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La pompe à Jules...


jeudi 28 mars 2019, par Christian Baumgarth

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En ce temps-là, dans les quartiers excentrés des villes et des bourgs populaires, les résidus corporels des humains ne s’évacuaient pas par le mystérieux dédale des tubulures et canalisations du tout-à-l’égout : ils flop-flopaient dans les cuves à merde et les fosses septiques.

Mais si le flux excrémenteux est par nature infini, les réceptacles, eux, sont finis et contrairement au tonneau des Danaïdes, ils avaient des problèmes de fond et donc de trop-plein : il fallait donc périodiquement les vidanger. C’était fonction du volume de la fosse, du nombre de ses pratiquants et de leur dynamisme. Cela valait pour les palais princiers, les usines, les écoles, les archevêchés et les casernes ; c’était incontournable et c’était une affaire de spécialiste.

Le château des buttes à Créteil dans lequel notre famille prenait ses aises depuis1945, n’échappait pas à ce déterminisme ; avant que ne se manifeste l’épanchement d’un trop plein de jus âcre et malodorant, il fallait vider la grande cuve enterrée dans laquelle s’épanchait une douzaine de familles nombreuses.

Tous les trois ans environ un camion vidangeur appartenant à « Jules BERGOUGNOUX » venait stationner à main gauche du bâtiment et se mettait à butiner dans un vacarme effrayant. Comme pour vivre une belle récréation toute la marmaille du château se retrouvait sur le grand perron.

Il y avait toujours un lève-tôt traînard au sixième sens affûté de guetteur blédard pour hurler l’arrivée imminente de la machine pompeuse et ça déclenchait un stupéfiant badaboum : Dans l’instant, proprets et porcelets délaissaient leurs cuvettes à débarbouiller, claquaient les portes des appartements et déboulinaient des étages en piaillant.

Dès que le technicien vidangeur en bleu de travail, après avoir déployé la grande trompe et l’avoir plongée dans la béance de la fosse à merde, déclenchait la machinerie butineuse, la grappe de mômes entrait en fusion. Pis que des brebis rogneuses en transhumance, les petits gonzes gloupaient, s’interpellaient, trépignaient, se meurtrissaient aux côtes de leurs petits coudes osseux, s’éraillaient la glotte en éructant des stances scatologiques… C’était bien du bruit et de la fureur, mais ça ne durait pas.

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Illustration : Marine Massa

La pompe à merde était bruyante, mais elle n’était pas hostile ; d’ailleurs on la savait utile et même salvatrice : ça poussait à la bienveillance. La mélasse merdeuse, énergiquement aspirée, glougloutait dans les gros tuyaux caoutchouteux avant d’être propulsée sans ménagement contre les parois de la grosse citerne sur roues. C’était de la maltraitance méchante, mais ça ne déconcertait pas les petits pingouins hystériques : le jus de croupion qui s’explosait dans le ventre de la grande citerne, ça les mettait en transes comme des petits lardons sur une poêle surchauffée.

La machine était fascinante, attirante comme une glu d’attrape-mouches, mais tamponneuse aux oreilles : elle générait un boucan du diable, pas moins qu’une forge où cinq marteaux hirsutes et musculeux frapperaient devant.

C’était bien du bruit et de la fureur, mais ça ne durait pas : écrasés par le tohu-bohu, anesthésiés par les effluves merdières, les excités minus se faisaient mutiques.
Les enfants aux yeux ronds s’étaient faits incroyablement taiseux et forcément bien frustrés : ils étaient grandement fournisseurs ; or le traitement de la marchandise échappait à leurs regards car, s’il y avait à entendre et à sentir, il n’y avait, hélas, rien à voir. Les loupiots subissaient un tonitruant vacarme, un effroyable méli-mélo olfactif, mais ils ne pouvaient qu’imaginer les tribulations de la mélasse brune. Tout ça, c’était fakir et compagnie…

La citerne était gourmande certes, mais arrivée à satiété, elle cessait de rugir, repliait son manchon suceur et s’abandonnait aux toussotements catarrheux du moteur tracteur.

