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Le choléra-morbus à Quimper en 1832


vendredi 25 juin 2021, par Pierrick Chuto

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Affiche placardée sur les murs.
Elle existe également en breton
Archives municipales de Quimper. Le grenier de la mémoire

Nous nous plaignons à juste titre des déjections diverses et variées qui salissent les trottoirs de nos villes.

Relativisons en effectuant une petite plongée dans le Quimper de 1832. Absence totale d’hygiène, insalubrité des logements, contamination des puits et des fontaines publiques par l’infiltration dans le sol des boues et autres fumiers, tel est le spectacle peu reluisant que nos ancêtres paysans découvrent lorsqu’ils viennent le samedi au marché. Mais ce n’est guère mieux chez eux !

À Quimper, ville de près de dix mille habitants, rue Verdelet, plusieurs ménages sont logés dans une écurie infecte que traverse un ruisseau fangeux où les eaux séjournent, le sol étant en dessous du niveau de la rue. Dans le bulletin de la Société archéologique du Finistère, Hervé Glorennec écrit que même les porcs périssent à cause de l’extrême insalubrité des lieux !

Deux tueries publiques sont situées sur les bords de la rivière Steïr. L’abattage annuel de 1200 bœufs, 4000 veaux et moutons, ainsi que de 600 porcs engendre une forte pollution qui inquiète les riverains.

Les autorités reçoivent des nouvelles peu rassurantes venant de la capitale. En avril 1832, le préfet fait placarder sur les murs de la ville des affiches interdisant les rassemblements d’animaux carnivores et de ceux tenus malproprement, tels les chevaux, les cochons ,les poulets et les lapins.

Il est conseillé de nettoyer les vitres de son logis une fois par semaine , car l’action de la lumière est utile à la santé.
Il est aussi préférable d’éviter les émotions fortes, telles que la colère et la frayeur. Et pourtant, le peuple s’affole bien vite devant cette maladie qu’il ne connaît guère.

Le 13 mai, dans l’hôtel du Lion d’Or, situé place Saint-Corentin, l’épidémie fait une première victime : le marin Catel, venu d’Alger, qui se rendait à Brest.

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Hôtel du Lion d’Or, place Saint-Corentin (Quimper)

Le 16 mai, monsieur Le Jumeau de Kergaradec, médecin et président de la commission médicale, se veut rassurant dans un courrier adressé au maire Éloury. Les deux victimes du choléra, mortes ce jour à l’hospice, n’ont pas été en contact avec le nommé Catel. L’une, épileptique et idiote depuis son enfance, a fait un grand écart de régime la veille. L’autre, âgé de 83 ans, était dans un état d’extrême décrépitude et grabataire. Comme tous ceux qui ont approché le marin mort sont en parfaite santé, le médecin en conclut naïvement que le choléra n’est pas contagieux.
Pourtant, à Paris, le 16 mai, Casimir Périer, président du Conseil, en meurt, après avoir visité des malades à l’Hôtel-Dieu.

La commission de l’hospice exige que deux médecins soient extraordinairement attachés au service des malades. Messieurs de Kergaradec et Bonnemaison se portent volontaires, assistés par les dames du Saint-Esprit, dévouées au culte du malheur. Par voie d’affichage, le maire précise que l’administration ne force personne à aller à l’hospice de Creac’h-Euzen, mais que le public ne doit pas craindre d’y être soigné. Certains prétendent cependant que les lieux sont déplorablement mal tenus et que l’on éprouve de la répugnance à y entrer.

Il est vrai que l’hospice ne présente pas toutes les garanties de guérison. Arrivées en 1831, les sœurs de la congrégation du Saint-Esprit sont dépassées par tous les patients qui arrivent. Malgré les secours gouvernementaux et une souscription ouverte, les dévouées religieuses manquent de couvertures, de draps, de lits, et les malades sont parqués dans deux salles isolées de l’hospice. Épuisées, elles délaissent les enfants "trouvés" qui errent dans la cour, les tuberculeux, les scrofuleux et les vieillards (plus de 50 ans !).

