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Les Ostensions du Limousin


jeudi 23 avril 2009, par Eliane Promis

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« Du 18 avril au 6 octobre 2009 auront lieu les 71e ostensions Limousines, cérémonies religieuses millénaires qui commémorent le miracle des Ardents de 994. Depuis le XVIe siècle, tous les 7 ans, les limousins vénèrent leurs saints fondateurs et exposent les reliques aux nombreux spectateurs venus participer à ces manifestations.
Ces cérémonies ont lieu à Limoges et dans 14 communes de la Haute-Vienne. C’est un moment fort de rassemblement des représentants du Clergé, des autorités civiles et militaires, et du peuple limousin. Ces célébrations, unique en France, revêtent un caractère identitaire important pour les limousins. Elles se situent entre le profane et le sacré » (Extrait du communiqué de presse publié par Opus87.fr).

A l’annonce de ces cérémonies ancestrales et « somptueuses », je me suis souvenue d’une carte postale adressée à « Messieurs Promis, au 27e chasseurs, 1er escadron, 2e peloton, à Limoges », à savoir mon grand père Avit et son frère Antoine en service militaire. Pas de date lisible mais d’autres correspondances à cette adresse sont de 1912.

La légende, masquant une partie de la foule, nous apprend qu’il s’agit de « SAINT JUNIEN (Haute-Vienne), les Ostentions, Arboration du Drapeau à l’Eglise paroissiale »
« Ostension », « Arboration », « Drapeau » et « Eglise », bien que noms communs sont écrits avec une majuscule ce qui en marque l’importance et la révérence qu’il convient d’éprouver. Seul « ostension » se trouve dans le Littré mais les deux termes se comprennent aisément, surtout en Limousin où cela semble aller de soi.

Le programme de 2009 nous annonce, entre autre, le 20 mars à 15H : « arboration des drapeaux aux églises et aux quartiers ». Première étape d’une longue suite de rituels, messes et processions pour commémorer le miracle de St Martial et de tous les saints locaux arrêtant l’épidémie du mal des ardents, en 994. La tradition est donc bien respectée, seule l’heure est légèrement plus tardive.

Sur la carte, c’est l’après midi, il est 15H50 à l’énorme pendule. Ronde, point de mire vraisemblablement installée à la place d’une rosace, ornement central de la façade de l’église paroissiale. Celle-ci est de style roman, sobre, toute de granit comme les terres qu’elle domine.

La population se rassemble sur la place pour assister à ce moment important du début des cérémonies en l’honneur des saints ermites Junien et Amand et du martyr Théodore.

Hommes, femmes et enfants, vêtus de sombre et endimanchés autant que faire se peut, se pressent pour ne rien rater du spectacle. Les dames ont leur plus beau chapeau, quelques unes plus âgées portent la coiffe. Il y a foule sur le parvis d’où émergent des hauts de forme. Assurément les autorités civiles sont aux premières places. Débordant sur les marches, au moins 5 militaires, reconnaissables à leurs képis et à l’impressionnante rangée de boutons de leurs vareuses, représentent le sabre.

Moins de personnes sur la droite de l’entrée mais la déclivité du terrain empêcherait de bien voir au-delà du troisième rang. Pour compenser cet inconvénient, un groupe de 6 hommes s’est perché sur le rebord qu’offre le sous bassement de l’édifice et plus loin au moins 3 garçons en sabots. S’ils se tiennent plaqués contre le mur c’est moins par crainte de tomber que pour dégager la vue du photographe qui, avec trépied et tissus noir, s’apprête à immortaliser la scène. Le photographe et le curieux à son côté, ont pris place sur un édicule bas et mitoyen muni d’un volet. S’agirait-il d’un puits ?

D’autres garçons, chaussés rustiquement de même, ont été alignés, délimitant une allée qui conduit jusqu’aux marches. Sans doute les enfants d’une classe ou du catéchisme.
Beaucoup, mais pas autant que l’on pourrait s’y attendre, lèvent le nez vers ce qui est le centre d’intérêt de la scène, l’arboration.

L’exercice technique et périlleux se déroule au 2e étage si l’on peut dire, dans et hors du clocher.

Six hommes au moins sont montés en haut de l’édifice. Trois sont en costume de ville, regardent et se font voir, ils supervisent. Trois autres, en tenue de travail, sont à l’œuvre. Là mieux vaut ne pas avoir le vertige. Le plus jeune ou le plus habile a été désigné pour fixer le drapeau dans l’anneau prévu à cet effet. Les moyens de sécurité ont été mis en place et consistent en grosses cordes qui entourent la taille de l’homme assis jambes pendantes dans le vide et de celui qui a dû emprunter une échelle pour se percher sur le maigre rebord. Les autres les assurent. L’échelle elle-même est solidement arrimée. Celui qui est assis maintient le drapeau avec ce qui ressemble à une canne à pêche avec moulinet. L’acrobate fixe la hampe après avoir réussi à la placer là, la maintenant droite entre ses jambes. Sans doute en est on à la phase finale. Système de poulie ? une très grande corde descend jusque sur la place où deux hommes la maintiennent solidement. Porte drapeaux ou membre de confrérie, ils ont un rôle bien déterminé dans le déroulement de la cérémonie car ils ont revêtu un accessoire particulier, bandoulière ornée qui leur barre le dos.

Quant au drapeau à l’origine de cette démonstration d’adresse, il semblerait qu’il ait trois bandes de couleurs différentes. Une grande inscription devrait nous dire ce qu’il symbolise mais c’est là que l’on découvre que le cliché est à l’envers. Qu’importe, les plis la rendent illisible. Seuls sont déchiffrables, à la première ligne un « S » et un « I » et à la dernière « SAIN ».