Dans l’instant, les petits drôles, comme après l’explosion d’un bouquet final de feu d’artifice, clamaient leur désapprobation et c’est pourquoi, avant de s’installer au volant, le technicien vidangeur, incongru escroc mais pas trop, s’abstenait de saluer…

Lorsque le camion lesté passait la grille du château pour aller régaler les poireaux qui prospéraient dans les champs d’épandage de la plaine d’Achères, les loupiots silencieux, conscients qu’ils avaient contribué à préserver l’harmonie du monde, se retenaient de lui faire de grands signes d’adieu et de bonne fortune avec les mains.

Non pas adieu, mais au revoir puisque, dans les heures à venir et chacun à sa convenance, ils allaient poser culottes et s’arc-bouter pour contribuer à préparer la revoyure de la machine à Jules BERGOUGNOUX car ils savaient, pour fréquenter assidûment l’école Victor Hugo de Créteil, que les effets les plus attendus sont produits par les causes les moins inattendues.

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37 Messages

  • La pompe à Jules... 29 mars 07:49, par Brigitte MICHEL

    Génial ! Vous essayez de nous faire mourir de rire ? C’est presque réussi ! Merci de votre humour salvateur et continuez à nous régaler de vos histoires diverses et variées, et aussi inatttendues que celle de cette « pompe à merde » que nous avons nous aussi connue dans notre jeunesse... Amitiés.
    Brigitte

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  • La pompe à Jules... 29 mars 08:03, par Gabrielle

    Bonjour,

    Article amusant, mais toujours vrai dans certaines campagnes.

    Un article du même genre dans la Bibliothèque de Lisieux :
    http://www.bmlisieux.com/curiosa/guitry02.htm

    « La chose » par Lucien Guitry
    Dialogue sur l’engrais entre la Comtesse et son Jardinier.

    Bonne lecture
    Gabrielle

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 09:06, par Colette Boulard

    Ecriture unique, reconnaissable à cent mètres, humour qui transfigure le sujet le plus commun en moment de récréation poétique. C’est du Baumgarth ! Merci pour ce texte hilarant.

    Cela m’a donné envie de découvrir vite fait ce lieu, qui semble avoir vécu bien des choses. On trouve actuellement sur Internet quelques cartes postales anciennes qui témoignent du début du XX ème siècle.

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 09:42, par Castagné Jean-Pierre

    Difficile de lire sans éclater de rire ! Un vrai bijou de rédaction ! Un mélange de Dubout et de Céline !

    Dans la même veine bien que relatée avec moins de talent, un « vidangeur » de nos amis, Mr Guillemin qui exerçait le métier à Verdun, m’a raconté, il y a une quarantaine d’année, la scène suivante.
    Une cliente avait vu un jour son dentier disparaître accidentellement dans la fosse. Elle en avait fait part à notre ami venu sur place pour exercer sa succion périodique. Je ne sais par quel miracle ou grâce à quel filtre salvateur, mais Mr Guillemin avait pu mettre la main sur le dentier.
    Il passa rapidement la prothèse sous un robinet et la rapporta à la propriétaire, charge à elle de prolonger le nettoyage et la désinfection de l’objet. En fait tout à sa joie de retrouver son dentier et sans que notre ami n’ait eu le temps d’arrêter son geste, elle le remit prestement en bouche.

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 09:54, par JBE

    Merci Mr Baumgarth pour votre style incomparable, qui dans cet article réussit à toucher tous nos sens !!!!!
    Cordialement
    JBE

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 09:59, par brunier

    Très bonne description d’une profession toujours d’actualité dans certains de Lyon.Sans la marmaille spectatrice je pense.

    cordialement. RENE

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    • La pompe à Jules... 29 mars 11:40, par Patrick

      Merci René de cette précision lyonnaise car elle me rappelle les visites périodiques de l’UMDP.
      Où va donc se cacher la nostalgie.
      Patrick

      Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 10:09, par Jacqueline Besson le Huede

    Un traité de police de Lyon, écrit par les juges et commissaires députés de ladite police, et publié en 1662, imposait de jeter tous les immondices dans le Rhône et/ou la Saône. Les maîtres des basses-œuvres, notamment, chargés de nettoyer les latrines des maisons et de curer les puits, avaient obligation de jeter leurs vidanges dans la rivière et non dans les jardins, étant précisé qu’ils devaient le faire dans « le courant de l’eau » et en des endroits déterminés. Il est vrai, qu’à l’époque, on pensait que les mauvaises odeurs étaient porteuses de maladies.
    Cet ouvrage, conservé à la Diana, société archéologique et historique du Forez, réserve de multiples joyeusetés de ce type.
    Merci pour votre article encore d’actualité dans de nombreuses communes rurales. Le SPANC a du travail !

