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Mortes sans sacrements suite à l’effondrement de leur maison

Le vendredi 27 mai 2022, par Anne Rémond, Thierry Sabot

En remontant dans l’arbre généalogique de notre famille, je suis arrivée dans le Rhône et ai découvert l’avis de décès d’une ancêtre : - PERRACHON Françoise, veuve de DESBROSSES Jean, née le 16 novembre 1677 à CHIROUBLES (BMS 58GG2 - 1677 - page 4/4).

Mariage avec Jean DESBROSSES le 22 novembre 1701 à CHIROUBLES (BMS 58GG2 - 1701-1702 page 8/15).

Naissance le 25 mars 1676 à MONSOLS (BMS 1676 4E3600 - page 2/9) et décédé le 24 avril 1735 à MONSOLS (BMS 135GG3 1735 page 3/5).

La dite Françoise PERRACHON est décédée à 78 ans le 3 décembre 1756 à CHIROUBLES (BMS 4E762 - 1756, page 5/5) en même temps que sa fille Philippine, 50 ans, de façon dramatique, puisque mortes sans sacrements, écrasées et ensevelies sous les ruines et débris de leur maison.

Ma première recherche sur Généanet "Archives Insolites" dans la rubrique Ressources, pour trouver un éventuel évènement climatique ou un fait divers n’a rien donné. J’ai demandé aux AD du Rhône : leur réponse comprend des pistes, mais il m’est difficile de réaliser cette recherche de faits si anciens en ne sachant pas vraiment ou aller ni par où commencer. Votre rubrique m’a redonné espoir.

Il n’y a pas de registres de 1698 à 1737 à MONSOLS.

Merci à vous tous qui êtes vous aussi des passionnés de Généalogie.

A défaut d’information plus précise sur les causes de la destruction de cette maison, voici l’explication la plus probable de ce drame :

Cet extrait est tiré de l’ouvrage suivant (page 23) :

L’état de délabrement des maisons

En parcourant les registres paroissiaux ou les minutes notariales, on ne peut être qu’étonné par l’état de délabrement de nombre de maisons paysannes, notamment celles des paysans humbles ou démunis. En effet, les actes de sépultures nous alertent sur les décès d’individus ou de famille entière à la suite de l’effondrement de leur maison d’habitation tandis que les états des lieux nous apprennent que certains propriétaires n’hésitaient pas à louer des masures en ruine à de pauvres paysans en quête d’un toit ou d’une exploitation. Cela nous en dit long sur la misère et les mentalités de l’époque ainsi que sur le mauvais état des constructions autrefois !

Ainsi, quelques exemples tirés des registres paroissiaux : «  Le treizième jour du mois de feuvrier de lannée présente mil six cent nonante huict Anthoine Fournon habitant originaire de la paroisse d’Unias estant au service de Claire Vinol a esté accablé par un batiment sous les ruines duquel il est mort a esté enterré dans le cimetière de leglise paroissiale de Lézignieux (...) » (cité par Jacqueline Besson le Huede sur www.histoire-genealogie.com. Acte en ligne sur Archives départementales de la Loire, registres paroissiaux de Lézigneux 1698-1710, vue 3/111).

Ou encore, «  L’an 1666 le vingt septiesme jour de may bien avant en la nuict furent estoufés par les ruines d’un plancher qui tomba sur Leonarde Lamber veufve Robert Mahier et ses deux filles Françoise et Marie Mahier. Et leurs corps furent inhumés le lendemain au cimetiere de Cha[mpéon.]  ». (Transcription de Thérèse Coudurier pour le site www.lamayenne.fr. Acte en ligne sur Archives départementales de la Mayenne, registres paroissiaux de Champéon 1597-1666, vue 106.)

Et enfin, «  Le treize décembre 1705 Toussaint Vaultier agé d’environ quarante cinq Madeleine sa fille agée d’environ sept ans ayant été accablés sous les ruines (de leur) maison et ont été par moi soussigné prêtre vicaire inhumé dans le cimetière après la visite de M. le Bailly de Caligny et de M. de Bellou procureur fiscal dudit lieu (...) » (cité par Jean-Pierre Bréard sur www.dozeville.free.fr.).

De même, quelques exemples tirés des minutes notariales : «  le 14 janvier 1782, à Le Langon (Vendée) : acquêt d’une masure en totale ruine avec une ouche, appelée la Corne, sise près le Grand Port du Langon, au Langon (...) » (vues 321-322).

Ou encore, «  le 8 octobre 1787 à Le Langon (Vendée) : arrentement d’une petite maison et une pièce de jardin, sis au village de Saint-Martin, depuis plus de 20 ans en ruine, à Nalliers, par François Fort, bordier au Marais, à Nalliers, à François Robreau, bordier audit village de Saint-Martin  » (vues 87-88).

