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Martin Grondel, prêtre curé de Norville ne plaisante pas...


jeudi 30 mai 2019, par Didier Hauchard

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Passionné de généalogie, au fil des ans j’ai lu et consulté des milliers d’actes, aussi après avoir recherché un acte de mariage en 1695, j’ai été très surpris à la lecture de l’acte des fiançailles du 6 novembre 1694. J’ai voulu en savoir plus et j’ai consulté la plupart des actes signés par Martin GRONDEL.

Martin Grondel, âgé d’environ 29 ans, arrive vers 1691 à Norville, paroisse située au bord de la Seine et près de Villequier (Seine Inférieure).

Il signe son premier acte, le baptême de Margueritte HEBERT, le 11 janvier 1691.
Puis les actes se succèdent, baptêmes, fiançailles, publication de bans, mariages, sépultures.

Mais le 6 novembre 1694, les fiançailles ne se passent pas comme prévu...

Martin GRONDEL va fiancer Jean BABOIS et Marie LEGER, Jean né vers 1675 est le fils de Jean et de Marie GUERET. Marie est la fille de Henry LEGER et de Marguerite GUILLEMARD. Le père de Marie, Henry LEGER est mon ancêtre à la 8e génération.

" le 6 novembre 1694, a esté par nous Curé de cette paroisse fiancé Jean BABOIS et Marie LEGER et ce du consentement d’une partie des parents, parce que les dits parents du côté LEGER, et le Sieur Curé ayant trouvé le Jean BABOIS incapable de respondre de son catéchisme, le Sieur Curé l’a mis à l’instruction pendant une huitaine".

La famille LEGER, probablement des bons chrétiens, avec le curé n’ont pas donné leur accord.

Imaginons la détresse de Marie qui est en pleurs, le désarroi du futur obligé de bachoter son caté, d’apprendre ses prières ! A t-il eu un deuxième « contrôle des connaissances » ?

Peut être ! car le délai d’une huitaine a été dépassé !

Le mariage a eu lieu enfin le 23 novembre 1694 à Norville après 17 jours d’attente.

" le 23 novembre 1694 a esté par nous Curé de cette paroisse mariez Jean BABOIS et Marie LEGER sans qu’il se soit trouvé aucune opposition".

Le soulagement pour Marie et Jean.

Marie et Jean ont eu au moins sept enfants et la plupart ont été baptisés par Martin GRONDEL !

Martin intransigeant a t-il fait du zèle ? Ou plutôt il a suivi sa conscience professionnelle, les directives de son Evêque ? Ou bien prendre de l’importance ?

Il va récidiver le 29 mai 1695 pour les fiançailles de Pierre ELLOUIS et de Marie CAVE.

"le 29 mai 1695... Pierre ELLOUIS a promis sous le crucifix de venir au catéchisme vu son incapacité laquelle instruction luy a esté faitte avant les fiançailles et que le père du dit ELLOUIS était absent et qu’il n’avait extrait de baptistaire , les témoins ont promis de les faire exécuter en tout et apporter extrait de son baptistaire"

Martin n’excuse pas, exige et se sert des proches du futur pour obtenir une instruction religieuse correcte et le certificat de baptême (baptistaire).

Le mariage a t-il eu lieu ? Je n’ai rien trouvé sur les registres de Norville.

Lors des fiançailles, la formule finale de Martin est : "et du consentement des parents."

Parfois, l’expression : "tous deux libre de condition..." apparait ! l’accord des parents n’était pas nécessaire, le fiancé était son propre maître, libre de décider et de gérer ses biens (19 décembre 1694 12/ 60 LAISNE Jean et Marie GOUEL).

Le 23 novembre 1700 lors du mariage de Charles GALEY et de Françoise BOURRACHER, après la publication des bans et sans opposition, Martin écrit : "que le dit GALEY a esté fiancé avec Marie HERAULT dont il aurait obtenu de l’officialité en datte du 18 juin 1700 ou il a été permis aux dits GALEY et HERAULT de se marier à d’autres..."’