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 29 mars 10:09, par Xavier GUYOT

    Je me suis régalé, si l’on peut dire, avec votre prose sur un sujet aussi hygiénique.

    Votre... papier est remarquable et je partage ce lien avec plaisir avec mes correspondants préférés.

    Xavier, du Loiret (45)

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  • La pompe à Jules... 29 mars 11:08, par Jean-Christophe Guéguen

    J’ai adoré votre histoire racontée avec talent.
    Dans ma famille le grand père vidait la fosse quand c’était nécessaire. Mais chez nous il utilisait un seau et l’épandage profitait au jardin, garanti bio et sans autres intrants. !
    Je n’ai pas pensé à écrire sur ce sujet car chez moi c’est encore d’actualité. Il faut toujours le faire mais je m’en dispense et je sollicite un voisin avec sa pompe à lisier.
    Pour une fois les cochons sont présents à la cérémonie.

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  • La pompe à Jules... 29 mars 11:09, par Jean-Pierre Auger

    J’adore ce récit, témoignage de la vie courante.
    Merci pour ce récit fort bien écrit et rendu.
    Jean-Pierre

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    • La pompe à Jules... 29 mars 12:29, par rousselot

      Chez mes parents, en Haute Marne, le vidangeur venait aussi évidemment.Plus que du bruit, j’en garde surtout le souvenir du ... fumet.
      La société pompeuse, basée à Chaumont, appartenait à Monsieur ??? ? je ne retrouve plus le nom. Les enfants de ce Monsieur vinrent avec nous en colonie de vacances. les pauvres faisaient l’objet de bon nombre de taquineries, vous pensez bien.
      Tout a changé lors du dimanche consacré à la visite des parents à la colonie de vacances. En effet le Monsieur vidangeur est arrivé dans une superbe, énorme et verte voiture américaine. Plus d’un des taquins a alors regretté de ne pas avoir été plus gentil ... il aurait peut être été invité à faire un tour dans la belle voiture américaine.
      FR

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  • La pompe à Jules... 29 mars 12:48, par Basset Martine

    La pompe à Jules...

    Votre histoire, racontée avec humour, me rappelle un vieux souvenir depuis longtemps oublié.

    J’ai connu cette « pompe à merde » au milieu des années 40 dans un village de l’Yonne ; elle est venue dans notre cour vider la « fosse d’aisance » de nos deux « cabinets ». Le premier, touchant la salle de bain, était presque moderne avec une soupape que l’on tirait pour vider la cuvette et un broc d’eau à côté pour la nettoyer.
    Le second, mitoyen du premier, et qui, lui, donnait sur la cour, comportait deux grandes planches en bois ajustées en équerre et fixées aux deux murs de la largeur de la pièce. Au milieu de la planche horizontale était simplement percé un trou recouvert d’un couvercle (c’est sans doute par ce trou que l’on plongeait la pompe... à merde). Bien entendu, ce second « cabinet », plus rustique, était réservé aux domestiques...

    Mais le contenu de la citerne alors n’a pas été transporté bien loin : il a été déversé dans notre champ qui heureusement était en friche. Cela nous a valu des effluves plutôt malodorantes pendant plusieurs jours... mais une récupération salutaire et... sans pollution !
    Martine Basset - 84 ans.

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  • La pompe à Jules... 29 mars 17:02, par Myrrhine Grossi

    Superbe écriture. Quel plaisir de retrouver ces mots surannés et savoureux. La lecture de cette chronique est un pur moment de bonheur qui fait remonter les effluves d’un passé pas si lointain. Merci pour tout cela.

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  • La pompe à Jules... 29 mars 17:51, par Jacques Dupé

    J’adoooooooooooooooore !