M. Le Jumeau de Kergaradec, président de la commission médicale, qui prétendait, il y a peu, que la maladie n’était pas contagieuse, soudainement guéri de son optimisme béat, implore l’envoi de fonds pour déplacer les vastes fosses d’aisance placées à l’intérieur de l’hospice et qui communiquent à tous les étages. Ces foyers d’infection répandent partout une odeur essentiellement méphitique.
Dans la cour, un menuisier construit un amphithéâtre fait en planches pour exposer les morts et faire les autopsies.
Les nombreux militaires hospitalisés, fragilisés par la dysenterie contractée aux colonies, sont une proie de choix pour le choléra, mais le ministère de la Guerre fait la sourde oreille aux demandes de secours en couchages. Question importante : les effets d’habillement des militaires morts du choléra peuvent-ils être distribués à d’autres hommes ?

Un bureau de secours est établi à la mairie. Il est écrit qu’il se portera avec zèle au lit du pauvre ou du riche. Mais ce sont plutôt les quartiers insalubres qui souffrent. Refusant les aides, de nombreux malades qui habitent dans les rues Sainte-Catherine, Neuve (actuelle rue Jean Jaurès) et Sainte-Thérèse , meurent dans d’horribles souffrances. Ainsi, un aveugle mendiant, qui a refusé de se laisser porter à l’hospice, décède sans traitement.

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Rue Sainte-Catherine, durement touchée par l’épidémie

À l’image de mon arrière-arrière-arrière-grand-mère, les gens âgés se calfeutrent chez eux dès qu’ils ressentent ou croient ressentir les premiers signes de la maladie : une grande fatigue, des nausées, une froideur de tout le corps et des crampes des membres inférieurs. Ceux qui assistent aux offices saints ne sont guère plus rassurés. Le curé de la cathédrale menace et tempête en chaire. Dans son sermon, il prévient : le choléra est un missionnaire que Dieu nous envoie pour nous prêcher son enseignement. La peur est telle que le châtiment supposé de Dieu réveille la foi dans les cœurs les plus endurcis et que l’on se réfugie dans les églises au risque d’accroître la contagion.

Mon aïeule, après la mort de sa sœur à l’hospice, convoque le notaire pour lui dicter son testament, dans la vue de la mort. Nombreux sont ceux qui agissent ainsi.

Pendant l’été, l’épidémie semble moins virulente et les Quimpérois entendent avec plaisir les salves des vingt et un coups de canon tirés au lever et au coucher du soleil, les 27, 28 et 29 juillet, pour commémorer les trois journées qui, en 1830, ont précipité la chute de Charles X, et amené Louis-Philippe sur le trône. Celui-ci a recommandé de ne pas dépenser de l’argent pour fêter son avènement, et de le consacrer plutôt à soulager les souffrances des malheureux, mais les conseillers municipaux quimpérois dilapident une centaine de francs pour acheter de la poudre.

Dès le mois de septembre, le choléra-morbus fait de nouveau des ravages. 11 militaires du 51e régiment d’infanterie meurent à l’hospice. Ceux qui sont bien portants deviennent infirmiers et soignent les cholériques. Les sœurs du Saint-Esprit se dévouent sans compter avec les remèdes aux vertus incertaines qui leur sont alloués : les cataplasmes de farine de moutarde et de graines de lin, les décoctions de tilleul, l’ipecacuanha en poudre, les gouttes de laudanum, l’éther, la gomme arabique en morceaux ou en poudre, et les fameuses sangsues, sensées tuer le mal.

Quimper a été divisé en six quartiers avec, pour chacun d’eux, un médecin qui reçoit une dotation de 200 sangsues. Comme cela ne suffit pas, les pharmaciens Bourassin (rue Kéréon) et Fatou livrent 1400 sangsues supplémentaires.

Un nouveau moyen de lutter contre le mal arrive sur Quimper. Il s’agit du Sudatorium, vivement recommandé par le ministère de l’Intérieur. C’est un véritable supplice pour le malade, dont la température baisse rapidement en- dessous de 37°. La machine provoque une transpiration salutaire, mais au moindre refroidissement, le malade affaibli décède.

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Le Sudatorium
Archives municipales de Quimper. Le grenier de la mémoire

L’hospice ne pouvant plus accueillir de nouveaux malades, le maire autorise l’ouverture d’une maison de secours à l’ancien couvent Saint-Joseph (actuel évêché, rue de Rosmadec). Louis-Philippe accorde la somme de 3000 francs pour soigner les indigents et la municipalité rajoute la même somme. Le préfet Pellenc donne 250 F lors d’une souscription, l’évêque 300 F et le maire 150 F.

Semblant ne pas craindre la maladie et ses miasmes, certains conseillers municipaux visitent les familles éprouvées, d’autres fournissent des draps et des comestibles. Courage, fuyons ! MM Bohan, ancien maire, et Coatpont, sont précipitamment partis à la campagne et ne siègent plus au conseil. Ce dernier se réunit très souvent pour discutailler des heures et des heures.