Le sous entendu : la promesse de mariage ou les fiançailles ont été rompues !
Martin GRONDEL a une manière bien particulière de l’écrire.
Martin GRONDEL, prêtre Curé de Norville, âgé de 42 ans et 9 mois est inhumé le 5 août 1704 par le curé de Touffreville, J. LEHUCHER, en présence de son frère Guillaume GRONDEL ancien prieur.

Sources : AD 76 Norville

  • 11 janvier 1691 : 1691-1692 1/14.
  • 6 novembre 1694 : 1693-1699 18/52.
  • 27 novembre 1694 : 1693-1699 18/52.
  • 29 mai 1695 : 1694-1699 17/60.
  • 23 novembre 1700 : 1700-1703 7/40.
  • 5 août 1704 : 1700-1704 23/26.

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14 Messages

  • Bonjour,

    C’est curieux et intéressant ; ce prêtre faisait peut être du zèle mais il avait
    certainement des consignes à respecter.

    De 1685 à 1787, période de clandestinité du protestantisme ….

    Les futurs époux ne connaissaient pas leurs prières car c’étaient de nouveaux convertis ?

    Il faudrait creuser dans ce sens.

    Bonne journée
    Amicalement
    Gabrielle

    Répondre à ce message

    • Bonjour ,d’après cet article
      https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_2001_num_51_2_1304

      Caudebec était un lieu important d’ implantation du protestantisme au XVII siècle dans le pays de Caux et Norville n’en est pas éloigné ,d’ où la méfiance du curé ! Dans le second cas ,c’était encore plus grave car on ne savait pas d’où venait cet Ellouis :un nom de famille qui semble étranger à la Normandie !
      Bien cordialement,
      Martine

      Répondre à ce message

      • Martine bonjour
        Oui , Caudebec lieu du protestantisme , de même que Lillebonne très proche et Montivilliers plus éloigné .
        Le curé est surement méfiant , mais dans cette période je n’ai pas trouvé d’acte d’abjuration , voire la formule « de la religion dite réformée » !
        Pour Ellouis , suis pas très d’accord.
        Le curé a probablement déformé le nom , ou bien celui ci a été modifié avec les décennies .
        Pour moi , il s’agit d’ HELOUIS .
        Enfant dans la campagne cauchoise , j’ai connu des familles d’ Hélouis !
        bien cordialement
        didier

        Répondre à ce message

        • Bonjour,

          Maintenant que vous avez rétabli la bonne orthographe, on trouve deux HELLOUIS dans les Contrats de mariage ou Traités de mariage pour les protestants :

          https://huguenots-france.org/france/normandie/caux/cm/cauxHH.htm

          Il y a la filiation.

          Gabrielle

          Répondre à ce message

          • au baptême de Jean ,le 1er octobre 1695 ,la marainne est une Marie Helouis .On la retrouve d’ailleurs à plusieurs baptêmes.

            Répondre à ce message

            • Bonjour,

              Je n’ai pas retrouvé ce mariage HELLOUIS x CAVE sur le site de l’UCGHN.
              Il faut chercher dans les AD 76, dans la liste des communes à « Protestants » ; bon courage !

              Les renseignements dans ces traités de mariage pourraient, éventuellement, vous aider à remonter la lignée.

              Lintot, 12.9.1627
              HELLOUIS Guillaume
              Fs Jean & Marie BOIVIN
              X
              LECHALUPE Judith
              De Gruchet la Valasse
              Fa Jean & Isabeau FOUACHE

              Criquetot l’Esneval, 02.05.1683 (page 113/150)
              HELLOUIS Jean
              Fils unique
              Fs Jean & Suzanne JEAN
              X
              AVISSE Marie
              De Gruchet la Valasse
              Fille puînée
              Fa Isaac & Judith DELAHAYE
              (Confirmé, dans Généanet : Mariage au temple de Criquetot entre Jean Hélouis, 30 ans, fils unique de Jean et de Suzanne Jeane, de Gruchet, et Marie Avice, 20 ans, fille puisnée du défunt Isaac Avice et de Judit Delahaie, de Gruchet. Témoins : Mathieu Levasseur et Abraham Manneville, voisins de l’époux ; Pierre Avice, frère, et Pierre Mouete, cousin germain. Seul Abraham Manneville signe.

