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Pourquoi et comment « Ecrire sur un paysan sans histoire » : l’arrière grand-père de mon grand-père


jeudi 17 mai 2018, par Alain Denizet

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Arrière-grand-père de mon grand-père, Aubin Denizet (1798-1854) était le premier ancêtre sur lequel les mémoires familiales étaient muettes. Ses cinquante-six années sur terre n’ont laissé aucun sillon : écrits personnels, objets, affaires de justice ou mémoire des descendants ; rien n’a traversé le temps, à l’exception de sa signature au bas de registres. Quand j’ai débuté un petit travail de généalogie il y a plus de trente ans, les anciens n’avaient rien à dire sur lui et son prénom même avait été oublié. Malgré la filiation qui me rattache à lui, Aubin m’était étranger, partageant en somme la postérité ordinaire des millions d’oubliés. Les biographies sont toujours consacrées aux êtres d’exception – rois, artistes, politiques, capitaines d’entreprises, généraux, criminels – alors que les humbles sont au mieux réduits au titre d’exemple dans les ouvrages généraux. C’est pourquoi à la suite du sabotier Pinagot ressuscité par Alain Corbin, j’ai décidé de faire d’Aubin Denizet, mon ancêtre paysan, le héros d’un livre. La recherche a débuté avec les registres de l’état civil et ses informations lapidaires : des noms, des prénoms, des dates et un métier.

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Signature Aubin. AD Eure-Loir

Je débutai l’enquête avec deux prénoms, Nicolas Aubin, pour ne retenir que le dernier par lequel il signait et était désigné. Préalable à la recherche proprement dite, j’ai reconstitué sa généalogie en notant ces précieux renseignements que sont les noms des parrains, des marraines et ceux des témoins aux inhumations et aux mariages. Une carte des affinités a dès lors pris forme, complétée par celle des relations de voisinage rendue possible par l’exploitation croisée du cadastre et des actes notariés. La connaissance des familiers d’Aubin était la garantie de sélectionner par la suite, en un gradient allant de l’incertain au certain, les évènements et les affaires qu’il avait eu le plus de chance de connaître à leur contact et d’éliminer ainsi les informations étrangères à son monde.

La quête des indices m’a conduit aux archives du département d’Eure-et-Loir et à Germignonville, la commune d’Aubin. A l’exception des registres paroissiaux, de l’état civil et du cadastre soigneusement conservés, les autres archives - jamais étudiées - sommeillaient dans le grenier de la mairie. Elles ont été un apport de première importance. Outre les délibérations du bureau de bienfaisance, j’ai relevé également les liasses contenant les élections, le nom des votants et des scrutateurs ; la liste des intempéries, des incendies, des enfants abandonnés, telle la petite nièce d’Aubin [1], mais aussi le nom des réquisitionnés - dont sa mère - pendant l’occupation prussienne de 1815, événement local qui fait le lien avec la « grande histoire [2] ».

Ces deux socles ont été complétés par des recherches ciblées aux archives nationales, au diocèse de Chartres, par la lecture exhaustive du journal Le Glaneur de 1835 à 1851, du Journal de Chartres et de l’almanach Le Messager de la Beauce et du Perche et, enfin, par les informations fournies par les fonds privés de la famille de Cambray qui occupe à Germignonville depuis le XVIe siècle le château du même nom. Evoquons, maintenant, plus longuement la richesse des archives départementales.

Les registres de notaires renseignent des domaines différents et, en premier lieu, la vie privée de nos ancêtres qui est l’aspect le plus difficile à cerner : inventaires après décès et ventes mobilières donnent des informations précises sur le nombre et l’aménagement des pièces, l’état et le prix du linge, des meubles, des couverts tandis que testaments, héritages, demandes de pension et contrats de mariage nous font entrer dans le jeu des relations familiales ; enfin, ventes, achats et emprunts nous mènent au cœur des stratégies sociales et donnent souvent de précieuses données généalogiques. Enfin, d’un acte surgit l’inattendu, ici la mention d’un oncle d’Aubin mort pour la République ; là, le stupéfiant destin de Simon Lavo, chirurgien major de l’expédition Lapérouse, né à Germignonville [3]. Ces imprévus sans valeur statistique ont leur intérêt dans l’évocation d’un itinéraire singulier.