Le 18 octobre, le secrétaire de la commission médicale écrit à l’intendant militaire du département que l’épidémie parait avoir cessé, aucun nouveau cas n’étant signalé depuis une dizaine de jours.

État fin septembre
Malades : hommes : 159 femmes 215 , soit un total de 374 personnes
Morts : hommes : 74 femmes 122 , soit un total de 196 personnes

Il s’agit maintenant de remercier ceux qui se sont dévoués. Tous les soignants se sont dépensés avec abnégation, mais ils ne seront pas décorés, car ils n’ont fait que leur travail. Les sœurs du bureau de bienfaisance et celles de l’hospice n’y ont pas droit non plus, la religion leur faisant un devoir de résignation. Par contre, par leur contenance et leur calme, quatre militaires du 51e régiment de ligne, ayant remonté le moral de la population de l’hospice, reçoivent une médaille d’argent.

Un détail : pendant la durée de l’épidémie, vingt-huit enfants dits trouvés, déclarés de père et mère inconnus, ont été exposés (déposés) au tour de l’hospice de Creac’h-Euzen. Il a fallu beaucoup de courage ou d’inconscience à ces mères ou leurs commissionnaires pour quitter leur campagne et venir déposer un enfant dans une cité où la contagion menaçait à chaque coin de rue et encore plus à l’hospice.

Dès les premiers jours d’octobre 1834, une nouvelle épidémie de choléra, partie de la rue Neuve (actuelle rue Jean Jaurès), s’étend rapidement en ville et tue une dizaine de personnes. Le commissaire de police n’y voit pas d’effets effrayants, sauf chez cette malheureuse classe d’individus que l’intempérance ou la malpropreté assujettissent à un foule de vicissitudes sanitaires.

Cette nouvelle épidémie fera, suivant les sources, entre 90 et 150 victimes…

Sur la page d’accueil du site : www.chuto.fr : préface et introduction
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Les exposés de Creac’h-Euzen

P.-S.

Vient de paraître :

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9 Messages

  • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 25 juin 21:06, par Agnès HECTOR

    Merci pour cette très intéressante enquête. Savez-vous la proportion de religieuses et de soignants qui ont été affectés à leur tour ?
    Le maire "prudent" a-t-il été sanctionné aux élections suivantes ?
    Vous sous-entendez que les enfants abandonnés venaient de la campagne ; il me semble pourtant qu’une grossesse devait être difficile à cacher dans un village ; pourquoi ne pensez-vous que les enfants étaient nés localement ?
    Bien cordialement,
    Agnès

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    • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 25 juin 22:04, par Colette Boulard

      La réponse quant à l’origine des enfants abandonnés se trouve dans le livre "les exposés de Creac’h - Euzen" que j’ai commencé à lire, l’ayant récemment acquis. J’avais un peu hésité, ayant vu aux archives départementales girondines une très intéressante expo qui abordait ce sujet.Qu’apprendrai-je de plus ? Et bien j’apprends encore dans ce livre remarquablement informé, bien écrit, sérieux sans être pour autant austère : c’est passionnant, comme on le voit déjà dans le texte sur le Choléra-Morbus, et impressionnant. Quimper est loin, très loin du Quimper actuel et la vie était d’une grande âpreté. La ou plutôt les descriptions successives, au fil des ans, concernant le cadre de vie, ou plutôt de survie des enfants exposés, et de tous ceux que la misère amenait à l’hospice sont à la fois intéressantes et effrayantes. Parallèlement Pierrick Chuto montre le dévouement et l’humanité de nombre d’intervenants. Le récit, dont les sources sont données, est riche d’humanisme.
      Le format de l’ouvrage ni son poids ne permettent de l’emmener dans son sac ni de le lire dans les transports en commun, mais son attractivité va me le faire lire jusqu’au bout, ou presque : même si elles sont toutes intéressantes, je ne lirai pas l’exhaustivité des notices individuelles de chaque enfant évoqué. Quel boulot vous avez fait, Pierrick !