    Merci pour ce moment de détente ! ;)

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  • La pompe à Jules... 29 mars 20:17, par onteniente

    A la campagne créer sa fosse septique n’était ni très simple, ni facile. Déjà il fallait faire le choix du lieu d’évacuation principal, qui permettrait cette efficacité tant attendue, de détruire les résidus fécaux. En effet chacun au gré du vent ou de la pluie, de son courage ou de ses envies, pouvaient choisir son lieu de défection, même avec une certaine affection. Bien entendu il y avait le « cagadou » avec sa petite toiture, la planche et son trou, et le ronronnement continu des mouches bien grasses et vertes. De celles que les uns et les autres nommaient « mouches à merde », si sympathiques et rassurantes, quand de le noir d’une fin de journée d’hiver, il fallait poser ses fesses sur la planche trouée.
    Quand le choix de sortie des effluents de la maisonnée était décidé, on creusait le trou qui allait recevoir cette cuve énorme en ciment, avec ses trous d’arrivée et de sortie, à disposer judicieusement, pour que l’évacuation se fasse naturellement par gravité naturelle, vers un point bas. D’ailleurs on fabriquait cette tranchée qui allait s’éteindre gentiment quelques mètres plus loin, de manière à éviter les relents désastreux de ces parfums nauséabonds, auxquels les animaux nous avaient habitué. il fallait conditionner l’intérieur de la fosse par des roches et graviers, couvrir d’un grillage le tout et mettre un couvercle de fermeture.
    Après s’installait le doute quand à l’efficacité, en premier la contenance sera-t-elle suffisante, qu’est-ce qu’il ne faut pas y jeter, comment l’entretenir, donner de quoi fabriquer des asticots et autres mangeurs d’excréments.
    Rien ne se faisait simplement, car les habitudes anciennes n’étaient pas faciles à oublier, pourtant chacun était conscient de ce confort sanitaire, de sa nécessité, ne serait-ce que l’hygiène globalisé à l’ensemble d’une nouvelle vie.
    Il n’empêche que la durée optimale n’était pas très bien optimisée, et qu’il arrivait un embourbement, une mauvaise odeur indicatrice de trop plein, de mauvaise évacuation, et de manque de faune destructrice. La fosse septique ne l’étant plus, on pouvait faire venir le camion à pompe, mais aussi, selon les moyens financiers, le faire soi-même. La débrouille habituelle des gens de la campagne, leur nécessaire suffisance, liée à la nécessité. On ouvrait et découvrait l’ampleur du travail à réaliser, dans cette pestilentielle effervescence, dont les narines et le corps allaient s’imprégner. Les moyens restaient ceux ancestraux, qui rejoignaient la fosse à purin et à fumier, grâce à une brouette et de bons bras toute la journée. Tout le monde profitait ainsi de cette usine à remugles, durant une journée sinon deux, jusqu’à ce que la fosse vidée, nettoyée et remise en état soit refermée.
    Chacun pouvait mesurer combien il avait été négligent, ou laxiste, concernant les recommandations d’utilisation. Cela donnait à réfléchir sur les conséquences de nos actes, et le devoir de précaution s’avérait évident pour tous.
    Mais il faut reconnaître que pisser debout en pleine nature, le nez au vent, le regard dans les étoiles, par une douce nuit de printemps, reste un moment savoureux et jouissif.
    cela fait du bien aux plus sceptiques.

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  • La pompe à Jules... 30 mars 07:03, par jean pierre lemoine

    Bravo l’artiste ou la beauté truculente du récit est la face cachée de la lune qui crée l’événement olfactif le plus excitant pour ces mômes intrépides dont la pompe à Jules est l’acteur-studio préféré !!

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  • La pompe à Jules... 30 mars 09:11, par Pierre BOITON

    Je regrette de n’avoir rien lu concernant la femme du vidangeur, celle qui préfère à toute odeur, l’odeur de son amant qu’elle aimait tendrement !

    Comme aurait pu dire Alfred, pompons l’armerdre et pompons la gaiement !