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inventaire après décès Charles Francois, pere d’Aubin. AD Eure-Loir

La série U, consacrée à la justice, est une mine d’or, encore trop peu exploitée. Elle est pourtant d’une richesse incomparable pour appréhender la vie quotidienne de nos ancêtres. On y rencontre Aubin témoin dans une affaire de ratirage [4] [vol de terre…], son voisin qui bat sa femme ou encore le marchand de chevaux du village appelé à témoigner aux assises contre son courtier indélicat. Dépositions des témoins, interrogatoires et parfois aveux des coupables sont les seules remontées de mots dont nous sommes assurés qu’ils ont été prononcés par nos aïeux.

La série R – les affaires militaires - nous apprend qu’Aubin a échappé à la conscription, mais que son frère « bon pour le service » fut réformé à cause de sa petite taille (1,45 m) : cette série est la seule (avec les passeports intérieurs et les archives judiciaires) à donner un signalement physique.

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serie R taille et maladie de Pierre francois Denizet, frere d’Aubin. AD Eure-Loir
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Serie R signalement physique de Pierre Francois Denizet, frere d’Aubin. AD Eure-Loir

Les registres de conscription sont utiles en ce qu’ils sont un angle d’étude de la mobilité sociale et géographique entre deux générations puisque y sont portés la profession, la résidence du jeune homme et celle de ses parents.

Enfin, les sources relatives aux occupations étrangères apportent les noms des personnes victimes des abus, des réquisitions et l’inventaire de ce qui a été perdu.

Les autres pistes

La série M sur l’administration embrasse de très nombreux sujets. La série 3 M, par exemple, lève le voile sur les intrigues qui animent l’année 1816 où le beau-père d’Aubin signe une pétition qui défend le maire contre les dénonciations calomnieuses au préfet proféré par l’ancien maire, son beau-frère [5] ! L’atmosphère des Révolutions de 1830 et 1848 est également bien dépeinte : remise du drapeau, lecture de la constitution et réjouissances.

La série T concerne les instituteurs, leurs écoles, leurs méthodes d’enseignement. Les dossiers les plus profitables sont une nouvelle fois ceux qui font apparaître leurs relations conflictuelles avec les habitants de la commune que nous apprenons par des rapports et mieux, par des pétitions envoyées à la préfecture, à l’instar de celle des habitants de Viabon pour défendre l’instituteur du village, victime de rumeurs [6].

Autre notable de la commune, le curé peut être approché par la série V (où l’on trouve les rapports sur les contentieux les opposant aux paroissiens, les noms des membres du conseil de fabrique) et par les archives diocésaines qui conservent les registres des séminaires prodigues en éléments concrets sur la formation des futurs curés, tel le fils d’Aubin dont j’ai lu les sujets de composition, les notes et les appréciations.

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Stanislas Denizet, fils aine d’Aubin, cure de Chateaudun

J’ai peu exploité les séries 0, S et Q dans la mesure où elles auraient fait double emploi. Quelques exceptions : la série 4 0 est intéressante car elle présente les personnes qui ont testé en faveur des nécessiteux ; la série 2 S contient les plans d’alignement des communes qui indiquent pour chaque propriété concernée la nature des matériaux de construction et le nom des voisins. La série Q qui concerne l’enregistrement a été très peu utilisée : le dépouillement des actes de notaire a été exhaustif et la recherche faite auprès du bureau des hypothèques des arrondissements de Chartres et de Châteaudun n’a pas donné d’actes que je ne connaissais déjà.

Autre source à ne pas négliger : les almanachs. Pour la réédition de mon livre  Enquête sur un paysan sans histoire , j’ai puisé dans les illustrations du Messager de la Beauce et du Perche. Le chartrain Auguste Hoyau qui en fut le dessinateur attitré a su croquer le monde paysan avant la généralisation de la photographie. Aubin et chacun de nos ancêtres peuvent se reconnaître dans ses dessins…

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almanach Messager de la Beauce et du Perche. la veillee 1854. AD Eure-Loir

Enfin, je me suis appuyé sur les travaux des historiens de cette période pour recontextualiser les faits rapportés. Je souligne toute ma dette à la thèse magistrale de Jean-Claude Farcy sur les Paysans beaucerons (SAEL, 1985).