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      • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 26 juin 11:01, par Pierrick Chuto

        Merci Colette pour votre commentaire qui me satisfait pleinement. il va trouver sa place dans le livre d’or de mon site. http://www.chuto.fr/
        Je suis très fier d’avoir écrit cet ouvrage, le seul publié en France qui donne tant de détails sur les enfants exposés à l’hospice de Quimper. il a ainsi permis à de nombreux lecteurs (dans toute la France) d’être renseignés sur leur ancêtre et même de leur apprendre qu’ils descendaient d’un enfant trouvé.
        La vie de ces enfants (admission à l’hospice,invention d’un patronyme, mise en nourrice puis en apprentissage) était la même que ce soit à Quimper ou ailleurs.
        Merci encore Colette.
        Pierrick
        P.S : mes recherches ont été facilitées par le travail colossal effectué par les bénévoles du CGF (centre généalogique du Finistère. Plus de 5000 membres, et une base de données de plus de 11 millions d’actes)

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    • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 26 juin 10:47, par Pierrick Chuto

      Merci pour votre message. je n’ai pas trouvé de décompte des soignants mors "au combat".
      Le maire Eloury est resté en place jusqu’en 1835 (affaire de la construction de l’hôtel de ville dont il était aussi l’architecte, dirigeant les travaux).
      Les enfants exposés venaient de Quimper et des campagnes environnantes, d’où les filles enceintes partaient souvent lorsque leur "état" était devenu trop voyant. Elles étaient aussi souvent chassées par le géniteur, parfois leur patron). Je raconte tout cela dans le livre.

      Répondre à ce message

  • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 28 juin 16:16, par jacques Chevaillot

    Merci pour cette belle enquête sur l’épidémie de 1832 (et pour cette étonnante affiche !).

    Qu’il me soit permis d’apporter mon humble témoignage en ce qui concerne certains de mes ascendants, victimes du même mal, mais dans la Marne.

    C’est en remontant ma généalogie maternelle, que je m’intéressais à la commune d’Hauteville, dans la Marne pour y retrouver un acte de décès de mai 1832.

    C’est en remontant ma généalogie maternelle, que je m’intéressais à la commune d’Hauteville, dans la Marne Merci pour cette belle enquête sur l’épidémie de 1832 (et pour cette étonnante affiche !).

    Qu’il me soit permis d’apporter mon témoignage en ce qui concerne certains de mes ascendants, victimes du même mal, mais dans la Marne.

    C’est en remontant ma généalogie maternelle, que je m’intéressais à la commune d’Hauteville, dans la Marne pour y retrouver un acte de décès de mai 1832.
    pour y retrouver un acte de décès de mai 1832.

    Consultant les registres de l’état-civil je découvre que le registre des décès de l’année 1832 présente deux anomalies. Alors qu’il n’y a eu qu’un décès mensuel de janvier à avril, le moyenne habituelle dans ce village, nous avons affaire à un pic soudain de 29 décès en mai et 23 en juin. Et la situation retourne à la normale dès juillet.

    En l’absence de commentaire de ce phénomène dans le registre, comment ne pas penser à une épidémie ? Une recherche rapide permet de constater qu’une épidémie de choléra a débuté en mars à Paris. Dès les premiers jours d’avril, des régiments en mouvement de Paris vers le Nord-Est ont égrené un chapelet de cholériques jusqu’à la Meuse. Et le développement des moyens de communications et des échanges à cette époque va rapidement amplifier le problème.

    Et la Marne va être particulièrement touchée. Un premier cas est détecté dans le canton de Bourgogne le 1er avril 1832. En sept mois, on va dénombrer dans le département plus de 23 000 malades et 6 845 morts.
    Sermaize, avec 898 malades et 216 morts, perd plus du dixième de sa population.
    L’arrondissement de Reims fut le plus touché, fournissant près de la moitié des morts du département.

    C’est la famille Odinot qui va inaugurer la sinistre liste des morts d’Hauteville.
    Du registre de l’état-civil de la commune, nous apprenons que le 8 mai, à cinq heures de l’après-midi, François Alips, 74 ans, propriétaire, beau-frère du défunt, et Louis Aimable Odinot, 32 ans, bourrelier, cousin germain du défunt, viennent déclarer que vers les quatre heures de l’après-midi Louis Isidore Odinot, bourrelier, 34 ans environ, époux de Marie-Henriette Alips, est décédé en sa maison, rue des Canards.

    Le lendemain 9 mai, dès sept heures du matin, les deux mêmes viennent faire enregistrer le décès à cinq heures du matin de Camille Alexis Odinot, 8 ans, fils de défunt Louis Isidore Odinot et de Marie-Henriette Alips.

