temps de Marius, penser à la différence entre domicile (qui seul compte pour le recrutement militaire )et la résidence de fait (cf sur l’acte de mariage de Louis Justin son épouse est domiciliée à Villejuif,sans doute chez ses parents et elle réside à Paris où elle doit travailler et avoir rencontré Marius dans une fabrique de chaussures).Etant de la classe 1925 ,Marius a dû être recensé fin 1924 à Nice où il était domicilié(chez son père ?) sans nécessairement y habiter tout le temps .
            On attend impatiemment la fiche matricule.
            A bientôt,
            Martine

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            • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 20 février 03:15, par BAUMGARTH Michel

              Martine, bonjour,
              Merci pour ces précision sur les peintres en lettres ; mon hypothèse de déplacement professionnel est donc incertaine. Le séjour à Saint-Malo reste aussi énigmatique ; pourtant il a du être prolongé pour que Louis Justin l’ai signalé à l’autorité militaire, ce qu’il n’a pas fait en 1912 ’ insoumis ) ; mais il avait sûrement d’autres préoccupations avec sa nouvelle vie...
              Je dispose de l’acte de naissance de Claire Adrienne : elle a été reconnue par Marius et Adrienne le 19 Janvier 1924 à Paris 13, soit 16 jour après sa naissance.
              j’ai un contretemps pour la réception de la fiche miltaire de Marius ;
              Patience donc ...

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              • Bonjour,Michel
                A propos de l’adresse à Saint-Malo ,elle est indiquée à partir du mois de Juillet 1906 ,or Louis Justin fait une seconde période d’exercice du 20 Août au 10 septembre 1906 au 47 Régiment d’ infanterie ,basé à Saint-Malo ! S’était-il installé dans la ville auparavant ou y est-il venu pour cette période ?De toute façon je pense qu’il a beaucoup bougé ,étant souvent absent à la naissance de ses enfants.
                Cordialement,
                Martine

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            • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 20 février 12:12, par BAUMGARTH Michel

              Bonjour Martine,
              J’ai oublié de préciser que la déclaration de naissance de Claire Adrienne a été faite par deux employés de l’hôpital comme c’était l’usage dans cet établissement.
              Cela ne signifie donc pas que Marius était absent et a fortiori qu’il n’était pas à Paris.
              Cordialement.

              Répondre à ce message

  • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 5 février 03:24, par BAUMGARTH Michel

