Sur le mariage de leur fils Louis Joseph Henri ROCHE avec Berthe Joséphine Eugénie BLACHE en 1900 à Génissieux (26) il est précisé que la mère de l’époux, Joséphine Marie a été désignée « par erreur » dans les actes de publications des bans Joséphine Marie BORIER.
Or on trouve le 03.06.1842, à Fort-de-France, l’affranchissement de Pauline, mère de Marie Joséphine. Cet acte [3] assez long énumère une série d’affranchissements. Il commence ainsi :
Au nom du Roi, nous gouverneur de la Martinique, vu l’ordonnance royale du douze juillet mil huit cent trente deux, vu les déclarations faites en conformité de cette ordonnance ; considérant que toutes les formalités exigées par l’ordonnance précitée ont été accomplies sur la proposition du procureur général du Roi et de l’avis du conseil privé, avons arrêté et arrêtons ce qui suit : Article premier : Sont déclarés libres et seront inscrits définitivement en cette qualité sur les registres de l’État Civil de la commune de Fort Royal les individus dont les noms suivent (…) »
Sur la page suivante (p. 68) on peut lire : « n° 1330 Pauline, mulâtresse [4] de dix-neuf ans, servante, née à Saint-Pierre, demeurant à Fort-Royal, esclave du sieur Borrier propriétaire au Fort-Royal (Euphrasie BORRIOS). »

- Source : Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM)
Entre parenthèses ce sont les prénom (Euphrasie) et nom (BORRIOS) donnés lors de cet affranchissement. Le lien BORRIER ↔ BORRIOS est évident : entre autres principes d’attribution de patronyme aux esclaves affranchis il y avait celui de s’inspirer de celui du maître [5].
Claude BORIER [6], décédé le 09.05.1852 à Fort-de-France, s’était marié en 1817 à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (26) avec Françoise Thérèse OTERNAUD. En 1839, il affranchit (Marie) Joséphine [7] :

- Source : Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM). « n° 660 Remise de l’ampliation de l’affranchissement de Hyène (Marie Joséphine).
En 1845, Pauline Euphrasie BORIOS, 22 ans, reconnaît ses deux filles [8] : Marie Joséphine Hyène âgée de 7 ans (et renvoie bien à l’acte transcrit ci-avant) et Occuline Saône Rhône âgée de 5 ans.
« L’an mil huit cent quarante-cinq et le vingt-neuf mai (…). Par devant nous Arthur Fidèle Alexandre Lejar Du Clesmeur, adjoint du maire délégué aux fonctions d’officier de l’état civil de la commune du Fort Royal île Martinique, est comparue (…) la demoiselle Pauline Euphrasie Borios, âgée de vingt-deux ans, couturière, domiciliée au Fort Royal, laquelle nous a déclaré qu’elle se reconnaît pour être la mère de deux enfants (…) nées en cette ville, la première âgée de sept ans, affranchie par arrêté (…) en date du dix-sept novembre mil huit cent trente-huit, sous les noms de Marie Joséphine Hyène, le dit arrêté enregistré (…) [à] Fort Royal le vingt-quatre septembre mil huit cent trente-neuf sous le n° 660 ; la seconde âgée de cinq ans, affranchie par arrêté (…) en date du __________ mil huit cent ____________ sous les noms de Occuline Saône Rhône (…) »
Pauline, née vers 1822, esclave du sieur Claude BORRIER, a probablement eu sa fille Marie Joséphine à l’âge de seize ou dix-sept ans et a été affranchie en 1842 où elle reçoit un patronyme inspiré de celui de son maître. Sa fille (Marie) Joséphine est née en 1838 ou 1839 [9], affranchie en 1839, et est reconnue par sa mère en 1845. Or dès 1846, à peine âgée de huit ans, Joséphine se retrouve en métropole, et plus exactement dans le village où Claude BORRIER s’est marié (village d’origine de son épouse) : Saint-Donat-sur-l’Herbasse (26).