    Les deux déclarants reviennent à quatre heures du soir pour annoncer qu’à neuf heures du matin Emélie Octavie Odinot, âgée de 11 ans, soeur du précèdent, est décédée.

    A noter que dans la rue des Canards , un des foyers de l’épidémie (avec le Coin d’Enfer, la rue Haute et l’impasse Laroche) une fillette de 8 ans décède le 8 mai et deux voisines les 13 et 14.

    Le 16 mai, « heure de six du soir », nos deux messagers accomplissent à nouveau leur pénible démarche et déclarent le décès vers cinq heures du soir de Augustine Calixte Odinot, 12 ans.

    Le lendemain, 17 mai, décès vers six heures du soir de la soeur aînée, Victoire Adrienne Odinot, 13 ans.

    Ainsi, en dix jours, Marie-Henriette Alip a perdu son mari et quatre de ses huit enfants, âgés de huit à treize ans. Survivant à l’épidémie, elle ne se remariera pas et s’éteindra en 1871 à 75 ans.

    A la fin de cette année 1832, 3 enfants ont survécu, Louis Poliphile, 14 ans, Maximilien Dorsène, 5 ans et François Eustache, 3 ans.

    Parmi eux, François Eustache Odinot aura lui une destinée particulière. Ayant échappé par miracle à la mort en 1832, il fit de même lors de l’épidémie de 1854. Cependant, faisant partie de l’Armée d’Orient, envoyée en Crimée combattre les Russes aux côtés des Turcs et des Britanniques, fusilier au 100e Régiment d’Infanterie de ligne, il est blessé le 8 septembre 1855 d’un coup de feu russe à la poitrine lors de la prise de la tour Malakoff, le dernier jour du siège de Sebastopol, et entre à l’Ambulance de la 5e Division du 2e Corps d’Armée où il décéda le 25 du même mois. Il avait 26 ans.

    Un de ses camarades d’Hauteville, Amédée Cyrille Maucler, maçon, infirmier, soldat de deuxième classe à la 3e Division du 1er Corps, périra lui de la fièvre typhoïde.
    Ironie du sort, cette Armée d’Orient, transitant à pied de Paris à Marseille, fut accusée d’avoir contaminée le Sud-Est de la France, disséminant le choléra de l’épidémie de 1854, avant d’en emporter les germes en Crimée.

    Le Général en Chef lui-même est mort du choléra devant Sebastopol le 29 septembre 1854.

    Durant la guerre de Crimée, les Français auront perdu en un an 95 000 hommes ... dont 75 000 de maladies (choléra, dysenterie, scorbut, fièvre typhoïde).

    Un grand merci à La Gazette qui nous permet de partager nos découvertes !
    Bien cordialement
    Jacques

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  • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 2 juillet 06:41, par Sonia Landgrebe

    Bonjour Pierrick,

    Intéressant de voir les pratiques et les croyances d’autres époques... Certaines sont assez étonnantes vues de nos yeux d’aujourd’hui ! Cela dit, nous n’avons rien d’exemplaire et je me garderai bien de tout parallèle avec la période actuelle. Merci en tout cas pour cette plongée dans le passé de Quimper.

    Cordialement,
    Sonia

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    • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 2 juillet 19:47, par pierrick chuto

      Merci Sonia d’avoir pris la peine de m’adresser ce gentil message.
      Comme tout auteur je suis pris souvent par le doute : ce que j’écris intéresse-t-il les lecteurs ? Chaque auteur a besoin d’avoir des avis bons ou moins bons pour s’améliorer.
      Actuellement,je travaille à un rythme de sénateur sur 9 magnifiques lettres de 1863 entre mon arrière-grand-père à sa promise, ma future arrière-grand-mère.
      Très surprenant dans le style assez châtié et dans les idées, souvent intéressées (les deux fermes étaient belles !!).
      Je ne sais ce que j’en ferai. Peut-être des articles pour la Gazette ?
      Bien cordialement
      Pierrick

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      • Le choléra-morbus à Quimper en 1832 3 juillet 06:46, par Sonia Landgrebe

        Bonjour Pierrick,

        Je comprends vos doutes, mais vous êtes un écrivain et chroniqueur plus que reconnu (ici en tout cas !) et je ne pense pas avoir jamais rien lu d’ennuyeux de votre part 😉 Pour ma part, j’adore les belles épîtres d’autrefois et je serais enchantée de lire ce que vous écrirez à ce sujet !

        Au plaisir,
        Sonia

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