Et enfin, «  le 2 janvier 1745 à Le Langon (Vendée) : partage de la succession de Perrine Coullon, mère dudit Riffauld et de celle de Catherine Coullon, mère dudit Richard, consistant en terres, prés, mottes, une grange sise au Langon, terres, prés, mottes, une maison menaçant ruine sise à Chaillé-les-Marais. Pierre Riffauld, fils de Perrine Coullon, soldat au régiment de la Reine, demeurant ordinairement au Langon, reçoit l’ensemble des domaines sis au Langon. Étienne Richard, fils de Catherine Coullon, journalier à Chaillé, reçoit l’ensemble des domaines sis à Chaillé  » (vues 241-242).

À noter que l’on manquait parfois de bâtiments pour loger les ruraux les plus démunis. Ainsi, dans son ouvrage intitulé Le village immobile, Sennely-en-Sologne au XVIIIe siècle, l’historien Gérard Bouchard souligne que s’«  il est certain que la plupart de ces constructions étaient précaires (...) l’on avait vite fait de convertir un bâtiment agricole en “logis à demeurer”, comme il arriva à quelques reprises au cours du XVIIIe siècle : propriétaire d’une grange désaffectée en 1775, la fabrique la transforma en deux “chambres à demeurer”, dont l’une fut louée à un cordonnier et l’autre à une veuve. De plus, ces constructions vieilles et fragiles engageaient à de continuelles réparations, comme en témoignent les cahiers de doléances des habitants de Vouzon : «  tout y est construit en bois et en bâtiments sujets à manquer par les soles qui les soutiennent, demandent des reconstructions et réparations très coûteuses ; le remplissage des murs de ces bâtiments étant fait de torchis, il faut y travailler tous les ans ; un bâtiment neuf a besoin de réparations l’année qui suit sa construction  » (cité dans le Bulletin de la Société Historique et Archéologique de l’Orléanais, XXII, 1934, p. 331).

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9 Messages

  • Cela reste cas exceptionnel, même si en fouillant dans mes archives, je pourrais vous ajouter au moins un cas à Carantilly (50) sur plusieurs années de registres.
    Malheureusement, de nos jours encore il arrive parfois qu’un bâtiment s’effondre ou, plus souvent, soit vicié de malfaçons... aussi, avant de présumer que vos ancêtres habitaient une masure (c’est ceci dit le cas le plus probable), vous devriez essayer de déterminer leurs revenus (tailles, dixièmes, vingtièmes etc...). Les rôles du dixième/vingtième sont particulièrement intéressants dans la mesure où ils décrivent sommairement l’assiette de l’impôt, autrement dit les biens immobiliers et rentes appartenant au contribuable, au besoin en évaluant la valeur locative de la maison qu’il habite (à condition bien sûr que votre aïeule était bien propriétaire de sa maison et non locataire).
    Voir cet exemple tiré du dixième de Juvigny-sur-Seulles (Calvados) pour 1742 (https://archives.calvados.fr/ark:/52329/2fctnp0r7dqb/d5c714fa-69b2-419d-8f92-2c4f23510f1e)
    Aubine LEGOUIS, veuve de Pierre HAMEL, propriétaire d’environ trois acres de terre labourable affirmés et vérifiés produire annuellement 40 lt, imposée pour 4 lt.
    Bien entendu, une fois déduite la valeur des terre entourant la maison, moins celle-ci vaudra cher et plus on pourra considérer que c’était une ruine.
    Problème vous concernant, si j’ai bien compris, son mari était mort à Monsols (quand ?) et elle est ensuite revenue vivre à Chiroubles, sa commune natale. Donc je ne peux pas vous garantir que vous la trouverez dans les rôles du dixième (qui existait dans une période un peu antérieure au décès de votre ancêtre, relayé ensuite par le vingtième). En outre, je ne sais pas si les AD du Rhône ont mis ces rôles en ligne.
    Autre petite curiosité du rôle que je vous ai cité en exemple : certaines circonstances exceptionnelles pouvaient justifier un dégrèvement de l’impôt. En l’occurrence, le 18 juillet 1748, un violent orage de grêle s’était abattu sur les communes de Juvigny et Tilly-sur-Seulles. On estima que les propriétaires touchés avaient perdu plus de la moitié de leurs revenus annuels (https://archives.calvados.fr/ark:/52329/2fctnp0r7dqb/f2a7e722-c935-4567-a8b8-6400419fa36f & https://archives.calvados.fr/ark:/52329/81tsj5m9v3pg/f4e6bd4e-4d6c-4ddc-9774-be16a5754128). Si l’effondrement de sa maison est dû à tel cataclysme, peut-être que vous en trouverez trace soit au nom de votre aïeule (ou ses héritiers) soit au nom de son bailleur. Attention ! cette répercussion peut arriver avec plusieurs années de décalage.
    J’en viens au dernier point : qui a hérité de la parcelle ? Elle continuait d’exister même si elle n’était plus bâtie. Là encore, il y aura un souci d’identification si votre aïeule n’était que locataire.
    Bref, il est probable que vous ne serez pas beaucoup plus éclairée si c’est une ruine qui s’est effondrée malgré une recherche pourrait prendre beaucoup de temps

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    • Bonjour, non ce n’est hélas pas un cas exceptionnel, j’en ai relevé des dizaines rien que dans la presse ancienne Loire-Haute-Loire et encore au XIXe siècle ! Et dans les registres paroissiaux ou d’Etat-Civil aussi... De même que les empoisonnements aux champignons : aucun rapport certes mais je le note comme fait de curiosité.
      Il est vrai que la Haute-Loire en particulier était un département très défavorisé.