    Amitiés

    Pierre BOITON

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 30 mars 09:54, par Marie Louise Le Meur Le Jort

    Pour moi enfant des Côtes d’Armor, la pompe à merde venait vider régulièrement les cuves de l’école où mes parents officiaient. et lorsque c"était fini, elle partait dans un champ voisin vider le contenu. Les enfants suivaient pour...récupérer ce qui avait pu tomber dans les « cabinets » de l’école, des balles la plupart du temps. J’ai vu un chauffeur pas « sympa » tremper les mains d’un garçon pour « s’amuser » !!

    merci pour l’article qui a rappelé des souvenirs d’enfance....

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  • La pompe à Jules... 30 mars 12:37, par CHANTAL DAVID

    Bravo pour votre récit. Cela m’a renvoyé (seulement) quarante ans en arrière. Chez mes grands-parents qui habitaient une petite ville en Charente il y avait les « cabinets » dans la cour. Mais là, surprise, deux personnes pouvaient se poser en même temps. Il y avait un genre de banc, au-dessus de la fosse, percé de deux 2 trous, recouverts chacun par un couvercle en bois. Et, comble du raffinement, un clou dans le mur avec en guise de papier toilette, des feuilles de journaux. Quand j’arrivais en vacances, ma grand-mère, ayant sûrement pitié pour mes petites fesses de parisienne, me mettait à disposition du papier hygiénique marron glacé : quel luxe !!!!! Le soir elle prévoyait toujours le seau (pour le pipi de la nuit) qu’elle allait vider le matin dans les cabinets. Pour vidanger, il fallait traverser le couloir de la maison pour aller dans la cour car il n’y avait pas d’autre accès. Mémé râlait à cause des odeurs laissées mais il fallait bien en passer par là.

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  • La pompe à Jules... 30 mars 15:44, par catherine marquet

    Sujet pas glamour
    mais traité avec énormément d’humour !!

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  • La pompe à Jules... 30 mars 18:33, par Brunelière

    Bravo pour cette évocation pleine d’humour et qui remet bien les choses à leur place. En effet quand on y réfléchit bien, toutes les bonnes choses que nous dégustons soit au cours des repas normaux soit chez les grands chefs étoilés de notre pays terminent là .Je pense surtout à la furie des gueuletons de fin d’année... Triste fin mais à mon avis, très morale... Ramon.

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  • La pompe à Jules... 31 mars 10:22, par Jean Pierre Boulesteix

    Bravo !
    J’applaudis, tellement ces mots nous font apparaître des images vécues.
    Votre texte est vraiment top, j’ai adoré le... « jus de croupion ».
    Merci pour ces quelques instants de puanteurs exquises, vous me rappelez aussi un texte que j’ai trouvé par hasard chez un bouquiniste, dont l’auteur,le Père Barnabas, vante les mérites de péter.
    La littérature française renferme tellement de bons textes, le vôtre mérite une bonne place, et tant pis pour les « biens pensants » ou autres que ça peut déranger.
    Bien à vous...
    Jean-Pierre

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  • La pompe à Jules... 31 mars 10:30, par WINDEL

    Exactement ce que j’ai vécu quelques 65 ans plus tôt en Lorraine. La P à M était appelée « catachiotte » c’était un vieux GMC des soldats américains...

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  • La pompe à Jules... 31 mars 19:45, par Marc Ledoux