              Gabrielle

              Répondre à ce message

              • l’acte de baptême exigé de Pierre était peut-être dans les registres du temple de Criquetot mais il ne pouvait le produire pour se marier :il lui fallait d’abord abjurer l’ « hérésie ».alors qu’en 1683 ,avant la révocation de l’edit de nantes ,un autre Hellouis (peut-être un frère ) avait pu se marier au temple.

                Répondre à ce message

            • Sur mon arbre généanet dhauchard , j’ai bien reporté Marie Hélouis comme marraine de Jean BABOIS.
              Je n’ai pas voulu alourdir l’ article
              et page suivante , 20/60 mon ancêtre à la 8° génération HAUCHARD ( T ) Jacque s’est fiancé avec Marie LE COURT le 17 novembre 1695 et le mariage a eu le 24 novembre 1695 !
              cordialement
              didier

              Répondre à ce message

  • En effet, ce prêtre sort de l’ordinaire, si j’ose écrire. Je n’ai jamais rencontré cela. Merci à vous,

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    L’expression « tous deux libre de condition » veut simplement dire qu’ils étaient majeurs.
    Cordialement
    Gisèle Lameth

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Jean Babois ne sait pas son catéchisme alors qu’il est loin d’être inculte puisqu’il sait parfaitement signer son nom à un époque où le fait n’est pas si courant. Ceci conforte l’hypothèse du protestant nouveau converti.

    Bien à vous

    Christiane

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      La bénédiction nuptiale de protestants récemment convertis est parfois donnée sous réserve d’un minimum de participation ultérieure aux messes de la paroisse.En cas de défaillance le curé Angles de Trescléoux (05), en 1705,impose une pénalité de 30 livres qui reviendra aux pauvres.
      Voici l’extrait de l’acte du 17 juin 1705 :"en cas qu’ils viennent à manquer de faire leur devoir paschal ou manquer d’assister à sa messe et autres divins offices pendant trois dimanches consécutifs sans raison ny excuse légitime, ils se sont soumis à aumonner les pauvres du présent lieu de la somme de trente livres pour le payment de laquelle ils se soumettent à toutes cours..."
      Cette contrainte se trouve dans plusieurs actes de 1705 mais ce curé l’a abandonnée en 1710.
      Dans l’acte du 20 octobre 1705, on lit que ce payment de 30 livres est imposé « en pénitence et punition de leur désobéissance à Dieu, à l’Eglise et au Roy »

      Source : AD 05 RP Trescléoux 5Mi 424 numérisé

      Répondre à ce message

      • Denis
        bonjour
        dans votre réponse ci-dessous :
        l’acte du 17 juin 1705 :"en cas qu’ils viennent à manquer de faire leur devoir paschal
        je viens de découvrir une déclaration en latin concernant mes ancêtres à la 13° génération faite en 1570
        traduction faite par un modérateur Généanet !
        C’est la déclaration ou rolle des ...
        ... qui n’onst communié à la Pasques dernière 157..
        et prec(edemme)nt

        Pour l’acte en question :
        Philipe DE MONLTFORT et Jane NOEL sa fame
        lesquelz moy soubzsigné vicaire certiffie n’ont
        faict leus Pasques à l’an Vct soixante ... (156 ?){{}}

        Le toult certiffiant estre vray soubz ...
        ... le viième jour de may Vct Lxx (1570)

        Source AD 76 Autigny AD 76 1569 16 / 45
        Donc déjà en 1570 le curé notait sur les registres l’absence à Pâques , ici , il n’a pas été fait mention de sanctions
        cordialement
        didier

        Répondre à ce message

  • Pour que le texte qui concerne la rupture de fiançailles soit intelligible, il faudrait ne pas en sauter ni en modifier certains termes. Le curé écrit : « ... quoique ledit GALEY eust été fiancé avec Marie HERAULT, dont il aurait obtenu sentence de l’Officialité... »
    Seule une sentence du tribunal ecclésiastique pouvait les avoir « relevés » de leur promesse.

    Quant à l’expression « libres de condition », elle ne signifie pas qu’ils étaient majeurs, mais qu’ils n’étaient pas engagés chez un « maître ».

    Répondre à ce message

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