A l’issue de mes recherches, j’avais en main des milliers de renseignements. Que j’ai triés, hiérarchisés puis assemblés à la manière d’un puzzle qui aurait compté des milliers de pièces sans modèle préconçu ni notice de montage. Mais son assemblage était guidé par une règle d’or : Aubin en était la pièce principale autour de laquelle devaient s’ordonner les autres au sein d’un cadre qui aurait ses horizons.

Le livre, après cinq ans de recherche et d’écriture….

Avec Aubin, dans le village de Germignonville, un petit monde s’anime : ses proches, c’est-à-dire sa mère, son épouse, son fils Stanislas, ses beaux-frères Gosme ; ses voisins Claye, Riché, Duguet, Lefèvre et Cointepoids ; les notables du village, le baron de Cambray, son régisseur Godin ; la sage-femme Legrand et le vieux Dorson, son mari. Sortis aussi de la poussière des archives, ils l’accompagnent encore au fil des pages. J’ai appris à connaître Aubin dont j’ignorais tout - paysan assez aisé, petit notable local, homme discret, mais estimé, catholique et conservateur -, j’ai cheminé avec lui dans son monde. Comme s’il faisait désormais partie de la famille.

Enfin réédité !

Notes

[1Un article est prévu sur cette question

[2Un article complet est prévu sur cette question

[3Article publié dans Histoire et généalogie

[4Un article est prévu sur cette question

[5Un article complet est prévu sur cette question.

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15 Messages

  • Ce livre est excellent (comme tous ceux d’Alain Denizet) et l’article fort instructif pour ceux qui veulent faire vivre leur arbre généalogique et ne pas se satisfaire d’une foule de patronymes dont ils ne connaissent que les dates de vie et de mort.
    La généalogie est un moyen et non un but
    En plus de mes recherches, de l’écriture et des conférences, je dirige régulièrement des ateliers pour le CGF (centre généalogique du Finistère) où j’indique comment chercher aux Archives ce qui peut donner quelque profondeur à la vie de nos ancêtres .
    Bien cordialement
    Pierrick Chuto
    http://www.chuto.fr/

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  • Petit anachronisme car la moisson ne se faisait pratiquement jamais à la faux ordinaire pour des raisons facile à comprendre .Les quelques faux utilisée étaient muni d’un réceptacle en bois pour éviter la chute de la gerbe au sol qui se serait alors égrainée ?
    le plus ancien outil était la faucille que j’ai vu faire par ma grand mère dans les années 50 : elle prenait une poignée de pousse, le plus prés possible du sol , coupait l’ensemble à la faucille et posait délicatement les brins au sol pour confectionner une gerbes liée finalement avec un lien ( loiens en Picard) ? Il y a eut aussi la sape , petite faux au ras du sol utilisée de la main droite avec un crochet dans la main gauche pour maintenir la céréale droite ? Plus tard il y a eut les faucheuses Javeloteuses qui récuperaient le blé sur un plateau , puis les moissonneuses lieuses puis finalement batteuses .
    La faux simple n’était utilisée que pour le blé ou autre céréales couchée par les orage et par conséquent souvent germé ou pourri car le blé doit être coupé mur ( trop vert il moisissait,pourrissait dans les tas) et le choc de la chute et du coup de faux fait perdre beaucoup de grain en tombant, de plus il faut souvent arrêter pour constituer les gerbes la faux de moisson comprend une « javeloteuse » qui évite la chute de la céréale coupée ?
    cordialement,
    Bernard

    ici une faux de moissonneur :
    https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSbkanSgVcFrmr5TDDVOn9abMfJptWlv2NZtKvEijUrlbDzWwsIiw

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  • Voici ce qu’écrivait Thierry Sabot sur La Gazette lors de la parution de mon premier livre en 2010

    Thierry Sabot : Au plaisir toujours renouvelé de préparer chaque semaine La Gazette du vendredi, s’ajoute parfois celui de vous présenter un livre et un auteur qui font l’actualité. Et, cette semaine, quel livre et quel auteur ! Avec Le Maître de Guengat, Pierrick Chuto, par ailleurs également auteur sur www.histoire-genealogie.com, signe une étude magistrale sur ses ancêtres boulangers puis paysans bretons. Un travail de recherches et d’écriture digne de ceux de ses prédécesseurs : Alain Denizet pour le monde d’Aubin Denizet ou Alain Morinais pour ses laboureurs d’espoirs. Ces trois auteurs et ces trois ouvrages ayant en commun d’appartenir à un genre littéraire en plein développement, celui de la biographie historico-généalogique (Quelle affreuse dénomination !). En effet, le propre de ces auteurs est, au terme d’une longue recherche historique et généalogique, de prendre la plume avec talent pour redonner vie à leurs ancêtres et à leur entourage. C’est tout un monde oublié qui émerge de la fosse commune du temps, tout un milieu et un réseau de personnages qui sont mis en situation dans leur contexte historique et quotidien.