Elle est recensée [10] en 1846 sous le nom de « Joséphine Joséphine » chez Françoise OTERNAUD (l’épouse de Claude BORRIER), et est déclarée comme « enfant naturel » cf. image ci-dessous :

- rchives départementales de la Drôme, Recensements, Saint-Donat-sur-l’Herbasse, 1846, 6 M 435
En 1851, âgée de treize ans elle est chez Joséphine VINCENT [11], directrice des Postes (cette dernière exerce déjà cette fonction en 1846 -auparavant en 1841 elle était institutrice -tout comme sa mère- et avait chez elle des pensionnaires) où il est précisé pour Joséphine -désormais désignée sous le patronyme BORRIER- « vivant des revenus de son père ».

- Archives départementales de la Drôme, Recensements, Saint-Donat-sur-l’Herbasse, 1851, 6 M 435
En 1856, âgée de dix-huit ans, elle est indiquée comme institutrice (vue 21/84).
En 1861 (elle a 23 ans) elle est désignée comme sous aide [12] de la directrice des Postes (vue 37/85).
En 1866, à 27 ans, elle est directrice des Postes.

- Archives départementales de la Drôme, Recensements, Saint-Donat-sur-l’Herbasse, 1866, 6 M 436
Les années ultérieures, suivant les actes, elle est aussi mentionnée comme receveuse des postes dénomination remplaçant à partir de 1864 celle de directrice [13].
En 1881 elle est toujours en fonction. À partir de 1886, elle n’est plus receveuse (d’autres vont prendre sa succession). A partir de cette année-là, elle est recensée soit en tant que « ménagère » soit en tant qu’ « employée » (son mari est commerçant : peut-être travaillait-elle avec lui) et parfois « sans profession ».
Il serait intéressant de savoir comment et pourquoi Marie Joséphine est venue en métropole si jeune (à huit ans), juste après avoir été reconnue par sa mère. Entre huit et treize ans (1846-1851) elle est « placée » chez Joséphine VINCENT, non pas comme domestique, mais apparemment comme pensionnaire ou apprentie. Claude BORRIER décède en 1852 (en Martinique), mais après ce décès sa formation est poursuivie et portera ses fruits puisque Joséphine (BORRIER) succédera à Joséphine VINCENT en tant que directrice de la Poste. Faut-il entrevoir dans ce destin (et notamment ce soin apporté à son éducation/formation) que Joséphine était la fille de Claude BORRIER ? Les éléments le laisseraient supposer, sinon comment expliquer la venue de cette enfant si jeune, laissant de l’autre côté de l’Atlantique sa mère et sa sœur ? Elle passe sa vie à Saint-Donat-sur-l’Herbasse où elle se marie en 1870. Elle décède en 1918, âgée de 80 ans. A-t-elle gardé un lien avec la Martinique, avec sa famille ? On est en droit de le supposer d’après son métier.
La famille de Joséphine en Martinique
Je n’ai pas trouvé la naissance de sa mère, Pauline, vers 1822 à Saint-Pierre. La seule Pauline trouvée dans cette ville est née en 1826 : en raison du très jeune âge (douze ans) que cela lui ferait à la naissance de sa fille Marie Joséphine, j’écarte des hypothèses cette naissance. Il y a bien, toujours à Saint-Pierre le Fort, en 1820 et 1822 les naissances de deux autres Euphrasie -mères différentes- or ces deux enfants sont nées de mères libres, et même si les conditions de liberté et d’esclavage ne sont pas toujours très nettes [14] le code Noir [15], article XIII (art. X ci-dessous), stipulait que les enfants suivaient la condition de leur mère : si elle est libre, ils naissent libres, si elle est esclave, ils naissent esclaves. Donc ces deux naissances sont à écarter puisque Pauline Euphrasie et ses filles étaient esclaves et ont été affranchies.

- « Le Code noir, ou Édit servant de règlement pour le gouvernement et l’administration de la justice, police, discipline et le commerce des esclaves nègres dans la province et colonie de la Loüisianne » 1727
Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (lien en note 16)
[Je n’ai pas trouvé le texte exact « Ordonnance ou édit de mars 1685 sur les esclaves des îles de l’Amérique » mais cela ne doit guère modifier la teneur du texte pour ce qui nous intéresse ici.]