    Ces histoires scatologiques enchantent toujours. Je vais donc vous conter la mienne. Tous qui avaient écrit êtes des gens civilisés qui avaient une planche, un trou, une fosse etc. Pour moi dans mon petit village de Provence verte, nous n’avions pour toute la famille (arrière grand père, grand père et grand mère, oncle, tante, papa, maman et trois garçons dont moi) qu’un seau d’émail bleu avec couvercle placé sous l’escalier. On y passait tous régulièrement sauf quelques « hommes » de la famille dont moi qui préférions aller faire nos besoins dans un champ de vigne situé à deux ou trois cent mètres en bas dans la plaine. Le seau était surtout réservé aux femmes sauf cas d’urgence urinaire pendant la nuit. Ce qui amusait beaucoup plus mon second et moi, j’étais l’aîné, était de placer discrètement un gros caillou au fond du seau et quand la « toupine » arrivait, de nous mettre à la fenêtre et d’attendre. La toupine était un gros baril placé à l’horizontale sur l’essieu de deux roues, ouvert d’un rectangle au sommet et tiré par un âne robuste. Le toupinier faisait ainsi le tour du village et versait le contenu du seau que chaque famille avait déposé devant sa porte au petit matin. Le noeud de l’histoire c’est que lorsque le tour de notre seau arrivait, le caillou plongeait violemment dans le dit baril et aspergeait ainsi le pauvre toupinier. Ce pauvre homme, un émigré italien, jurait dans sa langue natale tout en s’essuyant le visage et le reste qu’il nous attraperait pour nous punir, mais nous nous savions inaccessibles à la fenêtre du premier étage, pleurant de rire. Et nous avons renouvelé ce forfait des dizaines de fois, et le malheureux se faisait avoir à chaque fois. Et pourtant Dieu sait s’il soupesait et ressoupesait le seau quand il se saisissait du nôtre par la anse, la densité des excréments (féminins !) devait approcher celle du caillou, elles étaient toujours constipées, pas par la nourriture mais par la difficulté qu’elles avaient à s’assoir sur ce trône malodorant. Nous avions l’innocence (et la bêtise) de deux gamins de sept et six ans.
    Aujourd’hui nous sommes tous aseptisés avec nos toilettes de luxe et pourtant nous attrapons presque chaque année une belle gastro, chose totalement inconnue en ces temps ...

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  • La pompe à Jules... 31 mars 22:29, par Jacqueline ISNEL-GUERIN

    La lecture de « La pompe à Jules ... » est un enchantement ! Véritable moment de joie pour nous faire sortir la tête de toute éventuelle merde ambiante !
    Merci Christian Baumgarth !
    Jacqueline

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  • La pompe à Jules... 1er avril 21:09, par Franck Boulinguez

    Christian,

    Avec tout le respect que je vous dois : « Quelle histoire de M..! »

    Je n’ai jamais autant pris de plaisir à lire une histoire aussi merdique !
    Le choix des mots, des adjectif, la tournure des phrases sont tout simplement... à l’opposé du sujet !
    Quel bonheur et que de senteurs printanières !

    "les effets les plus attendus sont produits par les causes les moins inattendues"
    C’est le fameux « Effet Papillon »...

    Dire qu’une fois par mois, un successeur du camion de Jules vient encore, à 20 mètres de chez moi, curer une cuve (municipale) dont la pompe de relevage est incapable d’effectuer le travail depuis plus de 10 ans... Tout ça à 10km du centre-ville de Tours...

    Cordialement
    Franck

    PS : Comme à l’habitude, l’illustration de Marine est magnifique ! Merci de lui faire part de mon admiration pour son talent.

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 3 avril 09:19, par Joelle GIRAUD

    Bonjour
    Un grand bonheur de vous lire comme à chaque fois.
    Ce qui drôle aussi c’est de voir que cela déclenche près de 30 récits analogues : sur le sujet tout le monde a quelque chose d’intéressant à dire !! :-)

    Répondre à ce message

  • La pompe à Jules... 7 avril 20:16, par fchevreau1

    Comme beaucoup l’ont dit, cela fait remonter des souvenirs et des odeurs à la surface.
    A la maison, la fosse « sceptique » n’était pas dehors, mais dans la cave, dans un coin discret et bien caché afin que, nous les enfants, n’y ayons pas accès afin que nous ne puissions y jeter tout et n’importe quoi pour ne pas boucher son tuyau d’évacuation qui la vidait dans le potager. Mais celle-ci s’est rappelée à notre bon souvenir un certain nombre de fois, lorsque la pompe se désamorçait et cela prenait généralement une petite semaine avant que toute la famille n’en perçoive les effluves car les murs étaient plutôt épais. Alors, il ne restait plus qu’une chose à faire, le dimanche après-midi, mon père et son ami chaussaient leur bottes et descendaient à la cave pour réamorcer la pompe et nettoyer tout ce qui avait débordé afin qu’on puisse y retourner et surtout faire disparaître l’odeur nauséabonde qui s’était répandue dans tous les recoins, car en temps là, il n’y avait pas de frigo et tout se gardait au frais à la cave sur des étagères.
    Et aussi cet autre souvenir, de vacances celui-là. C’était en été, comme tous les ans, nous remettions le bateau en état afin de naviguer, mais le travail n’était possible qu’à marée basse afin d’atteindre le bateau, aussi le travail se faisait de jour comme de nuit selon les horaires des marées car le port asséchait. Par une belle nuit étoilée et grâce aussi aux lumières de la ville, nous étions entrain de mettre le bateau à l’eau, lorsque tout à coup, vers les trois heures du matin, nous avons entendu un énorme flop, c’était la ville qui vidangeait dans le port son trop plein des cuves remplies par les vacanciers. Je vous laisse imaginer la suite ! La fin de l’histoire est que le bateau s’est mis à flotter plus vite qu’on s’y attendait et que la nuit s’est terminée par une douche avant de pouvoir gagner notre lit, mais entre temps la maison s’était parfumée car, croyez moi ou non, l’odeur est plutôt tenace. Mais cela n’avait pas d’importance, on s’était bien amusé.