Tous les sept ans ces cérémonies religieuses sont aussi de grands moments de « rassemblements identitaires » Rendez vous aux Ostentions de 2009 pour en savoir un peu plus.

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11 Messages

  • Les Ostensions du Limousin 19 janvier 2009 14:43, par P.Monnier

    Si la photo était à l’envers, le cadran de l’horloge le serait aussi et les chiffres des heures également. Elle semble bien à l’endroit. Quant aux lettres du drapeau, je n’ai pas une loupe assez forte pour juger. P.Monnier

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  • Les Ostensions du Limousin 19 janvier 2009 17:01, par Eliane Promis

    Bonjour,
    Très bonne remarque.
    J’ai agrandi la photo à l’écran pour regarder l’horloge de plus près. Effectivement, bien qu’elle ne soit pas assez nette pour lire le nom du fabricant (LE..... et PARIS ?) les chiffres romains sont bien à l’endroit.
    Pour déchiffrer l’inscription du drapeau il a fallu que j’utilise un miroir. L’explication doit être que l’on ne voit que l’envers et qu’il ne doit y avoir qu’une épaisseur de tissus. La broderie est ainsi visible des deux cotés .
    Essayez, vous allez vous en rendre compte.
    Merci de votre contribution.

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  • Les Ostensions du Limousin 20 janvier 2009 14:16, par dejean une limousine de saint amand en haute vienne

    il s’agit de l’ermite amand et non armand

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  • Les Ostensions du Limousin 22 janvier 2009 09:16, par lagroliere87

    Merci beaucoup pour la présentation des Ostensions en Limousin, cette province berceau de ma famille, me semblait quelque peu oubliée.. L’ayant quitté enfant j’essaie de retrouver mes souvenirs affectifs et mes attaches dans cette région. Ce n’est pas évident.Merci

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  • Les Ostensions du Limousin 23 février 2009 14:29, par laurent vignaud

    Étant originaire de Saint-Junien et passionné d’histoire locale, je suis en mesure de vous préciser que les drapeaux arborés fin mars à la collégiale et à la chapelle notre dame du pont sur les bords de la vienne portent comme inscription « Honneur aux saints » en référence à saint-Junien, saint-Amand et saint-Théodore. Le tombeau se trouvant dans le choeur de la collègiale garde les reliques de ces trois saints ainsi qu’un moreceau de la croix du Christ. Les couleurs des drapeaux rapellent celles des différents quartiers de la ville : le blanc et rouge, le vert, le bleu, le violet et le noir.

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    • Les Ostensions du Limousin 23 février 2009 16:47, par E Promis

      Merci beaucoup pour ces précisions qui complètent fort bien l’article.
      Ces Ostensions n’auraient elles pas eu lieu en 1911 ? en faisant le compte à rebours de 7 ans en 7 ans à partir de 2009 ?

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      • Les Ostensions du Limousin 30 mars 2009 21:51, par Bernard O.

        Bonsoir, il y a en effet eu des ostensions en 1911. Elles ont même fait l’objet d’une trés impressionnante série de cartes postales dont fait partie celle ci-dessus. Merci pour le commentaire et pour la présentation.

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  • Les Ostensions du Limousin 25 avril 2009 07:30, par Ghislaine François

    D’origine auvergnate par mon grand-père maternel, je suis aussi arrivée en Limousin, dans l’ancienne province de la Marche plus précisément. Merci tout d’abord pour cet article qui parfaire ma culture auvergnate. Une petite question à ce propos. Considére-t-on le Limousin comme partie intégrante de l’Auvergne ?
    Pour chacune des régions, je me documente sur leurs us et coutumes ; j’aimerais en savoir un peu plus sur le sujet. Serait-il possible de consulter le dossier de presse car le lien est invalide ?
    Merci.
    Bien cordialement

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    • Les Ostensions du Limousin 25 avril 2009 18:26, par Eliane Promis

      Bonjour,
      merci de votre intérêt mais je ne suis pas la mieux placée pour vous répondre n’étant pas de cette région. Vous pourriez consulter les sites du Conseil Général ou de l’office du tourisme de Limoges...ou replonger dans un livre de géographie. De ce dernier point de vue, le Limousin fait partie du Massif Central dont il est, effectivement, une première marche. Bien cordialement.

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      • Les Ostensions du Limousin 26 avril 2009 17:25, par convertsommer

        Pour affiner encore la précédente réponse : le Limousin fait bien partie géographiquement du Massif Central, mais constitue une région historique à part entière, différente (et voisine) de l’Auvergne.

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    • Les Ostensions du Limousin 12 juin 2009 16:08, par Daniel

      Vous trouverez le découpage des anciennes provinces sur ce site : http://www.francegenweb.org/ communes/provinces.php
      Le limousin actuel ou ancien, ne peut en aucun cas faire partie intégrante de l’Auvergne.
      Il existait une rivalité entre limousin et auvergnats à l’époque de des migrations pour Paris.
      Les Creusois ( Marche) montait pour aller servir les maçons, les auvergnats de leur coté étaient plutôt orientés commerce, les fameux bougnats...
      Le livre de Georges Nigremont « Jeantout le Maçon Creusois » retrace l’épopée des maçons de la creuse !!!
      J’ai un modeste site sur la Creuse, que vous pouvez consulté : http://site.voila.fr/antan
      Bien cordialement, Daniel

      Voir en ligne : France Gen Web

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