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  • Madeleine GIÉ 1736 Montbouy - 1786 Pressigny les Pins.
    Ces types de recherches sont fabuleux à faire. J’ai moi-même reconstitué avec passion la vie de la grand-mère de l’arrière grand-père de mon arrière grand-père. Quatre ans de recherches aux archives du Loiret. 27 Mégaoctets, 180 pages sur la vie de Madeleine, mariages, veuvages, lieux d’habitation de cette pauvre manooeuvrière, à travers la vie de deux villages du Loiret à l’époque pré révolutionnaire. Les assemblées, les fontes de cloches, les châteaux, les hameaux, les statistiques, l’économie, les faits divers, le patois local, j’ai tout exploré de cette époque. J’étais le premier à ouvrir depuis plus de 200 ans qu’elles dormaient, des liasses de minutes de notaires encore percées par leur ficelle. C’était il y a une vingtaine d’années. Et puis j’ai cherché un éditeur. Il m’a été répondu que cette monographie n’intéressait que moi, que ce n’était pas rentable commercialement. j’ai sollicité le Conseil général, sans réponse...Depuis cette date, j’ai rangé le tout et je suis le seul à veiller sur cette foule d’informations.

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  • Ce genre de recherches procure des plaisirs absolument fabuleux. Il y a une vingtaine d’années, j’ai moi-même entrepris de reconstituer la vie de la grand-mère de l’arrière grand-père de mon arrière grand-père. Cette pauvre manoeuvrière, pendant quatre ans de recherches aux archives du Loiret, est ainsi peu à peu resurgie du néant. Tout y est passé, son milieu social, ses mariages, son veuvage, ses enfants, bien sûr, mais aussi son cadre de vie à travers l’étude approfondie des villages où elle a vécu. Quelle émotion d’être le premier, après plus de 250 ans, à ouvrir les liasses des minutes des notaires encore reliées par leur ficelle centrale, pour retrouver les assemblées des villages, les fêtes, les fontes de cloches, les hameaux où elle a vécu, les cimetières où ses proches furent enterrés, reconvertis parfois en parking à voitures au pied de l’église, à éplucher les faits divers, à relever les mots du patois de l’époque, à faire des statistiques, à saisir l’économie paysanne sous l’ancien régime, à s’inquiéter avec elle des phénomènes météorologiques, de la foudre, du météorite de 1771, du grand froid de 1776, à écouter en 1777 le curé du village qui publie « l’arrêt d’Henri II ». En tout 27 Mégaoctets, 180 pages. J’étais à l’époque allé voir un éditeur, il n’était pas intéressé, pour des raisons commerciales, par cette monographie qui « n’intéresse que moi ». J’avais contacté le Conseil départemental du Loiret, sans recevoir de réponse. Depuis, je suis le seul à veiller sur cette mine d’informations, mais elle me procure encore souvent des rêves en me permettant de voyager…dans le passé.

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    • Madeleine GIÉ Montbouy 1736 - Pressigny les Pins 1786 18 mai 21:18, par Pierrick Chuto

      Bonsoir
      Je n’ai montré mon premier manuscrit à aucun éditeur et j’ai fait imprimer Le maître de Guengat à compte d’auteur.
      C’est certes un investissement au départ, mais le peu que l’on gagne permet d’en imprimer un second. J’écris actuellement un sixième ouvrage.
      Vous avez bien d’autres solutions (certaines, il est vrai, très mauvaises) pour faire partager vos recherches.
      Ne désespérez pas.
      Pierrick
      http://www.chuto.fr/