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  • La pompe à Jules... 8 mai 07:04, par PUECH Claude-Marie

    Souvenirs ... Souvenirs et tous les sens en alerte .... comme quoi la France d’une époque vivait au rythme des pompes à mer de.... seul moment où nous, enfants, avions le droit de prononcer ce mot de Cambronne .... merci pour cet article plein d’humour et de vraie vie.

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  • La pompe à Jules... 8 mai 08:59, par Guy SCHEFFER

    Adorable histoire de mon enfance, cette pompe nous l’appelions « Madame PIPI ». :
    J’aime ces souvenirs de la vie quotidienne de nos aïeux.
    Amitiés
    Guy

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  • La pompe à Jules... 8 mai 18:30, par christine ELAPHOS

    A MARSEILLE (7e arrondissement) jusqu’aux débuts des années 70, j’ai connu ce genre de camion. On l’appelait « la tinette ». La maison de mes grands parents a été une des dernières à être raccordée au tout à l’égout.

    Répondre à ce message

    • La pompe à Jules... 9 mai 09:54, par Colette Boulard

      ...J’ai connu cela en arrivant à Bordeaux, fin des années 70.

      Un proche, issu lui aussi de la Haute Marne, et à qui j’ai transmis un lien avec ce texte, me répond ceci : "Alors là on réveille des souvenirs olfactifs et auditifs car ce fichu camion était reconnaissable au bruit également
      c’était une institution et je me souviens encore de son nom « RIEL » qui servait à identifier toute odeur un peu nauséabonde ! ça sent Riel !"

      bonne fin de semaine,

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  • La pompe à Jules... 9 mai 22:51, par Lisette Léveillé

    Il en fallait de ces gens rarissimes pour faire ce travail, j’imagine mal rémunérés. Mais ils étaient très appréciés car, au moins les enfants se plaisaient à assister à la récupération.
    Ce texte est suave...enfin vous comprenez ce que je veux dire !
    Merci. J’en demande encore,
    Au plaisir de vous relire,
    Lisette

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  • La pompe à Jules... 11 mai 07:18, par gattier

    Tellement bien écrit !!!!
    Regaler son lecteur avec si peu de chose : quel art !!

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  • La pompe à Jules... 11 mai 09:48, par Carré

    Chez nous aussi nous avions droit àla cabane au jardin avec sa planche à trou, sa cuve et son bloc de papier journal, cuve qu’il fallait aller vider avant débordement, ce que nous faisions dans un jardin éloigné de la maison situé de l’autre côté d’une route nationale.
    Je sais d’où venait l’expression pour nommer cette opération : « on allait tirer l’oreille à Jules » ou « enterrer Jules »
    Qu’est-ce qui nous prit un soir, alors que nous étions désignés par notre père pour cette corvée,de vouloir enterrer Jules religieusement ! Bien sûr l’opération se fit à la nuit tombée !
    Ayant revêtu une redingote noire,nous chargeâmes la cuve sur la brouette que je conduisis précédé de mon frère portant une croix factice, et nous traversâmes la route lentement heureusement calme à cette heure tardive.
    A cette époque nous n’avions pas de télé, il fallait bien rire de temps en temps et nos voisins, qui avaient vu la scène sans se montrer nous en ont reparlé longtemps !

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