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      • Bonjour, votre message m’interpelle, je recherche les traces d’un incendie ayant touché la maison familiale au début du XXe siècle dans les environs de Fay sur Lignon, et je me disais que la presse locale aurait pu s’en faire le témoin mais je ne sais pas ou et comment chercher. Auriez vous une piste pour consulter cette presse locale ? (peut-on echanger en privé ?)
        Cordialement

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        • Effectivement, puisque c’est au début du XXe, ça sera dans la presse locale, on est déjà à une presse comme nous la connaissons aujourd’hui, les photos en moins. Le moindre "chien écrasé" est signalé.
          N’étant pas de par chez vous, je ne connais pas le cas spécifique de Fay sur Lignon, le nom des journaux qui y étaient vendus et donc les titres qui auraient eu le plus de chance de relater le fait (voir sur https://presselocaleancienne.bnf.fr/accueil).
          Commencez déjà par une recherche sur la bibliothèque généanet (https://www.geneanet.org/bibliotheque-genealogie) en tapant le nom de la famille et le nom de la commune.
          Ensuite cherchez sur retronews.fr (on y trouve notamment le mémorial de la Loire et de la Haute-Loire) et Gallica.bnf.fr. Ils ont quelques titres de la presse régionale mais vous pouvez aussi espérer qu’un article de presse locale soit repris dans la presse nationale si l’incendie fut particulièrement impressionnant ou dramatique. Était-ce un incendie accidentel ou un incendie criminel ? Était-ce un incendie isolé ou y-a-il eu toute une série d’incendies à bref délai ?
          Voyez aussi sur le site des AD de la Haute-Loire. Certaines AD ont mis des journaux en ligne, d’autres non. Malheureusement, certaines (comme dans le Calvados) n’ont pas mis de reconnaissance de texte sur leur site donc il n’y a pas de moteur de recherche et il faut tout lire soi-même (d’où la nécessité de bien déterminer la date de l’incendie)
          Il existe un certain nombre de sites plate-forme régionales ou de BM qui diffusent la presse ancienne. Je crois, par exemple, que https://numelyo.bm-lyon.fr/ contient quelques titres de Haute-Loire.
          Certains journaux actuels diffusent aussi leurs n° les plus anciens ou ceux de leur "ancêtre"
          On peut aussi avoir des titres publiés sur des sites plus inattendus, comme sur la bibliothèque de l’ENAP (https://criminocorpus.org/), l’école nationale d’administration pénitentiaire. J’y avais trouvé la photo d’une de mes arrière-arrière-grand-mères, témoin dans une affaire criminelle relatée dans la revue DETECTIVE
          S’agissant d’un incendie, il est à peu près certain que vous trouverez quelque chose mais pas forcément grand chose. Toute la difficulté est de bien savoir utiliser le moteur de recherche de chaque site (sans même parler des options "payantes" qu’on peut avoir gratuitement en mettant un peu plus de temps. L’exemple type c’est GENEANET qui vous met comme payants des articles qu’ils ont eu gratuitement ailleurs, le seul problème étant de savoir où est cet ailleurs)

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  • Petite précision supplémentaire : si Chiroubles est aujourd’hui dans le Rhône, il dépendait avant 1789 du diocèse de Mâcon. Les rôles du dixième de Chiroubles sont donc à chercher au chef-lieu de l’élection dont dépendait alors la paroisse

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  • Bonjour,

    Peut être une piste aux archives départementales du Rhône :
    sous-série 4 B justices seigneuriales du Beaujolais
    JUSTICE DE BELLEVILLE
    4 B 110 Levée de cadavre 1756-1760

    Cordialement.
    Michel Guironnet

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  • Bonjour,
    Une veuve et sa fille célibataire de 50 ans,elles ne devaient pas être bien riches et n’avoir pas eu les moyens ou la volonté de restaurer la maison .Cette femme avait eu d’autres enfants,il y a sans doute eu une succession, même petite chez un notaire.Voyez avec les archives du Rhône pour vous indiquer le notaire le plus proche et la marche à suivre.
    Demandez-leur aussi si vous pouvez avoir accès aux archives de la prévôté de Belleville qui est intervenue lors de son décès.
    Bon courage

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  • la vie des pauvres gens n’étaient qu’ indifférance et maltraitance et mépris heureusement cela a quand même évolué vers plus de justice sociale !!!!

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  • Bonjour,
    je n’ai plus les références en mémoire, mais je confirme avoir trouvé les actes de sépulture d’un couple de personnes mortes dans leur lit sous l’effondrement de leur maison.
    Cordialement

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