Plusieurs éléments jouent en défaveur de l’établissement d’une généalogie un peu plus ample pour Pauline : les registres des esclaves étaient avant 1833 très peu et très mal tenus [16]. De plus, avec l’éruption de la montagne Pelée le 08.05.1902 qui détruisit Saint-Pierre une partie des archives a été définitivement perdue. A cela vient s’ajouter que les recensements de population de la Martinique pour le XIXe siècle n’ont pas été conservés.
Pauline est domiciliée en 1872 à Saint-Pierre (elle est âgée de 50 ans) lorsque son autre fille, Occuline Saône-Rhône se marie avec Adolphe LASTEL, typographe et chef d’atelier du journal « Les Colonies » [17].

- Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Pauline est peut-être décédée lors de la catastrophe de 1902 qui décima l’entière population de Saint-Pierre (env. 30000 personnes) -excepté trois rescapés. Je n’ai pas vu son décès à Saint-Pierre entre 1872 et 1902.
On peut aussi noter que lors du mariage du fils d’Occuline à Cayenne (Guyane) en 1902, -et donc petit-fils de Pauline- celui-ci déclare ne pas connaître la date de décès de ses parents ni le lieu de leur dernier domicile : seraient-ils eux aussi décédés lors de cette catastrophe naturelle ?
Le remarquable parcours de Joséphine
Messages
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 24 janvier 2024, 14:31, par lastel
Bonjour, je tombe par hasard sur cette article incroyable, d autant plus qu occuline est mon arrière arrière grand mère ! Je suis extrement reconnaissante et touchée par ce que je lis et j apprends. Ces informations ne font que consolider l histoire qui m a été contée par mon père. Un grand merci pour ce travail. Je serai ravie d echanger davantage si vous avez réuni d autres informations. J. LASTEL
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 16:33, par magguy level
comme quoi ses adoptants étaient des gens de coeur ne faisant aucune difference quant aux origines la preuve étant de ce parcours de vie admirable !!!!
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 10:08, par Franck JUIN
Oui, Claude BORRIER et Françoise Thérèse OTERNAUD ont eu au moins deux filles : une née en 1821 à St-Donat-sur-l’Herbasse (26) et l’autre en 1824 à Nîmes (30).
Sauf erreur de ma part, il n’y avait pas d’autres BORRIER à la Martinique mais j’avais trouvé un OTERNAUD, cousin germain de Françoise Thérèse OTERNAUD, marié à Fort-Royal (Fort-de-France) en 1829.
Merci pour votre suggestion de piste pour l’ascendance de Pauline (je n’y avais pas pensé). Mais au vu de l’état des ressources généalogiques pour la Martinique cela risque d’être passablement ardu, voire impossible, même si je n’ai pas exploré toutes les pistes (par ex. celle que Laurence Noël m’a donnée un peu plus haut : consulter les successions des propriétaires).
Franck Juin
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:51, par Balthazar
Sinon, Claude Borrier a-t-il eu des enfants avec sa femme légitime Françoise Thérèse Oternaud ?
Y a-t-il d’autres Borrier à la Martinique ?
Pauline est une mulâtresse esclave. Elle doit donc avoir un père blanc et une mère esclave. Est-il possible de retrouver ses propriétaires précédents ? Peut-être cela aiderait à retrouver son père ou sa mère ou les deux.
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:26, par Franck JUIN
Grâce à votre message j’en apprends un peu plus sur les affranchissements.
Merci à vous !
Franck Juin
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 16:56, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour,
Généalogie et Histoire de la Caraïbe est une association qui a relevé les disparus de la catastrophe de la Montagne Pelée.
Voyez cette adresse pour faire une recherche :
https://www.stpierre1902.org/database/
Vous pouvez contacter l’association bien sûr.
Pour les patronymes donnés aux affranchis, il y a eu plusieurs études. La règle était de ne jamais donner un patronyme existant en métropole, d’où les déformations d’un patronyme existant, les surnoms, anagrammes ou mots tirés de la langue africaine par exemple.
Les ascendances des personnes en esclavage sont impossible à retracer puisque ces personnes n’étaient connues que par un prénom. De plus les registres d’esclaves tenus dans les plantations ont souvent été détruits. Il ne faut pas oublier que les esclaves pouvaient être revendus de plantation en plantation par des propriétaires de toutes les îles de la Caraïbe. La meilleure indication que l’on peut avoir sur une personne est qu’elle est née sur telle île des Caraïbes ou en Afrique ... ce qui laisse ouvert un vaste champ d’investigations !
