
- "Le Rappel" du 2 août 1903
Qui est Mademoiselle B ? En quoi est-elle plus "libre" comme institutrice ? Et pourquoi vient elle seulement d’arriver ?
Pour tenter de l’identifier, je reprends mes notes : il y a plus de 15 ans, j’avais fait des recherches dans le dossier des "écoles libres" aux archives départementales de l’Isère [2] et dans les recensements de Saint-Clair-du-Rhône ; aujourd’hui disponibles sur leur site.
Peut-être s’agit-il de Victorine Ballefin qui se présente le 26 septembre 1902 en mairie de Saint-Clair pour exercer « à l’école primaire privée » ? Elle est native de Veyssilieu, en Isère, le 12 août 1878 ; elle a donc 24 ans.
Nous sommes en pleine « guerre scolaire » et les religieuses de La Providence de Corenc n’ont plus le droit d’enseigner... « L’enseignement libre » ne reçoit plus aucun subside de l’État.
Mélanie Ottin, 55 ans, religieuse de La Providence de Corenc, est la dernière institutrice privée, recensée en 1901 à Saint Clair. Elle doit partir !
C’est pourquoi Mlle Ballefin arrive à Saint-Clair pour la remplacer.
« Monsieur Gabriel Jullien », héritier d’Émile Faure, bienfaiteur de la commune ; prend alors en charge le fonctionnement de l’école libre pour que celle-ci puisse continuer à Saint-Clair. Cette école de filles est située « dans le village, vers l’église » [3].
Le 21 août 1903, quelques jours après l’accident de « Mlle B… », Marie Laurencin se présente en mairie « à l’intention d’ouvrir une école primaire privée de filles » dans la maison de Gabriel Jullien.
Née au Mottier, Isère, le 18 octobre 1862 ; elle a obtenu son Brevet élémentaire en 1883 et son « certificat d’aptitude à la direction des écoles maternelles » le 27 septembre 1886. Elle a été « institutrice libre » à Grenoble, Pont de Claix, Saint Martin le Vinoux.

- Recensement de Saint-Clair-du-Rhône 1906
Elle restera longtemps en poste. Son souvenir était encore bien présent au village il y a une trentaine d’années. On peut l’apercevoir, sous son grand chapeau, au pélerinage de la Salette en 1911..
Quelques années plus tard, la clé de l’énigme avec des documents inédits :
De (mauvaises) nouvelles de Mlle B.
La vérité sur l’accident de Mlle B.
Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire
Messages
1. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 12 mars 2014, 12:05, par gestin isabelle
bonjour
quel résultat passionnant !! Je me régale à la lecture de votre travail... auriez-vous la gentillesse de m’expliquer comment atteindre ces anciens journaux régionaux ? est-ce valable pour tous les départements ? Je viens d’essayer sur google... en vain !
En vous remerciant doublement (et pour votre article et pour votre aide), bien cordialement Isabelle
1. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 12 mars 2014, 21:44, par Michel Guironnet
Bonsoir,
Merci pour votre appréciation.
Vous pouvez faire bien des découvertes dans la presse locale.
Pour savoir où trouver les titres numérisés, allez faire un tour sur :
http://www.numerique.culture.fr/pub-fr/dossier-presse.html?from1=dospresse1
Vous trouverez certainement votre bonheur.
Bonne recherche.
Michel Guironnet
2. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 12 mars 2014, 13:50, par TIYS
@gestin isabelle
Les AD de la Meuse ( http://archives.meuse.fr/?id=recherche_guidee_presse_ancienne ) proposent un certain nombre de journaux numérisés. D’autre part certains se trouvent sur Gallica.
3. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 14 mars 2014, 22:40, par Pierrick Chuto
Bonsoir Michel et bravo pour votre recherche.
Je suis plongé depuis plus d’un mois dans les originaux papier des journaux du début du XX e siècle et je me régale en lisant les différents versions des expulsions des congrégations en 1902 et les inventaires dans les églises en 1906, suivant que le journal soit catholique (on le qualifiait de réactionnaire !) ou républicain.
Les faits divers occupent une grande place dans ces journaux de 4 pages, entre les suicides, les bagarres, les incendies et autres délits provoqués par l’alcoolisme.
Et que de violence dans les éditoriaux entre les journaux de différentes tendances.
Pierrick Chuto
http://www.chuto.fr/
4. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 19 mars 2014, 20:37, par Thierry Plumail
bonsoir
mais qu’est devenue Mlle Victorine Ballefin ?
c’est cela qui serait le plus intéressant dans l’histoire
si elle s’est mariée et a eue une descendance...
sa vie quoi...
cordialement
Thierry Plumail
1. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 19 mars 2014, 20:46, par Michel Guironnet
Bonsoir,
Vous avez raison, ce serait intéressant d’en savoir plus sur elle. Peut être des lecteurs ont-ils des pistes ?
Cordialement.
Michel Guironnet
2. Quand un fait divers anonyme devient l’occasion de rejoindre la Grande Histoire, 23 mars 2014, 14:40, par André BREGERAS
Bonjour à tous,
Je confirme l’utilité des journaux anciens,mon cher Michel,vous avez raison !
Grâce à un correspondant sympathique ( il y en a beaucoup dans ce milieu) j’ai pu avoir la date exacte du décès d’un oncle,mort le jour de mon baptême ! (Tombé dans son escalier,et tué sur le coup !)
Cette information,puisée sur un article du journal local,m’a permis de connaitre la conclusion d’une histoire sans fin,racontée en famille ! Cordialement,AB.