    Martine,
    Un grand merci pour vos interventions.
    Voici mes commentaires après réflexion :
    1-sur le contenu de votre première intervention :
    L’acte de naissance du petit Louis N°3 (acte N°7901 24/9/1911 Paris 14) nous apprend que le père était absent lors de la déclaration en mairie ; cela est cohérent avec la déclaration d’insoumission datée du 24 mai 1911, soit 4 mois plus tôt.
    Il faut se replacer dans le contexte de l’époque : l’Allemagne et la France se préparaient à la guerre ; la mise à jour des fiches militaires était donc une préoccupation majeure du ministère des armées. Louis Justin avait abandonné le domicile conjugal et tout naturellement Estelle Marie ne pouvait pas donner sa nouvelle adresse qu’elle ignorait. Louis Justin était donc insoumis de fait, mais sans volonté de l’être.
    2- sur le contenu fort intéressant de votre seconde intervention :
    Marius résidait 13 rue du moulin de la pointe lors du recensement de 1931 et j’avais perdu sa trace ( absent au recensement 1936 ) ; je n’avais envisagé comme piste que son livret militaire et j’ai bien peiné pour retrouver son matricule. Une amie me ramènera le document de Nice dans quelques jours avec, je l’espère, ses adresses successives et son activité pendant la guerre.
    Vous l’avez retrouvé à Villejuif en 1934 par une démarche qui m’a époustouflé…
    Vous n’avez pas retrouvé d’enfant au recensement Villejuif 1936. Mon correspondant (Bernard M…) avait eu la curiosité de rechercher une naissance avant le mariage et il avait trouvé : Claire Adrienne DOMMERGUE née le 3/1/1924 Paris 14 et reconnue LAGOUTTE par Marius Eugène ( Adrienne avait 15 ans et 9 mois.) ; elle est décédée le 6/5/1924.
    Nous n’avons pas trouvé d’autre enfant à Paris ultérieurement.
    On peut s’étonner à propos de la date du mariage ( 15/5/1926) qui est tardif par rapport à la naissance de Claire Adrienne ( 2 ans et 4 mois ) et non motivé par une grossesse en cours ( ou du moins d’une grossesse menée à terme ) et pendant le service militaire.
    3- Sur votre troisième intervention :
    A- à propos de votre hypothèse René = Marius
    Bien sûr, il ne faut pas l’exclure, mais…
    La naissance de Claire Adrienne nous permet de resserrer sérieusement l’intervalle où Marius a séjourné à Nice : naissance le 3/1/1924 ; le décès à 5 mois et le très jeune âge de la mère suggère la possibilité d’un accouchement prématuré ( pour l’époque, il ne saurait être antérieur à 7 mois1/2 avec un bébé vivant ) ; ce qui nous met la présence de Marius à Paris au plus tard mi-mai 1923. Dont il faut encore déduire le temps pour Marius et Adrienne de nouer leur idylle… Il reste donc peu de temps entre le recensement Nice 1921 ( où apparaît René par ailleurs censé être né à Gênes ).
    B- À propos de l’hypothèse Louis Justin abandonnant le domicile conjugal en emportant Marius…
    Elle me paraît peu probable : je vois mal un homme pris par le démon de la quarantaine s’encombrer d’un vestige encombrant de son passé…
    Par contre, il est possible ( sinon probable) que Louis Justin a repris contact ( après quelques mois ? ) avec sa mère ou sa sœur Julie et qu’il a alors appris la tragédie qu’il avait déclenché , la situation dramatique d’Estelle Marie et l’existence de Marius rescapé. Il aurait alors récupéré Marius.

    J’espère donc que le dossier militaire de Marius nous apportera de nouvelles données.
    Monique et Marc Bondil-Martin ont accompli un travail prodigieux sur lequel qu’il me faut encore passé beaucoup de temps avant de leur répondre ( et les remercier ).

    Martine, un grand merci pour votre aide ( et pour l’intérêt que vous portez à cette histoire )
    Très cordialement,
    Michel BAUMGARTH

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  • Bonjour, qu’elle histoire incroyable, qu’elle aventure de recherche et d’enquête fascinante ! Merci de l’avoir partagée avec nous.
    Je me permets une toute petite contribution qui relève de l’hypothèse mais pourrait apporter à votre réflexion.
    Vous n’êtes pas sans savoir que la durée moyenne de grossesse de 9 mois n’est qu’un standard et que l’on considère médicalement que le terme est atteint dès la 35e semaine de grossesse (= 37SA soit 8 mois).
    Estelle avait très peu de chances de déjà se savoir enceinte au moment du placement des enfants, mais il est également pleinement envisageable qu’elle ne soit tombée enceinte que plusieurs semaines après.
    Bon courage pour la suite de vos investigations !
    Marion

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    • L’horrifique engrenage du destin d’Estelle Marie BAUMGARTH 18 février 02:47, par BAUMGARTH Michel

      Marion, bonjour,

      Raymonde est née le 22/4/1913, soit exactement 9 mois après le placement des enfants ( 22/7/1912)... Ce qui ne permet aucune conclusion péremptoire.
      9 mois ou 300 jours, ce sont des durées un peu symboliques et dans la réalité les prématurités, mais aussi les grossesses prolongées élargissent le champ des durées possibles.
      Dans le cas de Raymonde, la grossesse de durée normale ( voire quelque peu prolongée ) me paraît la plus plausible car une prématurité signifierait une conception postérieure de quelques semaines au drame vécu par Estelle Marie.
      L’intensité du traumatisme vécu par Estelle Marie me paraît peu compatible avec cette hypothèse ( même si mon vécu de médecin
      m’a prouvé que le malheur et le désespoir peuvent conduire à des
      comportements étonnants...)
      Mais peut-être aura de nouveaux éléments quand le dossier de placement de Raymonde à l’Assistance publique sera à nouveau consultable.

      Michel BAUMGARTH

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