Amitiés
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 11:31, par laurence Noël
Je descends d’une esclave Delphine, affranchie par son père biologique, blanc de l’île Bourbon, aujourd’hui île de La Réunion, en l’an 7 de la République.
pour affranchir il fallait procurer les moyens d’existence pour toute la vie de l’affranchie car elle ne devait pas être à la charge de la Colonie. À Bourbon très souvent le père n’avait que peu de moyens. C’est ainsi qu’en ce qui me concerne, seuls les deux enfants Delphine et Marc ont été affranchis mais pas leur mère Olivette qui le sera bien plus tard, en 1840, par sa fille Delphine à la faveur d’une disposition législative.
Avant la loi d’affranchissement général, l’affranchi avait pour patronyme son seul prénom. C’est ainsi que mon ancêtre s’est appelée toute sa vie « demoiselle Delphine ». Pour retrouver une filiation c’est très difficile car un esclave n’a ni ascendance ni descendance. Il faut fouiller dans les actes de baptême ( car les esclaves pouvaient être baptisés) et surtout les recensements de leur propriétaire, les successions de ceux ci ( les esclaves sont des biens de la succession) pour pouvoir arriver à suivre leur vie.
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:58, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour Laurence,
les difficultés sont les mêmes aux Antilles.
Comment retracer le chemin de la famille d’une personne quand on ne dispose que de son prénom et, au mieux, du prénom de sa mère, et d’archives lacunaires la plupart du temps ?
Un moine érudit du Moyen-Age disait : "je viens je ne sais d’où / Je suis je ne sais qui / Je meurs je ne sais quand / Je vais je ne sais où / Je m’étonne d’être aussi joyeux.
🙂
Amitiés
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:22, par Franck JUIN
Merci beaucoup pour vos précisions ! Je ne connaissais pas ce site, je vais le consulter.
Cordialement,
Franck Juin
5. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:22, par Franck JUIN
Merci beaucoup pour vos précisions ! Je ne connaissais pas ce site, je vais le consulter.
Cordialement,
Franck Juin
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 16:56, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour,
Généalogie et Histoire de la Caraïbe est une association qui a relevé les disparus de la catastrophe de la Montagne Pelée.
Voyez cette adresse pour faire une recherche :
https://www.stpierre1902.org/database/
Vous pouvez contacter l’association bien sûr.
Pour les patronymes donnés aux affranchis, il y a eu plusieurs études. La règle était de ne jamais donner un patronyme existant en métropole, d’où les déformations d’un patronyme existant, les surnoms, anagrammes ou mots tirés de la langue africaine par exemple.
Les ascendances des personnes en esclavage sont impossible à retracer puisque ces personnes n’étaient connues que par un prénom. De plus les registres d’esclaves tenus dans les plantations ont souvent été détruits. Il ne faut pas oublier que les esclaves pouvaient être revendus de plantation en plantation par des propriétaires de toutes les îles de la Caraïbe. La meilleure indication que l’on peut avoir sur une personne est qu’elle est née sur telle île des Caraïbes ou en Afrique ... ce qui laisse ouvert un vaste champ d’investigations !
Amitiés
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 11:31, par laurence Noël
Je descends d’une esclave Delphine, affranchie par son père biologique, blanc de l’île Bourbon, aujourd’hui île de La Réunion, en l’an 7 de la République.
pour affranchir il fallait procurer les moyens d’existence pour toute la vie de l’affranchie car elle ne devait pas être à la charge de la Colonie. À Bourbon très souvent le père n’avait que peu de moyens. C’est ainsi qu’en ce qui me concerne, seuls les deux enfants Delphine et Marc ont été affranchis mais pas leur mère Olivette qui le sera bien plus tard, en 1840, par sa fille Delphine à la faveur d’une disposition législative.