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    • Bonjour,

      J’ai passé cinq ans a faire mes recherches, puis à écrire ce livre sur mon ancêtre. Je sais donc le labeur que cela représente. Il est par conséquent vraiment dommage que votre travail ne soit pas valorisé par une publication d’autant qu’il s’agit d’une femme. Votre démarche « d’histoire totale » est tout à fait intéressante. Si vous ne trouvez pas d’éditeur, vous pouvez éditer à compte d’auteur. Il y a des sites sérieux ( cf le conseil aussi de M Chuto). Le livre profitera au moins à votre petite et grande famille élargie et à d’autres généalogistes. Pour cela, il faut démarcher, aller dans les salons, faire des dédicaces. C’est en aval un gros travail. De quelle partie du Loiret est votre ancêtre (j’ai moi aussi des ancêtres qui ont vécu dans ce département) ? Bon courage pour la suite. Cordialement, Alain Denizet
      alain.denizet@wanadoo.fr
      http://alaindenizet.fr/

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      • J’applaudis des deux mains à ces travaux admirables que vous avez effectués les uns et les autres. Ce d’autant plus que je me glisserais volontiers dans votre équipe. En effet, j’ai publié à compte d’auteur quatre romans biographiques (que les puristes se voilent la face) afin de donner la vie à chacun de mes héros. Le plus obscur tenant à la fois de Gribouille et des Pieds Nickelés, a vécu de 1749 à 1803, et a laissé aux A.N. série T deux cartons remplis de sa correspondance sur une trentaine d’années : un vrai trésor auquel on peut aisément recoller les éléments de base de la généalogie (BMS) pour atteindre une authenticité sérieuse. Ce travail avait pour objectif de donner une âme au personnage (en créant même des dialogues) et une allure plausible avec les éléments qui ressortent de cette volumineuse correspondance. J’ai rédigé et mis en page ce travail qui n’a plus eu besoin que de trouver un imprimeur. Je me suis aussi appliqué à la première de couverture. Je n’ai proposé l’ouvrage (et les trois autres) qu’à des cercles d’amis et parents. Ce qui m’a permis d’équilibrer sensiblement le cout des opérations d’impression. Bonne chance à tous ceux qui feront cette excitante expérience.
        Bertrand Cor

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        • Bonjour Bertrand, pourriez vous nous en dire un peu plus sur la volumineuse correspondance de votre ancêtre trouvée aux AN ? Votre présentation met en appétit !
          En ce qui concerne les dialogues, je me suis réfusé à les imaginer ne voulant pas mêler deux genres, histoire et fiction. Mais je comprends aussi l’autre approche. L’important est que le lecteur sache ce qui relève de l’une ou de l’autre. Bonne continuation.
          alain.denizet@wanadoo.fr
          alaindenizet.fr

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          • Chère Madeleine,
            C’est avec le plus grand plaisir que je réponds à votre attente. Il s’agit en fait d’un cousin, Claude Louis Quillier, né à Melun en 1759, et qui, passionné par la chasse (comme moi d’ailleurs) est entré successivement au service de trois maîtres (deux grands seigneurs et un bourgeois enrichi) dont il a trompé la confiance, l’un en Sologne, l’autre près de Montargis et le troisième sur le plateau de Langres. Après cette dernière expérience, il se convertira dans le transport par eau sur l’Yonne et la Seine où il passera à travers la Révolution. Une arrestation alors qu’il déménageait vers Paris nous vaudra la constitution de ces archives qui, bien que sans intérêt pour les révolutionnaires, seront soigneusement gardées et archivées. Son insouciance le perdra mais sa persévérance lui aura permis à trois occasions de se refaire une situation. Ses dettes et la Révolution précipiteront sa chute. Sa pauvre femme qui lui a donné cinq enfants tentera plusieurs fois de le remettre dans des voies plus vertueuses, en vain...il lui laisse une situation désespérée.
            Donc, caractère intéressant, ayant connu de nombreuses aventures en tous genres dont le personnage devient limpide après la juxtaposition de sa correspondance avec ses maîtres. Je n’imaginais d’ailleurs pas qu’un personnage aussi quelconque puisse effectuer des copies de son courrier. Une aubaine incroyable pour le chercheur.

            Pardonnez-moi d’avoir versé dans le romantisme en créant ces dialogues mais ils étaient tellement sous-jacents dans cette correspondance que, pour donner une âme à mon cousin, je n’ai pas résisté au plaisir de créer ces conversations imaginaires mais que je veux croire bien proches de la réalité.

            Bien cordialement
            Bertrand Cor

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          • Pardon pour ma distraction de vous avoir appelé Madeleine !!!
            Bertrand Cor

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