Avant la loi d’affranchissement général, l’affranchi avait pour patronyme son seul prénom. C’est ainsi que mon ancêtre s’est appelée toute sa vie « demoiselle Delphine ». Pour retrouver une filiation c’est très difficile car un esclave n’a ni ascendance ni descendance. Il faut fouiller dans les actes de baptême ( car les esclaves pouvaient être baptisés) et surtout les recensements de leur propriétaire, les successions de ceux ci ( les esclaves sont des biens de la succession) pour pouvoir arriver à suivre leur vie.
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:58, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour Laurence,
les difficultés sont les mêmes aux Antilles.
Comment retracer le chemin de la famille d’une personne quand on ne dispose que de son prénom et, au mieux, du prénom de sa mère, et d’archives lacunaires la plupart du temps ?
Un moine érudit du Moyen-Age disait : "je viens je ne sais d’où / Je suis je ne sais qui / Je meurs je ne sais quand / Je vais je ne sais où / Je m’étonne d’être aussi joyeux.
🙂
Amitiés
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:26, par Franck JUIN
Grâce à votre message j’en apprends un peu plus sur les affranchissements.
Merci à vous !
Franck Juin
6. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:20, par Franck JUIN
A mon tour de vous remercier pour votre message.
Cordialement,
Franck Juin
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 13:32, par Carmen MARCEL
Parcours remarquable effectivement.
Intéressant et bouleversant
.Je ne peux m’empêcher de penser aux souffrances endurées par ces trois femmes.
Merci pour ce partage.
7. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:58, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour Laurence,
les difficultés sont les mêmes aux Antilles.
Comment retracer le chemin de la famille d’une personne quand on ne dispose que de son prénom et, au mieux, du prénom de sa mère, et d’archives lacunaires la plupart du temps ?
Un moine érudit du Moyen-Age disait : "je viens je ne sais d’où / Je suis je ne sais qui / Je meurs je ne sais quand / Je vais je ne sais où / Je m’étonne d’être aussi joyeux.
🙂
Amitiés
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 16:56, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour,
Généalogie et Histoire de la Caraïbe est une association qui a relevé les disparus de la catastrophe de la Montagne Pelée.
Voyez cette adresse pour faire une recherche :
https://www.stpierre1902.org/database/
Vous pouvez contacter l’association bien sûr.
Pour les patronymes donnés aux affranchis, il y a eu plusieurs études. La règle était de ne jamais donner un patronyme existant en métropole, d’où les déformations d’un patronyme existant, les surnoms, anagrammes ou mots tirés de la langue africaine par exemple.
Les ascendances des personnes en esclavage sont impossible à retracer puisque ces personnes n’étaient connues que par un prénom. De plus les registres d’esclaves tenus dans les plantations ont souvent été détruits. Il ne faut pas oublier que les esclaves pouvaient être revendus de plantation en plantation par des propriétaires de toutes les îles de la Caraïbe. La meilleure indication que l’on peut avoir sur une personne est qu’elle est née sur telle île des Caraïbes ou en Afrique ... ce qui laisse ouvert un vaste champ d’investigations !
Amitiés
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 11:31, par laurence Noël
Je descends d’une esclave Delphine, affranchie par son père biologique, blanc de l’île Bourbon, aujourd’hui île de La Réunion, en l’an 7 de la République.
pour affranchir il fallait procurer les moyens d’existence pour toute la vie de l’affranchie car elle ne devait pas être à la charge de la Colonie. À Bourbon très souvent le père n’avait que peu de moyens. C’est ainsi qu’en ce qui me concerne, seuls les deux enfants Delphine et Marc ont été affranchis mais pas leur mère Olivette qui le sera bien plus tard, en 1840, par sa fille Delphine à la faveur d’une disposition législative.
Avant la loi d’affranchissement général, l’affranchi avait pour patronyme son seul prénom. C’est ainsi que mon ancêtre s’est appelée toute sa vie « demoiselle Delphine ». Pour retrouver une filiation c’est très difficile car un esclave n’a ni ascendance ni descendance. Il faut fouiller dans les actes de baptême ( car les esclaves pouvaient être baptisés) et surtout les recensements de leur propriétaire, les successions de ceux ci ( les esclaves sont des biens de la succession) pour pouvoir arriver à suivre leur vie.
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:22, par Franck JUIN
Merci beaucoup pour vos précisions ! Je ne connaissais pas ce site, je vais le consulter.
Cordialement,
Franck Juin
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:26, par Franck JUIN
Grâce à votre message j’en apprends un peu plus sur les affranchissements.
Merci à vous !
Franck Juin
8. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:51, par Balthazar
Sinon, Claude Borrier a-t-il eu des enfants avec sa femme légitime Françoise Thérèse Oternaud ?
Y a-t-il d’autres Borrier à la Martinique ?
Pauline est une mulâtresse esclave. Elle doit donc avoir un père blanc et une mère esclave. Est-il possible de retrouver ses propriétaires précédents ? Peut-être cela aiderait à retrouver son père ou sa mère ou les deux.
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 10:08, par Franck JUIN
Oui, Claude BORRIER et Françoise Thérèse OTERNAUD ont eu au moins deux filles : une née en 1821 à St-Donat-sur-l’Herbasse (26) et l’autre en 1824 à Nîmes (30).
Sauf erreur de ma part, il n’y avait pas d’autres BORRIER à la Martinique mais j’avais trouvé un OTERNAUD, cousin germain de Françoise Thérèse OTERNAUD, marié à Fort-Royal (Fort-de-France) en 1829.
Merci pour votre suggestion de piste pour l’ascendance de Pauline (je n’y avais pas pensé). Mais au vu de l’état des ressources généalogiques pour la Martinique cela risque d’être passablement ardu, voire impossible, même si je n’ai pas exploré toutes les pistes (par ex. celle que Laurence Noël m’a donnée un peu plus haut : consulter les successions des propriétaires).
Franck Juin
9. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 11:31, par laurence Noël
Je descends d’une esclave Delphine, affranchie par son père biologique, blanc de l’île Bourbon, aujourd’hui île de La Réunion, en l’an 7 de la République.
pour affranchir il fallait procurer les moyens d’existence pour toute la vie de l’affranchie car elle ne devait pas être à la charge de la Colonie. À Bourbon très souvent le père n’avait que peu de moyens. C’est ainsi qu’en ce qui me concerne, seuls les deux enfants Delphine et Marc ont été affranchis mais pas leur mère Olivette qui le sera bien plus tard, en 1840, par sa fille Delphine à la faveur d’une disposition législative.
Avant la loi d’affranchissement général, l’affranchi avait pour patronyme son seul prénom. C’est ainsi que mon ancêtre s’est appelée toute sa vie « demoiselle Delphine ». Pour retrouver une filiation c’est très difficile car un esclave n’a ni ascendance ni descendance. Il faut fouiller dans les actes de baptême ( car les esclaves pouvaient être baptisés) et surtout les recensements de leur propriétaire, les successions de ceux ci ( les esclaves sont des biens de la succession) pour pouvoir arriver à suivre leur vie.
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 16:56, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour,
Généalogie et Histoire de la Caraïbe est une association qui a relevé les disparus de la catastrophe de la Montagne Pelée.
Voyez cette adresse pour faire une recherche :
https://www.stpierre1902.org/database/
Vous pouvez contacter l’association bien sûr.
Pour les patronymes donnés aux affranchis, il y a eu plusieurs études. La règle était de ne jamais donner un patronyme existant en métropole, d’où les déformations d’un patronyme existant, les surnoms, anagrammes ou mots tirés de la langue africaine par exemple.
Les ascendances des personnes en esclavage sont impossible à retracer puisque ces personnes n’étaient connues que par un prénom. De plus les registres d’esclaves tenus dans les plantations ont souvent été détruits. Il ne faut pas oublier que les esclaves pouvaient être revendus de plantation en plantation par des propriétaires de toutes les îles de la Caraïbe. La meilleure indication que l’on peut avoir sur une personne est qu’elle est née sur telle île des Caraïbes ou en Afrique ... ce qui laisse ouvert un vaste champ d’investigations !
Amitiés
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:58, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour Laurence,
les difficultés sont les mêmes aux Antilles.
Comment retracer le chemin de la famille d’une personne quand on ne dispose que de son prénom et, au mieux, du prénom de sa mère, et d’archives lacunaires la plupart du temps ?
Un moine érudit du Moyen-Age disait : "je viens je ne sais d’où / Je suis je ne sais qui / Je meurs je ne sais quand / Je vais je ne sais où / Je m’étonne d’être aussi joyeux.
🙂
Amitiés
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:22, par Franck JUIN
Merci beaucoup pour vos précisions ! Je ne connaissais pas ce site, je vais le consulter.
Cordialement,
Franck Juin
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:26, par Franck JUIN
Grâce à votre message j’en apprends un peu plus sur les affranchissements.
Merci à vous !
Franck Juin
10. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 16:56, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour,
Généalogie et Histoire de la Caraïbe est une association qui a relevé les disparus de la catastrophe de la Montagne Pelée.
Voyez cette adresse pour faire une recherche :
https://www.stpierre1902.org/database/
Vous pouvez contacter l’association bien sûr.
Pour les patronymes donnés aux affranchis, il y a eu plusieurs études. La règle était de ne jamais donner un patronyme existant en métropole, d’où les déformations d’un patronyme existant, les surnoms, anagrammes ou mots tirés de la langue africaine par exemple.
Les ascendances des personnes en esclavage sont impossible à retracer puisque ces personnes n’étaient connues que par un prénom. De plus les registres d’esclaves tenus dans les plantations ont souvent été détruits. Il ne faut pas oublier que les esclaves pouvaient être revendus de plantation en plantation par des propriétaires de toutes les îles de la Caraïbe. La meilleure indication que l’on peut avoir sur une personne est qu’elle est née sur telle île des Caraïbes ou en Afrique ... ce qui laisse ouvert un vaste champ d’investigations !
Amitiés
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 11:31, par laurence Noël
Je descends d’une esclave Delphine, affranchie par son père biologique, blanc de l’île Bourbon, aujourd’hui île de La Réunion, en l’an 7 de la République.
pour affranchir il fallait procurer les moyens d’existence pour toute la vie de l’affranchie car elle ne devait pas être à la charge de la Colonie. À Bourbon très souvent le père n’avait que peu de moyens. C’est ainsi qu’en ce qui me concerne, seuls les deux enfants Delphine et Marc ont été affranchis mais pas leur mère Olivette qui le sera bien plus tard, en 1840, par sa fille Delphine à la faveur d’une disposition législative.
Avant la loi d’affranchissement général, l’affranchi avait pour patronyme son seul prénom. C’est ainsi que mon ancêtre s’est appelée toute sa vie « demoiselle Delphine ». Pour retrouver une filiation c’est très difficile car un esclave n’a ni ascendance ni descendance. Il faut fouiller dans les actes de baptême ( car les esclaves pouvaient être baptisés) et surtout les recensements de leur propriétaire, les successions de ceux ci ( les esclaves sont des biens de la succession) pour pouvoir arriver à suivre leur vie.
2. Le remarquable parcours de Joséphine, 21 janvier 2023, 15:58, par Sylvie Cauche-Laouchez
Bonjour Laurence,
les difficultés sont les mêmes aux Antilles.
Comment retracer le chemin de la famille d’une personne quand on ne dispose que de son prénom et, au mieux, du prénom de sa mère, et d’archives lacunaires la plupart du temps ?
Un moine érudit du Moyen-Age disait : "je viens je ne sais d’où / Je suis je ne sais qui / Je meurs je ne sais quand / Je vais je ne sais où / Je m’étonne d’être aussi joyeux.
🙂
Amitiés
3. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:22, par Franck JUIN
Merci beaucoup pour vos précisions ! Je ne connaissais pas ce site, je vais le consulter.
Cordialement,
Franck Juin
4. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:26, par Franck JUIN
Grâce à votre message j’en apprends un peu plus sur les affranchissements.
Merci à vous !
Franck Juin
11. Le remarquable parcours de Joséphine, 20 janvier 2023, 13:32, par Carmen MARCEL
Parcours remarquable effectivement.
Intéressant et bouleversant
.Je ne peux m’empêcher de penser aux souffrances endurées par ces trois femmes.
Merci pour ce partage.
1. Le remarquable parcours de Joséphine, 22 janvier 2023, 09:20, par Franck JUIN
A mon tour de vous remercier pour votre message.
Cordialement,
Franck Juin